‹ Romania (volume 2)Chapitre 24 sur 282 · Voy. Fœrsier, Romaitisthe Studicn, III, 178 ig · texte numérisé non relu

Voy. Fœrsier, Romaitisthe Studicn, III, 178 ig

$. A|. piunr, anc. Jlourir. sous l'influence <\ç fleur.

6, Amour est encore exceptionnel en ce qu'il est masculin (comme honneur) ; |e n ai pas ici à étudier les raisons de cette particularité

d^un 6 entravé. Quelle peut être la cause de cette anomalie } Il me semble qu'on peut la trouver dans l'analogie : amour a été influencé par jmour^iii, amoarete, et surtout peut-être par les verbes amourer ', énamourer^ dtsamoarer^ dont les formes fortes étaient sans doute originai> rement ameuT^ amcnres, amcun, mais devinrent par analogie avec les formes faibles amour ^ etc.V II est vrai que nous n'avons pas de pendant exact â cette déviation d'iimour ; mais , si je ne me trompe , aucun mot en -ore n'était soumis aux mêmes attractions analogiques. Douloureux^ vigoureux^ rigoureux^ langoureux^ savoureux, ne sont pas avec leurs substantifs dans un rapport aussi étroit qu'amoureux avec amour; aucun de ces substantifs n'a de diminutif comme amouretc » ; les verbes («)vigourer^f savourer sont moins rapprochés des noms. Cependant on trouve aussi pour ces mots des traces d'une tendance à changer eu en ou. Un dicton encore fort usité au xvi* siècle portait : Er\ oiseaux^ en chiens, en amours Pour un plaisir mille doulours, assimilant ainsi doutour à amour; les formes langour^ rigour, savour, vigour, indiquées par Liltré pour le xiV siècle, ne sont peut-être pas de simples provincialîsmes. D'autre part il faut remarquer l'influence analogique inverse exercée par chaleur et p{e)eur sur leurs dérivés, chaleureux et p{e\eureux au lieu de chaleureux et p€{p)ureux. — Labour n'est pas à compter ici ; il ne vient pas de labore ; c'est le substantif verbal de labourer ^ verbe à demi savant (comme le montre la conservation du h\ , qui pourtant avait autrefois eu aux formes fortes [En peu d'eure Dteu labeure, disait un proverbe) , et leur a étendu plus tard, avant la production de iabouri, Vou des formes faibles. — Je noterai ici le mot pour , qui vient non de pro, mais de p6r, forme du latin vulgaire^ : pôr a fait pour et non peur parce qu'il est toujours proclitique, et que son d est dès lors atones.

1. Voyez-en de nombreux exemples dans le Dictionnaire de M. Godefroy.

2. M. Bœhmer se demande si on n'a pas craint la ressemblance d'â/ruuri ivcc meurs meurt (lisez muers matri).

j. Le mot est ancien : v. Littré.

4. Je ne cite pas endolorir ni honorer et ses dérivés, mots dont ta prononciation a été rapprochée de la prononciation moderne du latin. L'anc. fr. disait endouloari (vojr. Litlré), U honeure.

). Lihoarer n'a pris le sens spécial qu'il a aaiourd'hui, et qu'il avait quand il a engendré lahur, qu'assez récemment (voy, Lillréi. Quant i labeur, j) est dénonce par son genre masculin comme venant aussi, mais plus anciennement, de labourer.

6. De là la confusion avec per dani la plupart àa langues romanes. Presqw tous les composés français qui commencent par pro- sont avants; la forme popubjre est pour-, — Au reste, on pourrait hésiter sur fa quantité de \'o de por : puu dans geter puer pourrait bien venir de pfo et non de porro, et attesterait alors la brièveté de To.

7. Je ne traite pas ici rhistoire d'aatoa/. Ce mot, qui paraît bien venir d'acceptore ou platât auceptore, présente encore de grava ddficultés élymolofpqoei, L'anc. ir. disait ottcur.

Dans quelques mots nous trouvons, non pas ou^ maïs u â la place d*eu, ^La forme peiir au lieu de peeur est attestée par la rime dans un grand nombre de textes anciens là ceux qui ont déjà été cités aj. Renaut 594, 26y etc.1. U y a eu certainement ici une sorte de fusion entre le v devenu u {pauon) et Vo ' ; au reste la forme paeur, pornr, ptcurt^X la plus usitée. — ^ M6ra est représenté par mûre; mais l'anc. fr. dit même (voy. Rom. V 596 ; Théophile, au xvii* siècle, fait encore rimer meures avec demeures), et cette forme, ou celJe qui lui correspond régulièrement, est la seule connue des patois; le fr. mûre est sans doute le produit bizarre d'une ^^usse étymologie populaires

5» Devant s : pietoso piteux^ pietosa piteuse^ et tous les mots en -ose, -osa, io(n)so teus anc. fr., io(n)sa teuse anc. frJ.

Les exceptions, où l'on trouve ou au lieu d'eu, sont en apparence

raves et nombreuses, mais elles se laissent toutes expliquer. Zeloso

'est devenu jaloux sous Tinfluence de jitlousie, jalouser ; jaUus est fréquent

au XV* siècle et se trouve encore dans Ronsard (Littré) *- — Le mot ]

.pelouse^ de pilosa, n'est pas ancien en français; c'est sans doute un

'terme de jardinage emprunté à un patois (d'un pays où on avait appris

à donner au gazon cet aspect uni et serré qui carartérise la pelouse ï) ;

l'ancien français avait ^adjectif peleux *>, pcleuse ; la chenille s'appelle en

Normandie chûtte peleuse 7. — Ventouse a été modifié par le verbe ven~

1. M. Fccrsler {Ztitsckr. Ill, ^00) est porté â expliquer pcùr par une forme patoreo, mais il reconnaît que te genre féminin du mol rend cette hypothèse

ru vraisemblable. L'it> paura^ qu'il explique par pavorea, me semble, comme Diei, avoir pour origine une simple substitution de suffixe (pavura, cf. :Mrë à oMé de rancore] facilitée sans doute par une prononciation pau(o)re ir panore. M. Mussaha .Zcitschr. 1 408"), qui accepte celte substitution pour "îtalieii, est porté i reconnaître en français une • immixtion » du même suffixe laos U (orne pmr pour patar ; mais pourquoi cette immixtion aurait-elle eu lieu dans ce seol mot? La cause déterminante de l'altération de \'6 est le voisinage de l'fi =: K

2. Cette confusion paraît remonter au movcn âge, 1 en juger par ce curieux : et U Yatgeattce d* Raguûicl (v. j t66 s$.), où on trouve côte â c&te la neare <écrite moft^ et rimant avec demore) et U forme mcùre^ qui ne peut

> que de natora : Ses cke»aU /u plus noirs fitf more^ Et trutote s* autre

ve Plus noin ^tu ne soà mavre.

). Je n'ai pas reacootrè tens en anc. <r., mais il est attesté par les diminati£( \ fréquents toasel^ teasd; itase se trouve souvent. Je crois, malgré Diez, que

flN>ts lieaaeQt de tonso, lonsa, et non intonso : ils se sont formés i t éfwoiK o& OQ avait l'habitude de couper les cheveux des enfants. En tout 1 ib nool rieo à ^ire avec thyrso, que nous retrouverons plus loin. . M. Bcehner (/. L) croit yalo» emprunté au provençal.

. Lephis ioôen exemple, dans Ltttié, est de Bulfon. I. Et attssiy sesble4-tl, on snbst. masc. ptleus^ au sens de t lieu couvert de : Mm a mantmgms, a kÊU iems^ Es itMf prAiâtu, ts biaas peleus

'. A Smesej éÊÊÈL féam (càngoMst A' s donoe en r), d'où sans doute

touser, dont les formes fortes étaient anciennement venteuse^ etc., puis ont pris Vou sous l'influence des formes faibles et l'ont transmis au substantif; venteuse est encore dans Commynes (Littré) ; l'adj. venteux a naturellement échappé à cette analogie'. — S poln)so , spo(n)sa, spo (n) sat sont représentés par époux, épouse^ épouse; mais ces formes sont modernes. Ici encore les formes faibles du verbe se sont assimilé d'abord les formes fortes, puis les substantifs apparentés : l'anc. fr. disait // espeuse et nous espousons ; plus lard il a dit il espouse^ et de même j'espouse^ etc. Espeus, espeuse se trouvent encore très tard; mais ils ont fini par subir l'influence du verbe et sont devenus espoaSf espousi^. Toulouse de Tolosa est un mot méridional ; il faut prendre garde de mêler, comme on le fait trop souvent, à l'étude de la phonétique française des noms de lieux situés au sud du domaine français propre. — Dos ne vient nullement de doso pour dorso, mais de dosso, comme le prouvent les \ dérivés, et Vo y était ouvert, et non fermé, comme le montre l'it. dôsso (l'esp. dorso est un mot savant). La forme dous, qu'on trouve au xvi«^ s. {dours, comme dors^ n'est qu'une graphie étymologique) et dans quelques patois, est due à un accident particulier^ par lequel à devant s est devenu ou (cf. chouse, rouse, lous, etc.). — Je joins ici bouse, bien que l'origine ne m'en soit pas connue, parce qu'il remonte évidemment à une forme bdsa; Tanc. fr. disait bease ; la forme moderne doit être influencée par boasatf bousier, — Consuo, devenu c6so, et de même côsis, côsit, c6sunt, sont en français cous^ cous^ cout^, cousent ; c'est encore par l'influence des formes faibles cousons^ etc., que 1*011 a remplacé l'eu; l'anc. fr. disakkeus, keus, keut. Cette influence, comme je l'ai dit plus haut, s'exerce peu dans les conjugaisons autres que la première ; mais ici elle était facilitée par le fait que l'ancienne n de co(n)suo, etc., avait pu faire prononcer en latin Va tantôt comme entravé, tantôt comme libre. A la j* pers, du plur. du prés, de rind., et à Tinfin., il semble qu'on trouve plus fréquemment, dans l'ancienne langue, ou que fu, cousent et cousdre^quekeusent tikeusdre ; mais il est difficile de décider si les formes en ou sont étymologiques ou analogiques. — Enfin nos, vos sont représentés par nous^ vous, et non par

>. M. Bœhmer voit dans pelouse^ ventouse des t dissimilations » de poileuse, venteuse (adj.l.

2. On pourrait signaler ici l'omission de creax^ mais je ne puis croire avec Drez <)u< ce mol vienne de corroso, l'ancienne orthographe crues et les rimes indiquant un ô. M. Mussafia {Zeitschr, I 410) hésite aussi sur l'origine de ce mot.

j. Notre orthographe officielle coaJSj couds, coud est le comble du ridicule.

4. L's -h r de co(n}f{u]ere ne suffil-elie pas à laire entrave? Je ne le pense pas : cf. ^ + /dans pe(n)s{i)le, d'où peisU^ poêle. Si cependant côserc avait un â entravé, il aurait donné cousdrc, et kcusdre serait une forme due à l'analogie de ktut = côsit.

neiu, veus ; cela tient à ce que ces mots sont le plus souvent proclitiques. Peut-être à l'origine avaient-ils deux formes, Tune pour les cas de proclise, l'autre pour les cas où ils étaient accentués {à nous, de vous, nous m sujet d'une réponse elliptique à une question, etc.)^ comme ego avait deux formes, /ou proclitique et gié accentué, comme m eu m avait deux formes, mon proclitique et mUn accentué, etc. ; mais alors la forme tonique, qui serait aujourd'hui neus, veus, s'est perdue de très bonne heure : je n'en ai pas trouvé trace dans les textes anciens ; nous verrons par la suite de notre étude nos, vos assoner ou rimer toujours avec des mots qui ont en latin un à entravé, c'est-à-dire qui auraient ou en français moderne.

6' Devant / : solo seul, sola seule, gula gueule. Ce dernier mot est parfois écrit guele, graphie qui appartient normalement à la diphthongue tu (anc. uo) issue de ô et non à la diphthongue eu issue ât à. Il est visible que pour ce mot cette graphie a été suggérée par le désir d'indiquer la prononciation du g, qui, si on écrivait geule, risquait d'être prononcé ^. Mais la prononciation assimilait ce mol à ceux où Veu provient d'ô latin : gueule n'assone ou ne rime qu'avec eux.

Coule de côlat présente ou pour eu; c'est encore un fait d'analogie r l'ancien français disait keule (voy. eskeule dans Bodel, Congés, v. i j6). — Il est à peine utile de faire remarquer que console est un mot savant.

7' Devant les labiales. Les phénomènes qui se présentent ici ne sont pas aussi simples que ceux que nous avons vus jusqu'à présent, l) semble que la labiale ait exercé une influence sur Vô précédent et l'ait empêché de suivre son développement normal. Mais il est très difficile de se rendre un compte exaa de ce qui s'est passé, parce que Vou moderne, qui n'est qu'une mauvaise notation du son u (allemand ou italien), se distingue mal de Vou ancien, qui est une diphthongue composée de o -f u, et qui, comme on le verra plus tard, est la source de Veu moderne. Les mots latins de cette classe qui ont passé en français sont peu nombreux ; nous examinerons successivement ceux où Vô se trouve devant b, br, bl^ p,

kpr, pi, V.

I. Devant b. Ubi fait où; dans l'anc. fr. il est possible qu'on ail eu deux formes, l'une avec diphthongue (fr. mod. eu\ quand le mot était ionique, l'autre avec la voyelle simple ifr, mod. ou] quand il était atone. Le ms. L d'Alexis écrit Unt6t oo, tantôt o et tantôt u • ; mais on ne voit fos que celte différence réponde à des conditions toniques différentes. U composé monosyllabique /oa, si fréquent dès le Xîi« siècle, indique une fanne atone de'ubi; il semble qu'il y ait eu à côté un composé en

Voj[. Rm. IX, m8, oà i doq reprises, dass ks indications <** oorr^ercese.

vds»

deux syllabes la eu, d'où lea (voy. par ex. ThèbeSf v, 20, ms. A, dans Constans, la Légende d^Œdipe, p. 244, ucxt), qui est devenu plus tard leur^ employé dans plusieurs textes wallons du moyen âge '. Le fr. mod, ou serait donc la forme atone généralisée, comme pour nous, vous^ eic. — Cubât a iaii keuve, que cite Liitré d'après Guillaume de Machaut et qui se trouve antérieurement j mais couve se rencontre dans plusieurs textes du xiii' siècle, et s'explique sans doute par l'analogie des formes faibles, à moins qu'on ne regarde ici ou comme l'ancienne diphihongue, qui aurait été arrêtée dans son changement en eu par l'affinité du V, consonne labiale, avec la voyelle labiale 0, en sorte que célat et côbat donnant semblablement càule et càuve, le premier serait devenu kéule, le second n'aurait passé à kéuve qu'exceptionnellement, et serait, à cause du v, resté couve, devenu plus tard couve. On sent qu'il est impossible de décider la question, couve n'ayant pas de rime. — Dube, nom d'un fleuve qui du reste est aux extrémités du territoire français, paraît avoir donné toujours Dou (écrit aujourd'hui Douhs) et non Dm.

2. Devant hr. Robur a donné rouvre ; roure est une forme dialectale, où la chute du y est postérieure à la fixation de la voyelle ; je ne connais ni reuvre ni reure. Il faut donc ici admettre que le v 2 empêché Vôu de devenir eu, — Cèl 6 bra proparoxyton est devenu côlobra paroxyton, comme l'a montré ici {Rom. VI, 4J3 ss.) M. Louis Havet. Si Ton n'avait que le mod. couleuvre, on pourrait l'expliquer tout simplement par la transformation de cJ en m^ mais la comparaison de l*esp. cuiebra pour culuebra^, l'onhographe cokevre^ et l'examen des rimes? prouvent que nous avons bien affaire ici à un Ô4, — Octobre^ cité par Diez, est,

1. Voy. Tobler, dans Gatt. Ce!. Ani., 1874, p. 1046. La forme hr dans Richart le Bel, v. 36^0, n'est qu'une notation différente du même mot. Poux la composition et l'addition (sans doote euphonique) de l'r, comp. iavour^ m. s., dans les patois modernes de la Saintonge et du Poitou.

2. Cet argument à îui seul ne serait pas solide, parce ou'il arrive assez souvent à l'espagnol de traiter 6 comme à, c'est-à-dire de le diphlhonguer à la tonique; cf. Diez, Irad. fr., I, 148.

}. Voy. par ex. E. de Fougères, CCXXXVJ {ûvre descovre ovre colovre) et les rimes avec uevre citées par Littré.

4. M. Havet attribue le changement d'à en à â l'influence de IV, qui aurait exercé la même action dans nura (pour nuru} devenu en it, nuora, et dans c6prco (= cupreo) devenu cùpreo d'où cuivra; il compare i pour é dans gembfTt de ju ne pire pour [unipero- Mais ses rapprochements avec l'alteroance de I et f, u et 0 en latin (addîlur ad dere, robur roboris, etc.) ne sont pas exacts : il s'agit là de voyelles atones et non toniques. D'autres sont contesiables. Nora, qui a un è dans toutes les langues romanes, 3 dû subir l'influence de quelque analogie perturbatrice (soror? cL il. iuora^ nuora]. Une telle action de IV sur une voyelle accentuée est dilAcile à accepter (cf. fl6re, véro, etc.); peut-être, comme on le verra plus loin (p. ^2, n, 6), est-elle vraie du groupe [br, pr =\ vr et encore faudra-t-il la restreindre à \'é transformé en ô, car le changement de juni pero en junepîro me paraît dû à i'étyuio-

Romania, X a

cela va sans dire, un mot savant ; on trouve en anc. fr. uitouvre qui vient régulièrement' de octobre', si on admet que la conservation de la labiale empêche la diphthongue ou de passer à eu. — Sobre est savant.

j. Devante. M<5bti) le sous [Influence de môvere, raôvita, etc., est devenu môble, d'où wiUi'We (voy. Rom. IX, jjj). — N6b(i)len'a jamais pu donner nohk^ Vè ne venant en français que de Vo bref latin entravé (ou de la diphthongue au) : noble est un mot savant, tout comme son dérivé nobilie (d'où nobiUf nabire] de n o b i 1 i o, dont le b conservé rindique assez.

4. Devant p. Je n'ai trouvé pour lupa d'autre forme que imvCj ce qui confirmerait l'hypothèse d'après laquelle le v immédiatement suivant a empêché ou de se changer en eu (conf. encore Lupara Louvre] ] mais l'histoire de lupo présente plus d'une difficulté. Le p, affaibli en b^ puis en V, a fini par passer à u, et s'est sans doute confondu avec Vu de la diphthongue ancienne : /ouu, lâu. On pourrait croire dès lors que la forme actuelle ha(ji) tient à la présence de cet u — jf = p, comme celle de louve tient à la présence àe v ^ p ; mais il est impossible de contester que la forme îeua. été longtemps la forme usuelle du français ». Leu est attesté spécialement pour Paris et la contrée avoisînanle : les rues du Petit et du Grand Hurleur formaient autrefois le quartier de Hueleu, nom composé de l'impératif de huer et du mot leu^ loup, et, sous le déguisement de la dernière syllabe de hmlmr, le vieux îeu s*est maintenu là jusqu'à nos jours. Divers noms de lieux formés de même se terminent en ku : tels sont Canteka 4, Pisseleu î, qui subsistent à côté des formes dialectales ou modernes de Canteloup^ Chanteloup7j Pissehap^, L'expression i /«a queue ku ku contient une fois, si je ne me trompe, et non pas deux 9, la vieille forme Uu^ en même temps qu'un reste de l'ancienne syntaxe : c'est

logie populaire (immixtion de piro, obtenue par l'interversion de Ve et de Vi de junipero).

1 . Octoivrc, cité par Littré, est peut-être une façon d'écrire odoevre^ oituevre^ ce qui indiquerait que \'o aurait été traité comme bref (cf. p. ii^ n. 6).

2. Le latm vulgaire avait, dès le II" siècle avant Î.-C.^ la lorRie analogique oclembre, qui se retrouve en anc. fr., en prov. et en roumain.

3. Je parlerai plus tard de la remarquable assonance de ku tn é ^= a dans Aucassin.

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