‹ Romania (volume 2)Chapitre 25 sur 282 · Haute-^f!arne, Saône · texte numérisé non relu

Haute-^f!arne, Saône

9. M. Littré (voy. au mot Uu) pense que le mot toup est ici deux fois répété, les loups marchant les uns derrière les autres ; mais h construction ne s'expliquerait pas. La forme à ta qutut ton ion (citée au mot Qume) favoriserait, il est vrai, cette explication ; mais elle prouve seuleraieiît, comme le premier ka dans queue Uu kUy qu'on ne comprend plus l'anctetias coDStruction.

proprement à la queue le (eu, « à la queue du loup », et dans le jeu enfantin auquel elle est empruntée, tous les joueurs à ta file forment la queue du meneur, qui^ il est vrai, n'est pas « le loup », mais qui le devient s'il laisse gagner celui qui en remplit le rôle. Uust trouve (voy. Littré) encore au xv* siècle dans un texte tout parisien, le mystère de Sainte Geneviève, Enfm le nom de l'évêque d'Auxerre, Lupus, est devenu Uu dans de nombreux villages de Saint-Leu, situés dans les départements de Seine-et-Oise, de Seine-et-Marne, de l'Oise, de Saôneet-Loire, tandis qu'on trouve Satnt-Lmp dans les Ardennes (2], l'Aube, la Marne, l'Yonne, la Hauîe-Marne, la Haute- Saône (2)^ le Jura, Saôneet-Loire (2), la Nièvre (}), le Cher, la Charente-Inférieure, les Deux- Sèvres, le Loir-et-Cher, l'Eure-et-Loir, le Loiret (?), la Mayenne (2), la Manche et le Calvados (2). Il est donc probable que le p, ayant disparu, n'a pas exercé ici d'influence sur la diphthongue, et que la forme moderne /ouQ?) est due tout simplement à l'influence analogique de louve, peut-être aussi de louvat, louvetier, allouvi, etc. — L'anc. fr. possédait couvir, encouvir, de c u p e r e ; les formes fortes devaient avoir eu, cupit par exemple devait faire keut ; mais je n'ai rencontré de ce verbe que des formes faibles '.

5. Devant pr. Sur vient-il de super ou de supra? Les formes anciennes sor et sore sont-elles des variantes purement françaises comme or et ore, ou correspondent-elles respectivement aux deux formes latines ? Il est probable que les deux mots se sont mêlés en français. La plus ancienne forme est le soure (pagiens) â'Eulalie. Comment doit-on l'interpréter ? A mon avis il faut conserver l'u et lire sourc^ comme, dans le même texte, bellezûurei soue (je reviendrai plus tard sur ce point). On ne trouve nulle part en ancien français trace du p de super ou supra: il avait été absorbé de bonne heure, comme celui de lupo. Saur, sôure, est devenu .régulièrement seur^ seure, qu'on trouve pendant tout le moyen âge; Guillaume de Lorris [voy. Littré) fait encore rimer sorf et hore (c.-à-d. seure et heure). Sur est donc une forme moderne'^ amenée par la proclise» (cf. du de deuy prudhomme de preiidomme);s\ la langue avait gardé Tancien adverbe deseure, au deseure, il est probable qu'il aurait eu, mais elle l'a

1. Coufj cité dans Sainte-Palaye d'après la traduction des sermons de saint Bernard, semble être la i^" pers. du prés, de l'ind. de ce verbe.

2. Je ne puis dire à quelle époque elle apparaît. Natureliemeni sur dans les manuscrits anglo-normands doit s'interpréter autrement. Dans les éditions de textes du XIII" s. on trouve souvent sur^ mais il faudrait vérifier les manuscrits, les éditeurs étant portés à substituer inconsciemment la forme moderne i l'ancienne. — Seur paraît avoir pu rimer en m encore au XVI« s. iRom. V ;96).

j. C'est aussi l'explication de M. Bœhmer. Mon cher et savant ami Ad. Mussaha m'avait envoyé la même remarque m sujet d'un passage de la Romûnia (VII 2) oh je disais à tort que su pra en français donnerait régulièrement sure. Cf. ci-dessous, p. ^^, n. i.

■■■■■H laissé perdre au profit de dessus, au-dasus^ qui sont composé: C(5pro = cupro paraît être devenu côpro, d'où cuevre anc. fr,» — Côôperit, devenu coprii, devrait, semble-t-il, avoir un fi, puisque son 0 résulte de la contraction de deux o |cf. ci-dessous cérte de c6hôrte), mais il y aura eu sans doote élision et non coniracùon, car Vu est traité comme à : il donne en anc. fir. cuevre^, rimant avec oevrei == ôpera et = ôperai4. Le fr. mod. couvre est assimilé aux formes faibles. — Récupérât, devenu recôprat, devrait faire rekeuvrt^ mais à la rime ce mol figure avec cuevre^ uevrc (opéra, opérât], et il parait ainsi probable que IM, comme dans colubra, s'était changé en 0 K Le moderne recouvre est analogique *.

6. Devant pL Les groupes pi, hl^ font-ils ou ne font-ils pas entrave ? Il semble que la réponse ne soit pas la même pour toutes les voyelles. A, dans capulat, -abile, est traité comme entravé; mais è dans èbulo, ô dans populo, sont traités comme libres. Pour t' il semble qu'on ait les deux traitements: on rencontre fehle elfeible^ debie et deihle. Pour d ces groupes semblent bien faire entrave: dôplo, copia ont donné double^ couple^ jamais deubU^ keuple. Le nom d'arbre pôpolo paraît faire exception, puisqu'il donne peuple (d'où peapUer)^ tl non pouple 7.

1. Il faut distinguer ce cua/rc de cuivre^ aui vient de eu preo, ei dont je ne m'occupe pas ici, à ciu$c de la présence au ;. Dans certains textes, il est vrai, caevre peut être uae simple notation de comc (Mussâfia, ZeUschr. ï 410)mais ailleurs on trouve les rimes cuofrc recuevrc^ etc., et des graphies comme qœwffc [BauJ. de Stb cité par Litlré).

2. Cette 3« personne cl celles de affrir et soffrir, dont je parlerai plus loin, sont les seules dans l'ancienne langue qui, n'appartenant pas à la 1" con|ugaison, aient un e féminin final, nécessité par l'euphonie. La langue moderne y a ajouté bien i tort des formes comme il cucilU, à tressailli^ etc.

j. Il ne faut pas écarter la possibilité que c<ivrit soit devenu côvri t sous l'influence de vr : voy. cî-dessous, n. 6.

4. L'étymologie d'ouvrir est encore tnceitaîoe ; la diphthongue ue dans uevrc n'indique pas nécessairement un 0 bref ici. ci-dessous la note). Notons en passant que la forme ananz, citée par Litt ré et admise par Diez d'après un psautier anglo-normand -.Michel, Ubn Psalm. Httt. gall. p. xviij), doit être écartée : 11 but lire axaranz, comme dans les passages correspondants du Ps. de Cambridge |V 101 et du Ps. de .Montebourg (V 1 1 aorrani).

j. Mais il est possible aussi que rtktutrt, de recoawrtr, ait été par erreur assimilé à fuumt. de ruouynr. Ces deux verbes ont été absoloroent confondus au XVU« siècle.

6. Si on embrasse d'un coup d'œil les mots caa/n coalûgrrt oàtuvre (?) ncuevre caatt de c6pro colôbra octobre rec6prat c6prit. auxquels il faut ajouter \uaM [ou inan\ de jovne et sans doote saipei de s^frit (piour sutfert), 00 sera porté à croire que te groupe vr on, fr) a changé un 6 précédent en d, en sorte que les explications proposées pour chacun de ces mob derrajent être retoplacées par cette explication générale icf. Mussa£a, Zâîuhr. I 4101. Seulement routre et Loatre réitéraient en dehors de ta règle. — On pcnt reconnattr» une influence analogue du v -^y dans pluere = plu via et juvM s= flur^ dont il sera parlé plus tard.

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