D'après Littré, on dit poapU dans le Centre ; ce seraii b
PHONÉTIQUE FRANÇAISE : O FERMÉ jj
Mais nous voyons par d'autres langues (it. pîoppo Gipdpolo^ etc.) que pôplo avait été changé en pôplo, sans doute par confusion avec l'autre pôplo; et on trouve anciennement en français, pour l'arbre comme pour le substantif collectif, la graphie pueple, qui indique la confusion des deux mois.
7. Devant >" : 6vo étant devenu ôvo en latin vulgaire ^^ ÎI n'y a que movit etcognovit, qui donnent régulièrement meut et coneuî^. — V6 de jivene = jùvene est devenu ô^ é'oiijucvne \juefne\ juene jmne^ ce qui est propre au français, les autres langues ayant conservé Va. Il faut sans doute reconnaître ici une influence du groupe vn analogue à celle du groupe vr (cf. la forme juene pour jucvne] ■♦.
8. Devant les nasales. La diphthongaison de V6 est empêchée par la nasale, comme celle de Vo (au moins dans la plupart des dialectes), et pendant tout le moyen âge ô et à devant une nasale {don et hon^ corone et bone] riment ensemble. Je ne puis étudier ici l'histoire de Vo nasal. Je me bornerai à dire que, comme toutes les nasales françaises, il faisait, au moyen âge» entendre dans les terminaisons masculines la consonne après la voyelle nasale : bon et non bô comme aujourd'hui, et que dans les mots féminins où Vo est séparé de Vé final par m ou n simple ou redoublée, la voyelle était tout aussi nasale qu'elle Test quand elle en est séparée par m, n suivies d'une autre consonne ; ainsi Rôme^ bône, comme rompe, bonde, li arriva plus tard (pas avant le xvi** siècle, si je ne me trompe) que dans les mots féminins de ce genre la nasalité se perdit : h voyelle purement orale qui reparut alors fut uniformément 0 : Rome, couronne aussi bien que bonne. La raison de ce phénomène est que les quatre voyelles ouvertes à, è, è, oè, sont seules susceptibles de nasalisation : en se nasalisant, les voyelles fermées j\ é, 6, ci étaient deve-
fidèle de pôplo, à moins que pouplUr n'ait influé sur son simple, comme, chez nows^ peuple a influé sur peuplier,
1 . Tuf, inconnu au moyen âge, ne vient pas directement de tàfo, mais de Tit. tufo.
2. Pourquoi? Y a-t-H eu une influence de v sur r«i précédent, semblable à celle que nous avons attribuée à vrf
3. Ou plutôt movil est devenu môul d'où meut; de même co(g)nout, conçut. Dans ces mots, comme dans eut (pron. ut), tut, plut., sut., put, plut, dut, but, perçut, crut, /«(, l'ancien eu, d'origines diverses [6 + u, du + a, <J 4- u, i + u), est devenu en fr. mod. u, ce qui n'a pas lieu dans les autres mois (sauf dans sur, prudhbmmc, du, où il est proclitique). Cette prononciation remonte au moins au XV'^ siècle et sans doute plus haut. Je la crois amenée par l'analogie d'une part avec les parfaits comme voulut^ valut, etc.j d'aulre part avec les personnes faibles meus, eùsy peûs, beûi, etc., devenues mus, {£]us, pus, bus, etc. (de m, mûmes, {e)umes, pûmes, bûmes, etc.) ; quelques-uns de ces verbes avaient d'ailleurs dès l'origine un « à la i'"*' pers, sing. — L'uniformisation, parfois violente {vînmes, etc.), des deux séries de formes des parfaits forts est un des faits importants du français moyen.