Voy. ci-dessus, p. ^2, n
nues ouvertes ; la nasalilé disparaissant ^ ce sont des voyelles ouvertes qu'on a retrouvées : ainsi ce qui est arrivé à Vô est arrivé à Va dans femme, prononcé anciennement fême, puis fàme, et enfin fàme, etc. L*écriiure actuelle par deux m ou n de ia plupart des mots de ce genre {pomme, couronne, bonne, etc.) est un vestige, aujourd'hui sans raison d'être, de l'ancienne prononciation pome, etc. C'est ainsi que s'explique le phénomène, si surprenant au premier abord, de la représentation dans ce groupe de mots de ô ancien par à moderne (p é ma pomme] . — Tandis que la nasalisation de a, e devant une nasale dans certaines conditions est antérieure aux plus anciens monuments de la langue (voy. Rom, Vil 126), celle de Va s'est produite plus tard. Dans beaucoup de poèmes anciens en assonances, nous voyons 0 suivi de nasale figurer à la même assonance qu*â ordinaire ; cependant l'influence de la nasale est déjà marquée en ce que d et d sont unifiés, ei ramenés l'un et l'autre à d •. On sait qu'en anglo-normand on est de bonne heure écrit ouff, comme an est écrit aun; cet oun est certainement à rorigine une diphihongue, et il y a là un précieux indice pour la prononciation ; mais je ne puis traiter ici ces questions. A partir de la fin du xir" siècle au plus tard, Vo du groupe on est nasalisé, et il l'est resté jusqu'à nos jours, sauf, comme je l'ai dit, dans certains mots féminins. — Il est inutile d'étudier l'un après J 'autre les mots qui présentent à devant une nasale \ ce que j'ai dit en général s'applique à chacun d'eux.
J'ai démontré que, sauf des cas qui rentrent dans une règle générale ou qui s'expliquent par Tanalogie, tout ô latin vulgaire [= îat. class. ô, â] accentué et libre donne en français eu. Les exemples allégués par Dicz d'où (avouey douef noue, nous, vous^ pour^ proue^ roure, époux, Toulouse, tout) et d'à (console, or, dos, nohky octobre^ sobre] ont tous été écartés, ainsi que d'autres semblables.
1 . 11 semble qu'il y ait dans ce fait une contradiction flagrante avec ce qui a é\é dit ci'dessus au sujet des voyelles nasales, qut se composent nécessairement d'une voyelle ouverte et d'un élément nasal ; on voit ici, tout au contraire, à devenir 6 devant les nasales. Mais il l'est devenu, si je ne me trompe, par des modifications successives, U a d'abord donné, comme tout 0 bref accentué, àà, puis 6è, l'accent portant sur é. Ce groupe, qui, dans les conditions ordinaires, est devenu uo, puis u:, etc.. a perdu devant les nasales sa seconde voyelle, è, et il est resté é : bààn^ bvàn, bon. Vé ainsi constitué et égal â \*é ferme ordinaire s'est plus tard, comme ce dernier, transformé en à en se nasalisant, et a reparu, après la destruction de la nasalisation, à l'état d'ô, comme Vô ordinaire {bànne, dànne), — Je n'ai pas d'explication â donner pour saemcs de su m us, cité par M. Fœrstcr [Zeitschr. lil, 499), à moins qu'on ne puisse / voir une assimilation imparfaite à aviema, punsicmcs, etc., dans un dialecte ou les seules formes de i'** pers. plur. qui eussent la terminaison -mes h faisaient précéder de tV, les formes en 0 ayant toujours -ni (ainsi entre avons et âvicmcs la forme isolée somcs était exposée à devenir sons ou sucmcs) .