‹ Romania (volume 2)Chapitre 266 sur 282 · DU VELAY ET OU FOREZ · texte numérisé non relu

DU VELAY ET OU FOREZ

Quand ille fut sur ces bateaux, 21 N'a rencontré des bergereaux :

« Vètia la fena dou sctgnour 22

Qu'enîtTravom 'qiustou :our.

— Ohl dizez-donc, mère, ma mie, 23

Que disent ces bergers ici ?

— Ma fille, de redoubler le pas^ 34 Qu'à la messe nous serions pas,

— Oh! disez-donc, mère, ma mie, 25 Qui a conduit ce tombeau z-ici ?

— Ma fille, |e le peux plus cacher, 26 C'est le tombeau de ton Arnaud.

S'il le n'a poussé mais un grand cri.

Toute la terre n'a resplendi. 27

« Tenez, ma mère, tenez la clef, 28 Tenez la clef de mon château, Prenez soin de mon fils Arnaud *. ■

Renaud, Renaud de la guerre vienl.K^^ Ayant b mort entre les dents. 1 f Sa mère, qui est sur le carreau ^ 1, Nen voit venir son fils Renaud. ]

I Renaud, Renaud, réjouis-toi 2

Et de ta femme et de ton fils.

— Je ne peux pas me réjouir, Puisque la mort )e dois subir. 1

Fils Renaud dit à sa mère : j

c Préparez-moi z-un beau lit blanc A la minuit trépasserai, Au point du jour m'enterrerez.

— Oh ! dites-moi, mère, ma mje, 4 Qu'est-ce qu'on entend plaindre ici?

— Ma fille, c'est un de nos valets Qui s'est fait mal avant-hier. »

Quand il nen vient i-à la minuit s Fils Renaud n'a trépassé.

Sa mère s'est mise à pleurer, Et les valets de leur coté.

• Oh I dites-moi, mère, ma mie, 6 Que les valets nen pleurent-ils ?

— Nen pleurent un de nos chevaux, A l'écurie n'a tombé mort.

— Si c'est que ça, oh! ça n'est rien, Pourvu que Renaud soit pas mort. 7 Renaud de la guerre i viendra,

Des beaux chevaux n'achètera.

Ohl dites-moi, mère, ma mie, 8

Que les servantes nen pleurent-illes?

— Nen pleurent un de nos draps blancs, Qu'elles ont perdu le lavant.

— Si c'est que ça, oh! ça n'est rien, 9 Pourvu que Renaud soit pas mort, Renaud de la guerre i viendra, Des beaux draps blancs n'achètera.

Oh ! dites-moi, mère, ma mie, 10 Qu'est-ce qu'on entend frapper ici?

— Ma fille, ce sont les charpentiers Qui raccomodent le grenier.

— Oh ! dites-moi, mère, ma mie, 1 1 Qu'est-ce qu'on entend chanter ici ?

— Ma fille, c'est la procession Qui fait le tour de la maison.

t. Écrit i Roche-cti-Régnier, en septembre 1868, sous la dictée de Marie Filhol.

— Oh ! dites-moi, mère, ma mie, 12 Quel habit prendrai-je aujourd'hui ?

— Prenez le vert, prenez le gris.

Le noir est toujours plus joli. »

Tout en passant dans ces beaux prés, 1 3 Trois paysans n'ont rencontré :

« Voilà la femme de ce roi <, Qu'on a enterré, hier au soir.

— Oh I dites-moi, mère, ma raie, 14 Ces paysans que disent-ils ?

— Ils disent d'avancer le pas, Que la messe, nous l'aurions pas.

Page 1