SMITH
— Oh ] dites-moi, mère, ma mie, 1 5 Que signifie ce drap de mort ?
— Ce drap de mort, il est bien beau, C'est le plus grand de tes trésors.
J'ai tant caché, je cache plus : 16 Renaud est mort et enterré. • Elle en a fait un si grand cri, Que l'église n'a resplendi.
c Allons, ma fille, allons-nous en, 17 Viens prendre soin de ton enfant.
— De mon enfant je m'en soucie, Renaud est mort, je reste ici '. »
La PorcheronnCy qui rappelle, sous une forme moins condensée, an événement moins dramatique que la mort d'un guerrier, n'est pas aussi souvent redite que la Chanson d'Arnaud. On la chante cependant encore, quoique généralement fort altérée, dans la France entière : en français dans le Nord, Basse-Bretagne exceptée, et dans le Centre ; en langue d'oc dans le Midi.
Comme tant d'autres chants populaires, la leçon vellavienne que nous donnons entre brusquement en matière, sans faire connaître les acteurs du drame et la situation qui en est le point de départ. Elle a bien d'autres lacunes encore. Telle qu'elle est, elle présente certaines particularités qui ne se rencontrent point dans les deux leçons que nous avons publiées ici-même {Romania, I, 3 5 $), et, à ce titre, elle nous a paru mériter d'être conservée. Voy. encore Romania^ X, 259.
3 f Quao bellarai ma mia^ Ma mia à garder?
— Bdlû'la à ta mera^ Qui te la gardara.
— Ma mira est tant cruella.
Me la gardaia pas.
^bis '
Oh ! gardez-la, ma mère, 4
Oh ! gardez-la moi bien.
Ne lui faites rien faire 5
Et qu'à boire et manger.
Fialer sa coulognette, 6
Quand elle voudra filer.