‹ Romania (volume 2)Chapitre 28 sur 282 · II. (î tonique entravé = ou · texte numérisé non relu

II. (î tonique entravé = ou

Diez, ne distinguant pas dans les voyelles entravées celles qui sont longues de celles qui sont brèves, fait deux séries au lieu de trois pour les voyelles labiales entravées, et distribue la seconde (ô, ù] dans les deux autres d'après l'apparence orthographique. Il ne faut pas examiner : i^To « en position », 2" Vu « en position » ; mais : i" ï'à (lat. ù) entravé ; 2* V6 (lat. S, û) entravé ; j" Vu (lat. S) entravé. Il suit de là que toute cette partie de la phonétique, dans la Grammaire des langues romanes, n'a plus de valeur aujourd'hui.

Laissant de côté <J et S entravés, je m'en tiens à d (== 5, S) entravé^ et je pose en règle qu'il donne toujours en français ou^ jamais eu, è, ni U. La difficulté est de reconnaUre les cas rares où 0 entravé est long, les cas rares où u entravé est long, pour admettre les premiers et écarter les seconds. On y arrive cependant par divers moyens, surtout par la continuation même de chaque voyelle en français et en roman. En règle générale, tout 0 entravé est bref, tout u entravé est bref i je ne chercherai à établir la valeur d que pour Vo entravé et non pour Vu; pour Vu entravé au contraire j'aurai à démontrer ta valeur u et non la valeur 6. — Je vais étudier rapidement Vô entravé en classant les exemples d'après la première des consonnes qui forment l'entrave.

1° Devant r : bu rra bourre, turrefaiir, currit four/ ', reburro, mot du latin vulgaire devenu reburso», rebours^ d'où rebourser rebrousser; surdo sourd, gurdo gourd^ curto court, excurtiat escoarce anc. fr. 3; curso cours^ urso ours^ thyrso tours trous*, surso sours anc, fr., surs a sourse source] diurno jour, al bu r no autour a. fr., Turones Tours, furno /our, purpura pourpre, iurha tourbe, tur-

I. Les formes fortes de courir ont souvent eu {keur keurs keurl kfurenî keur) : Vai eu tort {Rom, VII 2} de le remplacer par cuer, etc.; ces formes, comme me l'a fait remarquer Ad. Mussafia» m se trouvent pas en rime avec muer^ etc., et si elles se présentent graphiquement on doit les expliquer comme gucU pour giuU (voy. ci-dessusi. Il faut d'ailleurs remarquer que les formes cour^ court, etc., se présentent souvent dans tes anciens textes, contrairement à ce que j'ai dit. Malgré cela, on peut toujours expliquer keur etc. par une forme euro etc. qui aurait existé à côté de eu rro etc. Mais cf. ci-dessous, p. 60,

i. On ne peut séparer le bas-latin rebursus de reburrus qu'on trouve dans le Penlateuque de Lyon et dans plusieurs glossaires du moyen Âge. Rebours et rcbrouna doivent donc être séparés de troza et autres mots auxquels Diez les rattache.

). Escourcier veut dire habîluelleiienl * retrousser » son vêtement, s'cscour' cûr i se retrousser » ; de là cscourz, la partie de la robe qu'on retrousse, le devant, le giron (voy. l'exemple de Roquefort j ; on retrouve dans divers patois actuels les mots icour^ icourchon, * tablier ». De là aussi l'ail, schuric. Je suéd. skari^ le holl. schorl^ t tablier t.

4. Conservé dans trou de chou. De li p.-é. aussi trousse^ trousur, voy. Rom. JX uh

bulat toarble trouble \ curvo courb cour dans courbatu^ cucurbica pour cucurbila coomge courge ^\ sur gère sourdre^ înrcsi fourche, quadrifurco quarufourc carrefour, hur go bourg, Biluricas Beourges Bourges, etc.; gurgiiegourn,îuriura4 tourtes. La seule exception est viorne deviburna.— Je n'ai cité jusqu'à présent que des mots qui en latin classique ont un u ^; il y en a un cenain nombre qui ont un o, lequel, étant long, a dû donner ou en français : o rd i ne avait Vo long, comme le montre la graphie, fréquente dans les textes des v-viii'* s., urdene? ; en effet, le dérivé anc. fr. est ournef qui rime toujours avec des mots comme séjourne, mourne^y etc. Le fr. ardre est un mot savant, comme le montre le traitement des consonnes : il appartient à tout un groupe de mots introduits vers le x^ siècle, quand la prononciation du latin était devenue tout anificielle, que tous les o entravés se prononçaient, comme aujourd'hui, ouverts, et que les clercs commençaient à écrire la langue vulgaire et à y introduire des mots latins. — Cohorte s'étanî contracté en cor te, les deux 0 brefs ont produit un o long dans côrte, écrit de bonne heure curte?, d*oii le fr. court cour, — Tornar e et tous les mots de même famille devraient avoir Vo ouvert (cf. rpircç, Tépvoç), et nous le trouvons tel en effet dans tordre ^ tort, torche; mais à côté on trouve un ô dans tourne, tour^ tourte (et à l'atone dans tourment); Fit. de même a fôrfo, torcere, iorc/tio '«, mais Mr/iOj tôrna, îàrta, l'esp.

1. Mais non turbat trouve, en anc. fr. trueve; voy. Rom. VII jo8.

2. Cucurbila a changé son i en c par assimilation au suffixe 'ka^ si répandu. Gourde est moderne, el n'est qu*un abrégé du prov. cougouide,

j. Court est certainement la forme la plus usitée, comme je l'ai dit Rom. IX }Î2 ; mais ie dois reconnaître qu'on trouve aussi gdrt attesté par la rime, par exemple CJ^i/rtff, éd. Jonckbloet, v. }09j (; /ort), Mir. de /V,-D. de Chartrei (: mort), p. \^, ^8. Le composé regorî semble ne présenter que Vo ouvert. Est-ce le même mol?

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