‹ Romania (volume 2)Chapitre 273 sur 282 · FRAGMENT INÉDIT DES TOURNOIS DE CHAUVENCI DE JACÇ^UES BRETEL · texte numérisé non relu

FRAGMENT INÉDIT DES TOURNOIS DE CHAUVENCI DE JACÇ^UES BRETEL

Le ms. Douce jo8, de la Bodîéienne, à Oxford, écrit de diverses mains dans la première moitié du xi V siècle, conlient les Vœux du Paoriy le Bestiaire de Richard de Fournival, les Tournois de Chauvenci de Jacques Breiel, un grand recueil de poésies de trouvères, la prophétie de Sibille, le Tournoiement Antéchrist de Huon de Meri. De toutes les parties qui composent ce précieux livre, la plus importante est sans contredit le recueil de pièces lyriques. Aussi me suis-je particulièrement attaché à le bien faire connaître, par un index de toutes les poésies qu'il renferme et par la publication de plusieurs d'entre elles, lorsque j'ai donné une notice de ce ms. dans mon troisième rapport sur ma mission dans la Grande- Bretagne " . Limité par le temps et par Tespace, je me suis borné pour le reste du volume à des indications assez sommaires. Après le chansonnier, le plus important des morceaux compris dans le ms. Douce est assurément le poème de Jacques Breiel {Bertiaz dans ce ms.). On ne connaissait en effet de cet ouvrage qu'un seul ms., celui de Mons, dont une édition, préparée par un ancien bibliothécaire de cette ville, Philibert Delmotte, a été publiée en 18} 5, quelques années après la miort de cet érudit, par les soins de son fils. Le ms. de Mons n'est, pas plus qu'un autre, exempt de fautes. Dans mon rapport, je signalai l'importance du ros. Douce pour la critique du texte des Tournois, et j'en donnai, à titre d'échantillon, deux morceaux contenant ensemble un peu plus de 100 vers. En regard d'un de ces morceaux je fis imprimer la partie correspondante d'un fragment du même poème que j'avais trouvé en 1861 dans les gardes d'un ms. de la bibliothèque de Reims ».

Depuis 1867, époque où je préparais mon rapport sur les mss. de la Bodîéienne, j'ai eu plus d'une fois entre les mains le ms. Douce jo8.

1. Archives des Missions ^ 2*' série, t. V. — Tiré i part (1871, A. Franck), p. 21240.

2. Je n'avais pu retrouver le ti" de ce ms. lorsque je rédigeais mon rapport. Ce doit être un vol. portant celte cote bîîarre : l 697-705.

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J'ai collationné notamment, en vue d'une publication ultérieure', tous les motets et fragments de chansons qui se trouvent dans les Tournois. Au cours de ce travail je me suis aperçu de circonstances qui avaient échappé à mon premier examen, et qui méritent d'être signalées.

Le texte du ms. Douce présente deux lacunes, qui comprennent les vers 997-1 5S8^ et 201 1-2 172 î de l'édition. La première peut être le résultat d'une suppression volontaire, soit de notre copiste, soit d'un copiste antérieur, car la lacune commence avec une phrase et finit de même. Quant à la seconde lacune, moins considérable de beaucoup, elle provient probablement de la perte d'un feuillet, non dans le ms. d'Oxford, mais dans son original, car les 162 vers qui manquent sont à peu près ce que pouvait contenir un feuillet in-folio à deux colonnes par page et à 40 ou 41 vers par colonne.

Le ms. de Mons a aussi ses lacunes. Plusieurs sont d'un vers seulement, par ex. après le v. 224 [Sire y si Dieu me gart de hlasme) où l'éditeur nous fait savoir qu'il se trouve un vers gratté. Ce vers est dans Oxf. : De corrous et de mavistiet. Toutefois il n'y a pas de lacune en tous les endroits où l'éditeur en indique. Ainsi, quoi qu'il en dise, aucun vers n'est omis entre les vers 254} et 2544 • ^^^ ^^ donne rien de plus que Mons à cet endroit, et l'examen du passage montre qu'en effet il n'y manque rien. De même pour les prétendues omissions dont l'éditeur a marqué la place par des points après les vers 2449 et 2497, C'est également à tort qu'après le v. 5246, entre ces deux vers : Diex ! qui (L que] dirai en mon pais ? Que j'ai amour novelle.

l'éditeur suppose une lacune d'un feuillet : le sens se suit parfaitement d'un vers à l'autre, et le ms. d'Oxford (fol. 1 j8 d) est conforme en ce point au ms, de Mons 4.

Mais, si Delmotte a indiqué des omissions ià où il n'y en a pas, en revanche il en est plusieurs dont il ne s'est pas donné garde : quelquesuns n'ont que peu d'importance i, mais il en est une qui est très considérable : ce n'est rien de moins que la conclusion du poème qui manque

1 . Cet article a été écrit il y a dix ans ; il est annoncé dans le premier vol. de la Romamût p. 1 1 ^ Depuis j'ai remis A M. Raynaud tous les éléments de la publication que \t préparais sur les motels.

2. Fol. 1 1 i c de la nouvelle pagination, 122 de l'ancienne.

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