‹ Romania (volume 2)Chapitre 278 sur 282 · I. Compare! Dier, Btjmol WmrtabHh^ p. xiii · texte numérisé non relu

I. Compare! Dier, Btjmol WmrtabHh^ p. xiii

6l6 COMPTES-RENDUS

sa queue, il regarde celle de son voisin (On se voit d'un autre œil qu'on ne voit son prochain).

Zako maiin^ H mime tl montré nouar koman vohr; le singe est malin, c'est lui qui a montré au noir comment on vole.

Lakaze bado napa gucte lakdzc vitivire; h maison couverte de bandeaux ne regarde point la case couverte de vétiver (Le palais dédaigne la chaumière).

Li kacc so maie avan h fine mir; il casse son maïs avant qu'il soit mûr (Il mange son blé en herbe).

Zako palanki krU h o, koudevan vint ; le paille-en-cul crie là-haut, le coup de vent vient.

Ça ki Angle kozi, zoU même tendi; ce que disent les Anglais, eux seuls le comprennent.

Le chapitre des locutions, quoique assez étendu, aurait pu être remplacé par un petit dictionnaire créole- français, que nous attendons de M, Baissac; car ml mieux que lui n'est en mesure de donner satisfaction à ce vœu des philologues. Le moment est venu de fixer les mots vraimeul créoles, car grâce aux diverses races qui habitent maintenant Maurice, Indiens, Chinois, Arabes, etc.^ le créole est menacé d'une invasion polyglotte qui troublera profondément son vocabulaire.

Le dernier chapitre contient les sirandants créoles, c'est-à-dire des devinettes enfantines, comme on en trouve au berceau des peuples primitifs. C'est tout ce que la littérature populaire créole a produit jusqu'ici, si l'on peut accorder ce nom trop pompeux à de pauvres énigmes qui n'ont pas besoin d'Œdipes pour être comprises. Voici quelques-unes de ces sirandanes qui donneront une idée du genre :

Dilo dibouU? Kane. — De l'eau debout i* Une canne â sucre.

Diloan pandan? Koko. — De l'eau suspendue ? Un coco,

Katini^ kabinl ziskc dan fétaze ^ Banbou. — Des cabinets, des cabinets jusqu'au faîtage? Un bambou.

Più bâte manman^ Lakoçc. — L'enfant bat la mère? Une cloche.

Guéli dan guiU, cite iapate^ kâle zorcUi Licien manze dan mamite. — Gueule dans gueule^ sept pattes, quatre oreilles? C'est un chien qui mange dans une marmite.

Manman gainée zoai viilon^ tou pu blan dançi? Mamite douri iao difi. — Maman noire joue du violon, tous les petits blancs dansent^ La marmite de riz sur le feu.

Mo laçale lapide an rouze; liu banne pii fotett blan iadan; domestike souîe zote av çifon rouze? Labouçe^ Udan av lalangue. — Mon salon est tapissé de rouge ; dedans beaucoup (une bande) de fauteuils blancs; le domestique les essuie avec un chiffon rouge î^ La bouche, les dents et la langue.

Ma bâti It^ h bd moua; ma bd /(, H bâte moua? Mo janme. — Je ta bals, elle me baise; je la baise, elle me bal? Ma femme.

Bian napa kûpabt Iravaïe çan nouar^ Piimt bisouin îanke, — Le blanc ne peut pas travailler sans le noir ? La plume a besoin d'encre.

Loin d'avoir à pardonner à l'auteur, comme il le demande avec trop de modestie en plusieurs endroits de son livre, ses citations de sirandanes, proverbes,

Baissac, Étude sur le patois créole mauricien 617

dictons créoieSj nous trouvons qu'elles ne sont pas assez nombreuses; car ces premiers bégaiements d'un peuple enfant sont intéressants à bien des points de vue ; non seulement la philologie, mais l'histoire et la littérature en faroot leur profit.

Disons en passant que l'exécution typographique du livre est soignée, et qu'on y trouve fort peu de fautes, mérite rare pour un livre qui présentait certaines difficultés d'impression : lettres diverses, accents fréquents, etc. Une nouvelle édition de cette grammaire créole, et nous lui souhaitons cet honnenr mérité, devra contenir une table pour faciliter les recherches.

L'importance et la nouveauté de ces études excuseront la longueur de cet article. Nous terminerons notre compte-rendu en concluant comme l'auteur. Le créole est impuissant â reproduire un morceau tant soit peu long de notre littérature; il n'a lui-même aucune littérature, mais le créole de Maurice est la langue commune de 300,000 âmes. Les diverses races qui habitent 111e, Indiens, Chinois, Arabes, mulâtres', nègres, blancs, ne communiquent entre elles qu'au moyen du créole ; s'il n'a rien produit, il est surtout intéressant par lui-même, et le livre de M. Baissac a rendu un vériuble service â la philologie en nous faisant connaître ce patois ignoré, fils du fi-ançais et du malgache, auxquels il a pris, à l'un son vocabulaire, à l'autre sa syntaxe.

Dr A. Bos.

I. — Revue de$ LAsauEe rouanes, j» série, t. V. Avril 1881 . — P. 1 ^7- 179. Chabaneau, Compat en ven provençaux. Ce Comput est celui que feu Thomas, en son vivant archiviste de l'Hérault^ a publié en 1S47 dans les Mémoires de la Société archéologique de Montpellier, et que M. Bauquier {Zfitschr. /. rom. PkihL II, 76) a cru pouvoir attribuer à Raimon Féraut. M. Ch. démontre la vanité de fargumentation à la suite de laquelle le premier éditeur est arrivé i assignera cet opuscule la date de 1280. Quant à l'opinion de M. Bauqmer au sujet de l'auteur, elle n'est pas susceptible de démonstration. Ce petit traité, rédigé en forme de dialogue, est d'un intérêt médiocre : il n'était toutefois pas inutile d'en donner une nouvelle édition, celle de Thomas étant extrêmement défectueuse. On y trouve plusieurs exemples du passage d'j z à r.

Mai 1881. — P, 209-41. Chabaneau, Traduction des psaumes de la Péni^ ttnUy en vers provençaux. Cette traduction, qui a paru à M. Ch. n'être pas sans mérite, est tirée d'un ms. d'Avignon dont M. Lieutaud a déjà fait usage pour une autre publication (voy. Romania^ ÎV, ^lo-i). C'est un texte composé en Provence au XIV' siècle. En appendice, M. Ch. a réimprimé la traduction du psaume 108 publiée par M. Bartsch dans ses Denkmakr. Il rappelîei ce propos dans une intéressante petite introduction que k psaume ' 08 a été associé à certaines superstitions.

Juin t88]. — P. 261, Constans, Les manuscrits provençaux de Cheltenham. I. Un nouveau Chansonnier provençal. C'est le n' 1910 de la bibliothèque de Sir Th. Philtpps. Il a appartenu successivement au collège de Clcrraont et à Meerman. U figure dans le catalogue de la Bibliotheca Meermanmana sous le n* 842, et y est ainsi désigné: « 842, Poeras (sic) en périgourdJn. — Proverbes provenf çaux : écriture du siècle dernier, de 41 feuillets. « Ce volume, sur lequel j'ai eu la curiosité de jeter un rapide coup d'ceîl à l'un de mes derniers séjours à Cheltenham, se compose de deux parties distinctes r la première, d'une écriture manifestement italienne du XVI* siècle, contient quelques poésies et biographies de troubadours, la seconde, écrite dans le midi de la France au XVII' siècle, contient les proverbes provençaux. M. Constans a donné de ce ms. une description détaillée accompagnée d'extraits; un supplément important à cette description est donné dans le n* de septembre de la Revue., et il est nécessaire, pour se faire une juste idée du recueil, d'avoir à la fois sous les yeux les deux parties de la description. Il eût mieux valu le copier en entier, ce qui n'eût pas dem-indé plus de deux jours de travail. L'intérêt de ce petit chansonnier consiste principalement dans une circonstance signalée en note par M. Chabaneau (pp. 270 et 277) : Mario E qui cola, né â Alvito, rapporte dans son livre Délia Natura â'Amon^ imprimé pour la première fois en 1 ^2) ^ au livre V, ch. m, un certain nombre

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