‹ Romania (volume 2)Chapitre 279 sur 282 · I. Voy. Tirabusdii, éd. de Milan, V H · texte numérisé non relu

I. Voy. Tirabusdii, éd. de Milan, V H

de particularités surBcrnart de Ventadour, Arnaut Daniel, R a mbaut d'Orange', Foiquct de Marseille, Guîraut de Borneil, qui ne se retrouvent dans aucune des biographies des troubadours publiées ou signalées Jusqu'à présent, et que cependant il ne peut avoir inventées ; d'autant moins que Velutello, en son commentaire sur Pétrarque, rocntionne plusieurs des mêmes faits. Or deux au moins de ces particularités, celles qui concernent Rambaut d'Orange et Guiraal de Borneil, se retrouvent dans le chansonnier de sir Thomas Phillipps. Il faut donc considérer ce ms. comme un extrait du recueil plus considérable dont ont tait usage Mario Equicob et Velutello*. — Variétés. P. 296. E. Rigal, Je ne tache pas; que je sache. — P. jo2. M. Devic, L'origine arabe du mot alkekenob. — P. }0}. Millet et Chabaneau, Sur an vers de r.a Gormonda. — Bibliographie. P. J05. Sébillot, Littérature orale de la Haute-Bretagne (A. B.).

j* série, t. VI. Juillet 1881, — P. 1. L'abbé Guillaume, U tangage de Savines en 1442. Document tiré des archives des Hautes-Alpes. Il porte la même date et appartient au même pays que le Spkimen du Langage de Savtncs dont il a été dit quelques mois ci-dessus, IX, 632, mais il est plus long et offre plus de faits linguistiques dignes d'être notés. C'est un râle de cens, comme on en possède beaucoup dès le XI* siècle pour d'autres parties du Midi de la France. Au ^ .;, pourquoi cnlot: en un mot.^ § *l. je n'entends pas loeo; ^ 14, îl faut non l'en curas^ mais l'eneuras (curé). M. Guillaume signale au § 31 le nom d'un lieu abandonné, par suite des ravages de la Durance, dès le XV* siècle, Rama, ancienne station romaine. Je note en passant que ce nom figure avec Embrun, Gap et Briançon dans un vers de Girart de Rouisillon (éd* Hofmann, v. 973K — P. I j-2^, A. Mir, Glossaire des comparaisons populaires du Narbonnais et du Carcassez (suite), lettre C. — Variétés. P. 31. C. P., Termes de chapellerie qui

i. Mïrio dit Antergna au tieu d'Aurenga^ d'où * Kembauz qui fut jfîgncur d'Auvergne » dans b traduaion frjiiçaUe de Gabriel Chappuis (Lyon. 1(98), fol î6i v*.

1. U y aurait encore d'autres chansonniers provençaux ï rechercher. Benedctto Varchi [| ij6j) avait un ms. provençal contenant « moite vite di Porti proventali ; e la prima e quclla di Ciraido chiamato di EîomcUo. »» {L'Henolano, Vinetia, IS70, p. ijî.j Cette désignation pourrait s'appliquer au m». B. nat. fr. i {92 qui commence en effet par ta vie de Guiraut de Borneil, et qui est d'origine italienne, mais Varchi donne la tracJuction de cette même vie d'après son ms.. et la comparaison avec le nu. H9^ révèle de légères différences qui ejcciueni i'identilé des deux chansonniers. — An xvii' siècle Fr. Rcdi possédait un chînsonnier provençal assurément bien diffèrent de ceux qui nous sont parvenu». On y lisait, par exemple, sous le nom du roi Richard, ces deux ven que je ne sau où retrouver :

Coblas a tein faire (tirai r) adreiiamen Por vos oillt enten (?) dompna genttlz

[Baceo m Toscana, Firenic 1691» p- 90« Le même ms, contenait une pièce attribuée à Pons de chaptcuil où se trouve ce vers que j'ai vainement cherché dan* les poésies de ce troubadour ; El mot k'eu cant si 00 es gai e poli.

(/Wrf.,p. ?o).

C'est UM doute de li même source, bien qu'il ne le dise pa5. que Rcdi iihtd p. 4) a tiré deux vers d'un «. Giuffri di Tnhia, pocta provcnxaie, » qui mot loulcmeoi inconnu : Vucilh el sang dd racin, Cal cor plat/ en joi, en rire. ,

Je possède sur l'histoire de la bibliothèque de Redi quelques rcnjeignements pariicuhcr» qui pourront un jour fournir la matière d'une note, mais au sujet du chansonnier provençal je ne «u rien de plus que ce qu'on en peut apprendre par les note» du Diiiratnba. ri t

pour la plupart ne se trouvent pas dans le dictionnaire de M. Littri ou n'y sont pas indiqués avec leur sens spécial. — P. jj, C. C, L'Espozalid de Nostra Dona. Il s'agit du mystère provençal qui a été décrit par M. Fr. Michel dans les Archives des Missions (voy, ci-dessus, p. 449} et par M. Raina dans le Giornaie di Filohgia roman:a, IJl, 106. M. Chabaneau réédite ies vers publiés par M. Rajna et signale en passant un article de M, Achard, dans le Bulletin historique du Vauclusc (mars 18S1), oii sont énumérées diverses représentations dramatiques qui eurent lieu à Avignon et dans les environs au XV» siècle et au XVI'. — Bibliographie. A propos du Congrls scientifique de France de 1878, M. Roque-Ferrier signale, d'après le Bulîclin de la Société de Draguignan, t. II, l'existence d'une vie de saint Arraentaire due à R. Feraud, dont le ms. paraît avoir disparu depuis une vingtaine d'années. — Périodiques. P. 4^-9. Bulletin de la Sociiîi archéologique de Tarn-et-Garonne, t. Vl-VIII lA. Roque-Ferrier).

Août 1881. — Ce numéro contient le commencement de deux publications ayant l'une et l'autre pour auteur M. Chabaneau. Il eût mieux valu n'en commencer qu'une et la terminer. Des publications morcelées ne sont jamais commodes  consulter. P. $j. Poésies inédites d'Arnaut de Mareuil ; I, Tant m'ttbellis cm platz (Laurent. XC, 26); II, Dona^ cel que no pot a\tr (B. N. ms. d'Urfé} ; III, Tôt as bonas donas valcns (id.). Point d'introduction, seulement quelques notes au bas des pages. Il eût été plus naturel de réserver ces incdita à une édition complète ou à l'appendice d'une étude sur Arnaul de Mareuil. II faut aux documents littéraires un cadre approprié. — P. 69-8 j. Paraphrase des psaumes de la Pénitence (m$. jo8 de la bibliothèque d'Angers^ Texte publié par M. Chabaneau d'après une copie de M. Conslans. Point d'introduction, pas un mol sur le ms. : le texte seul suivi de quelques notes relatives à l'établissement du texte. Cette paraphrase^ en quatrains rimant a a b b, n'est guère qu'une imitation très lointaine du texte, avec addition de bien des idées qui ne se trouvent pas et qui ne pouvaient se trouver dans l'original. Ainsi, pour ne citer qu'un fait, chaque couplet commence par t Jhesus >. En tête se trouve une petite introduction en six couplets de sept vers, quatre de 6 sylt. et trois de quatre [a b a b c c d\. Le début de cette pièce rappelle une poésie religieuse qui est citée k deux reprises dans les Lcys d'amors (I, 166 et 212) :

Me. D^ANCËRJI. LKYS D'AMOHS.

Uoa splna cnizel Una spinatn fier

Dedens mon cor demora Que nueg e jorii m'acora .

Plus amara que fcl, Am gran cocirier

Qui neyt e joro m'acora, Dedins mon cor demora.

Don fem languir Per lunch alegrier

Hc csbayr No la puesc gitar fora,

Per sa punctura. Don soy fort lan^itz

Et espaoritz ; La sua razitz Tant me punh cm irafora Qu'en soy esbaytz.

Le texte du ms. d'Angers appartient visiblement à la région du Sud-Ouest. — Périodiques. P. 96-103. Bulletin de la Société d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan^ t. XI et XII (A. Roque- Ferrier). C'est par erreur que, p. 99, la forme podiza (reçu, quittance) est considérée conume une modi&catioo

PÉRIODIQyES

phooétique de poliza (Raynouard pohssia]^ le fr. pohcc^ lit. poiu:*. Il st pect bien que les deux mots n'ea fassent qu'un i lorigioe, bren qu'ils oe smblo* pas employés tout à fait au même sens ; l'étymologie qoon assigne à yehct^ polizzj, à savoir polyptycfium, soulève des difficultés, nuu et qui est sÙr c'est qu'il n'y a pas ici changement dV en J : c'est au contraire k é qm est éiyw^ logique, puisque podiza est te bas latin .ipùdixa. sur lequel voy. Db Cnfe.

Septembre 1881. — P. 10^. Constans, Les msi. prOfUtfSMX et Chdfnkêm, I. Un nouveau chansonnier proven(jt^ additions 1 l'article inséré ao OtaCn 4t juin. — P. 117. Constans, Le ckamonmer Stac-Cirthj. Ce recueil |bîbliotlièq«e de sir Thomas Phillipps, n* 8^3 p a été décrit en grand détail par M. SucKier, dans la Rinsta di Fdologta romania, II, 49*^2 et «44-7^- Guidé par le triTaU de son devancier, il a été facile i M. Constans d'aller droit aux pièces signalées comme inédites Entre ces pièces, M. Constans n'a voulu publier t que cdics « dont la publication n'avait pas été annoncée par M. Suchier •; toteatioa d'autant plus courtoise que six années se sont écoulées depuis la promesse de M. Suchier. Je ferai remarquer toutefois que la pièce n* 1 (pp. i24-t) est de celles que M. Suchier devait publier. Tout en sachant gré i M. C. des textes inédits qu'il nous apporte, il faut regretter que son travail n'ait pas été révisé par une personne versée dans la connaissance de la langue des troubadours. Le ms. Mac-Carthy a été exécuté par un copiste italien qui ne comprenait guère ce qu'il copiait. Les fautes de lecture, les mots mat coupes y abondent, de sorte qu'il n'est pas possible d'en rien publier san^ un travail critique auquel M. C. n'était pas suffisamment préparé par ses études antérieures. En trots ou quatre endroits M. C. avoue en note que le texte est corrompu et qu'il ne sait coromenl le rétablir, mais c'est à chaque page, et plusieurs fois par page, que cet aveu aurait dû être fait. Que veulent dire ces mots 1 pièce 2, v. 24) sur lesquels il n'y a aucune note: ani ai mil vtn virât \ Qu'est la meillor...? corr. mil veti jurai. Même pièce, v, j2-j : Mtn prec lo rei seignor de Trenitat \ Que voi Jones tan fin cor enterrai... Faut-il changer men en mas ou en ea^ Pour enterrai, corr. esmerat. Cette pièce, qui est un débat entre un amant et sa dame, est très corrompue, et par suite la ponctuation et ta coupe du dialogue sont loin d'être assurées. Au v. 67 il y avait lieu de faire une note sur enbacinat qui manque i Raynouard, mais trouve son explication dans Tartide ABACiNAREde Du Cange. C'est l'obscurcissement de h vue produit par l'apposition au devant des yeux d'un bassin ou d'une plaque de métal rougi au feu. Pièce j, v. 21, la leçon soz Duu est fort bonne, la correction /orj Dieu est à tous égards mauvaise. V. 40 valer^ corr. roler. V. 59, lis, meiest en un mol ; v. 64 ses navr' c senes brui n'a aucun sens ; il faut naut* qui est pour r.aaia. V. 120, corr. En porfar [l\a, et *ti vers suivant <ju'el. V. 126, • Et en vos fâ toi mon esgart •, corr. ai. V- 13 s. Corn, lis. Corn. V. 146 « mais ... *r me i", corr. de. Pour abréger, je m'abstiens de toute remarque sur les pièces 4 et 6 dont la correction laisse aussi bien à désirer. Sous le n- 7 eit publié Ai (on m'aven Ditus m'afut, de Guiraut de Bonncil. Cette nouvelle édition d'une pièce bien connue ne pourrait se justifier que si M. C. en lirait quelque toncluiion nouvelle soit quant à la pièce ^''e-même, soit quant au m». Sou» 1» n* « lom donnc^f » seulement les variantes <nt>n plus le texte comme au n' 7) di h pièce bien connue Qui h vc en ditz. En

ses fables; ses autres écrits roérîteraient d'être étudiés et jetteraient peut-être quelque jour sur sa vie. — P. 85-94. La Vie de Maàtlant de Guillaume Le Clerc, p. p. Reinsch, d'après le ms. de la B. N. fr. 19525. Celte édition contient peut-être un peu moins de grosses fautes que les précédentes du même éditeur ; il n'en manque cependant pas hon plus : pour n'en citer qu'un petit nombre au hasard, v, 99 cngroccz L engroU:, 182 K'a 1. Ke ou Kar^ lyGitevciait I. dcivtnty ^94 crtanl I. trtanl (= traiant)^ 3J5 Est esmis I. EsttsvaSy 702 Hon 1, Bon. M. R, a voulu parfois corriger son texte, rétablir par exemple les vers trop longs ou trop courts; il ï'a fait peu heureusement. Au v. 590 le poète dit que des vêtements abandonnés depuis deux ans â toutes les intempéries étaient aussi bien conservés que S'il cimint esté pendant A une (ms, Alcune) perche en bon essor; M. R. corrige ;?(rfA« en porche. —P. 161-196. Reînscli, L* Évangile de NicomUe mis en vers par André de Coutances. M. ReinscK, sachant (p. 164) que je vais publier ce texte avec M. Bos, a jugé utile de Timprimer de son côté. Il y a joint un Conte d'amors et quelques recettes médicales qui se trouvent dans le même manuscrit. — P. 5:85-412. Metzke, Le dialecte de l' fiede-France aux XI II" et XIV* siïcles fpremière partie).

LXV {1881). — P. 1-52. C. M. de Vasconcellos, Prattca de très pastorcs (intéressant auto de Noël). — P. $7-96. Metzke, Lt dialecte de l'Ile-de-France aux XI l h et XI V*^ siktes (fin). M, M. a !e mérite d'avoir abordé le premier un sujet très difficile et très important; il montre dans son travail de l'inleUigence, mais souvent aussi de rinexpértence ; sa méthode n'est pas assez rigoureuse, et ses documents auraient pu être fort augmentés. Le suivre et le discuter dans son étude du vocalisme, du consonantisme et de la flexion demanderait un long travail. Bornons-nous à dire que son essai, s'il est loin d'être définitif, contient de bonnes observations et devra être consulté par ceux qui reprendront l'étude du même sujet. — P, 179-199. Armbrust, François Villon, écrit sans aucune valeur, dont l'auteur ne connaît même pas les travaux de M. Longnon. — P. 199-2} j. Mcissner, Les représentations figurées de Renart au moyen dge ; continuation d'intéressantes études publiées dans les t. LVI et LVll! de VArchiv (cf. Rom. VI, Î05, VU, on). G. P.

IIL — LlTEHATUnULATT FÙn GEBMANISCHE L'KD BOMANtSCHE PhII.OLOQIE.

— 7. juillet. Col. 21]. Cederschiœld, Clarus Sagtt (notons quelques suppléments aux renseignements comparatifs ; cf. Rom. IX, 479). — Col, 247. Dischoff, Der Conjuncttv bei Chrestien (Suchier : appréciation très favorable). — Col. 248. Suchier, Aucassm unJ Nicolete ; Brunner, Veber Aucassin und Nicolcte (Koch). — C. 252. Petzholdt, BMograpkia Dantea ab anno 1865. — C. 256. Coelho, Os diûUctos romanicos na Africa, Asia t Amtrica (C. M. de Vasconcellos). — C. 257. Psaltirea ... de Diaconul Coresi (1 577) ... reprodusâ de B. Pclriceicu- Hasdeu (Gaster).

8. août, C. 277. Michel, Hcinrich von Morangen and die Troubadours (Bartsch).

— C. 278. Toischcr, Uckr die Alexandreis UUichs von Esckcnbach (Strauch).

— C. 286, Koschwitz, Karh des Grossen Reisi (Stengel : ne croit pas le poème plus ancien que le milieu du XII» siècle). — C. 290. Reinbrccht, Die Légende von dcn sieben SchUfern (Koch : plusiejrs des assertions de cet article onl clé

PéRtODt<^ES 62$

contestées par M. Suchier dans un appendice du n* d'octobre). — C. 294. Monaci, // misUro ptovcnzah di S. Agncsc (Bartsch). — C. 294. Arnone, U rime di Guido Cavalcanù (Mussafia : du travail, mais manque de soin). — C. 297. Caslels, // Fion (GasparyJ.

9. septembre. C. 527. Suchief, Bibliothtca normannica, MI (Stengel). — C. }}0. Pûschel, U Àemin de long atadc de Christine de Pisan (Nyrop : jugement sévère, remarques intéressantes). — C, 53}. Mercier, Histoire des participes français; Bastin, Le participe passé (Foth). — C. 536. Varnhagen, Eine itattenische Prosaversion der Sieben weiitn MtisUr (Koch). — C. Î37. Schneller, StJtuten einer Geisslerbruderschaft in Trient âus dem 14. Jakrhundert (Gartner : important pour la langue).

IV, — BOLLETUN DE L\ SûCl^TÊ DES ANCrESS TEXTES FRANÇAIS^ 1881,

n* 1 . — P. 39-40. Chanson en Chonneur de ta Vierge^ tira du ms. Arundel 248, Musie britannique (P. M.). Celle pièce, dont la première strophe est notée dans le ms. unique qui l'a conservée, est d'origine anglaise, et appartient au milieu du XIJI» s. environ. Elfe a une forme qui est commune en France, mais assez rare en Angleterre. Au v. 43, na été oublié à la fin du premier hémistiche, qui doit se lire : Salni nus ci. — N« 2, P. 44-72. P. Meyer, Notice du ms, Eger- (on94S du Masét britannique. Cems., acquis par le Musée en 1S42, et qui ne paratt pas avoir jusqu'ici attiré l'aUention des romanistes*, est intéressant en ce qu'il renferme, outre un assez grand nombre de pièces latines, plusieurs morceaux en vers et en prose, les uns en français, les autres en limousin. Entre ces derniers il en est qui semblent traduits du français. Tous ces morceaux ont un caractère pieux ou théologique ; les limousins ne paraissent pas se rencontrer ailleurs. Entre les français, notons un dit des trois morts et des Iroîs vifs dont on ne connaissait jusqu'à ce jour qu'un ms. et dont M. Meyer signale, outre le texte du ms. Egerlon, une copie très accourcie dans un ms. du fonds Arundel au Musée britannique, un Ave Mana en vêts, connu d'ailleurs, et une version en vers du Miserere.

V. — GERii.iNiA, XXIII (1878). — P. 129-141. Kœlbingf Fragment d'une version noroise du Pamphilus. — P. 223-229. Behagbel, Le Tristan de Gottfned de Strasbourg et sa source (remarques qui ont perdu leur intérêt depuis les publications de Brynjulfson et Kœlbing, mais qui en devançaient en partie les résultats;. — P. 441-443. Behaghel, U fragment bas-allemand du Lancelot (appartient à la même version allemande du Lancelot en prose que le ms. hautallemand de Heidelbcrg). — Comptes-rendus de Birch-Hirschfeld, Die Sage \tom Gral (Bartsch, p. 247), Lichtcnstein, Eilharl von Obcrgc (Bartsch, p. 34$), Gautier, Les épopées françaises iLiebrecht et Bartsch, p. 361).

XXIV (1879). — P. 13-16, iCœhIcr, Sur h Meisterlied de Cempereur rouge; diverses formes d'une légende curieuse sur Frédéric i vendu aux Sarrasins par le pape Alexandre \\\. — P. I29'r38. Liebrecht, Zar schvedischen Volkslttera'

I . Notons toutefois que M. Suchier te connaissait, car U le dte à l'occasion de certaines piières latines [Marieitj^cbete, p. m)-

Romania, X aq

turi rapprochements intéressants i propos de différents livres populaires suédois,

— P. 385-591. Kœhler, Des deux saints Jeun; diverses formes d'ou récit répandu au moyen âge sur deux clercs (ou deux nonnes) qui soutiennent la supériorité de l'un des deux saints (le Baptiste ou rEvangélisle) sur Tautre. — Comptes-rendus de Osthotî, Das Verbuni m dcr NomiMÏ-Composition (Schlùter, p. 78), Blume, Uebtr dtn îwcm (Lambel, p. 2^2).

XXV (1880). — P. )î-4o. Licbrecht, Salomon and Morolf; M. L. rapproche avec raison l'histoire de la femme de Salomon d'un petit cycle quM avait étudié dans son livre Zur Votksku/ïdc à propos d'un conte de Gautier Map (et qui se retrouve dans diverses versions orientâtes) ; mais il ne connaît pas les rapprochements que j'ai donnés ici {Rom.j VU, 462; IX^ 456; X, 44J), et auxquels je pourrais aujourd'hui en ajouter d'autres : la fable du roman de Chgls^ par Chrétien de Troyes, n'est par exemple qu'une forme altérée de la même histoire.

— P. 88-90. Licbrechl, Tpni^ purt, curieuse addition aux éclaircissements déjà donnés sur ce mol (voy. Rom., VI, 306}. — P. 1^9-142. Cederschioeld, f/n ancien recueil dt légendes islandahes; tous les récits brièvement analysés ici ont leurs sources dans la littérature continentale du moyen âge, ce qui en rend la communication intéressante. — P. 274-294. Gaster, Sources de tontes et llgendes aUcmands ; rapprochements surtout avec des récits hébreux. — P. 295-300. Liebrecht, PcUtes noUs dt folk-iore^ etc.

XXVI (1881). — P. 199-212. Gaster, Sources dt contes allemands (suite). — P. 41^-420. Laistoer, Sur la plus ancienne Alba (à propos d'une pièce publiée dans la Zeitscknft fur deutsche Philologie et sur laquelle nous reviendrons). — P. 420-422. Laistner, Rdnlrid et VArchïpocta (apporte un appui, sans grande force d'ailleurs, à l'explication de Tarns Adthiae, cf. Rom. VHI, tj6). — Comptes-rendus de Rolland, Faune populaire (Liebrecht, p. 121), Gautier, Lts épopées JrançisiseSy t. 111 (Liebrecht, p. jéj).

VL — RiVISTA Dl FtLOLOQlA BD ISTRUZIONB CLA8SIGA , juin ]88), —

Gandino, L'italiano * ottû * e il sm prototipo latino. Le mot olta^ qui, dans Tancien florentin et dans quelques parler s toscans modernes, s'emploie au sens d'ofjï, a été par Diez rattaché à l'anc. ail. uht, par M. Canello identifié avec voila. M. G. montre les difficultés de ces hypothèses, et propose de reconnaître dans ottû une altération populaire du latin quota. Ondisait quota est.? pour ( quelle heure est-il? . Cette locution se conserva après que d'une part q u 0 1 ti s eut disparu de Fusage et que d'autre part la formule chh ara t ? fut plus usitée. Le peuple, ne comprenant plus quota est devenu colta é^ l'interpréta cht ùtta é^ et vit dans otia un synonyme de ora. Cette explication très ingénieuse nous paraît probable, sinon certaine. M. G. est moins heureux en voulant expliquer pretto sputato^ * très ressemblant », par unealtération depur us pu tu s. Preitù sputato répond au français « tout craché *, et le toscan scrivo scnvo, que M. G. fui-mème rattache à exscreare, aurait pu lui indi{]uer la vérité. L'anc. français disait de même escoptz (= craché ; patois du Bessin ch'cst sen père tôt ricopi), et d'autres langues offrent la même métaphore. Elle a

son origine dans la ressemblance de deux crachais < ; on dit plus agréablement: « Us se ressembienl comme deux gouttes d'eau. » G. P.

VII. — Revue historique. Sept.-Oct, i88r. — P. 64-89, 0. Hartwig, La qutitlon de Dino Compagni. Nous ne signalons cet article que pour avertir nos lecteurs qu'il n'apporte aucun élément nouveau dans le débat relatif à l'au- Ihcntkilé de la chronique de Dino Compagni, et que, même à litre de simple exposé de la question, il ne doit être consulté qu'avec une extrême réserve. M. Hartwig est bien décidément au nombre des adversaires de l'authenticité de ce document si discuté, mais il est fort difficile de dire quelle est exactement la position qu'il occupe dans le débat. Il n'est certainement entièrement d'accord ni avec M. Scheffer-Boichorsl fvoy, Romama^ IV, 289), ni avec M. Hegel {Rom. IV, 487), de qui il se rapproche pourtant, ni avec M. Bœhmer [Rom. VU, 471), qui ont au moins le mérite d'avoir chacun une opinion arrêtée; maïs il n'arrive pas à nous rendre compte de la composition de l'ouvrage, et il y a tout lieti de croire qu'il ne s'en rend pas compte lui même. Il essaie de dissimuler son embarras en disant qu'au fond la question ne Tintércssc pas. • Nous, f qui n'avons une confiance complète dans les données de la chronique que sur

• les points oh elle est confirmée par d'autres sources (singulier principe de ( critique \), nous ne prenons qu'un faible intérêt â la continuation du débat. « Soit que le canevas qui a servi probablement de base i la chronique actuelle « ait eu la forme de mémoires, soit qu'il faille y voir une de ces chroniques de t famille connues sous le nom de ncordanzc, soit même que la première partie c ait eu le caractère d'une composition littéraire en dépit des désordres de la

* fin, de ce qu'on appelle le troisième livre, peu importe au point de vue de «I l'utilité historique du fond (p. 89). 1 Ce sont li de vaines paroles : plus accoutumé aux travaux de la critique historique, M. Hartwig aurait compris que tant qu'on n'aura pas proposé à tout Je moins une hypothèse vraisemblable sur les conditions et l'époque de la fabrication, tous les efforts tentés contre raulhenlicilé de la chronique manqueront d'un point de départ assuré. Au moins M. H. aurait-il pu exposer nettement l'état de la question tel qu'il résulte des plus récents travaux, et notamment de l'édition de M. del Lungo, en indiquant clairement les progrès accomplis. Mais le procédé qu'il a suivi consiste, j'ai le regret de te dire, à mettre en pleine lumière tout ce qui a été allégué de défavorable à l'authenticité de la chronique et â dissimuler tout ce qui lui est favorable. Les travaux de MM. Schcffer-Boichorst, Bœhmer, Fanfani, tous adversaires de l'authenticité de la chronique, sont exposés avec une singulière complaisance, et on a soin de passer sous silence celles des hypothèses de ces érudits qui ont été démontrées fausses par les recherches ultérieures, et notamment par celles de M. del Luogo. Ces dernières sont de la part de M. H.

t. On ne Dcut mieux commenter cette locution que par le compliment que Patelin adresse h maître Guillaume sur sa rcsscmbbnce avec son père : Qui tous aurvit craché Tous deux encontre la paroy... Si stria vous sans différence. L'o pea avam, Pàtcli.T lui dit, par UAe métaphore aemblabk : KraiVmcnt, (^atu vous four ^odii.

l'objet d'un examen si peu approfondi qu'il est difficile de ne pas croire que le critique de la Revue historique avait composé la plus grande partie de son article lorsqu'il a eu entre les mains la nouvelle édition de Dino. Je remarque en effet que dès son deuxième n<> f avril-juin «876), c'est-â-dtrc plus de deux ans avant l'apparition de cette édition, la Revue historique annonçait, comme devant paraître dans un prochain n^, i la question de Dino Compagni 1 par M. Hartwig. Je ne crois pas trop m'aventurer en supposant que c'est cet article, composé antérieurement A la publication de M. del Lungo, et plus 00 moins remanié après cette publication, que M. H. aura fait passer à la Revue historique. Cette hypothèse explique à la fois l'insuffisance de l'article en tant que compte-rendu de la nouvelle édition, et un certain manque de cohésion et de décision dont un travail écrit d'un seul jet eût été exempt. Voyons ce qu'il y a dans ce travail. Sans entrer dans une discussion détaillée qui ne serait pas ici à sa place, il suffira de rappeler que la chronique a été attaquée dans la forme comme dans le fond. Contre son authenticité on a fait valoir des arguments philologiques et des arguments historiques. Les premiers ne m'ont jamais paru avoir grande valeur : toutefois ils existent ; M. del Lungo avait le devoir de les examiner : il les a examinés, et, â mon sens, comptêtement réfutés. Or, que dit à cet égard M. Hartwig ? Simplement ceci : qu'il est impossible dans l'état présent de la science de décider si un texte italien est du temps de Dino (commencement du XIV* s.) ou postérieur de deux ou trois siècles. M, H, sait cela de science certaine. « Il faut a avoir, 1 dit-il, 1 un critérium applicable à l'argumentation philologique... Or il « n'existe pas d'histoire de la langue italienne capable de fournir ce critérium, et il t n'en existera pas tant que nous ne posséderons pas d'éditions critiques des anciens c textes... Tant qu'il n'existera pas une grammaire historique de l'italien faite t d'une laçon scientifique, la philologie italienne sera livrée à l'empirisme et aux M idées personnelles des philologues (p. 79-80). » Cette pédante déclaration de principes fera sourire les philologues. Nous n'avons pour aucune langue romane « une grammaire historique iaite d'une façon scientifique ■, mais chaque romaniste doit posséder en soi sa grammaire, résultat de ses lectures et de ses réflexions, et pour n'être pas écrite, cette grammaire peut n'être pas moins très scientifique. C'est une bizarre idée que de se représenter une grammaire imprimée comme l'étalon auquel on doit mesurer les textes. De longtemps nous n'aurons pas pour le français <r une grammaire historique, faite d'une façon scientifique t, et cependant nous appliquons journellement, et avec une parfaite certitude^ le critérium de la langue à l'examen des monuments de noire littérature. D'ailleurs la question ne se pose pas du tout de la façon que M. H. donne à entendre, et la fin de non-reccv(% qu'il oppose superbement â toute argumenlalion philologique n'est destinée qu'à masquer la défaite complète des adversaires de la chronique sur ce terrain. Le principal de ces adversaires fut Pietro Fanlanj, qui^ en un grand nombre d'articles et de brochures, s'etlorça de prouver que la chronique était remplie d'expressions qu'un auteur du XIV« siècle n'eût pas employées. La question est donc, à proprement parler, moins grammaticale que lexicographique. II s'agit de prouver que les expressions contestées étaient en usage au temps de Dino, et c'est ce que M. del Lungo a fait, tant dans le commentaire placé au bas des pages de l'édition que dans un long txcursus qui

occupe les pages 1 1^6 à 124J du premier volume. Il y a là des faits positifs opposés aux assenions négatives de Fanfani, et contre ces faits positifs une exception générale tirée de l'absence d'une grammaire historique de la langue italienne ne saurait être admise. Notons encore que si M, H. nie toute valeur à l'argumentatioo philologique lorsqu'il y aurait lieu de tenir compte de la réfutation en règle opposée par M. del Lungo à Fanfani, il fait valoir ailleurs avec une singulière complaisance les « études très étendues... la connaissance approfondie de la langue du trecento » dont il fait honneur au même Fanfani fp. 74). Pourtant, à quoi bon chercher â créer un préjugé favorable à l'argumentation philologique de Fanfani, si, comme le prétend M. H., il n'existe pas de critérium applicable à ce genre d'argumentation |p, 80)? Ou bien est-ce k dire que les arguments tirés de la langue sont bons contre la chronique et ne valent rien dès qu'on s'en sert pour la défendre? A la bonne heure! mais il faudrait le dire franchement. D'ailleurs M. H. se fait de singulières illusions sur le mérite de Fanfani. S'il était un peu plus au courant des études philologiques dont il parte avec tant d'assurance, il saurait que les hommes compétents ont de ce personnage une opinion infiniment moins favorable*. — J'ai dit que dans la question de Dino, l'argumentation historique avait plus de poids que l'argumentation philologique. On a relevé, et il existe incontestablement, dans la chronique un certain nombre d'erreurs sur des événements que Dino a dû voir se passer sous ses yeux, dans lesquels il a même dû jouer un rôle, ce qui rend ses erreurs difficilement explicables. Je ne puis entrer ici dans la discussion de ce côté très important de la question : la Romama n'est pas une revue d'histoire, et d'ailleurs M. H. pourrail décliner ma compétence historique comme je décline absolument sa compétence philologique, mais je ne suis cependant pas tellement novice en matière de critique historique que je ne puisse apprécier certains des arguments produits par M. Hariwig. Remarquons tout d'abord que le nombre des grosses erreurs historiques que M, SchefTer-Boichorst croyait découvrir dans la chronique a été successivement réduit dans une notable proportion, d'abord par les

I . Voir pîf ex, dans la Rwsta ai Fihlogiû td istruziont ctassica^ n* de janvier-février 1879, un article de M. Plechia sur un livre de Fanfani. M. H. pourra aussi voir, s'il ne le jait déjà, ce que pense M. Hegel pourtant l'un des adver.saire« de l'authenticité de ta chronique' de la science et de l'honnêteté scientifique de Fanfani, Ueber dm historischen WertH dtr jclUnn Danît'Commtntart {VJtipùg, 1878., p. ^8. — Puisque nous en sommes à M. Fanfani, je ne puis taire que rien ne me paraît plus déplacé que la leçon de convenance que M. H. prétend donner à M de! Lungo, eo l'accusant de « poursuivre au delà « de la tombe et de traîner dans U poussière • un de ses anciens collègues de l'académie de la Crusca. Outre que cette accusation n'a rien à faire avec la question de l'auihemiciié de Dino, elle est absolument injuste M. del Lungo a fait preuve au contraire, envers Fanfani, d'une grande modération, tandis que Fanfjni — et M. H. a bien soin de n'en rien dire — s'est conîtanimcnt montré d'une grossièreté sans pareille à l'égard de M. del Lungo. Le ton de Fjnfani a été perpétuellement celui de l'insulte, et cela sans provocation aucune. Ce qui est in caractéristique, c'est que M. H,, «i sévère pour M. del Lungo, n'a pas un moi de btlmc pour un acte d'indélicatesse (je me sers d'une expression fort modérée") cotnrnis par Fanfani au déirimcni de l'éditeur de Dino. L'édition de Dino ne parut qu'après b mort de Fanfani, et cependant ce dernier put en faire une critique qui fut publiée après sj mort: « Fanfani, dit M. H., p. 7J, avait réussi i se procurera « l'imprimerie les bonnes Veuilles de l'ouvrage de son adversaire, de façon à pouvoir se pré- « senter avec sa réfutation aussitôt après l'apparition de cet ouvrage. » C'est en corrompant il prix d'argent un ouvrier de l'imprimerie que Fanfani — il ne s'en est pas caché — avait obtenu co bonnes fevillcs, M, H trouve cela tout simple.

recherches de M. Hegel (voy. Rom. IV, 487-8), ensuite par celles de M. de! Lungo. En ce qui concerne ce dernier, M. H. lui-même en convient, implicitement il est vrai (p. 87). li en reste encore assurément, et il se peut, comme le soutient M. H., que les explications ou interprétations auxquelles M. del Lungo a recours aient quelque chose de torcé. Est-ce assez pour voir dans cette chronique l'œuvre d'un faussaire qui aurait usurpé le nom de Dino? J'en doute beaucoup pour ma part, i" parce que pour la maioriié des événements racontés, les assertions du chroniqueur sont justifiées par des documents contemporains : le commentaire si riche de M. dcl Lungo l'atteste h chaque page ; 2" parce que toutes les tentatives qu'on a faites pour déterminer l'époque et les raisons d'être de la fabrication ont échoué ; 3" parce que cette chronique ne contient en somme aucune de ces révélations soit politiques soit littéraires, qui ordinairement mettent la plume aux mains des faussaires, M. H,, considérant l'étendue do commentaire explicatif et rectificatif qu'exige la chronique de Dino, s'écrie, en s'appropriant les paroles d'un critique italien : * Quel historien que celui « qui a besoin de tant de commentaires I » ip. 8i)^ Mais que l'on lise les récils du Ménestrel de Reims dans l'édition de M. de Wailly, ou de Froissart dans l'édition de M, Luce, et on sera bien plus tenté encore de faire la même réflexion. On ne peut contester, après la lecture du commentaire historique de M. Luce, ou des remarques de maint érudit sur telle ou telle partie de ses chroniques', que Froissarl s'est trompé sur des faits contemporains, au sujet desquels il eût pu facilement se renseigner, parfois même il est difficile de se soustraire à l'idée qu'il 3 voulu, de propos délibéré, tromper ses lecteurs. Et cependant, en raison des circonstances dans lesquelles se présentent ses chroniques, on ne peut élever de doute sur l'authenticité d'aucune des parties dont elles se composent. J'ai peur que ceux qui voient une incompatibilité absolue entre les erreurs de la chronique de Dino et la situation qu'occupait ce personnage à Florence ne se rendent pas bien compte des conditions de l'historiographie ay moyen âge. —le me propose ici, non de traiter la question de rauthenticilé de Dino, mais de montrer que M. H. ne l'a pas traitée d'une façon sérieuse, A cet égard ce qui suit est caractéristique. Un argument très Ion, en faveur de l'authenticité de la chronique, consiste en ceci qu'elle est citée dans le commentaire historique de la Divine Comédie dont l'auteur est désigné communément sous le nom â'Anonimo fioratùno. Ce commentaire date au plus lard des premières années du XV'" siècle^. M. Scheffer-Boichorsl, s'en étant aperçu, prétendit qoe l'/lTioïKmo avait été l'une des sources où avait puisé le fabricateur de la chronique, opinion absolument insoutenable, et quj a été rejetée unanimement, même par les adversaires de l'authenticité de l'ouvrage en question. M. det Lungo croit au contraire que VAnommo a eu sous les yeux la chronique, et dans un intéressant txcursus de son édition (L 8} 5-44) il a présenté un travail d'ensemble sur les sources du commentaire dantesque. Je ne sais comment M. H. se représente le rapport existant entre ta chronique et IMnoni/Tio, mais je ne pots m'empêcher de citer

1. Je citerai parez. M. L. Delisle, Hist, dt S Sauveur U Vicomte, pp. 212 «t suiv.

2. C. Hegel, Ueber den hislorischen werth der <elteren DanU-Commtntiin^ p. J M. del Lungo [Otno Compagnie 1, 844, note) le croit plutôt de la fin du xiv* siècle.

comme une véritable curiosité cette objection qu'il fait i M. del Lungo : « M. I. del Lungo ne peut malheureusement nous dire où eil passé le ms. dont

• s'est servi i'Anonimo i (p. 79). Eh non ! il ne le peut pas : s'il le pouvait^ si on avâil un ms. de Dino remontant à la fin du XIV" siècle, il est vraisemblable que la question de Dino d'existerait pas et que l'ennui délire la prose de M. H. m'aurait été épargné. M. H. se fait de singulières idées sur la conservation des anciennes bibliothèques. Combien de mss. français existaient encore à notre connaissance au XVI' siècle, entre les mains de Fauchel ou d'autres érudits, sur lesquels maintenant nous ne savons rien I — Mais si nous n'avons pas pour la chronique un ms. du XIV* siècle, nous en avons un du moins qui ne saurait être postérieur au XV«, celui dont il a été question ici-même, VIII^ J07-9 <. La découverte de ce ms. a eu pour premier résultat de détruire les hypothèses, d'ailleurs peu vraisemblables, sebn lesquelles la chronique aurait été fabriquée soit au XVI' siècle, soit même au commencement du XVII'. Comme je le disais alors, * il s'agit maintenant pour les adversaires de l'authenticité de la chro- « nique de changer leurs plans d'attaque et de montrer que la falsification a eu n lieu au XV" siècle, » C'est ce qu'aurait dû faire M. H., mais, comme nous i'avons vu plus haut, celte question lui paraît sans intérêt. Il ne parle du ms. du XV' siècle que pour reprocher à M. del Lungo de ne l'avoir pas pris pour base de son édition. Si M. H., qui est décidément léger, avait lu avec soin ma note sur le ms. du XV* siècle, il aurait vu {Rom. VllI, 108) que c'est en septembre 1878 que je me suis rendu chez M. le comte d'Ashburnham afia d'avoir communication dudit ms., et comme le t II de l'édition de la chronique a été publié en 1879, il aurait compris que dès septembre 1878 ce volume (moins la notice préliminaire) devait être imprimé. M. H. s'en prend ensuite à M. del Lungo pour avoir dit c qu'après avoir pris connaissance des passages les plus a importants et les plus délicats de la chronique, il peut affirmer que ce texte

• ne fournit pas. pour ces passages, une seule leçon qui ne figure déjà dans les € mss. dont il s'est servi, et qu'il n'ébranle pas une seule des déductions qu'il 1 a faites sur la critique du texte à l'aide de ces mss. • Sur quoi M. Hartwig :

■ Il n'est pas nécessaire d'expliquer comment une semblable décla.'alion ne peut « nous suffire et de iignaler la naïveté qu'elle trahit dans (es questions de cric tiqué, naïveté qui autorise les plus graves conclusions • (p. 6^). £t ailleurs (p. 88), M. H. revient sur Timportance qu'il y aurait « à posséder le plus « ancien texte de la chronique qui nous soit parvenu dans une édition tout à

■ fait digne de confiance ». C'est donc un démenti pur et simple ^'appliquant à r.iffirmationde M. del Lungo, affirmation qui se fonde, d'une part sur mescommu* nications relatives au ms. du XV* siècle, d'autre part sur la connaissance des autres mss., M. H. de son côté n'ayant étudié aucun de ces divers mss. Peut-être, avant de laisser se produire une assertion ainsi formulée, la direction de la Revue histariifue aurait-elle pu se procurer auprès de moi, sur le point de fait, un supplé-

t. Pour te dire en passant, ce que dit M. H. des circonstances dans lesquelles ce tm. a été etaminé pir « le romaniste M. Paul Meyer, de Paris «. selon l'expression bizarre dont il fait usage, »i peu exact. Il eût suffi, pour présenter les faiu tous leur véritable JApcct, de lire avec un peu de soin mon article.

ment d'informatioti. Quoi qu'il en soil, je suis obligé d'opposer aux insinuations malveillantes et gratuites de M. H. la contradiction la plus formelle. J'ai eu le ms. d'Ashburnham-place entre les mains' pendant un espace de temps plus que suffisaiit pour me permettre d'en prendre ample connaissance. J'en ai collationné un grand nombre de passages, et c'est sur celle collation que M. det Lungo s'est formé ropinion, entièrement conforme à la vérilé, que M. H. essaie, sans l'ombre d'un argument, de contester^. — L'article de M, Hartwig a été accepté par une revue qui d'ordinaire publie des travaux sérieux : c'est mon excuse pour avoir tenté de démontrer, trop longuement peut-être, que ce travail pourra, sans inconvénient, être négligé par quiconque s'occupera dorénavant de là question de Dino Compagni. P. M.

Vin. — Bulletin de la Société i>e8 antiquaires de Normandie, t. IX (1879-80). — P. 41042;. Le Hérjcher, Des mois de fantaisie et des rapports du Roland avec la Normandie ; essai d'une explication étymologique des noms de païens dans le Rolland^ et remarques détachées sur ie poème ; sans aucune valeur.

IX. — Bulletin de la SoctKTé des scibnces de l'Yonne, 1880. — P. J0J-JI48. Monceaux, Coutumes et péages de la vicomte de Sens. Ce texte, publié en 1866 dans la Bibi de i'£c, des chartes par M. Lecoy de la Marche, se retrouve à Sens dans une copie du XV* s.» où il est plus complet. M. M. reproduit cette copie en regard du texte de M. Lecoy (dont l'original est aux Archives nationales/, et seul dans la partie qui manque à ce texte. Les documents de ce genre sont toujours intéressants pour la langue ; il y aurait dans celui-ci plus d'un passage dont la lecture ou l'explication pourrait être améliorée.

X. — Archivio çtoriûo per TtiiEsrE, l'Istria ed il Trentino, diretto da S. Morpurgo ed A. Zenatti. Roma, I, n" 1. Août 1881 , — L'Italie n'a eu pendant bien des années qu'une seule revue historique admettant concurremment des mémoires et des recueils de documents, VArchivio storico de Vieusseux, à Florence. Peu à peu de nouvelles revues se sont fondées en diverses parties à l'imitation de cet excellent modèle, et maintenant, de la Sicile à la Vénétie, chaque province a son Archmo. Les provinces italiennes de l'Autriche auront maintenant le leur dans la publication récemment fondée par MM. Morpurgo et Zenatti. Dans le présent numéro, nous signalerons un travail de M. B. Malfatti

1. D'abord en Angleterre, puis à Paris, oîi M. le comie d'Ashburnham a bien voulu me l'apporter et me le laisser aussi longtemps que je l'ai voulu. Il a été vu alor& par plusieurs personnes, et notamment par M. Monod, Tun des directeurs de la Revue historiqa£,

2. J'ajoute que le fac-similé en héliogravure inséré dans le t. Il fournit un élément de contrôle. En outre-- et c'est là une circomtanc* que M. H., fidèle à son système, a bien soin de dissimuler — M- del Lungo fait connaître, p. xxi du même volume, ta relation du ms. Ashburnham avec les autres mss. de la chronique. Or, comme les variantes de ces autres ixiss. sont données au bas des pages de l'édition^ il es.t en somme très facile, pour quiconque veut s'en donner la peine, de se faire une idée prfaitcmeni exacte du ms. A&hburnham.

pÊRroDiQUES 6n

en forme de lettre â M. E, Monaci, et ayanl pour iHre Etnograjia trtniina {pp. 1-22). Il y a quelques années M. Malfalli avait établi, en réponse à un érudit allemand, que le Trentin avait été, au moyen âge, de langue romane, tout comme maintenant (voy. Romanh, Vil, 627). Ces conclusions furent combattues dans la Zntschnft f. rom. PhiL (II, 6291 par M. Bidermann, Reprenant la question, M. Malfatli réfute sans peine les objections de son contradicteur, qui consistent plutôt en hypothèses qu'en faits. Dans une note de la p. 20, M. M. signale un statut de Trente récemment publié (cf. ci-dessus, p. 62 0, qui fournit une nouvelle preuve du caractère italien de la population de cette ville au KIY"" siècle. Le seul point qui me paraisse contestable {ti ce point est en dehors de la thèse principale de l'auteur) est la supposition que le roman du Trentin aurait pour substfdtum la langue de l'ancienne Rhétie, dont les vestiges se retrouveraient dans plusieurs des dialectes de la Haute-Italie (p. 1 j). Nous ne savons rien de la langue qu'on partait dans la Rhélie avant Toccupation romaine» et nous n'avons aucun moyen d'en reconnaître les traces dans tes idiomes romans qui lui ont succédé. — P. 67-8, // flOMBABA, canzont popolare trcnùna, chanson â boire signalée au XVII" siècle par Fr. Redi comme populaire â Florence, et retrouvée dans le Trentin par M. Zenattî. — P. 69-8». Excellent compte-rendu, par M. R. Renier, des études de M, Hortis sur les œuvres latines de Boccace (cf. Romama^ IX, 550). P. M,

XL — Revist.v d'Ethmooraphia e db Glottoloqia, Il-III. — Dans ce second fascicule de son importante publication, M. Coeiho continue son savant calendrier des fêtes, des croyances et des coutumes portugaises, et étudie, avec l'érudition profonde et le jugement sagace qui caractérisent toutes ses productions, un conte populaire, U Jugement jaste (voy. Benfey, Pûtttschatanlra, I, S 166) ; M. C. applique à ces recherches la vraie méthode, trop rarement employée, qui consiste à examiner à part chaque trait d'un conte et à classer tes formes diverses d'un même conte. Le fascicule se termine par l'explication de quelques 1 adages provenant de contes ».

XtL — BOLETIN DA SOCIEDADB DE OEOGRAPHIA DE LiBBOX. — A. Coelho,

Costumes c cnnças populara. Cette première section d'une élude qui promet d'avoir une importance capitale est consacrée aux • sources écrites • des coutumes et croyances populaires portugaises ; l'auteur réunit les témoignages que fournissent les actes des conciles, les prescriptions légales, les mandements ecclésiastiques et les œuvres littéraires anciennes.

XIII, — Revue des Études jurvEs, n» 4 [avril-juin 188 1). — P- ' 99-247- Darmcsteler, ÏAutodajl de Troyes. M- D. réimprime avec quelques améliorations l'élégie française qu'il a publiée dans le t. 111 de la Romama, et joint à la restauration du texte une traduction envers. U publie en outre deux élégies juives inédites et quelques nouveaux renstigneraenls liistoriques sur l'événement qui fait le sujet du poème français.

XIV. — NuûVA ANTOLOGiA, i88j, ï\ floût. — D'Ancona , compte-rendu

intéressant de trois publications relatives à l'ancienne litléralure de l'Italie; ta plus grande partie de la notice est consacrée à i'imitalion en sonnets du Roman de la Rose publiée par M. Castels. M. d*A. fait quelques observations critiques et signale à Florence à la fin du XI] I« siècle plusieurs Durante parmi lesquels doit se trouver l'auteur du poème.

XV. — SiTZUNQSBERÎCHTB DEB PHILOSOPHISCH-PHJLOLOGÎSCHEW ClABSB

DER K. Akademie der Wissenschj^ften zu Mûncheî*, 1881, I. — p. »-i8. Simonsfeld, Zur Boccacdo-Lttcratur; rend très vraisemblable, par des recherches curieuses, l'authenticité du zibaidont aUribué à Boccace par Ciampi et que MM. Landau et Kœrting, les deux derniers biographes de Boccace, ont voulu lui retirer.

XVI. — Gazette de Lausanne, 19 et 20 mai. — E. Ritter, Jtan Bûgnyon^ le premier des Uttèratturs vaudoh; dans ces deux articles fort intéressants, M, Ritter réunit ce qu'on sait de Jean Bagnyon, auteur, comme l'a découvert M. Pawlowski, du roman en prose de Fitrabras ou ks Conquestes Je Charlcmagne, qui a eu pendant des siècles la prodigieuse popularité que l'on sait. Ce personnage était notaire ; il a laissé d'autres écrits, et M. Ritter engage ses concitoyens à tâcher de mieux éclaircir sa biographie. Il y aurait, pensonsnotts^ à rechercher si d'autres écrits, assez semblables au Ficrabnis^ et publiés également à Genève, ne seraient pas du même auteur.

XVII. — Eu PûSFBTLiBTA, dJario democralico (Sevilla). — 4 oct. Machado y Alvares, El Folk-Lore ispafioi ; l'auteur encourage ses compatriotes â recueillir les documents du jolk-kn national ; espérons qu'il sera entendu. Il donne l'exemple par les intéressants écrits qu'il publie sous le nom de DemSfih.

XVIII. — Revue cniTtQUE, juillet-septembre. — N* i\. Note bibliographique sur le créole français; suppléaient très intéressant, par M. Gaidoz, au mémoire de M, A. Coelho sur les dialectes romans-créoles, sur lequel nous reviendrons.

XIX. — Bulletin critique d'histoihb et de théologie , recueil bi-mcnsud (2' année), 1^ roai-> j sept. — Art, 11. Loiseau, Histoire de ia tangue

française (P. Lallemand : trop tndulgenlh — 16. Robert, PentaUuchi versio iattna antiquisstma (L. Duchesne).

XX. — LiTERARiscHEfl CENTRALfiLATT, juillet -Septembre. — N* 27. Varnhagen, Eine italienische Prosûversion àer Siehen weisen Mcistcr. — 28. Savini, // diaktîo Teramano. — 29. Von Napolski, Ponz von CapdmiU ; Reinsch, Dit Pseudevangetitn. — ) 1 . Baisl, El îibfo de la caza de D. Juan Manuel.

XXI. — Deutsche Literatubzeitunq, juillet-septembre. — N" }2. Varnhagen, Eine italienische Prosaversion dtr Sicbtn weistn MeisUr. — {4. Stengcl et Buhimann. El cantare di Fierakaaia.

M. le baron James-Édouard de Rothschild est décédé le 24 octobre dernier. C'est une perle bien regrettable qoi vient s'ajouter â toutes celles que nous avons eu à enregistrer cette année, M. de Rothschild était à la fois un bibliophile et un savant. Il s'était formé peu à peu une bibliothèque incomparable, riche surtout en livres relatifs i notre ancienne littérature depuis le XV» s. cl à l'histoire de France. Il savait s'en servir. Les travaux trop peu nombreux qu'il lui a été donné de publier portent l'empreinte d'un esprit attentif et critique. N'ayant pas à compter avec les difficultés matérielles, il s'attachait volontiers à des entreprises considérables que peu d'érudits, eussent-ils co sa persévérance, auraient eu les moyens de conduire à bonne fin. Il avait projeté une collection de nos anciens mystères qu'il se proposait d'éditer à ses frais pour la Société des anciens textes français. De cette vaste publication deux volumes ont paru, qui contiennent le premier tiers environ du mystère du Vieux Testament. Le troisième volume est presque entièrement imprimé, et pourra être prochainement mis au jour. Au moment où nous écrivons ces lignes paraît le tome premier des continuateurs de Loret*, ouvrage qui ne sera pas complet en moins de six volumes. Il avait publié en collaboration avec M. de Monlaîglon les lomcs X à Xl!l du Recueil des poésies trançoises des XV' et XVf" siècles (Bibliothèque elzévirienne, 187^-8). Dans ces derniers temps il avait mis sous presse le catalogue de sa bibliothèque, ne négligeant aucun soin, aucune recherche, pour faire de ce catalogue une œuvre utile à la bibliographie et à l'histoire littéraire. Il savait mettre son influence au service des entreprises scientifiques. C'est ainsi qu'il a contribué puissamment à la fondation de la Société des anciens textes français, dont il avait bien voulu être le trésorier, et à laquelle il apportait un généreux concours, comme éditeur du mystère du Vieux Testament. Nous avons lieu de croire que les publications en cours d'exécution seront continuées par M. Picot, notre excellent collaborateur, que M. le baron de Rothschild avait associé depuis de longues années à ses travaux.

— M. Antoine Thomas a été nommé maître de conférences pour les langues et littératures romanes à la Faculté des lettres de Toulouse.

— M. Koschwitz a été nommé prolesseur ordinaire de philologie romane à l'utiiversité de Greifswald, et M. Vollmœller à l'université de Gœltingen.

— M. Gaster s'est fait habiliter pour la philologie romane à l'université de Bucharest.

— M. Varnhagen a été nommé professeur de langues modernes k l'université d'Erlangen.

— Une note insérée dans la Chroni^ut de la Revut critiqua {n« du 7 nov. r88t, p. }J9) annonce la découverte en Angleterre d'un poème en ancien français.

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