Le fr. mod. orle (masc.) vient sans doute de l'il. orh
4. En considérant les mots viorne, formCf ordres orlc, le pop. orne, auxquels il faut joindre morne^ en anc. fr. rnourne (comp. la prononc. pop. aajbTàuï)^ on peut se demander si l'r suivie d'une consonne n a pas exercé une influence particulière sur \'v précédent. Mais en comparant courbe, sourde^ ajourne, etc., on trouvera plus vraisemblable d'adopter pour chacun de ces mots l'explication que j'en ai donnée (sauf pour vrorn^) ou une autre explication particulière. — La valeur de Vo dans ces mots en anc. fr. et rorigine de cette valeur dans la quantité de l'o latin ont déjà été indiquées, plus ou moins complètement et clairement, par MM. Schuchardt, Tobler, Lûcking, Fœrster et Bcehmer.
5. Venant sans doute de devèrsum, il pouvait avoir l'o bref par nature ou long par contraction.
6. A côté le prov. a jos, et même jolz : y a-t-il là une influence de sotz f
7. Le roum. a aussi ios, ce qui indiquerait une forme en à (cf, le bas-latin josumjf subsistant à côté de djuio,
8. Je rétablis V$ de l'anc. fr., qui en disparaissant en français moderne a allongé la voyelle.
jS G. PARIS
gouste, a(u)gusto aousty locusta /douf/fi, anc. fr. langouste, musto moiwf, crus la crouste*. Les mots en o sont co(n|stat cousu ^ moCn)strat moastre^. — Quand la lettre qui suit f est un ^, il faut distinguer deux cas : suivi d'^ le c se comporte comme toute autre consonne, et l'y devient ou (rausca moasche, luscat husche) ; il en est de même dans le groupe se/ (m u s c u 1 a mousle) ; mais si le c est suivi d'o(u) ou d'cÇi)y se s In 1er vert il en es, et Têtu de des mots de ce genre apparlieni au paragraphe consacré à l'a" entravé devant une gutturale. De là quelquefois une grande différence entre le raasc. d'un adjectif et son féminin : lusco en anc. fr. donnait lois, et lusca lousche; la langue moderne a uniformisé.
5" Devant une dentale : gutta goutte^ glutto (et non gluto, cf. Diez 3) ghut, i n g l u 1 1 i l mghut anc. fr. , f u t u i 1 4 foat ; d ( u ) o d e c e douze. A g lut lit on peut rattacher singluttit, qui s^est dit par étymologie populaire pour singuitit, et de même singîutto pour singulio [voy. Schuchardt, II, 2541. On dit aujourd'hui sanglote et sanglotf mais l'ancienne langue disait régulièrement sanglout (voy. Littré) ; la cause du changement est sans doute Tanalogie : on a fait rentrer le mot, à peu près isolé dans sa terminaison, dans la classe nombreuse des mots en -0/ î. U faut ranger ici tout de toit 0^ dont il a été parlé plus haut*». — Mutto a fait met (par ex. Roi 1 190, 2285, etc.) et non moût, par une déviation qui se retrouve dans le prov, mot et l'it. mèitOj et qui remonte par conséquent au latin vulgaire. Je serais porté à l'expliquer par un rapprochement d'éty mologie populaire avec môvito, ia parole étant comprise comme un mouvement". Au resie^ on trouve aussi moût;
1 . La brièveté de l'u dans ces mots est attestée par son changement en ou ; cf. /M (Je fQste. L'étymologie la démontre pour quelques-uns : ainsi augustus lient à augûr, et ce thème fçûr est le même qu'on retrouve dans g us lare.
2. L'allongement dcl'o (carfG, con^ corn en composition a un o, malgré cum) résulte de la chute de l'n suivante, accomplie très anciennement dans la prononciation lalme. — Je n'explique pas l'atic* fr, pcntecoustc^ de irevrriîtotr'ni ; mats le goth. painkkuste montre que cette prononciation est ancienne.
}. Seulement Diez dit que glu ttu s a dû exister à côté de glQtus ; s'il en était ainsi, glutto aurait un ù et donnerait en fr. giut et non glout. Il faut écrire le mot latin avec deux f et y regarder Tu comme bref.
4. Un r suivi d'u plus une autre voy^elle équivaut à un f double.
$. L'it. dit singhiôzzo de singluttio pour singultio. L'anc. fr. disait volontiers soughut de sugglutlo, rélymologic populaire ayant changé si n en sub-.
6. La rime de tut en u^ dans le Brut de Munich, est tout à fait exception^ nelle. Voy. Texplication qu'en a proposée M. Mu&safia {Zdtschr. I 408).
7, On pourrait objecter que môvila a dooné muHe, mtutt. Mais on a pu tirer de màv-, à l'aide du suff. -110, deux participes â deux époques successives (voy. Rom. VIII, 446). Le premier mèvilo était déjà devenu môvto, d'où mot,
3uand a été créé le second mùvito, d'où môvila muovita muttt. Le fém. e m6vto, môvla du thème mov- me parait avoir donné moift, proprement
Litiré cite celte forme dans les Assises de Jérusalem, et en anc. fr, mot figure assez souvent à la rime avec des mois qui ont aujourd'hui ouf. — Je suis porté à croire que ronge vient de rodicat^ comme le supposait Ménage. En effet rumigat, dont on le tire depuis Diez, a un û, et donne en anc. fr. runge^ qui se serait sans doute maintenu»; il signifie d'ailleurs « rumine «, comme son original latin î ; enfin le berrichon et le poitevin ont gardé roùger. Il est probable que rougier, «/ ronger «, s'est changé en ront^ier sous l'influence de ningier, « ruminer»; ce changement parait d'ailleurs remonter assez haut. — Citons encore quelques mots qu'on range par erreur dans cette classe. G utto aurait donné ^of, d'oij godet ; mais un / double ne se change pas en df * ; godet se rattache ^ goder. — Guttur vivrait dans goitre; mais le mot n'apparaît qu'au xvie siècle [gouetre dans Ambroise Paré cité par Lîttré) ; il paraît savoyard. On trouve en ancien français, il est vrai, goitron, guitron au sens de « gosier >» ; ces mots semblent venir d'un dérivé de guttur; il faudrait alors supposer une forme guctur, dont on ne voit pas l'explication. — Outre ne peut venir de ùtre 5, qui aurait donné eure; il n'apparaît qu'au xvi*" s. sous les formes bizarres ouilire et ouistre (v. Littré), qui doivent signifier simplement ouitre et provenir de quelque dialecte méridional (le prov. ordinaire dit oiré] ; la forme outre vient sans doute de l'it. vire ; l'csp. dit odre ".
« mouveTnenl de terre », dont on a proposé tant d'étymologies, toutes peu acceptables (voy. Lillré). — Au reste, si môl a été influencé par m6vio, il est pourtant certain qu'il vient de mullo, comme le montrent les formes en ou, le nap. muito^ sic. muUu, etc.