‹ Romania (volume 2)Chapitre 34 sur 282 · NOTICE SUR UN MS. DE LA BIBLIOTHÈQUE DE BOLOGNE · texte numérisé non relu

NOTICE SUR UN MS. DE LA BIBLIOTHÈQUE DE BOLOGNE

Roger de Parme, Roger de Saîerne, Roger fils de Frugard, tels sont les différents noms sous lesquels les mss. désignent l'auteur d'une Practka ChirurgU bien connue de tous ceux qui sont un peu familiers avec la littéranire médicale du moyen âge. Si le nom de cet auteur offre des incertitudes, sa vie et ses écrits n^ont pas été un champ moins fécond en controverses. Il serait tout à fait en dehors du cadre de celte revue, comme au-dessus de la portée de cette notice, d'examiner tous les points controversés; je dois cependant, pour édifier le lecteur, indiquer les conclusions auxquelles sont arrivés les différents auteurs qui ont eu le plus récemment à s'occuper de la question.

Jusque vers le milieu de ce siècle, l'opinion courante était que Roger, surnommé de Parme du lieu de sa naissance, et de Saîerne du nom de la ville où il fit ses études médicales, vint s'établir en France au commencement du xiii" siècle, et fut chancelier de l'université de Montpellier : c'est là qu'il aurait composé sa Prartkd cA/riirg£«£ comme sa Practica mediciriie. En 1847, Félix Lajard, dans un article plus confus qu'érudit •, rompit avec cette opinion traditionnelle en reurant à Roger de Parme la Practica medicins pour en faire honneur à un certain Roger de Baron dont l'existence même est très problématique ; il nia en outre qu'aucun de ces deux auteurs eût été chancelier de Montpellier. Sur le premier point, Lajard a été réfuté victorieusement par Daremberg », et la Pr<ic-

t. Hist, lut. de ta France. XXI, p. J13 et suiv, 2. Collutio Salcrnitana^ 11, 50 j.

îica medkind a été restituée à Roger de Parme ; en même temps la date de publication de la Pracîka chimrgU a été fixée à 1 2 jo d'après un ras. de b bibliothèque Mazarinc. Ces nouvelles conclusions ont été reprises par Salvatore De Renzi, à qui l'histoire de l'école de Salerne a tant d'obligations ' ; il s'accorde pourtant avec Lajard à regarder Roger de Salerne (tel est le nom qu'il adopte) comme étranger en tout et pour tout à la France et â l'école de Montpellier. Enfin Fr. Puccinotii'a lu dans un ras. de la Magiiabecchiana (auj. Nazionate] de Florence et propose d'adopter la date de 1 180, et non 12 jo, pour la publication de la Chirurgie, ce qui fait de Roger un auteur du xti' siècle.

Cette dernière date est sans doute la bonne, puisque, comme on le verra plus bas» notre traduction provençale en vers a dû être faite avant 1 209. La question de savoir si Roger de Parme a été réellement à la fin de sa vie chancelier de l'université de Montpellier reste indécise, et Puccinoiti estime que les raisons de Lajard pour combattre cette tradition sont tout à fait insuffisantes ; mais il résulte clairement des dernières recherches — et c'est là pour nous ce qui est le plus important — que la Chirurgie n'a pas été écrite à Montpellier, comme l'a encore répété M. Bartsch ', mais bien à Salerne. Une nouvelle preuve de ce fait, s'il en était besoin, nous serait fournie par notre traduaeur provençal, contemporain, disciple peut- être de Roger. S'adressant à son ami^ à la prière duquel il fait sa traduction^ il lui dit :

Si vols obrar segons Tescrit salernilan, Eu que la fuy lo te faray entendre plan *.

Eu que la /uy, venant immédiatement après Tadjectif salerniîan, ne peut évidemment pas s'interpréter autrement que par moi qui ai été à Salerne.

Le succès et la diftusion de la Chirurgie de Roger de Parme sont attestés, non seulement par les mss. assez nombreux qui s'en sont conservés, mais par plusieurs traductions en langue vulgaire. Une version italienne, que Puccinotti s fait remonter au commencement du xni* siècle — ce qui est évidemment exagéré, — se trouve à la Laur&nziana de Florence. Le ms. français 1288 de la Bibliothèque nationale de Paris en coniteni une traduction française^. La traduction provençale en prose renfermée dans un ms, de l'université de Bâle (D II, 1 1) a été signalée

1. StOTÏa doeiimentata dtlla scuola mtâka ài Sûlano (Napoli i8j7, 2" éd.),

2. Stona délia meJUina (Livorno 1859), t. Il, part, 2, p. 57 j et s.

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