Grunàriss^ p
3. < Le traité d'armistice conclu avec le pape au mois de juin 1796 nous
autorisa à prendre cinq cents mss. dans les bibliothèques de Bologne Les
mss. de Bologne et ceux du Vatican furent restitués au Souverain Pontife le 23 octobre 1815. » L. Delisle, Cabinet àts manuscrits de la Bibiioihltjue nationalt, 11, p. îî et 36.
4. Helléniste distingué qui paraît oublié par les biographies générales, mais dont Brunel enregistre plusieurs ouvrages ; voyez d ailleurs Pr. Cavalieri, Mcmonc suHa vita ed opère âei PP, Cian-Luigi Mingarelli c Mickelangelo Monsagraû^ Fcrrara 1817.
}. En marge se trouvent de loin en loin, et de la même main que le texte provençal, des gloses latines aue je n'ai pas eu le temps d'examiner, mais qui peuvent avoir de l'intérêt pour la question encore très compliquée des remanteinenls successifs qu'a subis le te.\tc primitif de Roger de Parme.
Romania, X c
était médecin-chirurgien, comme Fauteur qu'il traduisait; cela ne ressort pas moins clairement du préambule de sa traduction, où il nous apprend qu*ii a été à Salerne (vers cités plus hauti et des vers 116-117, o^ 'l rappelle une opération chirurgicale faite par lui et pour laquelle il reçut cent sous d'honoraires. L'époque à laquelle il vivait peut également se déterminer à l'aide d'un vers que j'ai eu la bonne fortune de saisir au vol en parcourant le manuscrit, au f** 7 v*". Il s'agit de je ne sais quel remède
Que sobre ben fes an Rascas, segnor d'Usés.
Il est clair que c'est là un détail qui ne peut nous être donné que par un contemporain, peut-être même !e médecin en litre de Rascas, et selon toute vraisemblance avant la mort de ce dernier. Or Raimond d'ilzès^ dit Rascas, a été seigneur d'Uzès de 1 j68 à 1209 \ et nous avons vu plus haut que le traité de Roger de Parme a dû être publié en 1 1 80 : il est donc permis de fixer avec assez de certitude la date de notre traduction vers Fannée 1200.
Le vers précité n'est pas moins intéressant à un autre point de vue, pour déterminer à quelle région appartient notre texte provençal. A s*en tenir à la graphie de l'unique ms. dont nous disposions, on aurait été porté à y voir une œuvre catalane. En effet, les principaux caractères qui distinguent celle variété bien tranchée de la langue d'oc * se montrent nettement dans les fragments qui seront publiés ci-dessous- Jamais le son mouillé de / et de n n'est rendu par Ih et nh, mais par yl cl yn : seynors [v. 1), enseynar (v, 9 et ui, Enseyneî (v. 18), meyhr (v. 16), seynor (v. 17], constyl (2 j), cayiar (}2), oyis vermeyU (8?), vermeyi [c^i); plus d'une fois, dans ce groupe, l et n sont omises : compayon [v, 1), yuya (6)» vuy (n), aureyas (96) ; on trouve e pour d à la syllabe protonique : ktin {8), ieù [^i], et surtout à la fmale atone des féminins pluriels et des formes verbales en as : îotes (29) quantei gaises (6}]^pesses (69), trencades (77}, a}'« (24), sies ([9), rupondes{4o]^tengues{i2'j). Tout cela suffit amplement pour faire reconnaître que le ms. a dû être écrit en Catalogne ou du moins par un scribe catalan. Mais un examen attentif des rimes montre qu'il faut distinguer soigneusement l'auteur du scribe, et qu'il n'y a aucune raison pour faire naître au-delà des Pyrénées notre chirurgien-poète.
En effet, la pierre de touche qui permet de distinguer presque à coup sûr un poème catalan est l'étude des rimes en e. On sait avec quelle exactitude les poètes provençaux séparent les rimes en t ouvert
1. Vùy, Chârvet, La pnmûn maison â'Uzh, Mais 1870, in-S^. Je dois cette importante indication à robligeance de mon confrère Auguste Molinier.
2, Cf. Milà.y FoQtâDals, Trovadons m Espana, p. 453 et s.
des rimes en c fermé. Les troubadours catalans paraissent les avoir imités rigoureusement dans leurs compositions lyriques ' ; mais il n'en est pas de même dans les œuvres du genre didactique, sur lesquelles l'influence du provençal littéraire ne pouvait être aussi grande. Ainsi, sans descendre jusqu'à Ramon Lull, on trouve déjà le mélange des rimes ouvertes et des rimes fermées dans les Proverbes de Guillem de Cervera et dans le poème contre les femmes de Server! de Girone '. Si donc une oeuvre aussi peu lyrique que notre traité de chirurgie avait été composée en Catalogne, il faudrait s'attendre à y rencontrer presque infailliblement des exemples de la confusion de é et è. Or c'est ce qui n'est pas. Nous avons d'abord (vers 49-58) une tirade de dix vers en «, où n'entrent absolument que des rimes fermées : entremes, promes, aprcs (p. p. de apTtndrtj, res, ges, pogues >, feses, près (de prendre}^ mes, cornes. De même les quatre rimes ven^ îen, ben, ren (y. 99-102), et les quatre dernières : lihret^ net, dei (doigt)» îoset. Voici les autres rimes fermées relevées rapidement dans le courant de l'ouvrage et qui ne sont pas moins correctes : f" 4 v» : detz (doigt), mesquinetz^ ferretz, libretz (ces trois derniers mots sont des diminutifs en et) ; fo 5 v" no ti pes (subj. de pesar), es (5' pers.), près {âe prendre), ges; t" 8 r*: det (doigt), ferret, larguetf croquet (autres diminutifs).
J'ai également relevé des exemples de e ouvert ; bien que, faute d'avoir copié en entier les vers auxquels ils sont empruntés, je ne voie plus bien le sens de deux d'entre eux^ je les crois très corrects également : f" 4 v«; ades^ près (adverbe), en traves (pour en travers], tort ni gués (?) ; f» 6 r' : no s'entriges (imp. subj. i'" conjug.), après (adverbe), en traves, empes (pour fnp^î) ; f 7 r«: tmpes^ après (adv.), Us (f'«, 2* pers. du verbe être?), ades ; f** 7 v" : des fpour detz — dix), ses (?), près (pour pntz = prix) , Uses (pour Usetz] 4.
En somme le résultat de ce dépouillement est quil n'y a aucune probabilité pour que notre traduction ait été composée en Catalogne, bien que ie ms. soit l'œuvre d'un scribe catalan. Maintenant donc que le terrain est déblayé de l'argument qu'on aurait pu tirer de ce dernier fait,
1 . C'est en ce s^ns qu'il faut eirtendre raffirmation de M. Paul Meyer : t Je ne vois pas que les troubadours d'outre-Pyrénées qui ont écrit en provençal aient mélangé ^j et ^j » \Kom. Vlli, j6i).
2. C'est ce que je montrerai en publiant prochainement ces deux compositions d'après le ms. de Venise,
j. Cf. pour la qualité de « dans les imp. du subj. Fart, de M. Paul Meyer auquel j'ai tait allusion ci-dessus, Rom. VIII, \^\ et s.
4. Bien qu'au moyen âge le diocèse d'Uzès soit presque toujours appelé àioitûi iliictnsis, Uzès ne vient pas à'Uiiccnsis comme on pourrait le croire (auquel casi! aurait un t fermé), mais de la forme plus ancienne Lk^tim, Voy. Germer-Durand, Dia, top. du Gard.
nous pouvons sans scrupule nous appuyer sur le vers où il est question de Rascas, seigneur d'Ll7,ès, et sïir h vers 127 où est nommé le château de Montclus ' pour affirmer que la traduction de Roger de Parme contenue dans le ms, de Bologne a dû être faite dans cette région de la langue d'oc qui est occupée aujourd'hui par le département du Gard.
La métrique n^est pas ce qu'il y a de moins curieux dans notre texte. L'auteur a débuté par des tirades monorimes de dix vers * et a écrit sous cette forme tout son préambule ; puis arrivé à sa sixième tirade, il s*est aperçu, comme il nous l'avoue assez naïvement, que rimer tout l'ouvrage de la sorte, « per tan gran rima w, était un fardeau trop lourd pour ses épaules : il s'est donc rabattu sur u la plus leu manera n et a continué par des quatrains monorimes. Le vers qu'il emploie est le vers de douze syllabes, mais un vers construit intérieurement comme je n'en ai rencontré jusqu'ici ni dans la littérature provençale ni dans la littérature française î. Le vers de douze syllabes que tout le monde connaît est divisé en deux parties égales par une césure placée après la sixième syllabe accentuée, et il admet à cette place une syllabe atone qui ne compte pas pour la mesure : tel est l'alexandrin français, tel est le vers que l'on trouve en provençal non seulement dans des poèmes épiques, comme la chanson de la Croisade albigeoise^ mais dans des compositions du genre moral ou didactique^ telles que le débatd'lzarn et deSicart de Figueiras, !e Tesaur de Peire de Corbiac ou certaines pièces lyriques. l\ est impossible de le reconnaître dans notre traduction de Roger de Parme. A la rigueur, les premiers vers se laisseraient classer dans cette catégorie et l'on pourrait y introduire la césure réglementaire :
Seynors, a vos que est amie et compaynon Fas un presen cortés et rie et bel et bon, E escoutati zo qu'eu vos dlc en ma lison...
Déjà dans ce troisième vers ta césure n'est qu'apparente, car !e pronom eu est trop étroitement lié au verbe dont il est sujet pour qu'on admette un repos entre les deux. Mais les vers suivants sont absolument rebelles à la même division, puisque la sixième syllabe tombe au milieu d'un mot dont la fin n'est pas atone :
I. Canton de Ponl-Sainl Esprit^ autrefois viguerie et diocèse d*Ozès ; restes d'un ancien château-fort {Germer- Durand, Op^ !aud.].
3. La troisième lirdde n'a que huit vers; mais peut-Étre faut-il voir là une distraction du scribe qui aura passé deux vers.
j. Du moins comme employé systématiquement dans des morceaux d'une certaine étendue, car on trouve en français des exemples isolés de celte coupe, par exemple :
Ne jamais, s'a ceste amor- fau, ne soie ameis.
(Chans. de Berne, CCCXCL) Voy, Étude sur le vers décasyllabe de A. Rochat^ dans le Jahrtuch de Lemcke, XI, 7j.
E Precian los cnscynet e puys Caton (v. 10).
Tôt atresi vuyl tnstynar de mon labor (i 1)
Penetensa, comunion, tôt sens temor (18)
E que ben sian acabat m'es sobcyran (22)
Ne de caylar presamptuos ne trop ardjtz C32).
Il est inutile de multiplier ces exemples. Je n'insiste pas non plus sur ïes vers où la césure tomberait sur une syllabe atone, comme
Per so qu'el mays n'aya d'ainicz et mays d'onor, ni sur ceux où la syllabe atone qui suit la césure devrait compter dans la mesure, comme
Sol aiudar los vi<]r/<T Deus tota sason. Il est de toute évidence que nous n'avons pas affaire ici à la coupe ordinaire du vers de douze syllabes : 6 + 6, mais qu'il faut chercher autre chose, c'est-à-dire partager !e vers en deux parties inégales, l'une de quatre syllabes, l'autre de huit. Avec ce système deux coupes sont possibles : 4 + 8 et 8 -h 4, qui rappellent tout à fait la double division du vers de dix syllabes : 4 + 6 et 6 + 4. Mais si dans les littératures française et provençale on trouve des vers de dix syllabes construits 4 + 6 et d'autres 6 + 4, jamais ces deux coupes ne sont employées concurremment dans le même ouvrage : dans la Vie de S. Alexis, par exemple, qui est en décasyllabes 4 + 6, il n'y a pas un seul vers où l'on soit forcé d'admettre la coupe 6 + 4, comme dans Girartde Roussillorîj où la césure est placée après la sixième syllabe, il n'y en a pas un qui doive se ramener à 4 -». 6. Au contraire, la traduction de Roger de Parme nous offre à la fois des vers ayant la césure après la quatrième syllabe, et d'autres qui l'ont après la huitième. C'est ce dont on peut se rendre compte en prenant par exemple la 5" tirade. Voici en effet comment les vers semblent devoir être divisés :
De los vesins sias euros tota sayson, 40 Que lur respondes piasenmens et de faysOD
El loi quan volon en semblan te sia bon,
Et abandona lur ton seyns et ta rayson
Que toz servisis non sera scn guisardon. 44 De paura f^cnl te prec per Dieu que te perdon
Que sian vist et acuyiit en ta mayson,
Veyas lur obs aytan con en ta cura son.
Pensa te ben con venguen lost a ganson 48 A b gran amor et ab petita mession.
Il est impossible de ramener ces vers à une coupe unique. Si en effet nous choisissons la coupe 4 + 8, les vers 40, 41 , 42 et 4 î auront une césure qui me paraît tout à fait contraire à la métrique provençale ' :
I . On a cependant d'assez nombreux exemples isolés de cette césure dans le
Que lur respoti- des plasenmenj et de fayson etc.
Si nous préférons la coupe 8 + 4, la même césure antiprovençale se présentera pour le vers 48, et en outre, au vers 46, le sens s'opposera absolument à un repos après la 8- syllabe. Il faut donc de toute nécessité admettre, pour notre poésie, la césure facultative à la 4* ou à la 8' syllabe».
Un dernier mot sur la façon dont Rairoond Aniller a compris et exécuté sa traduction. C'est à la prière d'un de ses amis quil s^est fait le vulgarisateur de la pratique de l'école de Salerne ; cet ami était chirurgien comme lui *, et d'après le vers 125, il semble avoir habité le château de Monlclus, diocèse d'Uzès» Cà et là, Raimond Aniller a ajouté à Roger de Parme quelques détails empruntés à sa propre expérience ; c'est surtout dans le préambule qu'il a fait œuvre personnelle. Là, en effet, il ne traduit pas : il a négligé entièrement le préambule de son modèle î pour parler en son propre nom et donner à son ami quelques
décasyllabe; ils ont été relevés^ en français comme en provençal, par A- Rochat, op. lauà.^ D. 89. — Voici pourquoi je repousse celte césure dans la traduction de Roger ae Parme; c'est que toutes les fois qu'elle semble se présenter à la 4" syllabe, nous avons une césure régulière et conforme auï habitudes provençales .1 la 8*, et vice versa. Jamais nous n'avons de vers où la césure se présente dans les mêmes conditions à la 4" et à la 8' syllabe: or cela ne oeut être un hasard, car en italien, où cette césure est si fréquente^ on trouve a chaque instant des vers comme ceux-ci :
Dirô deir iUre cost cW jo v* ho scorte (Dante, Jnf. I, 9)
Anzi impediva Untol mio cammtno {id, ib. jy) où toute autre césure est absolument impossible.
1 . [Les vers de 1 2 syllabes avec coupe à la 8^ ont été employés dans la lyrique populaire du moyen âge. Tels sont ces fragments de chansons: Prise m'avez ci bois ramê^ reportez mi iBarlsch, Rom. und Past. I 20), Amors ai à ma volcnU, si m'tn tien cointe (1 71), Mignotcment ia voi venir, celi que j'aim^ etc. Dans la plupart de ces vers, et, autant qu'il nous semble, dans ceux de Roger de Paraie. le vers est d'ailleurs divisé non pas en deux membresn» mais en trois tronçons de 4 syllabes, tes syllabes 4 et 8 ayant nécessairement un accent et Tune d'elles devant se prêter à une coupe bien tranchée. Les vers cités plus loin semblent offrir quelques exceptions à cette règle : les discuter nous entraînerait trop loin. — RéJ.j
2. tl n'est pas hors de propos, pour expliquer cet emploi de la langue vulgaire entre hommes du métier, dfe rappeler que Lanfranc de Milan, d'après Eloy, déclare « qu'à son arrivée en France (c'est-à-dire vers 1290) les chirur-
f;iens français étaient presque tous idiots (sachant à peine leur langue), tous alç]ues, vrais manœuvres, et si ignorants qu'à peine trouvait-on parmi eux un chirurgien ralionel. » Hist. litt. XXI, p. ^17, art. de Lajard cité plus haut,
|. [La traduction en prose contenue dans le ms. de Berne reproduit au contraire fidèlement le texte de Roger de Parme. En voici le début, que nous empruntons à une communication deMJ. Cornu ■ • Post mundi fûbricam*. En la « beleza de si me&eis Dieus vole forinar ome de terr[enla[ij subslancia, aissi * coma de vil ede fragtl substancia et speritet lo d'esperit tie vjda, aissi coma
* Ces premiers mots de l'ouNTace de Roger en étaient devenus le titre. Pucrinoiti cite un ms. où on lit : u Cyrurgia magtstri Rogerii que a quibusdam appellatur post mundi fûbricam. »
^conseils généraux. Pour le reste, comme on pourra en juger par les ^gments du texte latin que j'ai imprimés en note, il a commenté fidèlement le texte de Roger. Il faut remarquer cependant qu'il n'a pas traduit le 4' livre du chirurgien de Salerne, et qu'il s'est borné aux trois premiers.
Inciph cirurgia magistn Rogcrù Sahrmtantnsii translata in lingaa romana a magisUo Raimundo Aniller.
Seynors, a vos, que est amie et coiiipay[n]on,
Fas un presen certes et rie et bel et bon,
E cscoutatz zo qu'eu vos die en ma lison,
E, can cr dig, aures ausit per quai rayson j Home nafrat podon venir a garison,
Sol aiudar los vuy[l]a Deus, iota sason.
Plas vos auzir qu'eu vos diga m'entension
Per quel letin qu'eu ay après eu vos despon?
Per etiseynar los neseis, com fes Salamon 10 E Preeian los cnseynet e puys Caton.
Tôt atresi vuy[ij enseynar de mon labor
Un meu amie que m'en preya per gran amor,
Quel don del frag de mon saber et de la flor,
Per se qu'el mays n*aya d'amicz et raays d'onor I j E que si gart per totas rcs de far folor.
Un mandament, amies, te fas, noi say meyior,
Que âmes Dieu sobre quant es, nostre Seynor ;
Penetensa, comunion, lot sens temor
Comenda penre al naffral : pois de legor 20 Poyras obrar com fa hom savis sens error. Amix, ley prec mi son vengul (...) a man
E que ben sian aeabat m'es sobeyran ;
Aprin ades, et don li bon conseyl et san^
Com ayes pretz e nom de bon sirurgian ; 2$ Si vols obrar segons l'escrit Salernitan,
Eu, que la fuy^ Jo te faray entendre plan.
Veyas, amies, que non ti tenga res per van
Ni per eyssuc de ton mester, ni per vilan;
c d'auta e de pura e de gloriosa subsiancia^ per so que per aquest speriih om « se conogues engal en semblant et en gracia als celeslials e per la lerrena! « substancja conogues se meteis sozmes a las terrenals causas d'aquesl mon...» Comparez le début de Roger : t Post mundi fabricam ejusoue decorem de ter-
• reslri subslantia Deus hominem formare vileque spiraculum in eo velut de « celesli voluit mspirare, ceu de vili fragilique maleria ponderis graviutem in
• esse, de cclesli vero sicul de subllmi, pura gloriosaque subslantia condilori « similem celestibus gratiam coequalcm cognoscal... » Kid.\
i pot — 6 Ion — 8 quia — 2^ salermitan — 28 cyituc
A tôles gens sies fidels en faytz, en dilz,
30 Que desliais non ha valor ne fementitz. Htimils et frans stas ades, no descausitz, Ne de caylar presumptuos, ne trop ardilz, Que tal s'en fa vassal e fort enlremonitz (sic) Que puys s'en ten pcr desaslruc et per fatiti.
ji Veyas tos libres cascun yorn et tos escritz, E Irobaras con si deu hom estar garnitz Quan vol esser ne assemblar metges complitz, Per que sos noms sra saupulz et esbrugitz, (v*) De tos vesins si as euros tota sayson,
40 Que lur respondes plascnmens et de fayson, E tôt qutan volon en semblau te sia bon, E abandona lur ton seyns et ta rayson Que tos servisis non sera sen guisardon. De paura gent te prec per Dieu que te perdon
4 j Que sian vist et acuylil en la mayson ; Veyas lur obs aytan con en ta cura son, Pensa te ben con. venguen tost a garison Ab grau amor et ab petit a mess ion.
De gran maltralx mi son vanalz et etitremés,
^o Non per aver que dat m'en sia ne promés, Mas per amor, et quel letî qu'eu ay après Vos diga plan, si que l'entenda tota rés E per faiida que [negus] no fassa gés; Mas no m'en sent que tan gran fays soffrir pogués,
^ ^ Que tôt mon libre per tan gran rima lésés, Per que m'en soy a la plus leu manera prés, Que veyns seray oy mays per dJas et per mes, E freolesa gran me sen que m'a comés.
Primeramens prec et ador saut Espîril,
60 Que tota via sia caps de mon ardit
E mi don far comensamen bon et complit. Que no m'en tenga res per van ne per faillît. Armn.
Quot modls caput vuhtratur*.
En quantes guises pot sirvens esser feritz Quant es en cot et ses capel et mal gartiitz,
65 Las en séria, si per vers et pcr escrttz Los coips volia totz comtar grans et petitz.
J7 // n'y j pas d'exmpk dans Rjynoaard de assemblar au sens de re&semblar
— ]% Esbrugir correspond pour U radical tt k pripxe à ébruiter; Raynouaid n'a d'exemples que de la forme embrugir — J9 tolas — 41 et semblan — 60 arditz
— 64 cotx
1. Cf. Roger fbibl. Corsinî 1253, ms. parch. fin du XIV« %., i*y v*). « Qui- « bus modts caput vutneretur, e! de signis lesionis ^tannkuto/um arebri, Caput vule nerari diversis modis contingit. Vulneraturcnim eu m fractura cranei,aliquando « sine fractura qusdem. Fractura enim eu m ruinere aliquotiens est magna, sed
Parlem de colp que sia gran esdevengul(r) E sus el cap sia, quel test aya rendul(z) 0 d'autramens partittz) per pcsses et runipul. 70 Adons t'es obs que sias avesut(z) {sic). De la cervela te coven gran cura fort, Que s'es naffrada, per ma fe no t'en conort, NoI lengas ges per ren que veyas per eslort, Que d'enfra cent dias segurs sias de mort, De pia maire el dura maire, 75 De las telas no t'en diray autra rayson Que la cervela tenon car doas que son Que si trencades son aysi con eu fayson Quaiï bc m'o pens, no t'en pose dire si ina[l] non.
De pia maire.
De la sobrana te fauc cert(z) a la dolor 80 Que te malautes non la pot soffrir major E a per ver sa lenga negra de calor^ Mas en sa cara mostra ben roya color;
Et examen als oyis vermeyls et afflamatz Et es de sen e de paraula cambiatz, 8j Que no respon a res de quant es appelatz, Ans ditz errors, aisi con hom esmentegatz. De dura maire.
Dcl'altra Icla te diray per quai rayson Poyras saber per qu'a près dan et occason, Que le maffralz no pot parlar, qui l'en semon 90 Si fa, pot esser assas ves, et hoc et non. Freolesa si sent et pauc ha de vertu t, E en sa las li son vermeyl varon vengut, Ren a la sella non pot far que ja Taïut, Que tôt quan sol sos ventre far es remasut. 95 Mays t'en diray, qime mays t'en say encara dir : Per sas aurey[l]as sans et bracs li pren eissir E per sas narras, per io colp a garentir,
« tara magna quam parva, alla est cum ma^no et largo vulnere alta cum stricto < et parvo. Quecunque vero fractura crâne] sit, de lesione panniculorum cerebrî c semper est dubitandum. Nam aliquando dura^ aliquando pia mater leditur. « Cum vero dura mater leditur, per hec signa cognoscitur : patientt namque f dolor adest in capile, rubor in facic^, oculorum incensio, alienatio, tenguc
• nigredo. Ceterum pie matris lesio per hec signa cognoscitur : defeclu virtutis,
• ablatione vocis ; pustule quoque soient in facie supervenire, sanguis et sanies
• ab auribus et nanbus fluere et eliam constipatio venlris, et quod deîerius est, « rigor ter vel quater in die solel patienli contingere, el hocestsignum mortis; « el omnibus sive pluribus de supradiclis supcrvenientibus, ad plus usquc ad
• centum dies mors expectabitur. 1
77 trenlades — 82 cura raya — 86 Je ne trouve pas dam Raynbuard d'exemple de esmentegat, mot dont te sens mt paraU tris clair el la forme tris bien venue — 92 Varon tradutt pustula; manqne dans Raynouard qui na pas non plus tremolon du V. 99, crépon {v. 120) m dus («22)
Per quel naffratz fa so jornada et vas morir. Encara mays, que tremolon et fretz H ven 100 Soven lo jorn que dirias febre lo ten, Que assas ves aquella gota li col ben (Effacé) ... so que ... poder de ren.
Cura.
Frayre, aquesta cura li faras, (sic) Enans pero de l'entestar t'escusaras.
Explicit liber primas. (f* 12 r*)
105 Lo porc cenglar, la merce Dieu, ai consegut Et ay lo cap, tant ay sudat et corregut ; Ar pausaray, tant que recobre ma vertut, Que tôt soy las, tant ay maltrach, si Dieus m'aiut.
Incipit liber secundus.
Er ay pausat et recobra t mon esperit, 110 E ai gran gaug, quar lo primier libr* es complit : Mas lo segon aprin et non t'oblit (sic)
Explicit liber secundus. (f? i^^b)
Del porc avia sol lo cap, ar ai so col Si mala lenga d'enemic non lo mi toi, E que nom trobe paoros et de cor mol, 1 1 j C'on m'en poiria d'autramentz tener per fol
De cauterio propter emorroidas, (1^ 2j v<»)
D'aquest desaize m'entramis una sazon E membra me qu'eu n'ac .c. sol[z] de guisardon.
Del porc senglar, amies, te fis présent fort bon, Quel cap el col sai que aguist ab lo menton : 1 20 Aras t'aport trastot lo eau (sic) entrol crépon ; Dins et deforas potz legir la garizon.
Crépon apelli aquel os que sta en dus Justa so cul — de lag parlar non ai en us, Ma [s] per forza m'ave a dir ço qu'a desus — 12$ Part volgra aver en .1. castel qu'a nom Monclus. Aissi fas fin a las très partz de mon libret E prec t', amies, quel tengues car el gardes net; Quan legeras non lassas broca de ton det, Nel laices en ma d'orne fol ne de toset. Explicit liber tercius.
Antoine Thomas.
98 foz (?) nas m.
La première édition du poème du Cid ayam paru en 1779, et depuis le même poème ayant éié publié irois fois avant la nouvelle édition de Halle, je ne regarde point comme un empiétement sur le domaine du dernier éditeur les éludes que voici, bien qu'il nous ait promis une introduction, des remarques et un glossaire, que j'attends avec le plus vif intérêt. La plupart de mes observations, celles à coup sûr auxquelles j'attache le plus de prix, je les ai faites et pouvais les faire sans son édition. Parmi celles que le texte de Vollmœller m'a suggérées, j*espère qu'il y en aura qui pourront lui servir. La varictas lectionum donnée en appendice avec quelques menues notes remplacera avantageusement les textes publiés antérieurement qui ne sont pas entre les mains de chacun.
Une lecture fréquemment réitérée de notre beau poème m'a conduit à le considérer comme une chanson de geste conservée longtemps dans la tradition des jongleurs avant que quelqu'un pensât à la mettre par écrit. Aussi les erreurs que nous y rencontrons sont-elles de deux genres. Il y a des fautes de mémoire et il y a des fautes de copiste. C'est pourquoi le texte de notre poème soulève tant de questions que ces études, linguistiques avant tout, ne font qu'aborder.