LE MARI MEURTRIER
Françoise, revenant d'Auvergne, Elle s'est assise sur un banc, EJle y a resté un gros moment
Sa belle-mère vient lui dire :
< Françoise, il faut l'aller coucher, Voilà minuit qui va sonner.
^^^^^^^^^V CHANTS POPULAIRES DU VELAY ET DU FOREZ I9J
Dans son jardin il Ta mené, ^^^^|
^ — De cette nuit je ne me couche,
Trois cotips d'épée lui a donnés. r^^H
^^H Car j'ai entendu murmurer
^^M Que mon mari voulait me tuer. >
Mais il n'a pris le cœur de sa femme, ^^^H
Aussi celui de son enfant» ^^^H
^^H Mais quand elle fut dedans sa chambre,
A sa mère il les a portés. ^^^H
^^B Trots petits coups on a frappé.
^^M c Françoise, venez donc m'ouvrîr ! »
« Mère, voilà le cœur de ma femme, ^^^H
Aussi celui de mon enfant, ^^^^|
^^m Françoise prit sa robe blanche
Que votre cœur désire tant. ^^^^|
^^m Et son beau bonnet de nuit,
^^H A son mari s'en va ouvrir :
Mère, blanchissez-moi ma chemise : ^^^H
Par le pays je veux partir. ^^^H
^^V < Mari^ aurais-tu le courage
Adieu ma femme el mon petit 1 » ^^^H
^H^ De me donner la mort ici^
^H Enceinte comme je le suis ?
Mais nen fut pas parti i Rome, ^^^H
N'entendit les cloches sonner : ^^^^|
^^fe — Y a pas d'enceintement qui fasse :
C'était sa femme qu'on enterrait. ^^^^H
^^1 II faut mourir, il faut mourir.
^^1 Adieu ma femme et moo petit ! i
N'a mis les deux genoux en terre, ^^^H
Mais en pleurant, se lamentant ^^^H
^^M Mais il l'a pris' par sa main blanche,
D'avoir tué sa femme et son enfant'. ^^^H
1 Mère,, voici un plaisir, ^^^H
^^m 0 Bonjour, belle Françoise,
Peut-être sera un déplaisir. ^^^H
^^H Le bonjour vous soit donnée
^^M Je suis ici pour vous tuer.
Tout galant qui tue sa mie ^^^H
Devrait pas être ^^^H
^^H — Ferez pas^ mon ami Pierre,
S'en devrait aller par le pays. • ^^^H
^^B Aurez pitié de moi,
^^M Ou de l 'enfant que j'ai sur moi î
Si ne prend son épéie ^^^^|
Et son manteau joli, ^^^^H
^^H — Y a pas pitié qui tienne,
S'en est allé par le pays. ^^^H
^^M Ni parents, ni amis :
^^m Belle Françoise, faut mourir ! »
Ne fut pas à la Croix Blanche, ^^^H
Vit venir les archers ^^^^|
^^H N'arrache l'enfant du ventre,
Et les bourreaux de par derrier. ^^^H
^^M L'a mis dans un bassin^
^^m Qu'ère ^ tout d or ou d'argent 6n.
■ Reversez'vous, montagnes, ^^^H
Reversez-vous sur moi 1 ^^^H
^^m Si lé porte à sa mère :
Mais que mon Ame soit sauvé' l^» ^^^H
^^B 1. Écrit â Chazeaux, par Julie Granjeasse. — CL D. Arbaud, Chants popa- ^^^|
^^M Ittirci de la Provence, II, 69, Lou pastis.
^H 2. Qui était.
^^M }. Appris à Sainte'Eulalied'Ardèche
, et dit à Fraisses par Nannette Lévesque. ^^^H
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