EN FRANÇAIS
Parlant de la désinence française -ons, en regard des désinences latines -amus, -émus, -imus, Diez indique que la réduction de trois désinences à une seule, commune à tous les verbes, n’a rien qui puisse surprendre; puis il continue en ces termes! :
On peut, il est vrai, s'étonner ici de voir la voyelle o, qui est absolument étrangère au latin, régner exclusivement en français. Le franç. s0mes — lat. sumus, en vertu de son emploi très fréquent, aurait-il ici servi de type? Des dialectes de la partie orientale du domaine n'ont pas donné accès à cet o devenu dominant ailleurs : ainsi le wallon, où stopan, par exemple, répond au franç. éoupons, slopen au franç. éloupions (imparf. ind.). Pour des exemples d'autres régions, voy. Schnakenburg, p. 68. On trouve au contraire en italien des traces de om pour am : ainsi dans le dialecte de Reggio le prés. ind. purièm, le subj. purlomm — portiamo.
Diez ajoute en note :
Delius s'exprime sur notre question de la manière suivante : « L'énigme « s'explique par les terminaisons abrégées am (ams), em (ems) et im (ims), où « la nasalisation, lorsqu'elle s'y est introduite, a pu troubler les trois « voyelles et les fondre dans je son sourd b ou u, om ou um. Comme, « d'après les règles de la phonétique, un u latin atone tombe purement et « simplement en français, sans aucune compensation, à ce point de vue aussi « chantomes ne semble pas formé directement de cantamus, mais allongé « de chantons où chantoms. »
Le maitre ne se prononce pas entre les deux alternatives. L'explication proposée par Diez a été reprise et développée par
1. Grammatik, I (3* éd.), 226; trad. française, II, 207. minis, XXL. 2