LES FRAGMENTS
DE LA TRADOCTION NÉERLANT.
De toutes les Himératures du moyen ie, celle des Pays-Bas est la seule. semble-t-il, qui ait possédé une traduction du grand cycle des Lorrains. Certe traduction est perdue dans son ensemble, mais nous possédons une suite de fragments impor tants (en tout environ 10.000 vers), d'autant plus intéressants qu'ils donnent, pour une partie du cycle, une rilaction spéciale, qui ne correspond à aucun poème français conservé,
On sait, en effet, que quelques manuscrits de là geste donnent, pour faire suite au prologue (Here) et aux deux grands poèmes centraux (Garin, Girkri), des continuation qui reprennent le récit à partir de la mort de Fromondin, frappé par Girbert *. Ces suites se divisent en deux groupes, selon que le fils de Girbert, qui continue la lutte contre les Bordelais, s'appelle Anseïs ou Yon. Laissant de côté les r&its du premier groupe, nous pouvons classer dans le second deux rédactions françaises : 1° un poème faisant suite À Girkvri, dans le manuscrit de la Bibliothèque Nationale, français, 1622; 2° un récit en prose de Philippe de V'igneulle. Or, les fragments néerlandais appartiennent, en grande partie, à une continuation dans laquelle le héros s'appelait Yon; ils nous offrent les débris d'un long récit qui forme la troisième version du second groupe, récit que nous essayerons de reconstituer d'abord et que nous comparerons ensuite aux rédactions françaises.
1. Voir G. Paris, Manuel, 1,6 25, sur le plan général du cycle, et Bonnardot, Romania, II, 260, pour là distribution des poèmes dans les différents manuscrits.