‹ Romania (volume 4)Chapitre 156 sur 283 · Le Manuel de Péchés · texte numérisé non relu

Le Manuel de Péchés

Plus heureux que Pierre de Peckham, William de Waddington, son compatriote et probablement son contemporain, a eu la chance d'être traduit en anglais. Le Handlyng Synne de Robert de Brunne, commencé en 1303, est une traduction, traduction assez libre, n'excluant ni les additions ni les retranchements, du Manuel de péchés de William. Grâce à cette circonstance, le Manuel de péchés a de bonne heure attiré l'attention des érudits anglais1, et a été publié en 1862 par M. F. J. Furnivall pour le Roxburghe Club, en regard du texte anglais de Robert de Brunne4. Dès 1800, l'abbé de La Rue avait fait connaître l'ouvrage de W. de Waddington par une notice publiée dans le t. XIII de YArchaologia (p. 236-40). C'est d'après cette notice, plus tard reproduite par La Rue dans

1. Corr. e juefenes. — 2. Ici s'arrête le j>ocme dans la plupart des mss. Je ne retrouve les vers qui suivent que dans le ms. Ôld Royal 15 D. H.

3. Voy. Warton, The histon 0/ the english Poetry, éd. de 1824, 1, 62. Warton, induit en erreur par la rubrique d'un ms. du Musée britannique : t Here bygynneth the boke tnat men clepyth in frenshe Manuel Peché^ the which boke maoe yn frensch Robert Grosteste, bishop of Lincoln », a cru que William avait traduit un ouvrage de l'évèque de Lincoln, mais cette rubrique, bien qu'elle se trouve dans les deux mss. connus du poème, peut fort bien n'être pas de Robert de Brunne et contient en tout cas une erreur évidente, comme R. Price l'a remarqué dans une note de l'édition précitée de Warton. Tanner avait commis, avant Warton, la même erreur. M. Cowie enfin, décrivant le ms. de Saint John's, n'hésite pas à attribuer le Manuel de péchés à Robert Grosseteste.

4. Roberd of Brunne'8 Handlyng Synne (written A. D. 1303), with the french treatise on which it is founded, le Manuel des Péchiez by William of Wadinoton, now first printed from mss. in the British Muséum and Bodleian libraries, edited by Frederick J. Furnivall. London, 1862. 4*, lxviij-466 pages.

LES MSS. FRANÇAIS DE CAMBRIDGE 333 ses Essais sur les bardes, les jongleurs et les trouvères (III, 225-34), que notre auteur fut mentionné d'abord par Roquefort, État de la poésie française, 262-8, puis par Daunou dans son Discours sur l'état des lettres en France au XIII0 siècle*. La courte mention de Daunou est tout ce que William de Waddington a obtenu de V Histoire littéraire jusqu'à a jour, mais l'article qui devait lui être consacré n'a été que différé et il paraîtra, rédigé par G. Paris, dans le prochain volume de cet ouvrage. Je connais du Manuel de péchés les mss. dont voici l'énumération :

Cambridge, University Library, Ee. 1. 20, fol. 1-78 a.

— — Gg. 1. 1, fol. 294.

— — Mm. 6. 4.

— Saint John's, F. 30. Evbrtnohah Park (Yorkshire) 5.

Londres, Musée britannique, Old Royal 20 B .XIV.

— — Harley 273, fol. 113.

— — — 337, fol. 12 (fragment).

— — - 497i» fol. 97.

— Royal Society 4.

Oxford, Bodleienne, Hatton 99 (anc. 32, Bernard, p. 184). Paris, Bibl. nat., Fr. 14959* York, Bibl. du chapitre, 16. K. 7.

L'édition précitée de M. Furnivall est faite d'après les mss. Harl. 273 et 4657.

Ici comence le manuel de péchez.

La vertu del seint Esperit Nos seit aidant en cest escrit A vos deus choses mustrer Dont home se deit ben confesser, E ausi en laquelle manere

Que ne fet mie bon a tere

Ke ceo est la vertu del sacrement

Dire le péché et cornent.

Tuz péchez ne pourra pas cunter

Mès par taunt se poet mender

E ses péchez bien remembrer

Qui cest escrit volt regarder....

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