Hist. littéraire, XVI
2. Voir sur ce ms. le Bulletin de la Société des anciens textes français, 1878, p. 125.
3. A quarto volume upon veilum, written in the i4th cent., containing the french poem by William de Wygetone. called the Manuel des péchés. In a nand of the xvth century, at the top of the fcrst leaf occurs this inscription : « Liber « monasterii beats Mariae Eboraci, emptus per fratrem Clementem Warthwyke. c Qui alienaverit anathema. > The same vol. contains a translation of the Dominical" Gospels into french verse, beginning :
Un homme de Pharisenus estoit Que Nichodeme a noun avoit [Joan. III]. [First Report of tHe Royal commission on the historié al manuscrits , 45 b.)
4. Ms. indiqué par l'abbé de La Rue, Archaolo&ia XIII, 240, Essais, III, 232. Ce doit être le n' 278 de la bibliothèque du duc de Norfolk, Bernard, Catalogi, IL 806. Sur cette collection, voir la préface de sir C. G. Young au Catalogue of the Arundel manuscripts in the library of the Collège of Arms [LonaonJ, 1829,8°.
JJ4 p* MBYER
Fin.
De Deu seit bénit chacun home En pere, en fiz, en saint Espirist QuipriepurWillamdeVuadigtone: En pere en fiz en seint espirist \ Deu Qui pur autre prie e oure lui amené (sic) qui cest escrist.
Par sei mesmes ben labore. Amen.
En Deu finisse cest escrist,
Iste liber constat Johanni Strelley de Lindeby.
G 5. — Roman de la Rose. — La bonté des femmes. — Pastourelle.
Vélin, 0*240 sur omiyo. Ms. portant les initiales du comte de Southampton. La copie du roman de la Rose est du milieu du XIV* siècle environ. A Pexplicit le nom du copiste, ainsi qu'il suit :
Jehen du Clos escrist cest livre Qui n'estoit pas ne fols ne yvre.
Quoique le nom des auteurs du Roman de la Rose soit assez généralement connu, M. Cowie, décrivant le ms. G 5, nous donne cette information extraordinaire : c The Roman de la Rose was written by Guillaume de Lauris, finished c Jean Duclos > (sic, M. Cowie veut dire by Jean Duclos).
A la suite du Roman de la Rose ont été reliés quelques feuillets, écrits par une main anglaise au XVe siècle et contenant deux petits poèmes. Le premier, contenant environ 300 vers, est un plaidoyer ingénieux et sincère en faveur des femmes, dont un texte assez différent et en somme meilleur se trouve dans le ms. de l'Université de Cambridge Gg. 1 . 1 , sous cette rubrique : Ci contenu de le bounti des femmes. Je publierai ce texte en entier lorsque j'en serai à la description de ce ms. Présentement un extrait du ms. de Saint John's suffira.
[C]il fablers trop me grèvent Rimer qe ne sevent, Chaunter, lire, dire, fors que fables.
Ore escutez une dit creables : 4 De dames e de damoisels, Vous en dirray bones noveles Dount lour los crestra Si bien ert qi l'escotera. 8
A touz iceus qe sount en mounde Ky vivent e qi a vesture sount, Vous face asavoir communément Ke amours me prie courtoisement Ke say gardeyn de son covent, 1 } Par qei me prent coer et talent Pur bien défendre sa meson Et a devener son champion 16 Et son sarjaunt & son countour,
\oCorr. a neste. Après ce vers neuf vers ont lté omis. — 14 Vers superflu manque dans Gg.
LES MSS. FRANÇAIS DE CAMBRIDGE
A Wymouster et a la Tour, Et ailours par Engletere, En temps de pes ou de gère 20 Tort & fort, tout maytenaunt, Countre chescun mesdisaunt, Pour les dames a l'issir Et pour les damoiseles revenir. 24 Mes ja d'eles ne pas l'errour, N'en issera de la meson Pur counsail prendre a nul vivant, Kar tout sui prest mayntenant, 28 Lour dreit defens defenderay Saunz assoingne & saunz delay Pour l'amour de nostre Sauveour Qui fyst a femme taunt de honour Que une pucele salua ; 3
Par son angele que ly envoya; Le non Eva fust tout chaungé, (b) Kar de Eva fist l 'angele ave. 36 « Ave, dist il, de grâce pleyne, « Vous sauverez lignée humeyne, « Vous porterez le benoit fruit « Par qei enferne serra destruit. »
Ceo fui, sachiez, le doutz salu Dount nous avint le grant preu.
Benoit soit le oure que ele nasqui, Desprisoné sûmes tous par lui, 44
Fin:
De lour bounté ay aukes dist, Mès ma langue pas ne suffit, Mès que jeo fui escriven bon Et auxi sage corn Salomoun, Et vivere puisse saunz fin Ja en romaunz ne en latin, Ne purray tout counter ne dire
Car femme porta le raunson Qe nous restent d'enfernal prison.
Par femme est la deité Joynt a nostre humanité. 48 Ki vout les estores serchier, Apertement purra veer Qe Dieux ad fait graynour honour Et mustre graynour amour 52 A femme par sa curtoisie Qe a nul home qe seit en vie.
Nostre Seignour, bien dire le os, Fist Adam de tay et Eve de une os :
Os saunz char est nette et pure 57 Et forte en sei, pure et dure, Et si est blank corne flour de may; Mes Adam qui fuit fait de tay, 60 De vile tere, ceo dist l'escrit, Cornent seroit nette et parfit Ceo que fu fait de poreture ?
Ceo serroit tout encountre nature.
Dount jeo die pur jugement 65 Qe femme est naturelment Blaunche, nette, fyne et pure.
De ceo jeo chescun assure, 68 Kar home [qui] fut fait de bowe (d) A la barbe et a la jowe, Puit bien saver sa matire...
Bounté de femme ne escrire, Et si nul homme soi délit De aver bounté de femmes escrit, Veingne a moy quant seray a layser Et jeo ly dirray a plaiser 1 .
Ci finist comendaf2 de dames.
Les vers qu'on vient de lire ont été visiblement composés en Angleterre (voy. v. 18-9) et au XIIIe siècle. A la suite est copiée une poésie certainement moins ancienne et d'origine française 3. C'est un fragment de 1 20 vers (la fin manque) où on peut reconnaître la forme des pastourelles de Froissart. Peu versé dans la
23-4 Gg. Pur les chivalés a l'issir | E pur les dames al revenir — 2$ Gg. de l'eil en parleron — 46 Ga. Q. r. remt (pour reenst). 1. La fin est différente dansug. — 2. Commendatio. 3 . Elle n'est pas mentionnée dans le catalogue.
littérature du XIVe siècle, je oe saurais dire si cette pièce est connue. Le texte en est fort corrompu. J'en transcris ici quelques vers :
En mon déduit a moys de may, Pensant aloy juxt' une boscage, Les floures divers devisay, Oseux chauntheantz a lour estage ; De cele disport me confortay, 5 Mès une penser point moun codage,
Que morir m'estoit, mès quant, [ne say,
Ne ou devenir, a quele ostage. 8 En cele repense si regarday Une crois paynte de bele ymage,
Derniers vers conservés :
Pensant nescies que tendir et tay, Le vie passe corne fait le umbrage, Et rien detors que pecché n'ay 1 ; Que quert a l'aime très grant da- [mage;
En Jhesu Crist dounques me delitay Merci criant de moun outrage.
De foire bien, de mal retrere Mes de ceo metter en long respit A vient sovent mult grant con- [trere....
Ceo qe le cors vers vous mesprent A l'aime voillés relesser.
I 11. — GERVAIS DE TILBURY, Otia impériaux. — La petite Philosophie. — Description de la Terre d'Outremer.
Volume provenant de Th. Baker1. II y a sur le plat inférieur une note sommaire du contenu qui montre, selon une indication fournie par M. Bradshaw, qu'il a appartenu plus anciennement à l'abbaye de Syon3. M. Cowie, qui a consacré dans son catalogue une assez longue notice à ce ms., n'a guère réussi à identifier les ouvrages qui s'y trouvent. Les deux écrits qu'il indique sous les titres de « i° Liber de mundi creatione et historia mundi usque ad Noachum [fol. 1]; 2° Liber qui dicitur Mappa mundi [fol. 37J t, ne sont autre chose que les Otia imperialia de Gervais de Tilbury s. Suit la chronique de Martin le
6 Corr. un penser — 7 Corr. m|est — 9 Corr. cel penser — 1 1 Peut-être nescier.... cendir? Je ne sais que faire de ce vers.
1 . Ce volume, comme tous ceux cotés 1 1 à 1 39, a appartenu à Th.Waestaff, f 1712, non-juror comme Baker, avant de passer dans la collection de ce dernier. La liste des mss. de Wagstaff, au nombre de 47, est imprimée dans les Catalozi de Bernard, II, 85-6.
2. Voir sur ce monastère le Monastieon Anglieanum, nouv. éd., VI, (40-1.
j. J'avais pris, en 1874, de cette partie du manuscrit une notice assez détaillée, ayant sous les yeux l'édition de Leibniz (Scriptores rerum BrunsvUarum I, 881-1004, II, 751-84), mais cette notice," qui en tout cas n'aurait pu trouver place ici, devient inutile, le ms. avant depuis été étudié par un érudit allemand, sans doute en vue d'une nouvelle édition, qui serait bien désirable, des Otia imperialia.
LES MSS. FRANÇAIS DE CAMBRIDGE J}7
Polonais. Ces deux ouvrages occupent la première partie du volume. La seconde, qui formait originairement un manuscrit par soi, contient trois opuscules. Le premier et le plus important (fol. 1 52-69) est un poème français de 2790 vers qui a pour titre la Petite Philosophie. C'est une composition analogue, par le sujet, à l'Image du Monde, mais faite en Angleterre, comme le montre, pour ne citer qu'un fait, le mélange des rimes i et iê. Je me bornerai actuellement à en rapporter ici le commencement et la fin, me proposant de l'étudier de plus près à l'occasion de deux autres exemplaires du même poème, lesmss. Dd. 10. 3 1 et Gg. 6. 28 delà Bibliothèque de l'Université de Cambridge. Dans le ms. Dd, les 370 derniers vers ou environ manquent, mais il y a de plus un prologue que le ms. de Saint John's n'a pas. Une quatrième copie de la Petite Philosophie se trouvait jadis dans le ms. Douce 210, à la Bodleienne; mais ce ms. est depuis fort longtemps très mutilé, et de notre poème il ne reste plus que la fin (ff. 1 3-5), environ 450 vers.
La Petite Philosophie est, si je ne me trompe, demeurée jusqu'à ce jour complètement inconnue. Th. Wright, qui pourtant était < Cantabrigien », n'en souffle mot dans sa Biographia britannica litteraria. V. Le Clerc mentionne en passant, dans son article sur V Image du Monde *, le ms. Dd de l'Université de Cambridge, dont l'existence lui fut révélée par un catalogue; mais faute d'indications suffisantes il n'a pu dire si l'ouvrage qui s'y trouve était ou non distinct de Y Image du Monde.
On remarquera que le début transcrit ci-après est en vers octosyllabiques, tandis que la fin est en décasyllabes monorimes. Que le lecteur veuille bien croire que je n'ai point ici réuni par erreur le commencement d'un poème et la fin d'un autre. Trois cents vers environ avant la fin, l'auteur passe de la rime accouplée à la rime unisonante, comme diraient les Leys d'Amors, puis, une centaine de vers plus loin, il adopte le vers décasyllabique.
II n'y a pas lieu, dans une notice de manuscrit, de tenter la restitution du texte. Je me borne à donner les principales variantes du ms. Dd. 10. 31. de la Bibliothèque de l'Université, pour le début, et du ms. Douce pour la fin.
Ici comence la petite philosophie.
Li sage qui jadis esteient
De rouit grant sen s'entremetteient,
E rouit sagement enquistre[nt]
Les choses dunt il puis escristrent.
Chascun mustra sa sentence 5
Solonc la sue sapience,
En plusors lues divisèrent,
Lur escriz trestuz assemblèrent 8
E lor sentences ordeinerent,
Les dotances totes osterent E la vérité confermerent, Kar en touz poinz la proverent 1 2 E cum provée Pacerterent.
Ces escriz puis longes corurent, Dunt plusurs avaunt guarni furent De bone et de mal' aventure, 1 7 Ke tuit diseit lur escripture Par tuit le munde apris aveint Les aventures k'il saveient. 20