‹ Romania (volume 4)Chapitre 171 sur 283 · B. N. fr. 844, f · texte numérisé non relu

B. N. fr. 844, f

î. On lit Guyot de Provins dans YHist. litt., XXIII, $$$ ; c'est un lapsus calami.

4. Cette forme lorraine ou bourguignonne de lai pour la, mal comprise, a fait désigner cette pièce comme le « Lai de la dame de Favel. »

5. La chanson en question était célèbre et méritait de I être. C'est certainement à elle que Guillaume de Lorris fait allusion dans les vers 268Q et suivants (éd. Michel) du Roman de la Rose : Si me semble que por ce dist une dame qui d'amer sot En sa chanson un cortois mot : c Moult sut. jet clc, a bone escole Quant de mon ami oi parole ; Se m'aist Dieus, il m'a garie Qui m'en parle, quoi qu'il en die. > Cele de uous Parler savoit Quanqu'il en iert9 car el l'avoit Essai en maintes manières. Cela se rapporte à ce passage de la chanson : ... Ou cil est qui m'assoage Le cuer quant j'en oi parier. Il semble que Guillaume ait su qui était cette dame : malheureusement il ne nous Ta pas dit.

6. Quand Isabel et la dame de Faiel reçoivent la première lettre du châtelain, Isabel dit à sa maîtresse qu'il faut lui répondre, et elle ajoute : Je màsmes escrire say ; De V escrire bien ouvert ay, Et vous a fait deviser hs Ce que vous mander U vorris (v. 3105 ss.).

les rubriques, à ce que nous apprend Wackernagel », n'ont été exécutées qu'environ un demi-siècle plus tard. Elles contiennent les fautes les plus grossières et les attributions les plus fausses ; elles n'ont aucune valeur pour la critique. Leur auteur aura eu l'idée de mettre cette pièce, où on pleure l'absence d'un croisé, sous le nom de la dame de Faiel, dont l'histoire, telle que la raconte notre poète, était rapidement devenue célèbre3. Quant à celui-ci, il a dû prendre ce nom au hasard, comme celui d'un des châteaux du Vermandois, où il plaçait la scène de son récit.

Ce récit lui-même n'est pas de son invention, il s'en faut, au moins en ce qui concerne l'épisode final, auquel il doit sa renommée. La légende du cœur d'un amant mangé par sa maltresse, qui refuse ensuite de prendre aucune nourriture, se retrouve sous plusieurs formes bien antérieures à notre roman. Elle paraît d'origine celtique ; au moins les deux plus anciennes versions qui nous en soient parvenues sont-elles des « lais de Bretagne », et elles diffèrent assez profondément entre elles pour que nous reconnaissions dans leur divergence même ces variations qui se produisent naturellement dans les traditions vraiment populaires. Nous nous occuperons d'abord de la première, celle qui a aussi le plus de rapport avec notre roman.

Nous ne possédons plus le lai Guiron, auquel plusieurs anciens poèmes font allusion ; mais l'un d'eux, dans un passage dont les derniers vers ont un charme singulier, nous en fait connaître le contenu. La reine Iseut, séparée de Tristan, distrait sa tristesse en chantant un lai sur la harpe :

En sa chambre se set un jor,

Et fait un lai pitus d'amor :

Curaent dans Guirun ni supris,

Par l'amur de la dame ocis

Qu[e] il sur tute rien a ma,

Et cument li cuns puis (li) dona

Le cuer Guirun a sa moillier

Par engin un jor a mangier,

E la dolur que la dame out

Quant la mort de sun ami sout.

La dame (ms. reine) chante dulcement,

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