N1G0LES
Aprilcm,
Obriôl,
Obriôu,
Avril,
c a 1 et,
kal,
kâu,
il faut,
caelum,
shuy
ciel,
fel,
fî*>
fiel,
ma lu m,
mal,
mâu,
mal,
met,
mïn,
miel,
quai em,
Ir/il
Kait
kâu,
qui ? (interrog.)
Suff. -olus, -ola
aureolum,
ouriol,
ouriôu,
i* le loriot: 2*châ-
taigne dorée et séchée par la fumée,
filiolum, -am,
filyuôl,
filyàu, filyéuo,
filleui, filleule,
sciur iolum,
eskiluéleteskiruôl,
cskilôu,
écureuil.
Suff. -alis :
casale,
kozàl,
kozàu,
masure et nom de
village,
Natalem,
Nodàly
Nodàu,
Noël,
pectorale,
pcitrâl,
peitrdu,
poitrail, partie du
harnais,
Martialero,
Morsdu,
nom propre.
Vitalem,
Bidâu,
id.
Dans quelques mots / finale disparait, soit qu'elle tombe simplement par apocope, soit qu'elle ait été d'abord changée en u :
eu mu lu m (dans la plupart des dialectes kamûl) kûmu, adj. comble, t r e m u 1 u m (Honnorat tremûl) trêmu, peuplier, tremble, " n i b u 1 u m pour nubilum (dans la plupart des dialectes nibul), nibu, \ * nuée, 2° adj., couvert de nuages.
L devenue finale, mais primitivement suivie d'une consonne, se vocalise ou persiste selon le traitement que subit / devant une consonne dans le corps des mots. Dans cette position, le traitement de / présente quelques particularités.
i° L devient u, devant les labiales :
albam, duo, aube,
talpam, tâupo, taupe,
s al v i a m (Toulouse salbia), sâubio, sauge,
calfare, koufâ, chauffer,
s a 1 v a r e, soubd et soud9 sauver.
Devant les gutturales :
c a 1 c a r e, koukâ, fouler aux pieds,
qualemque, kduke, quelque,
circulum, *cilculura,jèu*k, cercle,
sarculare, *salcula rt,$ouklâ, sarcler.
Devant m, n :
p a 1 m a m, pâumo, paume de la main,
p u 1 m 0 n e m, poumû, poumon,
*alenam, duno, aune.
20 Devant les dentales, et devant r, s, z, les exemples de vocalisation sont rares :
solidare, souda, plus souvent avec le préfixe ad, osoudà, souder. Presque toujours / persiste :
al tare, oltâ, autel,
saltare, soltâ, sauter.
Dans cette position, / est si ferme qu'elle s'assimile le d suivant : excaldare, cskollâ, échauder.
Elle se change en n par assimilation dans in altum = naît, le plus souvent nant, haut, en nant (en haut) ; et dans nos al ter os nanties, nous (à Entraygues ndut, ndutres).
salsam, sâuso, sauce,
sïlicem, sélze, caillou,
*calciata, kolsâdo, chaussée,
* a 1 1 i a r e, olsâ, hausser,
m 0 1ère, muôlrt, moudre,
L mouillée persiste, mais // devient / simple :
callosum, kolûs, tige de plante, d'arbuste,
bullam, Mo, boule,
medullam, miùlo, moelle,
s c u t e 1 1 a m , tskûillo, écuelle,
paleam, pàlyo, paille,
m a 1 1 e 0 1 u m, molyôu, maillet.
Les mêmes faits se reproduisent à la finale :
i° *Mariscalcum, Menescdu, nom propre (anc. prov. manescalc) :
*Seniscalcum, Scncskàu, fém, Seneskduo, nom propre, sol i du m, sôu, sou.
2° Mais on a :
c a 1 i d u m, kal, fém. kâllo, chaud,
*GastaIdum, Gostâl, fém. Gostâllo, nom propre,
*Grimaldum, Grimai, nom propre,
gallum, gai, coq,
bellum, bll, beau,
vitellum, bedll, veau.
Et de même dans tous les diminutifs en -ellus, -ella.
?9<> 0. NIGOLES
L mouillée devient / simple :
a I i u m, al, ail,
articulum, ortil, orteil,
filium, fily fils,
m i 1 i u m, m/7, maïs,
m a 1 1 c u m, mal, gros maillet.
L persiste également quand elle provient d'un groupe dans lequel elle suit une consonne :
rotulum, ru/, bille, tronc d'arbre ayant la forme d'un rouleau.
Par suite de ce double traitement d7 à la fin des mots, les dérivés présentent / médiale maintenue, ou bien u venant de / vocalisée, comme pour / médiale simple. Ainsi de pellem, pèl, peau, on a le verbe espeld, ôter la peau, et de pilum, pilare, peu, poil, peud et poud, éplucher, peler ; on a encore, correspondant à la forme pied, très usitée dans les pays voisins : pioud, éplucher.
B. — Chute de L.
Voilà les principaux traits qu'il convenait d'exposer d'abord. Quelles en sont les conséquences ? Il se produit alors ce qu'on observe d'ordinaire lorsque deux u sont en présence : l'un des deux est absorbé par l'autre, ou bien les deux sons se fondent en un seul, et donnent 5 : * r a u b a, * rauuo, roi/o, robe, sa 1 vu m, *sauuc, saut, sauf,
pavorem (Entraygues, pôu), pûr , peur (ancien prov. paor), puis *povr9 *puûr , pûr : la forme pour est restée dans pourûk, peureux, cm pour ùâ (pour cmpourûga), effrayer.
De même, si le son provenant de / vocalisée se trouye à côté d'un u, quelle que soit son origine, ce son disparaît en se fondant avec celui de l'u, qui précède ou qui suit, indistinctement. L'allongement de Vu né de cette combinaison est d'ordinaire sensible ; mais très souvent cet U a le sort de toutes les voyelles atones, dont la quantité est très mobile et très difficile à apprécier. Ce qui est constant, c'est que l'u, même quand il s'abrège, ne forme jamais diphthongue avec la voyelle contiguë, et l'hiatus persiste. Ce trait est caractéristique, car il n'en est pas ainsi dans le cas où la chute d'une consonne met u en contact avec une autre voyelle ; par exemple : cubare, kud> couver, cubât, kuô, cubatum, kudt, focaciam, fudso, fouace, fagum,/iu, hêtre.
i° u précède :
Entraygues. Saint-Amans.
bodula1, bûlo, bûo, borne, limite,
i. Voy. Diez, Etym. Wœrt. Ht, borne.
buld9
bûd
limiter, confiner,
bulàtty
bûôny
faucille,
colare,
kuldj
kûdy
filtrer,
colat, sufF. -onem,
kulodûy
kûodû,
filtre,
mespilum, *mespû«
nespûOy
nèfle (nespûlo dans
1 a m (fém. avec dépla-
Honnorat),
cement de l'accent et
changement de m en n) ,
ollam, *olam,
Ùfoy
XlOy
marmite,
— sufF. - a ta m,
ulâdOy
ûâdOy le contenu de la marmite,
— sufF. dimin.
ulito,
UCtUy
npfifi» marmite
sulil,
SÛHy
soleil,
tdulo.
tdulo et tduOy
table,
t ê o. u 1 a m avec déola-
tcûlo et tiûlOy
ICWJ Cl HVrU y
cément de l'accent
*tegulare,
tiulây
tiûdy
couvrir une maison
* tegu 1 atam,
tiulâdo,
tiûddOy
toit,
"tegulator,
tiulàire,
tiûdirey
couvreur,
vo 1 a r e,
buldy
bÛd y
voler,
* vo 1 atam,
bulddOy
bûddo,
subst. volée,
convola re
kobûd,
sauter par-dessus,
*reculare,
rikuldy
rikûd2,
reculer
*rotulare, calai, r o-
rtduldy
rtdûd,
rouler sur une
pente,
trontuldy
trontûd, neutre et
chanceler, balan-
actif,
cer s,
De colare : re co-
rekuldy
rekûdy
transvaser un li-
lare,
quide,
transcolare,
trcskuld,
treskûd,
disparaître derrière
une colline, à un
tournant4,
"rebiscolare,
rebiskuld,
rebiskûdy actif et
revenir à la vie,
neutre,
faire revivre.
1 . Je marque û, même dans le cas où il paraît être aussi souvent bref que long, pour indiquer que l'a dans la prononciation se sépare de la voyelle suivante. Sous Paccent, la voyelle étant toujours longue, j omets ce signe devenu inutile.
2. L'i du préfixe est dû à l'influence de Yi qui suit la gutturale dans le primitif, c D 1 u m, kiûly riculd, kià, rikûd.