Voy. Diez, Étym., Wœrt. I, Quaglia
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gelât, dzdlo, jiuottjduo, il gèle,
j°pers. plur. dzdlu, jèu-u, et plusordi-
nairement/itt-tt, ils gèlent.
Ici la prononciation est encore hésitante et nous présente des nuances: tantôt on peut distinguer deux fois le son u, le premier s'appuyant sur la voyelle précédente et formant avec elle une diphthongue, tantôt on ne distingue plus qu'un seul u, le premier s'unissant à Vu de la désinence : jd-ïï. — De pala, pduo, pelle, qui désigne aussi les pinces ou dents antérieures des animaux, on a tiré un verbe pour exprimer l'apparition des pinces de remplacement : *palare, poud, partie, poudt, de même qu'on dit en français, « l'animal a mis deux pelles. » La chute des pelles est rendue par despoud (*de-expalare). *palat, pduo, dcspduo, impart poudbo, despoudbo, je pers. plur. pduuy despduu et pdïï, despdïï.
Fr. atteler, otold, otoud, $e pers. sing. otâuo, }• pers. plur. otduu et otdû.
Avec les préf. de-ex-, dezotold, dezotoud, dételer, jepers. sing. dezotduo9 plur. dezotdïï.
Pilum, pïlare, peud (ï donne é, mais sous l'accent devant /, u, cet é devient è)} 3e pers. sing. pèuo, y pers. plur. pèuu et piû; on a aussi : piud infin. et piûo $e pers. s. ; poud et pioud de piol ne me semblent pas usités au présent de l'indicatif.
Dans ces exemples qui présentent du avant la désinence, la prononciation du-u me parait beaucoup plus ordinaire que d-ïï ; c'est le contraire qui a lieu dans les cas où la désinence est précédée de ôu. Ainsi l'on dit ordinairement bôU ils volent, redôïï ils roulent, rikâû ils reculent, rebiskôïï ils reviennent à la vie, treskôû ils disparaissent, trontôïï ils chancellent, et non bàuu, xtd6uuy etc.
Dans toutes ces formes, l'accent perd beaucoup de sa force au profit de la voyelle suivante, qui acquiert une intensité plus grande. Cet affaiblissement de l'accent est très sensible quand on compare soit les troisièmes personnes du sing. Muo, redâuo, trescàuo, soit les substantifs tirés du thème verbal, lu bôu, lu trescôu, redôus plur.
Dans les verbes dont le thème présente un u> on n'a plus qu'une seule prononciation, avec la même nuance dans la syllabe accentuée : colat kûo, }e pers. plur. kùïï; 'tegdlat, tiûo, $' pers. plur. tiûïï.
A cette catégorie appartiennent des verbes dont l'aspect peut paraître singulier à première vue :
Entraygues.* Saint-Amans.
accumulare, okumulâ, okumûâ, combler,
annubilare "anni- s'onibula, s'onibûâ, se couvrir de nua-
b u 1 a r e, ges,
*excapulare, eskopulâ, tskopûâ, ébaucher, dégrossir,
CHUTE DE / MÉDIALE EN LANGUE D'OC 4OI imparf. okumûâbo, eskopûdbo, indic. prés. 3e pers. sing. okumôuo, s9onibôuo,eskop6uo, plus ordin. eskopûo, — — plur. okumûûy eskopûû.
Il semble extraordinaire tout d'abord que ces mots aient été conservés complets, sans qu'aucune des syllabes atones ait disparu. Cumulare a dû donner kumbld qui existe en effet avec le sens de remplir un creux, combler un fossé ; de capulare, 'excapulare on doit avoir 'kopld, *eskopld, qui existent probablement, avec une métathèse de /, dans les mots klopd, esklopd, tailler, dégrossir une pièce de bois. A côté de s'onibula, on a nèpby brouillard, de nëbula, et le verbe nepld, qui se dit des récoltes gâtées par le brouillard. Cependant il est difficile de voir une formation savante dans okumïïa, onibûay eskopïïa.
Je pense qu'il faut rattacher ces verbes aux substantifs cités plus haut, nibiL, kâmu, que Ton trouve plus ordinairement dans les autres dialectes provençaux, sous la forme nibûl, kamàl. Dans nlbu, kùmu, il faut voir non le maintien de l'accentuation latine, qui aurait donné à ces mots une autre forme, mais un retour de l'accent sur la première syllabe. Ce fait n'a rien d'extraordinaire et il se présente dans des cas où il est moins attendu : par exemple, tëmônem, timù est plus ordinairement tému et //mu, dans certaines localités. Dans les roots qui nous occupent, le déplacement me parait encore démontré par l'exemple de trêmulura, trému, peuplier, tremble, dans lequel ê, s'il eût été accentué, aurait certainement donné i, comme dans crëmat, krimo, il brûle ; et par celui de l'adj. trëmulus qui, accentué sur la pénultième, adonné trcbûl, trebuld (verbe), à Saint-Amans tribu, trebïïd (se dit de l'eau agitée et par suite troublée), et qui proparoxyton a donné triple^ trepld, avec le même sens. Pour eskopïïd on a de même eskdpu (*scapulura, dim. de scapus?), qui désigne une pièce de bois ébauchée, et qui donne encore eskopuûn, copeau, débris de bois, eskopïïdire, sorte de tille, aisceau.
C'est à la présence de ces substantifs que sont dues les formes complètes des verbes cités, soit qu'ils aient été refaits sur les formes nominales, soit que celles-ci aient maintenu intactes des formes verbales qui existaient déjà '.
1 . Cette explication me paraît convenir également à un mot de la charte landaise publiée par M. P. Meyer, Romania, III, 433 : ij sans escapoers. On dit actuellement dans les Landes tskapuâ, et deskapuà, partie, des ka puât, couper le sommet des plantes, étêter ; eskapuâ lu mil, eskavuà lo forûchô. On me cite spécialement cette forme pour la commune de Tosse, canton de Soustons, arrend. de Dax. Toutefois ce n'était pas sans de solides raisons que M. P. Meyer hésitait à admettre Pétymologie de escapotr, expliaué par le verbe esca polar (Rom. y IV. 464). En effet, dans le parler des Landes, / mediale ne tombe pas; on dit : dlô (a la), pâlb' (pal a), ûlô (*ola), tolû ("talonem), yôlûs (zelosus), buld (vol are), kuld (col are). Mais on a la vocalisation et la chute de / finale : ustdu (hospitale), kàu (calet), mm (mâlum), pâu (palum);
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Le traitement de / médiate que nous venons d'étudier n'est pas un fait définitivement accompli de nos jours. Nous l'avons vu pour la conjugaison. Voici encore quelques mots qui offrent, dans la même région, la chute ou la persistance de / indifféremment : c a I o r e m, kolûr et koûr, chaleur,
d o I o r e m, dulûr et dùûr, douleur,
m o I i n u m, muli et rnûi, moulin,
sol uni, fém. Mo, seul,
— suff. dirain., sulà et suit, seul, dolere, dàlrt et dôure, pers. plur. dôlu et dôû.
Dans un certain nombre de mots, / médiate est restée sans changement :
c 0 1 0 r e m , kulûr, couleur,
consolare, kunsulâ, consoler,
m Q 1 a m, mâlo, mule,
m Q I u m, suff. dimin. mâlà, mulet,
taie m, tal, fém tàlo, (tdu et tduo me semblent peu usités),
valorem, Mûr, valeur,
valent, *valunt, bâlu, ils valent,
v 0 1 u n t, buôlu, ils veulent.
Enfin parfois un g est introduit dans la prononciation entre les deux voyelles : dugur, jogus. Mais ce fait n'est pas général, et je ne l'ai remarqué que dans un petit nombre de cas.
G. — Chute de / mouillée.
Dans la même région où se produit la chute de / par suite de la vocalisation, on observe aussi un autre traitement, fort connu d'ailleurs, et que je me borne à constater ici. L en contact avec un / se combine avec lui pour donner une / mouillée (ly), qui est elle-même remplacée quelquefois par yod; il en est de même de / mouillée, quelle que soit d'ailleurs son origine.
* m e s p û 1, suff. a r i u m, nespoulier (dans tfonnorat), ncspuyê, néflier, P rodai, suff. ia, *Prodolyô, Prodoyô, nom de lieu1.
Mais dans le cas où /, primitivement suivie d'une consonne, se maintient à la finale, le changement n'a pas lieu :
la chute : otâ (a 1 1 a r e), sô rs 0 1 i d u m. fr. sou), sû (s 0 1 e m), sû (de s 5 1 u m, seul). Il semble donc que escapoer, eskopua ont été formés sur un substantif cskavu, qui aurait perdu la consonne finale. L'accent était vraisemblablement sur la dernière syllabe, comme dans d'autres dialectes ; mais les exemples précédents montrent que la chute de / peut avoir lieu même dans une syllabe finale accentuée.
1. Au nord du canton, le nom d'une autre localité se présente sous la forme
Prodouyô.
Maurcllum, Mourll, suff. Mourilyô, Raynaldum, Rcynâl, suff. Rcynollyô, noms de lieu.
Cette transformation n'est point encore généralisée, et dans la plupart des cas les deux formes sont employées concurremment : articulum, ortil, suif, alem, ortilydu et ortiyâu, foulure des doigts du pied,
c a I e b a t, kolyô et koyô, il fallait,
m e 1 i 0 r e m, milyûr et miyûr, meilleur,
m 0 1 e b a t, mulyô et muyô, il moulait,
val e bat, bolyô tt boyô, il valait,
v 0 1 e b a t, bulyô et buyô, il voulait.
C'est le même procédé qu'il faut voir, je pense, dans les exemples recueillis par M. Cornu dans le Bagnard, Romania, VI, 397, candelam, tsandeiya, *stelam, eteiya, telam, teiya. L par son contact avec Yi de la dipht. ei (issue de ê9 1, ï) a dû prendre d'abord un son mouillé ly, devenu plus tard yod : *teilya, teiya. De même : ta m lève, *talyey} tayey. Je verrais le même phénomène dans certains mots portugais, comme moyer (raulier), sahir (salire).
Au nord-est de la contrée où l'on peut observer les faits précédents, dans les communes de Cantoin et de La Calm (canton de Sainte-Geneviève), à l'extrême limite du Rouergue, je constate une chute de / médiate dans de tout autres conditions. On trouve en effet à la finale 1 :
bestiale, bistid*, bétail,
h 0 s p i t a 1 e, ustâu et ustd, maison,
qualem, kâu et M, qui, interrogatif.
A la médiale, où elle est remplacée par un fort hiatus entre les deux voyelles :
calorem,
caûr,
chaleur,
gelare,
jod,
jeler,
gelât,
jào,
il gèle,
maie habitum,
modut, module,
malade,
mol i nu m,
mué,
moulin,
pilare,
piod,
peler, éplucher,
pilât,
pido,
il épluche,
*salatum,
iOdt,
salé (Vèrbo soddo, rumtx
acetostlla, Linné),
*in salatam,
ensoddo,
salade.
1 . Le fait n'est pas général, et dans les mêmes communes on a la conservation et la vocalisation de /.
2. La voyelle accentuée est prononcée avec une intensité plus grande : c'est ce que j'essaie de rendre par l'accent circonflexe.
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Mais ici l'on constate un mélange de formes qui décèle l'influence d'un dialecte voisin. En effet, la chute de /, telle que nous l'offrent les mots cités, est constante dans la variété du dialecte auvergnat parlé dans les communes limitrophes, depuis Paulhenc, au sud du canton de Pierrefort, jusqu'à Saint-Urcize, canton de Chaudesaigues (arrond. de Saint- Flour). Aux exemples précédents, je puis ajouter encore pour / finale :
calet, diurnalc, malum, mu lu m, palum, solidum, ad tale(?), •volet,
tchâ (à Test), tsd (à l'ouest),
(o/) jurnd ,
mâ,
miây
otd, M,
il faut,
(à la) journée,
mal,
mulet,
pieu, bâton,
sou,
ainsi,
il veut.
L médiale :
a la m,
aile,
boâts masc, boâjo fém., balai, calorem, à l'est tchoûr, à l'ouest tsoûr, chaleur,
h o s p i t a I e, suff. -a t a m ustoddo, tous les gens de la maison,
m o I a m, môo, meule,
m u I a m, miôo, mule,
* o 1 a m, ûo, marmite,
pal a m, pâo, pelle,
solamente, sûomin, seulement,
Malonem, toû, talon,
volât, bôo, il vole.
Assez souvent on entend distinctement un g introduit entre les deux voyelles :
volo, bôc et bôgty je veux,
d o I o r e m , dugùr^ douleur,
gelât, (à Paulhenc) tsâo, il gèle,