Dans le texte de l'auteur, ou = u, u = û
408 O. NIGOLES
de Saint-Amans-des-Cots, une vocalisation de /, avec cette différence que Vu persiste. LL reste : M, troupel, padelo (patellam), nouvelo ; mais / simple devient a : i° devant une consonne :
i n a 1 1 u m, naut, p. 62, str. 11. calidum, suff. dimin. chaud et, p. 7, str. 6. qualemque, quauqut, p. 20, str. 8.
qualeraque u n u m, quauqu'un, p. 74, str. 1$. saltum, Mu</, p. 63, str. 12.
a° constamment à la finale :
caelum, ciau, p. 73, str. 13.
cal et, ctau, p. 77, str. 2.
dentale, dentau, p. 91, str. 11 (pièce de bois dans laquelle s'enclave le soc
de la charrue), h os pi ta le, oustau, p. 91, str. 11. malum, mau, p. 7, str. 7 et 8, et passim. Martialem, Marçau, p. 71.
Natale m, Nadau, p. 69, str. 6.
sal, sûti) p. 65, str. 17.
talent, tau> p. 43, str. 2.
Vitalem, Vidau, p. 63, str. 12.
Dans le suff. -olus :
bressoûou, berceau, p. 3, str. 4.
linteolum, lencoûou, drap de lit, p. 48, str. 4.
solum, soùou, sol, p. 48, str. 4. (La mesure du vers montre que l'accent est sur ou (= u) pénultième, et l'auteur a pris soin de le marquer une fois p. 3, I. 2 : soùou ; le tréma indique que les deux sons ou sont distincts.)
De même à la médiate, / est devenue d'abord u, puis cet u s'est durci en y. Par exemple, à côté de giau (gelu), p. 9, str. 1, p. 12, 2, on a eu giauddo et giaao (gelât), comme à Saint-Amans-des-Cots, puis giavado, giavo ; de même *estkuas, estiavas, etc. C'est ce qu'on voit clairement par un exemple, sans doute moins usité ou peut-être créé par le poète, dans lequel Vu est conservé : angelum angiau, p. 5, str. 12, p. 17, str. 34, -j- suff. dim. -onem angiauou (petit ange) '. On a encore les deux formes : souvamen p. 14, str. 7, et soulamen p. 97, str. 26 s.
Dans le verbe volo seul nous constatons la chute de /, à côté des formes bien conservées :
1 . D'après les renseignements que j'ai pu me procurer sur la prononciation actuelle, le v ne représente pas dans ces mots le son de v consonne, mais le son du w anglais : giawâdo, giàwo. Angiauou présenterait donc une notation différente du même son.
2. La langue actuelle présente la même hésitation ; on a molâutc et mowéaU, tolû et towâ.
volo, voûo, p. 48, str. 2, p. 81, str. 1 1, et vouole, p. 83, str. 15. "volet, you, p. 80, str. 9 et p. 81, str. 10. *vo!etis, vouct, p. 77, str. 2 et voulet, p. 91, str. 11. vol tint, voâoù, p. 73, str. 14, et voâo Ion, p. 91, str. 10.
Dans plusieurs mots, / persiste entre deux voyelles : doulour, p. 93, str. 23, malament, p. 93; str. 1 5, malaute, p. 96, str. 23, mou//, p. 40, str. 5 ; mais ces mots conservent aussi / médiale dans la région où la vocalisation est ordinaire. Il n'en est pas de même de alos (=alos) p. 77, str. 3, et de salados, ibid.
En résumé nous constatons dans les montagnes de la Haute-Auvergne le changement de / en r, la chute de cette r, ou son remplacement par la gutturale douce g ; des deux côtés de ce pays, sur deux points opposés, nous trouvons une tendance très marquée à changer / en u, qui, dans l'une des deux régions au moins, disparait sous certaines conditions. Le rapprochement des divers pays où l'on observe ces phénomènes n'indique-t-il pas un certain rapport entre les causes physiologiques qui le produisent ?