‹ Romania (volume 4)Chapitre 217 sur 283 · LAI · texte numérisé non relu

LAI

dont le second et le quatrième seuls assonent. O'Curry signale un trîrech que le livre de Leinster (xne siècle) attribue à un personnage du nom de Cormac, probablement l'auteur du glossaire, mort en 903 ». Ce trîrech se compose de deux quatrains dont voici le premier :

In-tocêb mo churcan ciar

For-inn-ocian n-uchtlcthan n-dn*ï

ln-rag, a-rî richid riill

As-mo-thoil fan ar-in-sâl ?

Lancerai-je ma barque noire

Sur l'océan a la large poitrine, splendide ?

Irai-je, 6 roi du ciel brillant I

Selon mon désir à moi sur la mer*?

Le lôid ou laid suit un système différent, si nous en jugeons d'après les exemples que nous offre la composition épique connue sous le nom de Seirglige Chonchulain, « Maladie de Cûchulain », que nous a conservé le ms. dit Leabhar na h-Uidhre, écrit vers l'an 1 100. Cette composition est en prose : on y trouve intercalées des pièces de vers, et, dans l'édition que O'Curry en a donnée en 1858 et en 1859 aux tomes I et II de VAtlantis, on peut remarquer, t. I, p. 388, t. II, p. 102, 1 16 et 118, quatre exemples où le texte en prose annonce des pièces de vers en leur donnant le titre de laid. Les quatre morceaux en question consistent en quatrains où le premier vers rime avec le second, et où le troisième vers rime avec le quatrième. Prenons un exemple : la déesse Fand a été abandonnée successivement par Manannan, fils de Ler, dieu de la mer, son premier mari, et par le héros Cûchulain, son second mari. Manannan revient à elle ; elle va retourner à ses premières amours ; elle les chante en un laid dont voici quelques quatrains :

Figaid mac lauhraidi tir Do maigib Eôgain Inbir, Mananndn ûas domun lind ; Ro-boi tan-rop inmain li-m.

Voyez le fils de Ler le vaillant, Des plaines d'Eogan Inber, Manannan, qui surpasse le monde par sa beauté, Un temps fut où il m'était cher.

La ro-ba-sa ocus mac Lir Hin-grianan dûni Inbir,

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