UNE BALLADE POLITIQUE
La ballade que nous publions ici emprunte peut-être son principal intérêt à sa provenance. Nous l'avons trouvée dans le 14e registre du Conseil du Parlement de Paris?, écrite sur un feuillet blanc à la suite de la session terminée en septembre 141 5. L'écriture est celle de Clément de Fauquembergue, qui devint un peu plus tard greffier en titre de la cour*. La note suivante, placée par lui en marge, précise le sujet et la date de cette composition : Hec omnia his metris contenta habebantur lus diebus .CCCCXV. in hoc regno.
' Clément de Fauquembergue est-il l'auteur même de cette ballade, ou s'est-il borné à la transcrire ? Bien que nous penchions pour la première opinion, nous ne voudrions pas être trop affirmatif. Ce dont nous sommes sûr du moins, c'est que cette pièce, qui rappelle tout à fait la manière d'Eustache des Champs, ne figure pas dans le volume des œuvres de ce poète qui est conservé à la Bibliothèque nationale. D'ailleurs Eustache des Champs était probablement mort en 141 5.
Ces 2 1 vers n'ont pas besoin de grand commentaire philologique ni historique. Le style est facile et généralement clair, sauf à la dernière strophe où la construction nous échappe et appelle peut-être une correction. Au premier vers, tout le monde reconnaîtra Charles VI, et au
1 . Cette analogie de sens est confirmée par la ressemblance ou l'identité de nom ; en effet, crevuche ou creviche (crevette grise) est tout simplement la forme normande et picarde du v. fr. crevice (écrevisse).
2. On pourrait se demander si krepazo ne pourrait pas être la racine de crevette, comme il Test de crevuche et de creviche ; il n'y a pas d'objection à faire sans doute pour la première partie du mot, krep- donnant régulièrement crev-9 seulement resterait à montrer comment au suffixe germanique azo se serait substitué le suffixe roman etta, substitution aussi peu explicable que peu vraisemblable. En tout cas cela ne nous ramène pas à krabbe.