‹ Romania (volume 4)Chapitre 236 sur 283 · Riant, Exuvûe sacra Constantinopolitaruey I, ccix · texte numérisé non relu

Riant, Exuvûe sacra Constantinopolitaruey I, ccix

2. [Ce mot existe en anc. fr. sous la forme estai}, estai ; c'est ainsi qu'on a eschif, eschiy eschieu : Ombrages iert et estais A Dieu servir, G. de Coinci dans Sainte- Palaye, au mot Estais; Estai/ le fistet ombrage, Calendre, dans Rom. Stud. III, 204; «/aï dans EusL le Moine, v. 206, etc. — G. P.]

« de saillir et lutter les brebis portières » (p. 1 52). C'est ici le lieu de remarquer qu'en Morvan, et sans doute ailleurs, luron, leuron a le sens de • bélier • (E. de Chambure, Gloss. du Morvan). Il reste à trouver si ce mot est originairement différent de larron, dérivé de lévrier ; voy. Cotgrave et Littré. Miellaz. c Car avec la rosée se mesle aulcunes fois brouillas ou miellaz,

• qui moult empirent les herbe* et les fueilles » (p. 103).

Plongbl. c Et mesmement ung des vens que Ton appelle plongbl, qui vient t de devers occident » (p. 99).

Pousset. f Chascun berger doit savoir que la longue demeure de plus de f quinze jours avec la mere souloie engendrer communément aux aigneaux une c maladie que Ton appelle le pousset » (p. 90).

Rebbabdbube. « Les entrailles que Ton appelle trippes, et la teste du mouc ton ou de la brebis que les gens de Picardie nomment rebbabdbube ou c demie rebbardeure (p. 34).

Solerre. c Le vent de solerre, que aulcuns appellent Nort, qui vient de c devers midy » (p. 100). Cotgrave interprète ce mot par the EasUwind.

Sonna illier. I) s'agit d'un mouton favori à qui on met au cou une sonnette pour le reconnaître : « pourquoy en Brie il est appelé le sonnaillibb, et en « aulcuns au 1 très pays est nommé clocleman (p. 57). 1 M. Littré n'a qu'un ex. tiré de Cotgrave. Cf. Trévoux, Clochbman.

Tiebceul, voy. gruis.

Tume. Contre la davelée (clavel, mot dont M. Littré n'a pas d'ex, ancien), c le berger doit cueillir, la veille de la nativité sainct Jehan Baptiste, une

• herbe, laquelle est appelée tume, aultrement juscarimb, ou henvbbonnb > (p. 140).

Je termine en exprimant le vœu qu'on nous donne bientôt une édition du Bon berger , publiée d'après la plus ancienne impression, et accompagnée de tous les secours nécessaires â la complète intelligence de cet intéressant petit livre.

La Comedia de Dant Allighier (de Florença) traslatada de riras vulgars toscans en rims vulgars cathalans per N' Andreu Febber (Siglo XV). Data 4 luz, acompaftada de ilustraciones critico-literarias, D. Cayetano Vidal y Valenciano, catedràtico en la Facultad de Filosofia y Letras de Barcelona, individuo de la Sociedad de Dantofilos de Alemania, etc. Tomo 1. El Poema. Barcelona, A. Verdaguer, 1878, in-8*, xxij-598 pp. et un fac-similé.

On connaissait depuis longtemps l'existence d'une traduction en vers catalans de la Divine Comédie par le poète Andreu Febrer. Ce n'est pas Perez Bayer, comme le dit M. Vidal, qui le premier l'a signalée : le marquis de Santillana, trois siècles plus tôt, en avait déjà parlé dans sa fameuse lettre au connétable de Portugal : c Mossen Febrer fiço obras notables, é algunos afirman aya c traydo el Dante de lengua florentina en catalan, non menguando punto en la

• orden del metrificar 0 consonar > ; mais c'est bien au savant continuateur de Nicolas Antonio que revient l'honneur d'avoir découvert le manuscrit de l'Escurial, le seul, probablement, qui nous reste aujourd'hui de cette œuvre importante du XV* siècle. Plus tard feu Cambouliu publia quelques strophes de la traduc-

Febrer, La Comedia de Dont Alighier, p. p. Vidal 45 5 tion de Febrer d'après une copie assez incorrecte du ms. de S. Laurent 4. Nous voici enfin pourvus d'une édition complète. D. Cayetano Vidal y Valenciano, connu déjà par diverses publications catalanes, a suivi le précepte d'Horace avant de nous livrer son travail. Il a longuement révisé sa transcription et réuni en même temps les matériaux nécessaires au commentaire critique de son auteur et à l'histoire de la littérature dantesque en Espagne. Aujourd'hui M. Vidal ne nous donne que le texte du poème avec des notes explicatives à la suite de chaque chant. Un second volume qu'il prépare contiendra une étude biographique et bibliographique, en particulier des recherches sur le texte italien qu'a suivi Febrer a, puis un glossaire des mots difficiles ou peu usités et des italianismes, et, pour finir, une revue critique des traducteurs, imitateurs et commentateurs espagnols de la Divine Comédie. Il est fort à désirer que ce second volume ne se fasse pas trop attendre, car je crois que la plupart des lecteurs de cette traduction ne pourront la bien comprendre et l'apprécier qu'en ayant sous les yeux le commentaire critique que l'éditeur nous fait espérer, commentaire d'autant plus indispensable que les courtes notes du premier volume ne suffisent nullement à lever les nombreuses obscurités et singularités de la version de Febrer. Le système suivi par M. Vidal dans sa transcription du ms. de l'Escurial est en général bien conçu : il a conservé la graphie de l'original, en substituant à Y s longue Y s courte ou finale, à Yff initial Yf simple et en écrivant v pour u f dans tous les cas où cette distinction est pratiquée par l'usage moderne. » Sur ce dernier point il y aurait cependant des réserves à faire. Quant aux apostrophes, je ne partage pas la manière de voir de l'éditeur, et surtout je ne puis admettre qu'on écrive, par exemple, Qu'ell sobiran Emperador au lieu de Queil, ou, à la rigueur, Que // , car c'est là consacrer une erreur, l'existence d'un article masculin el pour lo en catalan.

J'ai été déçu, je l'avoue, en lisant pour la première fois de longs passages de cette traduction si vantée. Littérairement parlant, c'est un ouvrage médiocre. Le style de Febrer n'a rien de personnel, ce n'est qu'un calque plus ou moins heureux, généralement exact 8, de la phrase italienne. La forme métrique est également reproduite : Febrer a traduit presque f non menguando punto en la orden del metrificar 0 consonar ■, comme dit le marquis de Santillana. Mais ici encore il a fait œuvre de copiste plutôt que de poète. Son vers bien souvent ne tient et ne se distingue de la prose que par l'accent de la dixième syllabe ; il semble n'avoir pas compris l'économie rhythmique de Yendecasillabo de Dante, et il n'a pas non plus suivi la règle catalane de l'accentuation constante de la quatrième et de la dixième syllabe. Ainsi dans le seul premier chant on trouve des vers ainsi construits :

(3) Que la dreta via era fallida

(12) Que la yera via abandoni

(24) Mira ïaygua perillosa é mol vada

(66) Ques que sies d' ombra 6 home cert,

1. Essai sur Phistoire de la littérature catalane, Paris, 1857, p. 40.

2. U faudrait déterminer aussi de quel commentaire U s'est servi.

j. Surtout quand le traducteur ne comprend pas, car il ne fait alors que catalaniser des mots italiens. Reste à savoir si le procédé est admissible.

où le rythme n'est marqué que par l'accent de la dixième syllabe. En somme, la traduction de Febrer a surtout une valeur linguistique. L'historien de la langue catalane y trouvera un certain nombre de mots rares, et beaucoup d'autres dont la forme ancienne ou certaines nuances de sens n'ont pas encore été enregistrées dans les dictionnaires. Les italianismes ne me semblent présenter qu'un médiocre intérêt, Febrer n'ayant pas réussi, malgré la réputation que lui valut cet ouvrage, à faire passer ces mots exotiques dans l'usage courant de la langue littéraire de son pays.

Ce n'est pas le moment d'entreprendre la critique grammaticale du texte de Febrer et de l'interprétation de son éditeur : il faut attendre, comme on dit vulgairement, que celui-ci ait vidé son sac ; mais il est bon de rappeler encore à M. Vidal que ses notes explicatives sont beaucoup trop sommaires. Je n'ai examiné avec une certaine attention que les trois premiers chants de V Enfer, et déjà dans ce court fragment j'ai trouvé bien des passages qui doivent être corrigés ou du moins notés comme obscurs ou incorrects. Je signalerai dans le premier chant les vers 41 à 43, que l'auteur me paraît avoir écrits sans comprendre l'original. Que signifie croya au vers 76? N'est-ce pas noya qu'il faut comme dans l'italien? Pour Ab dis, au v. 123, il faut certainement lire 4* cl la. Au chant II, v. 12, je lirais al ait passo m* api au lieu de al ait pas som afiu. Le v. 32, à ce qu'il semble, doit être rétabli No Enta w, ne sent Pau no 50/1, et le v. 36 Entan ho tu mils que io no'n rahon. Çà et là j'ai remarqué des négligences qu'il faudra faire disparaître dans un errata. Ainsi I, 25 enquer es pour enquêtes, 98 omptex pour omplex, II, 89 ad' altruy pour ad altruy. Un autre reproche que je dois faire à M. Vidal, c'est de n'avoir pas transcrit son manuscrit avec toute l'exactitude voulue. Je ne fonde, il est vrai, ma critique que sur le passage (Inf. XXV, 73-99) reproduit en fac-similé : il se peut que partout ailleurs M. V. ait bien lu «t bien copié, mais c'est trop déjà d'avoir laissé passer trois fautes dans ces quelques tercets. Au v. 91 le ms. porte cil, non pas e'I; au v. 99 poetant, non pas poetan; enfin, faute beaucoup plus grave, M. V. écrit le dernier mot du v. 80 jortyer, ce qui ne signifie rien, tandis que le ms. donne bartzer (cat. mod. barser), qui traduit très exactement l'italien siepe.

Je ne terminerai pas sans féliciter M. Vidal d'avoir heureusement accompli la première partie de sa tâche difficile : reste le commentaire, qui, je l'espère, ne laissera rien à désirer aux plus exigeants.

Alfred Morel-Fatio.

L'idiome niçois, ses origines, son passé, son état présent, par A.-L. Sardou. Nice; Paris, Champion, 1878. Gr. in-8°, 90 p. (Extrait des Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes.)

M. Sardou a écrit cette brochure pour montrer que l'idiome niçois appartient à la langue d'oc, ce qui n'est mis en doute par aucun homme compétent, et ne saurait être contesté sérieusement. Toutefois comme, les passions politiques aidant, on s'efforce parfois, avec plus de zèle que de bon sens, de rattacher le

Sardou, l'Idiome niçois 457 niçois aux dialectes italiens4, ii n'est pas inopportun d'établir, sans parti pris, par nne étude détaillée, les véritables caractères de ce langage. Pour atteindre pleinement le but, il ne suffit pas de montrer que le niçois est un dialecte de langue d'oc, ce qui est une vérité trop générale, il faut faire connattre en quoi il diffère de la langue d'oc parlée ailleurs. Il faut, en d'autres termes, en faire la grammaire. A cet égard la brochure de M. S. est loin de donner toute satisfaction. Elle contient beaucoup de matières étrangères au sujet, et il s'en faut de beaucoup que le sujet lui-même y soit traité à fond. Les pages 1 1 à 36, c'est-à-dire tout le premier chapitre intitulé « Première période (du VIIe au XIIe siècle), premiers documents en langue d'oc », et une partie du chapitre suivant, sont occupées par des morceaux appartenant en général (non pas toujours cependant) à la littérature provençale, mais n'ayant pour la plupart aucune connexion avec Nice. L'examen de ces morceaux, qui sont ici autant de hors-d'œuvre, donne une très médiocre idée des connaissances de l'auteur en philologie provençale. Il est visible qu'en dehors de Raynouard et de quelques publications plus ou moins arriérées, M. S. ne connaît rien de ce qui a été écrit sur la littérature de la France méridionale. Le premier texte cité est celui des serments de 842, qu'il cherche vainement à rattacher au provençal, et qu'il reproduit d'après Chevallet, comme le montre la fausse lecture vi er (à la fin du second serment), au lieu de iv er (leçon de Diez que je persiste à considérer comme la plus probable). Entre ces morceaux figurent les 1 2 premiers vers de Bolet où sont religieusement reproduites toutes les fautes de Raynouard, M. S. n'ayant point entendu dire, apparemment, que depuis 1817 ce poème a été l'objet de nombreux travaux, et que le texte a été amélioré par une collation nouvelle du ms. Plus loin est cité le début de la Nobia Leyczon, attribuée naturellement à l'an 1 100, M. S. étant profondément ignorant des travaux qui ont été publiés depuis Raynouard sur la poésie des vallées vaudoises 2. En voilà assez pour permettre au lecteur instruit de porter un jugement équitable sur cette première partie. Les pages 40-45 contiennent des notices extrêmement superficielles sur les poètes italiens qui ont composé en provençal. Encore ici il est visible que M. S. ne connaît ni les Leben uni Werke der Troubadours de Diez, ni les travaux des érudits italiens (Cavedoni, Bar toi i, etc). Aux pages 46-53 sont publiés et traduits des textes véritablement niçois, du XIVe et du XVe siècle, mais déjà connus. Ce qu'il y a de plus intéressant dans tout le travail de M. S., c'est le g intitulé « Deux livres en langue niçoise publiés en 1492 et 1493 » (p. 53-5). Les deux derniers chapitres : t État présent de l'idiome niçois, Réformes indispensables » et t Système rationnel d'orthographe niçoise », contiennent sans doute çà et là d'utiles remarques, mais présentées sans ordre et mêlées de bien des considérations étrangères au sujet, comme lorsque l'auteur insiste pendant trois pages sur les emprunts faits par l'italien ancien au provençal et traduit à ce propos plusieurs articles du livre de Nannucci, Voci e locuzioni it a liane derivate dalla lingua provenzale (Florence, 1840).

1 . Nous avons déjà rencontré cette tendance dans un livre italien dont nous avons rendu compte ici, V, 497.

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