II. ACOLZETRA, COZEDRA
i° Outre colcedra, cité par Diez comme appartenant au haut espagnol (Etym. Wœrt. }• édit., I, p. 1 $4), et que je n'ai pu encore retrouver, cette langue possédait certainement, dès le milieu du Xe siècle, les deux dérivés du bas latin culcitra inscrits en tête de cet article, et ayant tous deux le sens de « couette », « lit de plume ». Je rencontre acolzetra dans la donation d'une dame castillane, Dona Eyio, au célèbre monastère de San Pedro de Cardena, en date du 27 décembre 942 : « Spon-
tanea mihi accessit voluntas, ut traderem meipsam, vel propriam
substantia mea, lectum meum, genape, et acolzetra seu plumazo, pallio, et semas » (Berganza, Aatiguedades de Espana, esc. 31). La magnifique dotation de Saint-Sauveur de Lorenzana, en Galice, par le saint comte Osorio Gutierrez, me donne cozedra. Voici ce que je lis dans cet acte passé vingt-sept ans après le précédent (17 juin 969) : « alium peculiare « de liteyra et sex lectos cum tapetes... coudras, almuzallas, plu- « mazos », etc. [Esp. sagr., t. xvm, escr. 17, n. 7).
2° Le haut espagnol cozedra donna le diminutif cocedreta, écrit cocederta dans le Fuero viejo de Castilla : « Si algund judio tomare penos de « algund cristiano a logro, et los penos faeren como ropas de vestir 0 « cocedertas, 0 otras ropas » (lib. III, tit. V, 5). Cocedreta doit être, je crois, entendu ici dans le sens de « coussin » ou d' «oreiller».