‹ Romania (volume 4)Chapitre 281 sur 283 · Cette forme est usitée en ancien castillan · texte numérisé non relu

Cette forme est usitée en ancien castillan

COMPTESHUUrDUS

afectacion de iroitar este vido; en cambio no faltan qoienes escriban Popallan por Popayan, y â un guatemalteco le acharon que escribia oll por koy ! i À Buenos-Ayres on a été plus loin : non seulement // a passé à y, mais y a passé au son chuintant du français j (Maspero, p. 64) 4 . — Le passage de s â / aspiré, noté par M. C. dans quijo pour quiso, ne s'explique bien qoe par l'intermédiaire d'un x (= franç. ch) : on a dit quiso, puis quixo et enfin quijo. — La réduction de st à t (pueto = puesto, gato = gasto) s'observe aussi dans le langage de la conversation à Madrid. — On sait qu'aujourd'hui dans tout le domaine castillan le à final tombe : le bogotain est aussi avancé sur ce point que le castillan d'Europe ou des autres états d'Amérique. — L'échange entre les liquides r et /, n et / mérite à peine d'être signalé, tant le fait est commun. A Lima, d'après M. C, qui cite un couplet de romance, on substitue i à r final : amod (amor), caballtdo (caballero), queded (quercr). A Buenos-Ayres on dit rcclaracion pour déclaration; ruertorts pour désertons (Maspero, p. 62).

Genres. — La terminaison peut influer sur le genre d'un substantif, c'est ainsi que le bogotain dit un portion pour una portion. De même l'emploi de l'article cl pour la devant des substantifs féminins commençant par un a accentué fait attribuer à ces substantifs le genre masculin, par ex. mucho nombre pour mueha hambre.

Déclin a I80N. — Addition d'une s à des indéclinables : las onces mis onces, miles trabajos, miles dificultades, los inclusives, avesmarias. — Le pluriel pieses suppose un singulier pies (pour pii), qui n'a jamais pu exister. — Les adjectifs à deux terminaisons s'assimilent ceux qui ne devraient en avoir qu'une : M. C. cite serviciala, fém. de servicial ; seglara, fém. de seglar.

Conjugaison. — D'abord quelques archaïsmes, qui ne méritent pas les censures de M. C. : doldrà, futur de dolcr, au lieu du moderne dotera, c'est une bonne forme, très usitée dans l'ancien castillan ; andô, andara pour andtm, anduviera sont également autorisés par la vieille langue ; nous en dirons autant de haiga, huiga pour haya, huya. — M. C. cite ensuite deux formations nouvelles bien curieuses : i, 2e pers. sing. de l'impératif formée sur la 2* pers. du pluriel id ou sur l'infinitif ir ; ereis, 20 pers. plur. du présent de ser (pour sois), formée sur la 2* pers. du singulier ères. — Dans les parfaits cantaste, dijiste, cediste le bogotain ne sent plus la seconde personne du singulier, aussi leur ajoute-t-il la caractéristique habituelle de cette personne, il dit : contestes, etc. ; dans sientense l'agglutination du pronom avec le verbe est si complète que le bogotain croit avoir affaire, non pas à un composé, mais à une forme verbale simple, forme qui ne le satisfait pas, car il lui manque \'n du pluriel, c'est pourquoi il l'ajoute : sientensen ; et cet n apparaît aussi dans les composés du pronom et de la troisième personne du singulier : hdgemen, digalen. Il en serait de même en Espagne, d'après M. Hartzenbusch 8 : t Sientesen 6 vdyasen, cualquier

1 . M. Maspero fait tort aux Espagnols lorsqu'il dit : c Ll a pris comme en Espagne le son v. » Une bonne partie du domaine castillan d'Europe est restée jusqu'ici fidèle à / mouillée.

2. Le lunch qu'on fait à onze heures. M. C. dit à ce propos : c Hay quien créa que se alude en esta expresion al aguardicntc, por las once letras de su nombre, t II fallait ajouter que cette opinion (de M. Sbarbi) est parfaitement absurde.

Lettre adressée à M. Cuervo et imprimée par ce dernier p. zxvij et suiv. de son prologue.

Cuervo, Apuntaciones critieas sobre A lenguage bogotano 623

honrado labriego ïo dice muy grave ; y alguna vez he advertido esa n anadida à un infinitivo referente â un sustantivo plural, diciendo al irsen cllos, en vez de al irse. t — Voici quelques autres singularités : vas pour vayas : no vas alla ; deque, 3« pers. subj. formée sur data (= da acd) ; entretiéneme impératif de entretener au lieu de entretenme, etc.

Dérivation et mots composés. — M. C. est trop sévère pour des dérivés tels que pueblada, tumulte populaire (de pueblo), suelazo, coup qu'on se donne en tombant par terre (de siulo), auxquels nous ne trouvons rien à reprendre. Il voudrait qu'on dît poblada ; mais il existe en castillan beaucoup de dérivés qui conservent l'accentuation du simple ; en vieillissant la langue a perdu de sa sensibilité, les formes se sont cristallisées, et un mot simple en s'a I longeant d'une syllabe n'est plus capable de modifier la forme que lui avait donnée l'accentuation primitive. — L'expression mal haya est devenue un mot composé équivalant à maldito : malhaya sea mi padre Adan ! En Espagne aussi un poète contemporain, qui jouit actuellement d'une grande réputation, D. Gaspar Nuftez de Arce, a dit : c Malhaya sea mi memoria. 1

Syntaxb. — Surtout des fautes d'accord. M. C. nous cite ces belles paroles d'un président de la République : c Los servicios que vos y vuestros companeros han prestado â la Nacion. • 11 est clair que ce président devait dire « habeis prestado, » ou substituer à vos et vuestros les mots Su SeHoria et sus. — Dans d'autres phrases, telles que : c Yo no le tengo miedo â las balas9 le dice & todos que vcngan, » on peut se demander si l'on n'a pas affaire plutôt à un accident de phonétique, à la suppression d'une s, qu'à une substitution voulue du singulier du pronom au pluriel. — c Se le veia siempre en los hospitales, » en parlant d'une femme, est une faute qui a sa source dans la construction propre au castillan du régime personnel des verbes actifs : dans c se veia â esta mujer siempre en los hospitales, » le bogotain croit voir un datif au lieu d'un accusatif, et en remplaçant le nom de la personne par le pronom, il écrit en conséquence le au lieu de la. — Voici des idiotismes plus curieux et tout à fait contraires à la syntaxe castillane : c Yo soy es Pérez, llegué fui ayer , ya hablaba era de usted, él quiere es frutas. t — c Panuelos seda, sombreros paja » sont des gallicismes (comp. franç. toile pur fit).

Vocabulaire. — Comparé au castillan d'Europe, le bogotain est plus archaïque, il a conservé bien des mots de la langue des conquistadores auxquels l'espagnol a renoncé ; d'autre part il s'est enrichi d'une ample collection de mots nouveaux, soit en déformant ou en développant par le procédé de la dérivation des racines castillanes, soit en exploitant les langues indigènes. M. C. a dressé deux listes, l'une de mots dérivés de racines castillanes et qui ne sont pas castillans, l'autre de mots empruntés aux idiomes indigènes ou de formation arbitraire (onomatopées, etc.) ; il a signalé aussi quelques mots pris au français et qui ont subi d'étranges déformations : ran contan (argent comptant), plus-café (pousse-café), etc. — Il y a des cas plus intéressants : nous citerons, par exemple, le néologisme yo menesto dérivé de l'impersonnel es mencstcr, ou le développement du sens de sendos (singulos), qui a perdu et sa valeur distributive et la signification quelques, qu'il a parfois en castillan pour devenir Péquiva-

1. Quoi qu'en dise M. C, qui n'admet que le sens uno cada uno.

lent de grande, descomunal, repctido. — Prestar, à côté de l'acception seule admise en castillan, prittr, a pris celle d'emprunter.

Par les extraits que nous venons de donner des observations critiques de M. C, le lecteur peut se rendre compte de la valeur et de l'intérêt de ce travail si méritoire. Le savant bogotain a des connaissances philologiques étendues et solides, qui lui font d'autant plus d'honneur qu'il lui a fallu beaucoup de temps et de grands efforts pour les acquérir ; il connaît à fond aussi sa langue classique, comme on peut le voir par les exemples qu'il cite à l'appui de ses critiques. Peut-être se montre-t-il ça et la un peu trop puriste, mais il est bien permis à un grammairien de s'opposer à l'invasion de barbarismes qui détériorent la langue. Comme son confrère chilien Bello, M. Cuervo défend avec chaleur l'unité de la langue castillane, il ne veut pas de particularisme : aucune nation hispano-américaine n'a le droit, dit-il, d'imposer aux autres ses idiotismes ou ses variantes dialectales. Ainsi, au point de vue de la langue, les Américains ne se sont pas encore séparés de la mère patrie, ils restent soumis à l'Académie de Madrid et accueillent ses décisions avec une déférence qu'on ne trouve pas toujours dans les livres écrits en Espagne.

Alfred Morkl-Fatio.

I. — Zeitschbift fûb romanische Philoloqie, III, 2. — P. 161, Varnhagcn, Le c en ancien normand. M. V. commence une série d'études surtout paléographiques pour résoudre la question soulevée par M. Joret relativement à la prononciation du c en c ancien normand ». Il examine ici le Psautier de Montebourg, où, comme on sait, le c porte des signes diacritiques qui marquent évidemment des différences de prononciation. De cet examen très soigneux il résulte que c devant a latin a pris dans le Ps. M. un son « palatal », qui est sinon tch, au moins un acheminement vers tch, que l'a ait d'ailleurs persisté en français (carrum), se soit changé en o (causa), en e (capillus) ou en ic (caput). Devant ey i, le c a le son ts. Le son provenant de / placé après p (sapiat,rcpropiat, propianus, krippia) semble avoir été te .et non tch, ce qui paraît bizarre, mais ce qui s'accorde avec le fait observé dans beaucoup de textes au moins pour le mot sace, que Ton voit rimer p. ex. avec face de jaciat. M. V. joint à son travail des remarques sur la valeur graphique primitive de l'A après c (g) : elle était simplement destinée, je le crois aussi, à marquer que le c (g) n'avait pas son son normal, c'est-à-dire celui de k devant a, o, u, celui de ts devant e, i : c'était au lecteur à déterminer le son à lui attribuer; ainsi chose signifiait qu'il ne fallait pas prononcer kose, chi qu'il ne fallait pas prononcer tsi; en fait on prononçait tchose (ou approchant), ki. Ce qui est à la fin de la note p. 165 ne me parait pas clair. — P. 1 78, Tobler, Une collection de poésies de Fra Jacopone da Todi (suite ; voy. Zeitschr. II, 25; Rom. VII, 465). — P. 193, Coelho, Romances populares e rimas infantis portuguezes (suite). — P. 201, Reinsch, Les Joies Notre Dame de Guillaume le Clerc de Normandie. Des cinq poèmes qui peuvent seuls avec certitude être attribués à cet auteur, le Besant de Dieu, le Bestiaire divin, les Joies de Notre Dame, les Trois Mots de l' bique de Lincoln et Tobit, les deux premiers seuls sont publiés (le second fort mal). M. Reinsch promet d'imprimer bientôt le dernier et imprime ici les deux autres. Il les fait précéder de remarques qui attestent de la lecture et des connaissances bibliographiques. Le dialecte de Guillaume n'est pas anglo-normand, bien qu'il ait sans doute visité l'Angleterre, comme beaucoup de clercs normands; les preuves alléguées par M. R. (p. 202) sont erronées : cl pour ele se trouve sur tout le territoire français (Diez, trad. fr., II, 96); icel pour icele n'est pas dans Guillaume : aux v. 429 et 841 il faut lire cele. Les rimes inexactes attribuées à notre poète (p. 201) ne sont pas de lui ; au v. 617 1. dont, au v. 893 fust; plusors 985 est une faute pour pluros. Les vers trop courts devaient être corrigés et peuvent l'être sans peine. Voici des RomaniayVllI aq

remarques sur le texte des deux poèmes. I 10 Mes la ou li verts solail raie, éd. saris y 1. veirs. — II faut deux points après 14, un après 15 et une virgule après 16. — 46 aj. rien. — 49 au lieu de rets, aj. deus. — 158 II est inutile de lire recreu; receu convient très bien ; je ne connais pas recroire comme intransitif, si ce n'est dans un sens tout particulier qu'il ne peut avoir ici. — 70 les murs d'areine bis, M. R. lit arein, à tort; la locution est bien connue. — Mettez une virg. après les v. 73 et 74. — 74 1. sembler, ou plutôt 1. veit au v. 70 et puet au v. 74. — 111 Ms. les autres qui esteiens pas, éd. qui n'est tient pas, correction inacceptable (il faut ajouter une virgule après ce vers et supprimer celle du v. 1 1 2), mais je ne vois pas la bonne leçon. — Après 1 16 deux points. — 130 //, leçon fort bonne, mal à propos corrigée en il. — 1 50 Lors dist aucun : A mon ans Doriques } etc.; ponctuez ainsi. — 1 59 aj. mult av. bon. — 235 1. la ou. — 248 I. onques, proposé par M. R. — 273 1. E si tost. — 302-3, point et virgule après avenues, virg. après Messies. — 3 17 aj. qui. — 355 virg. après parât, 359 point d'interr. après devant. — 374 et 435 l'i, I. li — 410 aj. la. — 430 deux points au lieu de ? — 456 prophète, 1. prophétie. — 466 aj. la. — 470 vis, l. jus.-— 487 aj. qui. — $09 la, 1. sa. — 515 Hors, M. R. corrige alors; Hors non seulement est bon (voy. Comput, 200$, etc.), mais est probablement la forme primitive de alors, qui en vient comme aluec de iluec. — Le v. 528 si tost corne il l'ont guerpi, n'est pas trop court, si, comme on a peut-être le droit de le conclure de plusieurs exemples, Ye de corne ne s'élidait pas nécessairement. — 587 ms. test, éd. cm, 1. ceste. — 603 ne il, corrigé à tort en s* il. — 615 suppr. la virg. après Deus. — 65 3 asovore, 1. asavore. — 669 Qu'om, I. Qu'onc. — 718 Quant les foies retornerent, M. R. aj. s'en; c'est plutôt Quant qui est fautif. — 720 il, 1. 1. — 759 ms. suens, éd. siens à cause de la rime Mtc biens, mais* il faut au contraire buens. — 762 Qui le nurri e aleita, éd. l'aleita, inutile. — 763 quil, 1. qu'il. — 775 tantievre, forme intéressante, qu'il ne fout pas corriger en antienne. — 807 S'i, 1. Si — Les v. 836-7 ne sont pas clairs, mais en tout cas pra n'est pas c prai de praier = praedari ». — 855-65 // l'aime tant que jeo quil mie Qui il ja de rien FescundU ; M. R. change sans raison Tordre des mots du second vers ; en revanche au premier il fout ne pour jeo. — 868-70 Ele plaide por nus nos plaiz : E puis fine pur la merci Avons nus, bone dame, ici. Cette ponctuation montre que M. R. n'a rien compris à ces vers : I. Ele plaide por nus nos plaiz, E puis fine pur la merci : Avons nus bone dame ici? — 907 ms. Enueit, éd. Enveeit, 1. Enveiet. — 942 Le jonc sans non (!), 1. sans nou. — 943 Que, 1. Qui. — 944 le, pourquoi corr. se? — 955 prente, c.-à-d. priente, est le part, de premere, et n'a rien à faire avec prévu . — 989 I. beneeite. — Dans tout ce morceau les fautes de ponctuation sont nombreuses et graves, je ne les relève pas; 1. seulement Deus ! au v. 992. — 1057 et 1070 il iaut vostre au lieu de nostre. — Après toute jur v. 1074 M. R. met un sic, et un (!) après est au v. 1076 E tele nore est quites clamez ; il montre simplement par là qu'il n'a aucune habitude de l'ancien français. — II 14 ne, 1. rti, 1 5 ele, 1. ese. — 34 Ceo, 1. Cele. — 46 aese, 1. a ese. — 53 en orgoilli, I. emgoilli. — 101 I. parmorir. — 123, 161, 424 I. deraain. — 193-$ 1. suie, essuie, levé. — Après 236 l'éditeur admet avec vraisemblance une lacune. — 252-3 1. Crapouz colovres c serpenz Une trop grande infinité. — 264 Que, 1. Se. — 273 veum, 1. veium. — 281 feit, 1. seit. — 286 Asis, homes, de maies bestts, 1. Asis

somes de m. b. — Les vers 287-8 doivent être mis entre guillemets, et il faut une virg. après di. — 310 aj. li av. fait? — 317 eschascier, 1. tscUrcUr? — 320 lune, 1. lutte. — 322 Ne, I. Na. — 330 aj. sus av. en. — 335 1. Qui si le défait. — 365 I. corne, qui ferait le vers juste (voy. la rem. sur 528). — 373 1. ne ne s'i enlace. — 383 1. E i avon. — 449-50 1. E savez quele porveance? Confession e repentanee. Pas de lacune. — 457 aveite, 1. a feitc. — 468 a seiy 1. a s car. — 470 N'en, 1. Nen. — 478 aj. tant. On voit par ces observations trop nombreuses (et encore n'ai-je pas comparé le manuscrit) que M. R. a beaucoup à apprendre pour être en état de publier correctement de l'ancien français. Il fera bien de se donner une préparation sérieuse avant de songer à une édition des œuvres d'Herman de Valenciennes, si c'est lui qui est Péditeur annoncé p. 206. Il y a peu de tâches aussi intéressantes et qui méritent autant d'être remplies que celle-là ; mais il serait très fâcheux qu'elle fût mal exécutée.

Mélanges. I. Histoire littéraire, 1. 232. Gaspary, les Cinque Canti de VArioste devaient originairement trouver place dans YOrlando même, après XLVI, 68. — P. 233, Stengel, le Mystère des Vierges sages et folles. M. St. suppose que la partie romane de ce texte n'est qu'une traduction du latin correspondant, et que des deux textes nous n'avons que des fragments. Il propose ensuite, d'ailleurs avec réserve, une restitution française des vers romans qui prête a la critique de beaucoup de façons. Je ferai observer que le mélange de rimes en i et ié, qui l'empêche seul de regarder ce petit texte comme de langue d'oïl, n'est nullement un obstacle. Dans plusieurs monuments fort anciens du centre ou de l'ouest méridional, région à laquelle appartient sûrement le mystère, la distinction de i et U n'est pas observée ; il suffit de citer YÊpttre farcie sur S. Étienne. — II. Manuscrits. P: 237, Vollmœller, les Obras satiricas de Vdlamediana dans le ms. du Brit. Mus. Lansd. 735. — III. Textes. P. 241, Mussafia, le ms. fr. IV de S. Marc ; quelques corrections à l'éd. Kœlbing du Roland, dont M. M. constate d'ailleurs l'exactitude. — P. 242, Fœrster, Révision du texte de Richart le Biel sur le ms. de Turin, d'après lequel M. F. l'a publié. — IV. Corrections. P. 244, Mussafia, sur Guillaume de Païenne éd. Michelant ; longue liste de corrections et de conjectures, tontes intéressantes et à peu près toutes certaines. C'est par distraction qu'au v. 595 1 : Arme nule nel puet garir Qu'il ne le fende ou colt par mi, M. M. voit dans colt le lat. collum, fr. col; colt est le subj. de colper. Il n'y a pas besoin de tirer moitié de moitiie pour admettre cette forme; M. Tobler, dans l'article auquel renvoie M. M., ne conteste nullement l'existence de la forme moitié, mais l'explication qu'on en proposait. Sur le nominatif employé dans l'apposition à un subst. au cas-régime, voy. Rom. VII 620. Les vers 1686-88 me paraissent clairs : Alexandrine dit à Melior : c Si vous n'acceptez pas Guillaume pour ami, Ne quit que voie demain vespre » ; le poète ajoute : Mais ja ne cuiàe veoir tant Cele, se lues ne li otrie Que ja de lui (= Ici) face s'amic, c'est-à-dire : c Mais elle de son côté ne pense pas pouvoir vivre même aussi longtemps si elle ne lui accorde pas ce qu'il demande. 1 V. 277 j Sfele s'em part est bon et signifie : c Si elle s'en sépare. > — P. 256, Mussafia, sur les v. 240», 455, 3860 du Roland ; il lit : De voz barons or li

enveiez un, Lui doûsez escolter e oirf e sunt acumingiet. — P. 257, Mussafia,

sur Aiol 7644-5, 8186, por le secor aidier, I. por le sien cors aidier (cf. 771 $) ;

fcnti, I. feeuti. — P. 257, Gaspary, sur l'expression Vattel' a pesca : pesca est ici un impératif, appelé par l'idée générale, an lieu de l'infinitif qu'exigerait la syntaxe; M. G. montre ainsi que rosseggia dans le vers du Pur g. II, 14, ne peut être un infinitif, et qu'il faut lire Ed ecco quai sul (et non saol avec Scartazzini) presso del mattino Per li grossi vapor Marte rosseggia. — V. Etymologie. P. 259, Fœrster, Étymologies romanes : l'auteur se propose non seulement de donner de nouvelles étymologies, mais de montrer la fausseté d'étymologies reçues ou de rappeler de bonnes étymologies négligées. I. It. menzogna, sûrement de mentitionea, comme le fr. mençonge, mençoigne. — 2. It. rûvido, non de ruidus, mais de rugidas ; la formation (de ruga) parait douteuse, et les analogies du g devenant gu, gv, puis v (très admissible pour rogare, roguare, rovare) ne paraissent pas acceptables ici, ce phénomène n'ayant lieu que devant 0, u et rarement a ;fulvido de fulgidus est influencé par fulvus (Diez). — 3. Fr. moite; M. F. met hors de doute la dérivation de muccidus (pour maeidas).

— 4. V. fr. roiste, différent de ruiste et de roit; identique au pr. raust, au catal. rôst. — 5. Fr. ornière. L'anc. fr. a ordiere, ornière y ormiere; le premier serait orbitaria, et le second identique au troisième, qui viendrait de orme = it. orma. Cela est peut-être admissible pour ormiere, mais pourquoi en tirer ornière, au lieu de le rattacher â l'anc. fr. orne, qui convient si bien? Orne est une des deux formes qu'a prises le mot plus ancien ordeney l'autre est ordre. Je tirerais ordiere de ord(r)iere ou ord(n)ieret car or bit a est inconnu à toutes les langues romanes. Le wall. ourbire peut difficilement venir de orbitaria, où le b serait tombé; j'y verrais une altération de ormiere. — 6. Fr. fléchir; il est clair qu'D ne peut venir de flectere. M. F. tire fleschir de flexus, mais comment expliquer le eh* Je pense que M. Scheler a parfaitement raison de reconnaître dans S. Êloi (92 b) : Genous flèches, enclin le chief, un adj. fle[s]che. Flesche vient de fleschier (= fltxare) comme lasche de laschier (Rom. VIII 448). On aurait ensuite tiré fleschir de flesche. Sur fleschier, voy. Gachet, le Brut de Munich, etc. — 7. Fr. hïre (pauvre); M. F. y reconnaît l'anc. fr. fém. here; pauvre hïre serait proprement c triste figure. 1 La locution n'est pas ancienne, et il paraît plus vraisemblable de la rattacher, comme on le fait d'habitude, à l'ail, herr, par dénigrement

— 8. Fr. son. M. F. rappelle avec raison que la forme seonnum dans Du Cange écarte l'étymologie summum. Il n'en propose pas d'autre. Je crois reconnaître notre mot son, seon, qui aurait été plus anciennement sedon, dans ce passage de la première lettre de Frodebert à Importunus, où il s'agit de mauvais pain : Fecimus inde commentum, Si domnus imbolat formentum; je lis Sidomnus : « le son vole le blé, il y a plus de son que de blé », en anc. fr. : Fesimes ent comment, Sedons emblet forment. La terminaison -omnus n'a pas de valeur ; elle s'explique par l'influence de domnus ; mais quel est le vrai suffixe? Pour le thème, on peut songer aux mots latins, dérivés du grec, sitona (Ulpien) c préposé à l'achat des blés », sitonia « fonctions du sitona », sitonium (Grég. le Gr.) c grenier public ». Mais plus probablement le mot se rattache â seta, qui a donné le gr. mod. ofroc, <t(toc c tamis », et de nombreux mots slaves et roumains (voy. De Cihac II 345). En français il n'est représenté que par soi dérivé setaceum, qu'on trouve en bas-latin écrit sidacium. Sedon, seon serait alors synonyme de c criblure » ; cf. roum. zàsite, c recoupe ». Toutefois l'identité

de sidomnus et seon n'est pas assurée, et il est possible aussi que seon, comme le pense Littré, se rattache au lat. secundum. — 9. L'anc. fr. tarier, étant trisyllabique (il rime avec marier), ne peut venir du néerl. targen, comme le veut Diez. — 10. Fr. charade, rattaché à Fane. fr. charaude (aussi charaie9 charaetc, car acte y etc.) du bas-Iat. charaeta pour xap^xTtjp, proprement • formule magique. 1» L'étymologie, déjà suggérée par M. C. Hofmann et ici fort savamment appuyée, serait plausible : i° si on avait des exemples de charade pour charaude; 2' si on expliquait comment charaude a changé en français propre son au en a ou est venu au français d'un dialecte; 3* si on trouvait des preuves de la transition du sens; le mot charade ne parait pas plus ancien que la fin du XVII* siècle : d'où sortaitil ? Il faudrait tenir plus de compte que ne le fait M. F. de l'origine méridionale mentionnée par Littré. — 1 1 . It. accia, fr. hache , etc. , ne viennent pas de l'ail . haccan, mais de l'anc. h. ail. happd pour hapjâ. — 1 2. Ital. arcigno vient bien du fr. rechin, mais celui-ci n'a rien à faire avec riche (Diez) ; il vient de reschignier reskignier, « grincer des dents », composé de eskignier, tiré de l'anc. h. ail. ktnan, m. s. (cf. Jahrb. VIII, 82, chinur = gannio). Le raisonnement est fort bon ; j'avoue seulement que jusqu'ici les exemples allégués du changement de ki ail. en chi fr. me paraissent douteux ; c'est un point qu'il faudrait éclaircir. — 2. P. 26. Ulrich, Verbes allemands en roman ; explique par des verbes allemands formés avec le suff. -anjan les verbes romans sparagnare, caragnare, lorgner, guadagnare, bargagnare} magagnare, esp. bornear (= fr. borgnier d'où borgne) : à prendre en sérieuse considération. — 3 . P. 266, Ulrich, fr. accoutrer , rattaché à culcitra (?). — P. 267, Mussafia, anc. fr. cateron {de la mamclc, cf. Rom. VIII, 293), rattaché à caput. — 5. P. 267, Mussafia, Sur mien de meum ; fait remarquer avec raison que le peu d'antiquité du fém. mienne parle pour cette dérivation. — VI. Grammaire. P. 267, Mussafia, Sur les part. pass. en -ect et -est. M. M. rappelle qu'il a il y a longtemps rapproché tollectus (qui existe aussi en italien , v. fr. toleit) de collectus, mais est porté à expliquer les autres part. pass. en -cit (caeit, foeity etc.) plutôt par l'influence de benedictus (voy. Rom. VIII 448). A propos d*amonestert moneste (voy. Diez s. v. amonestar)y M. M. discute les explications de MM. Ulrich et Ascoli pour les participes en -est; il donne la préférence à la seconde, mais il n'ose rattacher sûrement amonestar à un part, monest. — VIII. Vocabulaire. P. 270, Mussafia, le v. it. ricentare signifie c rafraîchir » et se rattache au lat. récente, étymologie du v. fr. roisant (Rom. IV, 480). Je suis tout à fait d'accord aujourd'hui avec mon savant ami pour ne pas attribuer voisin de vîrîm» à l'influence de vice ; mais je ne crois pas non plus qu'il y ait exactement dissimilation de *-i en e-i ; voici la règle que je crois avoir trouvée pour le traitement de l'ï atone à la 1" syllabe : il persiste régulièrement, mais il se change en t, devenu en fr. e, quand la syllabe accentuée immédiatement suivante a pour voyelle un autre t : divisât-devise, divïnat-dcvine, dixisti-desis, ftnïrc-fenir, pttfittus- petit 9 spvxtus (bas-latin) -esperit, vietnus-veisin (cf. vte(t)nato-visne)y vtfkulavcillCt pttuUa-pep'u. Les deux formes existent souvent l'une à côté de l'autre, et alors celle qui a un i est la plus ancienne (à moins que, comme dans finir, Yi n'ait été restauré par analogie avec d'autres formes) ; ainsi à côté de veille on a viille (Rom. III 160, IV 1 5 5>, espirit à côté d'«/wtf, pipk à côté de pepu, pitit à côté de petit.

6jO PÉRIODIQUES

Comptes-Rendus. P. 272, Dos obras diddcticas y dos legtndas, publiées pour la société des Bibliophiles espagnols (par M. Knust; les deux légendes sont celles de S. Eustache et celle de Guillaume d'Angleterre, fidèlement traduites dn poème français de Chrétien, qui n'est pas Chrétien de Troyes, voy. Rom. VIII, 3 1 5 ; M. Kœhler fait sur ces textes de précieuses remarques). — P. 277, Dante Allighieri's Gœttlichc Komcedic, ûbersetzt und erUutert von Bartsch (long et favorable article de M. Pfleiderer). — P. 289, Darmesteter et Hatzfeld, Le seizième sikle en France (M. Ulbrich rend pleine justice à la valeur de ce livre, et présente plusieurs remarques additionnelles sur la grammaire; signalons surtout la liste supplémentaire des mots qui ont changé de genre). — P. 304, Romama, n° 29. M. Mail présente d'intéressantes observations sur les lais inédits que j'ai publiés, et me fait remarquer, avec toute raison, qu'en disant (p. 39) : c M. Mail, si je ne me trompe, est maintenant d'avis que Marie de France est plus ancienne que Guillaume deDampierre », j'ai oublié qu'il avait formellement exprimé cette opinion (Ztschr. 1, 356) et que j'en avais pris acte (Rom. VI, 627). Il voudra bien me pardonner un de ces lapsus auquels ma mémoire devient trop sujette; cela tient à ce que mon opinion personnelle sur ce point était faite il y a déjà longtemps. M. Tobler fait quelques corrections aux Miracles provençaux de M. Ulrich. M. Grœber propose des corrections métriques aux chansons françaises de M. Stickney, s'occupe de disner (je reviendrai sur ce mot dans un prochain article), ajoute quelques exemples français de t t final non étymologique • à ceux qu'a donnés P. Meyer et pour le provençal C. Chabaneau, et conteste à ce dernier la leçon gauzignaus dans Marcabrun. — P. 308, Romama, n* 30, M. Bartsch annonce pour le prochain cahier une réfutation de l'article de H. d'Arbois de Jubainville sur la versification irlandaise, mais trouve qu'il ne peut attendre aussi longtemps pour exprimer les gracieuses idées que voici : • M. d'Arbois de Jubainville n'entend rien à la métrique, et aussi peu à la celtique qu'à la française, bien qu'il soit Français de naissance. Dans mon article je répondrai aussi aux objections de G. Paris, que j'aurais passées sous silence, parce qu'elle me semblaient trop insignifiantes, si sa note à la fin de l'article de son collaborateur ne me contraignait à parler. » Voilà un début qui ne promet pas poires molles, comme dit M. Tibaudier. Attendons. M. Stengel ajoute quelques notes au compte-rendu de l'article de P. Meyer sur c l'imparfait du subjonctif en -es en provençal ». M. Tobler dit avec raison, à propos de la Vu saint Alexi : « L'éditeur s'est, à ce qu'il me semble, laissé induire par son habitude du français moderne à imprimer une forme qui, si le poème est bien au plus tard, et je le crois volontiers, de la première moitié du XIIIe siède, ne peut y être acceptée : v. 260 Nus n'a por or ne por argent D'ele trêves ne tenstment, et v. 290 A tant d'ele par nuit se part. ». Il est parfaitement vrai que elt comme cas oblique ne se trouve pas avant le XIV* siècle; il faut ici de U, fbrae qui est bien d'accord avec la graphie de ce poème. Le même savant fait diverses corrections au texte de Terramagnino ; la plus importante consiste à lire v. 185 Cell qui fes l'acort (cf. v. 4) au lieu de la cort, ce qui fait tomber la remarque de Meyer sur ce vers. M. Tobler veut bien m'attribuer l'amicale attention de ne rien lui laisser dire à quoi on puisse Caire la plus légère objection; il est vrai qu'il m'a habitué à ne lui voir rien dire que de certain. Il veut que son expli-

cation du passage é'Aucàssin, XXIV, 4, où il change nouer en naier rentre dans cette catégorie; je ne puis partager son avis; j'ai (fit (Rom. VIII, 293) que son explication me paraissait peu claire ; maintenant qu'il l'explique, elle me paraît clairement erronée. Il cite quatre exemples de Gautier de Coinci où on voit que le mot naic est à peu près synonyme de f charpie », et qu'on employait de la naic à sécher les plaies ; le même sens est dans Renaît. Le verbe naier ne lui est connu que dans un passage : De toits parz est plus naiez Que viez tonel a mahrcs fonz; il s'agit d'un malade (toujours dans G. de Coinci), c mais la comparaison montre que l'expression était aussi applicable à un mauvais tonneau », et, par conséquent, je suppose que naie peut vouloir dire c pièce, morceau ». Mais ce n'est pas c l'expression » qui était applicable à un tonneau, c'était la chose même; on se servait de nuits pour clore hermétiquement un tonneau ; c'est ce qui ressort d'un autre passage où le verbe naier est employé, mais où il n'a généralement pas été compris, et a par là échappé aux recherches de M. Tobler. C'est dans Joinville (éd. Didot, § 1 25) : Et puis reelost l'en la porte et l'emboucha l'on bien, aussi comme l'on naye un tonnel, où j'ai eu tort de proposer corne [quant] on naic, comprenant alors avec M. de Wailly (bien que Va m'étonnât) naic comme « noie ». Naier veut dire « calfeutrer ». Sur ce que c'est, en Champagne, en Bourgogne et ailleurs, encore aujourd'hui que nayer (ou naiger) un tonneau, sur ce que veulent dire les mots nay, nayette, et notamment naye € bande de linge roulée autour du jable des vieux tonneaux », M. T. lira avec fruit l'article naiger du Glossaire du Monan (où le passage de Joinville est correctement expliqué). Naier en anc. fr. veut donc dire c boucher, calfeutrer avec une naic ». Ce sens se prête-t-il au passage d'Âucassin? [Les ronces et les espines] H dcsronpent ses dras, qu'a paines peust on naier (ms. nouer) desus cl plus entier. J'en doute fort, et je ne crois pas qu'un dernier passage de G. de Coinci, allégué par M. T., emporte la balance en sa faveur : Tiex eust certes povres braies, Tiex fu cinceus e plains de naics... Qui traîne pelice grise. Naic veut dire « charpie » et aussi c chiffon, vieux linge », ce qui est le sens de cince en anc. fr., mais il n'en résulte nullement que naier signifie c mettre une pièce ». Etre plein de naics, ce n'est pas être plein de pièces, mais de haillons, c'est-à-dire exactement le contraire. M. Tobler me parait au contraire avoir rencontré juste en tirant carestia, non de "carestus avec M. Uhlrich, mais de acharistia. M. Grœber révoque en doute, sans grande raison à ce qu'il me semble, l'origine auvergnate du texte publié par MM. Thomas et Cohendy, — fait des objections sérieuses, mais non rédhibitoires, à mon étymologie de sancier, — rapporte, d'après une communication de M. Fœrster, le fragment inconnu publié p. 266 à Cligïs, — et ne se prononce pas définitivement sur l'article de M. Clédat relatif au serventois Bem platz. M. Kœhler joint d'utiles remarques aux Contes, etc. publiés par M. H. Carnoy. — P. 316. Revue des langues romanes, n* 5-10 (Grœber).

A la fin du n° on trouve une réponse de M. Fœrster à M. Stengel, toujours sur la question capitale de savoir quelle était en 1875 l'opinion de M. Léon Gautier sur la classification des manuscrits du Roland. Les deux professeurs allemands mettent l'un après l'autre M. Gautier en demeure de répondre c tout de suite » et « par oui ou par non » aux questions qu'ils lui posent ; lui, qui ne sait pas au juste ce qu'on lui veut, répond de son mieux à chacun, et

chacun triomphe de la réponse. M. Fœrster accuse du reste M. Stengel de loi chercher c une querelle d'Allemand i. C'est d'un comique achevé. Au fond, il parait évident que M. Fœrster et M. Stengel ont conçu indépendamment Ton de l'autre leur classification des mss. du Roland, que M. Gautier ne s'était jamais posé la question avec la précision qu'ils y ont apportée, et que M. Fœrster s'est avisé de le faire intervenir, comme premier auteur de l'hypothèse Stengel- Fœrster, pour faire pièce à son collègue de Marbourg.

IL — Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie, t. IX, 1. — P. 174-187. Le Héricher, Ebauche d'une néréide populaire de Normandie; recueil intéressant, mais dépourvu d'ordre et de précision, de noms populaires de poissons, de crustacés, de coquillages, etc. — P. 202-220, Joly, Quatre miracles inédits de Saint-Nicolas ; un seul est donné en latin, les autres sont traduits ou analysés d'après un manuscrit d'Alençon. Celui dont M. J. donne le texte est l'attribution à saint Nicolas, avec quelques circonstances différentes, du Miracle de la Vierge dont M. Child a rapporté ci-dessus (p. 428) plusieurs variantes.

III. — Revue critique, juillet-septembre. — Art. 129, Hegel, Utber den historischen Werth dcr alteren Dantc-Commcntare (Meyncke). — 149, Zingerle, Reiserechnungen Wolfgcr's von Ellcnbrtchtskirchcn (mentions curieuses de jongleurs français et provençaux).

IV. — Rassegna Settimanale, 10 août. — M. Caix rattache Fit. trippa à l'arabe therb, « membrane intestinale », qui existe en outre sous la forme plus savante zirbo.

V. — Literarisches Cbntralblatt, juillet-septembre. — N# 27. Caix, Stndi diEtimologia (art. très favorable). — 29. Bormans, Guillaume d'Orange (c.-a-d. Foulaue de Candie; voy. Rom. VIII, 301) ; Wœlfflin, Lateinische uni romaniscke Comparation. — 30. Gaspary, Die sicilianisehe Dichterschule ; Gnf, I complément! di Huon de Bordeaux. — 32. Picot, la Sottie en France. — 37. Meyer, la Légende de Girart de Roussillon.

VI. — Jenabr Literaturzeituno, juillet-septembre. — N# 27, Gîuliari, Opère di Dante (très long article de K. WHte).

M. Morel-Fatio m'a signalé, trop tard pour qu'il m'ait été possible d'en faire usage dans l'article imprimé ci-dessus, la mention suivante d'un ms., d'ailleurs inconnu, de la Vie de saint Honorât. Cette mention est tirée de l'inventaire des livres de la reine D« Maria d'Aragon, femme d'Alphonse V (+ 1458), publiée dans \*Revista de Archivos y Biblioteeas, t. II, p. 1 1 ss. c N° 68. Item un altre libre appellat Vida de sant Honorât, scrit en pergamins a corondells ab posts cubertes de cuyro vermeil picades, ab huyt bolles, quatre trancadors de llautô, comença : Cam diabolus preuuisset (lisez promis et) etc*, e feneix : sanctorum monachorum et monasteria, lumen interitum et ruinam. Amen. 1 — P. M.

— Dans la séance du 22 août de l'Académie des Inscriptions, M. L. Delisle a lu une note sur le manuscrit de Fauchet où se trouvait racontée l'histoire du châtelain de Couci. Je disais en parlant de la chronique citée par Fauchet (Rom. VIII, 369) : c Nous ne possédons plus cette chronique, ou plutôt sans doute elle se cache dans quelqu'un des dépôts où se sont dispersés les manuscrits réunis par le président Fauchet. » M. Delisle a montré que le ms. en question n'est autre que le ms. fr. 5003 de la B. N. Je connaissais bien ce ms., qui a été signalé par M. Guessard dans la préface de Macaire, et dont j'ai donné des extraits dans un appendice de mon Histoire poétique de Charlemagne (p. 483) ; mais je n'y avais pas reconnu le ms. d'où Fauchet a tiré l'histoire du Châtelain et aussi celle de Blondel. Cela tient à ce que je n'avais pas examiné le ms. pour l'époque postérieure aux Carolingiens. — G. P.

— M. G. Raynaud publiera prochainement, â la librairie Vieweg, un ouvrage important pour la connaissance de l'ancienne poésie lyrique française. Le premier volume contiendra toute la partie française du célèbre chansonnier de Montpellier dont Coussemaker a fait connaître l'importance musicale. Dans le second volume on trouvera tous les motets contenus dans divers manuscrits de France et d'Angleterre, des notes philologiques et littéraires, un glossaire complet, et une étude de M. Lavoix sur la musique au xme siècle, accompagnée de facsimilés de musique ancienne et de transcriptions en notation moderne.

— M. I. de! Lungo vient de publier4 deux volumes de son travail si impatiemment attendu sur la chronique de Dino Compagni. Le texte, précédé de la notice des mss., accompagné d'un commentaire historique et philologique très copieux et suivi d'un appendice composé de sept excursus, et d'une table des noms, forme un volume in-8' de xxxv-645 pages. Le premier volume, contenant

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