UN TESTAMENT MARSEILLAIS EN I J
per sa vida, et que non ii sia contac en sort ni en paga, et d'aso si tega per pagada que pus non puca demandar sus mos bens.
8o It. lais per derc d'estitusion ha Marita, fila nfiua, a son maridar, .ccc. * riais, am totas acelas codesions que si contenan en lasa de Gonet(uja desus dicha.
It. lais per derc d'estitusion a Felipa, fila miua, . 8j .c. « riais amb aitals condesions con la lasa de Marinet(u)a desus dicha.
It. lais per derc d'estitusion ha Mardec, fil mieu, .cl. ft de riais, et vel que d'aso si tega per pagac, et pus non puca demandar sus 90 mos bens.
It. lais a Ugo, escau(s) mieu, que sia fars, et vel que,
tanc con Ugo vira et vora estar en l'a-
berc de mon ères, que mon ères li fasa
tota sa mesion de mangar et de bevre et de 95 vestir et de causar.
It. en tos(t) los autres bens mieus, mobis et
non mobis, cals que sien et vou que sien, fas
et estabics ères univesal Peirec d'Argilies,
fil mieu, nac que es del matremoni que 100 fon entre Ermese(n)s, molermiua, fila
que fon de lo seiner Ninarc d'Altebe et de
la dona Fizas, moler que fon de lo seiner Ninarc
d'Altebe, et acest tetamenc fes Peire Eszias
not(r)ari, en l'an que corre .m ccc xvi., en lo mes 105 de maie, ha .xxvii. gors d'efra a l'itrada.
UN MS. DU XVe SIÈCLE DE LA CHRONIQUE DE DINO COMPAGNI.
Nous avons dit (Romania, VII, 471), en rendant compte du n° X des
78 pQ — 80 destutision — 82 conêtua — 84 detutision — 91 Les esclaves existaient à Marseille au XIV9 siïcle (cf. coll. Mortrcml, B. N. Nouv. acq. lat. 1 524), et notre pièce fait ici mention a" un affranchissement par testament — 100 miza — 103 La collection Mortreuil, qui compte un assez grand nombre de registres de notaires marseillais (B. N. Nouv. aco. lat. 1 341-57), ne nous a malheureusement pas conservi ceux de Peire Eszias, ou l'on aurait pu trouver quelques renseignements sur tous ces personnages — 1 04 me
Romanische Studien, que M. Bœhmer avait pris rang dans la troupe déjà nombreuse de ceux qui, guidés par M. P. Scheffer-Boichhorst, marchent à l'attaque de la chronique de Dino Compagni. Toutefois M. Bœhmer n'accepte pas aveuglément toutes les idées de son chef de file, et il faut lui savoir gré de s'être séparé de M. Sch.-B. en un point où celui-ci s'est montré d'une légèreté qui mérite le blâme le plus sévère. Cet historien, en effet, sans se donner la peine de vérifier à quelle date remontait la tradition manuscrite de la chronique en question, n'a pas hésité à supposer que la fabrication de ce texte avait eu lieu au xvne siècle, et qu'elle avait pour auteurs des membres de l'Académie de la Crusca. Mais dès lors on savait que l'un des mss. de Dino, le cod. Strozzi de la Bibliothèque nationale de Florence (cl. VIII, n° $9), remontait au xvie siècle. C'est l'opinion qu'adopte M. Bœhmer, donnant sur le ms. quelques indications recueillies de visu. Ce ms. contient divers ouvrages outre Dino : d'abord (fol. 1) la vie de Dante de Leonardo Aretino, puis (fol. 84) le troisième livre de la chronique de Pietro Buoninsegni. Au début de chacun de ces deux ouvrages on lit, d'une écriture qui est celle même du ms., la date M D xiij, ainsi que M. Bœhmer lit avec raison, et non M D xiiij, comme on avait lu avant lui. M. B. ne pense pas que cette date soit celle du ms., dont l'écriture me paraît en effet un peu moins ancienne, et il ne croit pas non plus qu'elle se soit trouvée sur un ms. plus ancien de Dino. Puis il s'efforce de montrer que la fabrication doit avoir eu lieu en 1 529.
Cette conjecture, comme celles de MM. P. Scheffer-Boichhorst, Fanfani, et autres adversaires de l'authenticité du document, s'écroule comme un château de cartes en présence de ce fait qu'il existe de la chronique de Dino un ms. du XVe siècle, à savoir le n° 443 de la collection Libri chez le comte d'Ashburnham.
M. Isidoro del Lungo, qui achève en ce moment l'impression d'une édition critique de Dino, accompagnée d'un commentaire très développé (l'ouvrage formera deux volumes in- 8°), eut connaissance, par un Anglais habitant Florence, de l'existence de ce ms. et me demanda, par l'intermédiaire de M. Comparetti, de vérifier l'exactitude de ce renseignement. M'étant rendu à Ashburnham-Place au mois de septembre dernier, j'ai pu, grâce à l'obligeance du propriétaire de la plus précieuse bibliothèque qu'aucun particulier ait jamais possédée, examiner le ms. de Dino (ou plutôt les mss., car il y en a deux) et en collationner quelques parties sur l'édition de D. Carbone (Florence, Barbera, 1868). Me trouvant à Florence vers la fin du même mois, j'ai communiqué mes notes et collations à M. Isid. del Lungo, qui appréciera ce nouveau ms. beaucoup mieux que je ne saurais faire. Je me borne ici, en attendant l'édition de M. del Lungo, à quelques indications sommaires.
UN MS. DU XVe S. DE DINO COMPAGNI I09
Le ms. Libri 443 est un petit volume de 225 raill. de hauteur sur 160 de largeur. Il contient :
10 La vie de Dante par Leonardo Aretino, en 1 3 feuillets suivis de 3 feuillets blancs ;
2° la « Cronica di Dino Compagni délie cose occorrenti ne terapi sui », en 61 feuillets suivis de 3 feuillets blancs ;
3° « il terzo libro délia cronica di Domenico di Lionardo Boninsegni. »
A la fin de la chronique de Dino, une écriture contemporaine, peutêtre celle du copiste, mais pourtant beaucoup plus fine, a écrit : « Mon « Dino Compagni a di .xxvi. di Febraio 1323, sepulto in Sancta Trinita « e c... (?) questa délia sua propria. »
De la même écriture, à la fin de Buoninsegni : « Mon Domenico di
« Lionardo Boninsegni, auctor di questa chronaca laquale e 1 dalla
« sua propria, adi .xvi. di giennaio 146$ ... d'anni lxxj, et e sepulto in « Santa Maria Novella. »
Le contenu de ce ms. ressemble assez à celui du ms. de Florence mentionné ci-dessus ; notons toutefois que ce dernier contient en plus la vie de Pétrarque par Leonardo Aretino (fol. 10 v°), et un sonnet de « Mess. Cholucio Salutati » (fol. 15 v°).
Le ms. Libri 443 est incontestablement antérieur au xvi* siècle; il ne saurait, pour un paléographe, s'élever le moindre doute sur ce point. Ayant vu, à peu de semaines d'intervalle, le ms. Libri et le ms. de Florence, il m'a paru que le second était d'au moins un demi-siècle postérieur au premier. Le copiste du ms. Libri écrivait si bien au XVe siècle, que dans un passage où il avait à écrire la date 1282 (= éd. Carbone, p. 5) il avait commencé à écrire 14, qu'il a rayé, étant entraîné par l'habitude d'écrire le millésime du siècle où il vivait.
Ce ms., comparé à l'édition précitée, offre un assez grand nombre de variantes généralement peu importantes ; les plus notables sont celles qu'offrent les distances de Florence aux villes voisines (p. 2) ; mais M. del Lungo m'avertit qu'elles se retrouvent dans toute une série d'autres mss.
Le second ms. de Dino que possède Lord Ashburnham (Libri, 481) est une copie de la fin du xvu° siècle, sur laquelle j'ai pris quelques notes que j'ai également communiquées à M. del Lungo.
11 s'agira maintenant, pour les adversaires de l'authenticité de la chronique, de changer leurs plans d'attaque et de montrer que la falsification a eu lieu au xve siècle 2.
1 . L'écriture de ces deux notes finales est par places un peu barbouillée et usée.
2. Cette note était imprimée lorsque j'ai reçu de Florence : i° un numéro