T FINAL NON ÉTYMOLOGIQUE EN LANGUE D'OC
La présente note a pour objet de répondre à l'invitation que M. Meyer adresse à ses lecteurs dans le dernier volume de la Romania, p. 107, en lui signalant d'autres exemples du phénomène qu'il y étudie.
Il faut d'abord distinguer avec soin le cas où la présence du t se justifie par une loi phonique de celui où cette lettre est purement paragogique.
Premier cas. — C'est celui où t suît soit une ri sonore (ou qui le fut autrefois), soit / résidu de Ih (II) ou même, abusivement, Ih elle-même. Dans ces positions la plus ancienne langue remplaçait par z Y s flexionnelle. Je renvoie, pour l'explication du fait et pour les détails, à mon mémoire sur le z final en français et en langue d'oc (Revue des langues romanes, V et VI). Plus tard ce z se développa en tz. Mais cela, à rencontre de ce qui eut lieu pour z issu de t + s ou de ç, ne fut pas général. Ainsi, tandis que l'orthographe de lucem, amatis est à peu près partout, au xuie s., lutz, amatz, des formes telles que antz (annos)y trebaltz, ne sont usitées communément que dans un petit nombre de textes. Tels sont le poème de la Guerre de Navarre, Jaufre, St-Honorat. Aux exemples rapportés par M. Meyer, on peut joindre les suivants :
Guerre de Navarre : corntz v. 4480; luyntz (nullus) 3480; nuilltz (id.) 82, 195, 1279; filtz 212, 236; meiltz 11 ; hueilltz 560; celtz; soleylltz 5042 ; ayltz 3392.
Jaufre : puintz 64; antz (annos) 98; sentz (sensus) 69; sentz (sine) 1 98 ; meintz 1 (minus) 57 ; umiltz 19 j ; mieltz 1 34, 345 ; nultz 140 ; beltz 145 'yfilltz 48, 122, 123 ; orgueltz 105.
St Honorât : antz 53,61; dantz (*damnos) 5 ; sentz (sensus) 20, 66 ; compantz (= ... anhs) 99; lentz (^lignos) 200; pontz Çpugnos) 204; jortz (pour jorntz) 2 33, 53, 108, 172; cartz (pour carntzî) 34, 121 ;
du Borghini (16 déc.) où M. Fanfani, informé de la découverte du ms. du XVe siècle, exprime, dans ce style de parade qui lui est habituel, l'opinion que cette découverte n'a point d'importance dans la question (elle a au moins celle de ruiner les hypothèses de MM. Scheffer-Boichorst et Bœhmer) ; 2* une note extraite de YArchivio storico, et datée du 21 décembre 1878, où M. Isid. Del Lungo donne sur les deux mss. de lord Ashburnham quelques renseignements et annonce son édition comme devant paraître dans la première moitié de l'année