‹ Romania (volume 4)Chapitre 5 sur 283 · L'Astronome, Vita Ludovici PU impcratoris, c. m · texte numérisé non relu

L'Astronome, Vita Ludovici PU impcratoris, c. m

2. Louis le Pieux nomma ce personnage au comté de Bordeaux après la mort de Pépin, roi d'Aquitaine, c'est-à-dire en 839 (Chronicon Ademari Cabanensis).

3. Les Annales de Saint-Bertin ne mentionnent pas cet événement, qui eut lieu en 845 et que Loup de Ferrières a heureusement consigné dans une lettre écrite Quelques mois après le désastre à Ganelon, archevêaue de Sens : c Quidam vero Je Aquitania venientes, Nortmannos inter Burdegalam et Santones eruptionem his diebus fecisse retulerunt, et nostros, id est Christianos, pedestri cum eis praelio congressos, et miserabiliter, nisi quos luga eripere potuit, peremptos. In quo bello comprehensum ducem Vasconum Siguinum et peremptum, etiam jurando testati sunt 1 (Bouquet, t. VII, p. 494). La mort de Séguin est aussi relatée par Adémar de Chabannes, qui qualifie Séguin de « cornes Burdegalensis et Santonensis. t (Pertz, Scriptores, t. IV, p. 121; cf. le Chronicon Aquitanicum, apud Bouquet, t. VII, p. 222-223.) Ce texte, rapproché de celui de Loup de Ferrières, indique que le gouvernement de Séguin, t duc des Gascons t, n était pas restreint aux pays d'entre les Pyrénées et la Garonne, et qu'il comprenait la Saintonge. — Le duc Séguin, pris et tué par les Normands en 845, doit sans doute être distingué d'un duc de Gascogne de même nom, que l'empereur Louis le Pieux avait révoqué trente années auparavant à cause de son insolence et de ses mauvaises mœurs, et dont la destitution provoqua une insurrection gasconne (Annales Eginhardi, anno 8 1 6 ; Vita Ludovici PU impcratoris, par l'Astronome, c. xxvi) ; mais il était probablement de la même famille que ce personnage et que le comte Séguin de 778. Rappelons à ce propos que l'auteur de la fameuse charte fausse d'Alaon a fait du duc révoqué en 816 un petit-fils du fabuleux duc

légende de Huon serait le dernier vestige. Mais les trop rares documents historiques du ixe siècle ne nous font pas connaître la postérité du duc Séguin et l'on n'y trouve rien non plus qui puisse être rapproché des démêlés que Huon de Bordeaux, au dire des trouvères, eut avec Charlemagne un certain nombre d'années après la mort de son père».

Le récit des aventures de Huon, tel qu'on le trouve dans le texte publié par M. Stengel, est favorable à l'hypothèse qui fait vivre Huon de Bordeaux sous Charles le Chauve. On y voit, en effet, que Huon, banni a de douce France et de l'empire ausi », c'est-à-dire des états du roi Charles, se réfugia en Lombardie : son exil ne saurait donc être rapporté au temps de Charlemagne, qui régna sur l'Italie depuis 774; par contre, il peut l'être au règne de Charles le Chauve, qui ne posséda l'Italie que durant les deux dernières années (875-877) d'un règne de trente-sept ans.

Le récit du meurtre de Chariot, dans les circonstances duquel réside tout l'intérêt de la première partie de Huon de Bordeaux , cet important épisode qui permet au trouvère du xui° siècle de conserver à son œuvre le caractère d'une véritable chanson de geste durant plus de 2000 vers ; cette lamentable histoire d'un fils de roi, coupable de guet-apens envers un vassal de son père, est-elle sortie tout entière de l'imagination du poète qui, on le sait maintenant, l'a introduite dans l'histoire de son héros ? C'est ce qu'on parait avoir communément admis jusqu'ici. Cependant le meurtre de Chariot a sa source dans l'histoire du ixe siècle, et sans doute l'auteur de Huon de Bordeaux en devait la connaissance à quelque tradition épique dont un autre que Huon était le héros.

Mais en recueillant cette tradition, le trouvère assimile bien à tort le Chariot dont il raconte la triste fin avec le prince « violent, téméraire, jaloux, mais brave, loyal et à un certain moment d'une générosité toute chevaleresque » *, qui figure sous le même nom dans la chanson d'Ogier le Danois. On doit évidemment retrouver dans l'histoire de l'émule d'Ogier un souvenir lointain du fils aîné de Charlemagne, tandis que l'adversaire

Loup de Gascogne et qu'il a transformé son nom germanique Séguin en un nom basque, Sciminus, que les Espagnols écrivent Ximeno; c'est le même faussaire qui a imaginé de désigner le duc tué par les Normands sous le surnom de Mostellanicus dont on ne le débarrassera pas facilement.

1 . La chanson de Huon de Bordeaux dit que la mort de Séguin remontait bien à c sept ans entiers 1 (vers 233), mais on sait que * sept ans » était, chez nos trouvères? une expression épique pour désigner un temps fort long et qu'elle ne peut servir, par conséquent, à étayer aucun calcul chronologique.

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