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CHANGEMENT DE TS FINAL EN CS ET EN TCH

Le / final des anciennes terminaisons provençales en -aty -et, -if, -of, -u/, a subi des fortunes diverses : ici il est tombé, là il s'est main-

1 . Dans la partie du bas Limousin la plus voisine du Quercy, on aime mieux introduire le t comme lettre de liaison, après certains infinitifs, que de faire revivre pour cet emploi IV étymologique. Ex. : fat aquo = far aquo ; restât en pa = restar en patz.

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tenu. Au pluriel, ce t suivi de s (bien entendu dans les patois où il n'est pas déjà tombé au singulier) a donné lieu à plusieurs traitements : ts se maintient tel quel, ou bien il se remplace, i° soit par csy 2° soit par tch.

i° Le changement de ts final en es s'est effectué dans le patois d'Avèze, village voisin du Vigan (Gard). Nous prenons nos exemples dans les poésies de Laurent Cabanis (5 juillet 1785 — 15 décembre 1862) publiées partiellement après la mort de l'auteur par le premier président à la cour d'appel de Montpellier ». On y voit que les patois parlés dans le pays cévenol ne sont pas uniformes, même sur le versant oriental des Cévennes. Cela n'a rien d'étonnant, mais on ne pouvait guère que le supposer, M. d'Hombres n'en ayant pas dit un traître mot dans les verbeux excursus de son Dictionnaire languedocien. Le cévenol d'Avèze se distingue tout d'abord du patois d'Alais par le traitement de Va. L'article féminin y devient loy losy les adjectifs possessifs féminins soy sos, etc. Dans les terminaisons masculines des verbes, Vd tonique devient à : debendrôf ser6,fô; dans les autres cas Vd tonique se maintient : trdmoy dmoy blonqudsso, bostdrd, estoufdty etc. An protonique ou tonique devient on : elefont, blonquasso. Va protonique se change en 0 : opris, bostard, omigo, oeô, corbous, plosé *.

Pour en venir au changement de ts final en es, voici les mots où s'observe ce phénomène : despengiacs} pracsf dauracsy coupacsy coustacs, balacs (fossés), coumbacs, nobecs (= nabets, navets), caoulecs, monics (=manits, mignons), cobrics, réunies, counfounducs. (Le f tout seul ne se change pas en c : raty estoufaty mascarat, cugaty renégat.)

a. — Le phénomène inverse, c'est-à-dire le changement de es final en ts, se montre dans l'arrondissement de Saint-Pons (Hérault) : garricsy trucs , aqueducs s'y prononcent et devraient s'y écrire garritsy truts, aqueduts Dans un texte du xvie s., des environs de Lodève, on trouve deux fois portz pour porcs 4.

b. — Un fait plus général, c'est le changement de es médial en ts, et de gz médial en ts ou en tz, dans les mots patois d'origine savante et moderne. Ex. : dans l'arr. de Saint-Pons, atcïu = fr. acsion (action),

1 . Un poète cévenol, à propos de l'idiome languedocien, Laurent Cabanis. Notice par M. Aragon. Montpellier, Boehm impr., 1874, in-40 (Ext. des Mim. de l'Ac. de Montpellier, V, $3972). La langue de Cabanis n'est pas très pure, on y sent trop l'influence du français.

2. Exceptions : balacs au lieu de bolacsy mascarat au lieu de moscorat. Ce ne jnt sans doute que des fautes d'orthographe, comme d'avoir écrit deux ou trois

lois la quand il faudrait lo.

3. Glossaire botanique de l'arrondissement de Saint-Pons précédé d'une étude du dialecte languedocien par Melchior Barthés. Montpellier, 1873, in-8°, p. 14.

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