‹ Romania (volume 4)Chapitre 55 sur 283 · Revue des langues romanes, I, p. 203, art. VIN · texte numérisé non relu

Revue des langues romanes, I, p. 203, art. VIN

etsamèn 1 = fr. egzamen (examen), etsat = fr. egzact (exact) ; — dans le narbonnais, atciu, reflexiu2, Alexandre, exita, maladitciu, couretciu, beneditciuy îradutciu = fr. acsion, reflecsion, Alecsandre, ecsiter, malédicsion, correcsion,, bénédicsion, traducsion ; — « dans le Rouergue et une partie du haut Languedoc, on prononce communément etzemple, par etzample * » ; — dans le bordelais, etzersa, etzécute, etcès, atcident, lutsur/ttx, atcétez, excellent, infetsion, etcécravle, etzigé, etzistence = fr. egzercer, il egzécute, ecsès, acsident, lucsurieux (ami du luxe), acseptez, ecsellent, infecsion, egzécrable, egziger, egzistence* ; — dans la Haute- Garonne, un soldat de ma connaissance ne manquait jamais de prononcer setsion, eîzercice ; — dans Lot-et-Garonne, etsacraplé = egzécrable (Lou Ritchouné par Delbès, r éd. Agen, 1876, p. 23) ; — et ailleurs, sans doute.

2° Le changement de ts final en ch (fr. tch) se remarque dans le Gévaudan : rdtchs 13, 25 (rats), tarachs 13, 25 (tarats), granachs 18 (granats), ménachs 18 (raenats), aoussechs 13 (aussets, diminutif de aus, toison), beilechs 31 ( varie ts), bousquechs 37 (bousquets), aoubrechs 42 (aubrets), poulichs 29 (poulits), rabichs 41 (rabits), crouchuchs 5 (croucuts), muchs 37 (muts), etc. J. L'abbé Baldit écrit toujours chs (deux fois tchs), avec une s finale, sans doute pour marquer le pluriel; mais cette s orthographique est inutile, puisque la vraie s du pluriel dans ratch,

1. M. Barthés écrit examen et exat (p. 1 j), mais dans son système orthographique, beau système, en vérité ! x s'emploie concurremment avec /, g et ch pour figurer le son ts : chabal, xaine, chaine, laxueo, lachuzo, xenibre, genibre, rouxe, xaussemi, \ausseml, \ounc, ]ugé. D'après M. Barthés, dans l'arr. de Saint-Pons, les sons y (fr. dj) et ch (fr. tch) sont indistinctement devenus ts; au contraire, d'après M. Cantagrel (Revue des langues romanes, I, 3 14), / = dz, et ch = ts : \ucnats = dzutsats.

2. Dans cet exemple et les deux suivants x = ts. Ces exemples sont pris dans la grammaire qui précède La Cansou de la Lauseto d'Achille Mir, et dans les poésies elles-mêmes (Montpellier, 1876, pp. xxj, lij, 130, 174, 277).

3. Sauvages, Dictionnaire languedoeien-françois, s. v. ëzémple.

4. Les deux premiers ex. sont pris dans un texte de 1790 (Revue des langues romanes, 2* s., III, pp. 182, 183), les autres dans les Œuvres complètes de MesteVerdié (12* éd. Bordeaux, 1876, in- 16, pp. 6, 20, 21, 26, 29, 42, 24, 24, 20). Dans Verdié, bs devient aussi ts : ateence 11, atsente ci, oteerbe 55 = fr. absence, absente, observe. De même dans l'arr. de Saint-Pons, ps devient ts dans esclops et sirops qui se prononcent et devraient s'écrire esclots et sirots (Barthés, p. 14). — Dans Lot-et-Garonne, c final et p final se changent en t : estoumat, couat, trut, pit, rot, set, — cot set, cat, esclot, tat, prêt = t estoumac, couac, truc, pic, roc, sec, — cop sec (tout de suite), cap,esclop, tap,prep*. 1 (Lou Ritchouné par Delbès, 2m éd. Agen, 1876, pp. 175, 175, 113, 60, 60, 30, jo, 47, 60, 107, 242) ; aoulot, en lot, cat =c au loc, en loc (nulle part) cap • (Jasmin Uabuglo de Casïel-Cuillcy 1838, pp. 27, 27, 25).

5 . Glanes giavudanaises. Poésies patoises et françaises par l'abbé Baldit. Mende, 1859, in-8\

* [Voy. ci-dessus, p. 1 1 3-14, l'explication que donne M. Cfaabaneau de ce phénomène.

CHANGEMENT DE tS FINAL EN CS ET EN tch I 1 7

granach, etc. est devenue partie intégrante de ch (fr. tch). — « Dans quelques sous-dialectes et même, croyons-nous, dans une variété du sous-dialecte de Montpellier, la dentale et la sifflante, réunies à la fin d'un mot, se prononcent à peu près tch. On dit, par exemple, agantatch (pour agantats), vestitch (pour vesiits) » Dans un texte recueilli en 1 826 à la Billière, village dépendant de la commune de Taussac, canton de Saint-Gervais, arr. de Béziers, on lit arribachs (= arribats) ». A Castres (Alexandre Plazolles, l'Ouberturo d'uno mission à Moulurés. Castres, 1877, in- 12, — cité par Alph. Roque-Ferrier, Revue des langues romanes, 2e s., VI, p. 3 1), à Bessan, Lodève, Agde et Béziers (loco citato, pp. 28, 29, 31), ts final primitif devient ch : ficax, dechs, roumplich, brasselex. Dans ces cinq localités, es final primitif arrive de son côté à eh : amix, rochs, rechs, sans doute après avoir passé par ts : amies, amits, amich. — Dans la parabole de l'Enfant prodigue en patois d'Embrun on trouve : varletchs (varlets), jourchs (jourts, jourt, jour), antehs (ants, ant, an)

a. — A ces pluriels en ts devenant ch (fr. tch), se rattache l'ancien cas direct singulier, -ts, -lls d'où -ts, devenant ch (fr. tch), changement qui s'observe dans la région montagneuse du béarnais : betetch = « *betets vitellus », budetch = « "budets botellus », cotch = « *cots "collus collum », motch = « *mots mollis », gritch = « *grits grillus 4. »

J. Bauquier.

1. Ch. de Tourtoulon, Revue des langues romanes, I, p. 124, n. 1.

2. Poésies populaires en langue d'oc recueillies par A. Atger. Montpellier, 1875, in-8% p. 43.

3. Dans Chabrand et Rochas d'Aiglun, Patois des Alpes cottiennes. Grenoble, 1877, in-8% pp. 157, 158. Cette parabole avait déjà été publiée par Ladoucette. Pour jourt et ant au lieu de jour et an, voir P. Meyer, Romania, 1878, p. 107-8.

4. Ex. pris dans Luchaire, De lingua aquitannica9 p. 40. — C'est M. Ascoli (Archmo glottologico italiano, III, 1 , p. 78, n. 2) qui a découvert la survivance en gascon de Pane, cas direct singulier dans les participes passés [plcgach9 piegax, rentrach, rentrax9 etc.) et dans les mots comme coch, bedech, etc. — Ici, comme plus haut, nous croyons que le maintien de TS, ou son changement en TCH, exclut toute marque du pluriel, puisque Ys du pluriel se trouve déjà dans le singulier. Aussi nous ne savons pourquoi dans les poésies de Victor Cazos [Massouqucts de Sent Biach... Saint-Gaudens, 1852, in-8°) qui, au dire de l'éditeur, « peuvent être regardées comme un spécimen exact de l'idiome parlé à Saint-Béat, à Saint- Bertrand et dans tout le Comminges 1, il est fait une différence orthographique entre le singulier et le pluriel :

singulier : reboultach ^ pluriel : estacax

accassach goujax rabatjach petix pictach boussux pagach perdux farsich Exceptions :

nebouch letrats

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