‹ Romania (volume 4)Chapitre 66 sur 283 · C. Chabaneau · texte numérisé non relu

C. Chabaneau

1 . Fosc manque à Raynouard et à Rochegude, bien que ce dernier ait le verbe enfosquir ; mais fousc existe dans la langue actuelle. Quant à brosta, c'est la forme féminine de brost, substantif auquel Rochegude, qui le mentionne sous la forme du cas sujet (brotz), attribue justement, entre autres significations, celle de brou, dont Raynouard ne parle pas.

Etymologisches Wœrterbuch der romanischen Sprachen, von

Friedrich Diez. Vierte Ausgabe, mit einem Anhange, von August Schbler. Bonn, Marcus, 1878, in-8, xxvi-82op.

Le Dictionnaire étymologique de Diez était épuisé. L'éditeur n'a voulu ni le réimprimer tel quel, sans tenir compte des additions et des corrections qui ont été proposées depuis huit ans, ni toucher indiscrètement à l'œuvre du maître. Il a reproduit la dernière édition, en priant seulement M. Scheler d'y joindre un appendice, où seraient résumées les recherches faites en ces dernières années dans le domaine de Fétymologie romane. M. Scheler, auquel cette science doit beaucoup, a compris sa tâche avec une grande modestie et s'en est consciencieusement acquitté. L'appendice n'a pas moins de soixante-quinze pages, et cependant, à très peu d'exceptions près, M. Sch. s'est abstenu d'ajouter des .mots à ceux que Diez avait choisis pour les expliquer. Il s'est contenté de relever dans les livres et surtout dans les journaux de philologie romane (et avant tout dans la Romania) les étymologies nouvelles proposées pour des mots que Diez ou n'avait pas su expliquer ou avait expliqués inexactement. Ce relevé n'est pas complet, et il aurait fallu pour qu'il le fût une attention extraordinaire : citons seulement, dans la Romania, l'omission des étymologies d'adeser (Rom. IV 501), d'effrayer (VII 12 1), de cheville (V 582^) ; tel qu'il est, il est assurément fort utile. M. Scheler exprime, quand il y a lieu, son opinion sur les propositions étymologiques qu'il enregistre, et il ajoute plus d'un article de son chef. En somme, cet appendice donne à la nouvelle édition une valeur toute particulière : dans une édition subséquente, où il devrait être fort augmenté, il sera, je pense, préférable de faire suivre chaque article de Diez des adjonctions ou rectifications qu'il comporte. L'index est enrichi par rapport à l'édition précédente, mais il est encore loin d'être suffisant. Malheureusement celui que vient de publier M. Jarnik (voy. ci-dessous p. 143) a paru avant l'édition nouvelle, mais il peut cependant aider à s'en servir.

1. Il aurait fallu dire que froissier dtfrustiare a été indiqué par M. Havet (Rom., III, 338) et plus tard par M. Lûcking.

Etudes sur Girart de Rossilho, chanson de geste provençale, suivis (sic) de la partie inédite du manuscrit d'Oxford, par Karl Schweppe, docteur èslettres. Stettin, Dannenberg, 1878. In-8°, 52 pages.

Ces c études 1 se composent de 16 pages dont huit sont consacrées à une bibliographie sommaire et souvent peu exacte du sujet, et huit à des observations décousues sur les rapports des divers mss. entre eux. M. Schweppe, autant que je puis le comprendre, s'étonne qu'après avoir, en 1860 (Bibl. de l'Ecole des chartes), considéré le ms. de Paris comme le meilleur, j'aie en 1869 (Jahrb. /. romanische Uteratur, t. XI) donné la préférence au ms. d'Oxford. C'est qu'en 1860 je ne connaissais le ms. d'Oxford que par le fragment publié par M. Mahn dans le t. I des Gedichte der Troubadours, et tout autre que M. Schweppe comprendra que puisant à une source aussi impure je ne pouvais concevoir qu'une idée très imparfaite de la valeur du ms. en question. En outre, c'est seulement en 1867 que j'ai été mis en possession d'un fragment (celui que je désigne par II) fort important pour la critique du texte, à l'aide duquel j'ai pu me former sur la relation des mss. une opinion que je crois exacte. Je ne discuterai pas les arguments que M. Schw. fait valoir contre ma classification des mss. du poème ; d'abord parce que ces arguments, dans ce que j'en puis saisir, sont superficiels et insuffisants. Ensuite parce que l'idiome dont M. Schw. se sert et qui paraît lui être propre, est d'une lecture pénible et dune intelligence difficile. Cet idiome est apparenté d'assez près au français; il en a dans une certaine mesure le vocabulaire et la grammaire, mais il s'en distingue très sensiblement par la syntaxe et par l'emploi des mots. Le lecteur en jugera par ces phrases qui me paraissent contenir la conclusion de M. Schweppe, et que je reproduis littéralement, sans y changer une virgule :

Je ne peux pas non plus espérer avec Paul Meyer qu'on réussira un jour à restituer avec le matérial que nous possédons le texte original, au contraire, je crois que chaque essai dans cette direction doit débaucher. Le procédé de Paul Meyer dans les passages publiés dans ses c anciens textes » s'éprouve incorrect. Aussi ne puis-je consentir a lui qu'il faille d'une édition du meilleur texte avec les variantes des autres, ou que P doive servir de base à une édition, comme M. Mahn le veut On ne peut pas prétendre qu'un manuscrit soit supérieur à l'autre, mais chacun à ses supériorités. »

Il serait intéressant de savoir quelle est l'Université qui a conféré à M. Schweppe le titre de c docteur ès-lettres », que je ne savais pas exister en Allemagne. On doit y suivre des principes tout particuliers dans l'enseignement des langues. J'ajoute que si M. Schw. se sent assez supérieur aux préjugés régnants pour ne pas craindre d'exprimer sa pensée dans le jargon qu'on a pu apprécier par l'échantillon ci-dessus rapporté, il devrait cependant s'abstenir de prêter à autrui son langage. Ainsi j'avoue que je suis mécontent de lire dans une phrase tirée d'un de mes mémoires sur Girart de Roussillon : t ... fragment de cinq feuillets dont deux fort dommagés t. J'ai dit, et, avec la permission de M. Schw., je persiste à dire endommagés. J'ai aussi l'habitude d'écrire Michel et non MischeL

Ce qui, a priori, diminue très notablement la valeur des opinions de M. Schw. au sujet de Girart de Roussillon, c'est que ce t docteur ès-lettres 1 ignore visiblement les premiers éléments de la langue dans laquelle le poème est écrit. Un

K. Schweppe, Etudes sur Girart de Rossilho ! 29

coup d'oeil sur les 1,5 50 vers environ qu'il a publiés à la suite de ses c Etudes », le démontre d'une façon surabondante. Possédant moi-même de cette partie du ms. d'Oxford une copie que j'ai lieu de croire fort exacte, il me serait aisé de faire ici l'errata de la" publication de M. Schweppe. Ce serait aisé, mais long : je me borne à quelques grosses fautes choisies dans les premières pages. Vers 7887, M. Schw. nous dit qu'il y a dans le ms. Contrailes quen dist il fait poor, qu'il corrige : Contrailos qu'en dist H fait paor} s'imaginant apparemment que cela fait un vers. Il y a Per contrailes (ce dernier mot devant être gàrdé tel que le donne le ms.), et U, non pas il — V. 7890, Esi cum auiront Ici vigeor; ms. non pas là mais tei, et le uigcor du ms. doit être lu, tout naturellement, jugeor, cf. le ms. de Paris teijutgador. — V. 7903 a, e non guis pais; au lieu de guis qui n'a pas de sens, lis. gins. — V. 7904, Car trop tost mont mo guerre e plitais, telle serait, selon M. Schw., la leçon du ms., à laquelle il croit rendre un sens en lisant mut au lieu de mo et en ajoutant lo avant plitais ; M. Schw. sait probablement ce que veut dire plitais. Je lis dans le ms. non pas plitais mais pertais, que je corrige, d'après le ms. de Paris, partais, et je suppose que le vers entier doit être rétabli ainsi : Car trop tost m'ont mogut guerre e pantais. — V. 7921, 0 vil crebat, lis. avec le ms. 0 oil. — V. 7935 g, Perque oudis climen sient quitat, ce qui n'a aucun sens; lis. Oudis (le même qui figure au v. 7896) e Umen.—V. 7964, siretat, si M. Schw. avait compris ce mot, il aurait lu s'iretat et probablement corrigé, comme il a fait au v. 7942, sans nécessité aucune, s'eretat. — V. 7987, le poète veut dire que le roi accepte tout ce que dit la reine : c el tôt col; M. Schw. lit tort au lieu de tôt / — V. 7993, to brace al col; non pas to, mais lo. — V. 8007, A Vcrzelai la loc, M. Schw. croit-il que loc soit féminin? lis. avec le ms., Valoe (l'alleu). — V. 8017 per un jons die, lis. jousdie (jeudi), il y a josdia dans lems. de Paris. — V. 8030 Quin rtfut bone part gtnt pauperine, non pas refut, qui n'a pas de sens, mais refeit. — V. 8069, rei furent bon, non pas r«, mais ki. — V. 8094, Enoiz m'en partirai, ms. cnuiz, lis. enviz.

Ce sont là non pas toutes les fautes, mais les principales seulement de celles qu'on peut relever dans les premières pages de la publication de M. Schweppe. Le lecteur jugera si ce c docteur ès-lettres » est autorisé à donner son opinion dans les questions difficiles que soulève la chanson de Girart de Roussi lion.

Arturo Grap. La Leçgenda del Paradiso terrestre, lettura fatta nella R. Universitàdi Torinoaddi 1 1 novembre i878.Torino,Lœscher, 1878, in- 18, 103 p. (Prix : 2 fr.).

La lecture de M. A. Graf est en elle-même fort intéressante. Les rêveries auxquelles a donné Heu le paradis terrestre chez les Juifs et les chrétiens, rêveries qui souvent avaient leurs origines dans des mythes fort étrangers à la Bible, sont présentées ici dans leur richesse et leur variété surprenante, groupées avec art, exposées avec habileté et éclairées par des réflexions judicieuses. Mais pour nous la principale valeur de cet opuscule est naturellement dans les notes dont l'auteur a fait suivre sa lecture. Ces notes, qui ne comprennent pas moins de 56 pages de petit texte, sont remplies d'une érudition aussi étendue que critique et ne Romania^Vlll o

seront, je pense, lues sans profit par aucun de ceux qui s'intéressent à la littérature du moyen âge. Il est impossible de donner ici une idée de ces curieuses recherches; nous ne pouvons qu'engager nos lecteurs à les suivre eux-mêmes dans le travail de M. Graf. Nous signalerons seulement comme ayant un intérêt particulier le long extrait du ms. de Turin L. II, 14, le même qui contient, avec tant d'autres choses, le roman d'Aubcron que M. Graf a publié et les suites de Huon de Bordeaux qu'il doit publier. L'auteur de la singulière histoire sainte dont nous avons ici un fragment me semble être le même que celui d'Aubcron : on retrouve ici ses inventions baroques, son style à la fois lourd et bizarre et les singularités de sa versification (Voy. Rom., VII, 3 34). Il serait intéressant d'avoir plus de détails sur cette œuvre curieuse, dont M. Stengel n'a fait connaître que les grandes divisions. — Voici quelques corrections au texte donné par M. Graf (j'ai numéroté les vers, ce qu'il a oublié de faire). V. 5 pie, I. pié. — V. 14 Droit en terrestre iras en paradis; M. Gr. corrige Droit iras en terrestre paradis, je préférerais : Droit en terrestre en iras paradis. — V. 28 En rouge mer et Fancire et fiatir, 1. et lancier et flatir, comme au v. 281. — V. 65 Es purcatoire, 1. Espurcatoire. — V. 1 16 Encore, I. encor. — V. 170 Et cille boivent, 1. cil le. — V. 17$ Mes tant fort s'anme ne se sei astenir, 1. sainnt (= saigne). — V. 245 Mes cis dous en/es et ses sans qui tant levé, je lirais qui tout levé. — V. 256 Or tost va tant ariere, ensi n*ais le grant, 1. en Sinais le grant. — V. 286 tour blés 1 1. tourbles. — V. 295 Crant il sunt, hors si se vont es perdant , 1. Quant il sont hors.

Société pour l'étude des langues romanes, Publications spéciales. Les patois de la Basse-Auvergne, leur grammaire et leur littérature, par H. Doniol. Maisonneuve, 1877. In-8°, 114 p.

Brochure sans valeur à laquelle il est regrettable que la Société pour l'étude des langues romanes ait cru pouvoir accorder son patronage. M. Doniol est un admirateur de M. Granier de Cassagnac. Il croit comme lui que nos patois viennent du celtique et il en donne comme preuve qu'ils ne connaissent pas le passif ni les déponents, qu'ils ont l'article et les auxiliaires être et avoir. Il invoque à ce propos (p. 10) l'autorité de M. Boucherie, qui jadis a partagé dans une certaine mesure les vues de M. Granier de Cassagnac, mais qui maintenant est revenu, croyons-nous, à des idées plus saines. Ne voulant pas prendre pour terme de comparaison le latin, ne pouvant, et pour cause, partir du celtique, M. Doniol compare tout simplement les patois de l'Auvergne au français, ce qui l'amène à dire, par exemple, que a devant les nasales c fait i : din, dedin, dans 1 tandis que la vérité est que dans ces mots Yi du latin de intus s'est conservé. Confondant perpétuellement les sons avec les signes qui les représentent, il écrit des phrases comme celle-ci (p. 25) : c L'auvergnat a toutes les voyelles de la langue franc çaise, mais il les modifie par la prononciation i,où la seconde proposition détruit la première. Il écrit même des phrases absolument inintelligibles, celle-ci par exemple : • La prosodie des mots, toutefois, le nombre de leurs syllabes, et con- € séquemment leur effet d'articulation ont été très généralement maintenus ; c'est t le latin qui a le plus allongé » (p. 30). Qui pourrait expliquer ce charabia?

H. Doniol, les Patois de la Basse-Auvergne i ; 1

D autres fois, quand M. D. explique sa pensée clairement, on découvre que cette pensée est d'une extraordinaire naïveté, comme lorsqu'il dit : t Ce sont les verbes t en oir qui font défaut; la cause en est sans doute en ce que (sic) la plupart des t mots ou verbes français en oir se terminent en patois par re ou bre » (p. 42). Si au moins M. D. avait su employer un système raisonnable de graphie, on pourrait faire usage des exemples patois qu'il cite, mais malheureusement sa graphie est fort arbitraire; ainsi il nous donne pour conditionnel du verbe € cssc ou estre » (lequel des deux?) serio et nous dit en note (p. 44) : • prononcez la plupart du temps, comme dans presque tous les dialectes du Midi, sà-à ». Que signifie c la plupart du temps »? En quel lieu IV se fait-il entendre, en quel autre a-t-il disparu? D'ailleurs M. Doniol sait si peu son propre patois qu'il cite p. 62 comme un texte auvergnat un livre d'heures espagnol (las horas de nucstra scnora ton machos otros oficios y oraciones). Tout ce qu'il y a d'intéressant dans le travail de M. Doniol consiste en un fragment de mystère, publié p. 73-8, tiré des papiers de Dulaure que possède la Bibliothèque de Clermont-Ferrand. Ce mystère, daté de 1477, contient un rôle en auvergnat. Dulaure, malheureusement, ne donne aucun renseignement sur le mystère lui-même, et n'en fait même pas connaître le sujet.

1. — Revue des langues romanes, 2* série, t. VI, n°» yG (1 5-mai-i 5 juin 1878). — P. 214, Chabaneau, Extrait d'une traduction catalane de la légende dorée, cette traduction est contenue dans le ms. Esp. 44 de la Bibliothèque nationale. La vie que publie M. Ch., et qui a été copiée pour lui, à titre de spécimen, par M. Boucherie, est celle de sainte Anastasie.— P. 2 17, Trois poésies milanaises de Carlo Porta, réimpression. — P. 217, Un alléluia pascal en Velay, communiqué par M. V. Smith.. — P. 22 1 , Poesias Dioisas de Custe Boueissier (f 1867), publiées par J. Saint-Remy; se continue dans les n" suivants. — P.2$7-6i,Gazier,L*tfr« à Grégoire sur les patois de France. — Bibliographie. Comptes-rendus : P. Meyer, Prise de Damiette ; Stengel, Die provenzalische Blumenlese der Chigiana (Chab.) ; Aiol, éd. Normand et Raynaud (A. B.). M. Ch. a proposé plusieurs corrections, fort admissibles pour la plupart, au texte de la Prise de Damiette que j'ai publié Tan dernier. Je les avais faites presque toutes de mon côté dans une nouvelle édition, avec traduction, qui est imprimée depuis plusieurs mois, et paraîtra avec d'autres textes, dans l'un des volumes de la Société de l'Orient latin.

N0s 7-8-9 (1 j juillet- 1 $ septembre). P. 5, Chabaneau, Cantique provençal sur la Résurrection, pièce du XIVe ou du XV' siècle, tirée d'une copie exécutée en 1616 (Bibl. nat. fr. 1 0 5 8) . — P. 1 o, Chabaneau, Noël languedocien inédit; piècedu XVII*s. tirée du ms. fr. 13173 de la Bibl. nat. — P. 1 1, M. Rivière, Notes sur le langage de Saint-Maurice de l'Exil (canton de Roussillon, Isère). Ces notes révèlent quelques faits intéressants mais mal exposés; suivent quelques poésies composées par le même auteur, et à l'aide desquelles on peut se faire une certaine idée du patois en question. Toutefois, comme M. Rivière s'explique très peu clairement sur la valeur des notations qu'il emploie, comme parfois il se borne à dire que pour saisir telle prononciation, il faudrait l'entendre, on est souvent fort en peine de savoir quel son représente tel groupe de lettres. De plus, il y a dans les vers de M. Rivière des variations de formes qui ne laissent pas d'être embarrassantes, ainsi plena et pluena (pleine) dans la même page (p. 16). Ce qui me paraît le plus singulier dans ce patois, c'est le passage de divers i romans à ut, ainsi, p. 1 5, tsuct, (toi, prov. fi), dsuet (dit), puetsuet (petit); p. 17 habuete (habite), arruevan (arrivant), p. 20 gniuet (ni), dsuessuet (d'ici). On remarquera dans les mêmes exemples le passage de t et d romans à ts, ds, devant un ancien 1, fait qui s'observe ailleurs encore; mais je ne sais quelle est la valeur du t final dans la plupart des mots cités ; je conçois sa présence dans puetsuet (petit) ou dsuet (dit), mais que vient-il faire dans tsuet (toi)? Serait-il muet? alors pour-

quoi l'écrire ? On remarquera le son mouillé de Vn devant i dans gniuet (ni) précité, de même, p. 17, Gnuiecoulo (Nicolas)4. La Société pour l'étude des langues romanes, ayant mainte occasion de mettre à profit la bonne volonté de personnes qui s'intéressent aux patois, et qui, sans avoir reçu une éducation philologique, ont l'esprit d'observation, rendrait à nos études un véritable service en dressant un plan, divisé par sections numérotées, dans lequel pourraient prendre place au moins les principaux laits qui constituent les patois du midi. Il faudrait que ce plan fût assez simple, plus simple et moins subdivisé que celui des Saggi Ladini de M. Ascoli, ouvrage dont l'éloge n'est plus à faire, mais qui n'est accessible qu'aux personnes déjà avancées dans les études linguistiques; il faudrait que ce plan fût surtout suggestive, qu'il indiquât aux travailleurs, en leur présentant en quelque sorte des cases à remplir, ce qu'ils ont à faire; il faudrait surtout insister sur la nécessité de noter les sons d'une monière purement phonique, sans aucune préoccupation d'étymologie. Notre pauvre alphabet est à peine capable, dans la plupart des cas, de noter approximativement les sons romans. Si on veut encore, dans un même mot, indiquer, outre le son actuel, Pétymologie (c'est-à-dire le son d'autrefois), on arrivera â une cacographie digne de l'Académie française. Sur ce point il ne me semble pas que tous les rédacteurs de la Rev. d. /. rom. aient des idées bien nettes. Ainsi, p. 1 10 du numéro dont je rends compte, je lis ceci : « l'orthographe de M. Barthès atteste c un effort sérieux pour revenir aux habitudes de l'ancienne langue : ainsi l'emc ploi du v pour le b, là où l'étymologie latine l'exige ». Le dialecte de M. Barthès étant celui de Saint-Pons (Hérault), où le son v est remplacé par le son b, il est contraire à toute raison de conserver le signe qui signifie v. Pourquoi reprendre dans ce cas particulier une forme archaïque et tombée de l'usage? Où s'arrêtera- t-on dans cette voie? Que M. Barthès écrive des vers latins, si les formes latines lui plaisent si fort! — P. 51. Gazier, Lettres à Grégoire sur les patois de France. Notons, p. 64-72, de judicieuses observations d'un des correspondants de Grégoire sur le patois wallon et sur sa littérature ; les trois dernières pages sont occupées par un recueil de proverbes. — P. 73-92. A. Montai et L. Lambert, Chants populaires du Languedoc. Les petites rondes (suite).

— N° 10 (15 octobre). — P. 161, Chabaneau, Inscription provençale en vers du XVIe siècle, conservée dans l'église paroissiale du Bar (Alpes-Maritimes)'^ tsX une pièce qui forme en quelque sorte la légende d'une peinture sur bois représentant une sorte de danse macabre. M. Ch. la réédite d'après l'édition fort exacte donnée en 1851 dans le Bulletin du Comité historique, III, 62-3. II y a de plus dans le Bulletin un dessin au trait du tableau en question. — P. 164-6, Chabaneau, Noël pirigourdin. — P. 168, Gazier, Lettres à Grégoire sur les patois de France (suite) ; contient un petit vocabulaire du patois du duché de Bouillon. — P. 184-8, M. Rivière, Un conte dauphinois sur le loup et le renard; variante, recueillie à Saint-Maurice-de-PExil (Isère), d'un conte connu dont une version languedocienne a déjà été publiée dans la Rev. des l. rom., IV, 315; on aurait pu renvoyer aussi au Dictionnaire du patois forézien de M. Gras, où s'en trouve une troisième version (p. 220) qui a été réimprimée avec commentaire par M. Kœhler,

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