‹ Romania (volume 4)Chapitre 67 sur 283 · VI se mouille aussi dans le même cas · texte numérisé non relu

VI se mouille aussi dans le même cas

lahrb. f. rom. u. engl. Lktralar, IX, 399. Le texte est accompagné d'une traduction qui aurait gagné à être plus littérale. Il ne s'agit pas de faire du français élégant, mais d'aider à l'intelligence du texte; par exemple, quand il y a, p. 186, « Ou gli dsuessuet de z'i allô », il est bien plus simple de traduire c il lui dit d'y aller 1, que t accède néanmoins à la demande du renard ». — P. 199-205, Bibliographie et périodiques. — P. 205, la Revue annonce qu'elle publiera dans un de ses prochains n" des Documents sur le langage de Rodez et le langage de Milhau (du XII* au XVIe siècle), réunis par M. Affre, archiviste de l'Aveyron » ; seraient-ce les mêmes que ceux qui ont été adressés au Ministère de l'Instruction publique par M. Affre, à la date du 29 août 1878, pour être communiqués au Comité des travaux historiques? Ils seraient peut-être mieux placés dans la Rev. des l. rom. que dans la Revue des Sociétés savantes, mais il faudrait éviter un double emploi. P. M.

II. — Zeitschrjft fur romanische Philologie, II, 3. — P. 1, Gaster, Zur rumanischen Lautgeschichte : die Gutturalen. Ce travail très bien fait est le commencement d'une phonétique historique qui manque encore au roumain. L'auteur ne s'est pas contenté de relever les traits de la langue littéraire actuelle; d'une part il a dépouillé un certain nombre d'ouvrages du XVIe et du XVIIe s.; d'autre part il a indiqué l'usage vulgaire de la Valachie et de la Moldavie, souvent assez différent de la forme grammaticale ; enfin il a rapproché autant que possible le macédo-valaque et le roumain de l'Istrie. Il a d'ailleurs examiné le sort non-seulement des phonèmes latins, mais encore des phonèmes slaves, turcs et grecs en roumain. Ce premier chapitre est consacré aux gutturales, qui, on le sait, offrent des particularités intéressantes. Elles sont étudiées et examinées avec soin et jugement. Le changement isolé de c en p dans potdrnic et porumb me paraît devoir s'expliquer par la nature labiale de la voyelle qui suit le c : elle a appelé un u devant elle, et on a dit quoturnix, quolumba. Notons, d'ailleurs, que le changement roumain de qu en p, bien que se retrouvant dans l'ancien dace, comme en gaulois, en grec et dans bien d'autres langues indo-européennes, est parfaitement indépendant : c'est le même procédé physiologique qui s'est renouvelé à des siècles de distance. M. G. ne motive pas l'antériorité qu'il accorde, contrairement à Diez, à tch sur ts dans le développement du c palatal : c'est cependant un point fort controversé et sur lequel, pour ma part, je ne suis pas de son avis. Les conclusions chronologiques qui terminent cette étude sont intéressantes en ce qui concerne l'ordre où les éléments empruntés au latin et aux autres langues ont pénétré en roumain ; elles sont vagues et incomplètes en ce qui touche le développement phonétique du roumain lui-même. — P.fîy^QbXtT^Vermischtc Beitragezur Crammatik des Franzœsischen (suite). 8. Mie, pas, point, etc., employés avec de. 9. Que après un adverbe ou une exclamation d'affirmation (dans les phrases modernes citées, que équivaut pour moi à comme). 10. Interversion des éléments de la proposition interrogative (ce que peut estre? que ce vaut?). 11. Suppression de l'article devant un nom commun au génitif précédant un autre nom dans un rapport de possession (Dieu merci, dt roi cort, etc.). 12. Accord de l'adjectif avec un participe suivant, comme dans nouvelle venue (exemples de cet emploi pour les adjectifs bel, bon, chaut, chier, cler, coi, demi, dur, fin, fres, gent, grant, grief , haut, mol, menu,

navel, nu, soef, tel, tôt, vieil). 1 3 . Proposition infinitive, plus fréquente que ne le dit Diez, et acception singulière de l'infinitif dans certaines phrases (Grant paour a d'occire son destrier = qu'on ne tue). Toutes ces petites études se distinguent par la richesse d'exemples, la pénétration grammaticale, la prise en considération de toutes les explications possibles, le sentiment du génie de notre ancienne langue qui sont habituels à l'auteur. Notons qu'il se prononce catégoriquement (p. 398) contre M. Osthoff pour la théorie qui voit dans le premier élément des mots comme coupe-gorge un impératif et non un substantif originaire. — P. 407, Perle, DU Négation im Altfranzœsischen (fin, voy. Rom., VII, 465). M. P. traite la même question que M. Tobler (n° 8 de l'article ci-dessus), et ajoute des exemples aux siens, mais entre moins profondément dans l'analyse des phénomènes. Au reste son travail, utile pour les citations et le classement, n'épuise pas le sujet et ne manque pas d'inexactitudes.On ne peut pas, dit l'auteur, en fr. mod. dire Ce n'est pas de mon pire pour Ce n'est pas mon pire : on ne le pouvait pas davantage en ancien français. Il y avait beaucoup plus à dire sur giens (p. 41 1), mais il ne fallait pas citer gyn, dans une chanson savoyarde, comme français. Les vers de Corneille, cités p. 410, sont inintelligibles si on ne leur adjoint pas le vers précédent qui contient plutôt. Le premier des exemples cités dans la note de la p. 407 n'a que faire là, etc. — P. 419, Rajna, // Cantare dei Cantari e il Serventese dtl Maestro di tntte Parti (suite).— P. 438, le Brandan du ms. de V Arsenal B.L. F. 283, publié diplomatiquement par M. Auracher : on sait que ce texte est un remaniement du poème contenu dans deux mss. anglais et imprimé d'après l'un d'eux par MM. Suchier et Michel.

Mélanges. 1. Métrique. P. 459, Bartsch, Nouvel exemple du vers de 1 1 syllabes, curieuse petite pièce latine sur Samson, tirée d'un ms. de Karlsruhe du XIV siècle. — 2. Grammaire. P. 4$8,Grœber, f final = dentale en français. L'auteur essaie de prouver i° que dans soif et bief Vf est une pure addition graphique, qui pour le premier mot s'est introduite dans la prononciation ; 2* que mauf vient de mouvoir et non de modus; 3° que les noms propres en -bcuf (Marbeuf, etc.) ont été influencés par bauf; 40 que fief est le substantif verbal de fiever, tirî de fieu, seule forme régulière correspondante à l'ail, fehu. Les raisonnements de M. G. sont solides et appuyés de très nombreux exemples. Il ne réussit cependant pas à persuader qu'on ait ajouté un / à soi de sitim, seul entre tous les mots pareils, pour le distinguer de ses homophones, ni que ce produit d'un caprice aussi extraordinaire des scribes soit entré dans la prononciation. Si mauf vient de mouvoir, comment se fait-il qu'il traduise toujours et uniquement modus? Il est curieux d'ailleurs, sans que je veuille en faire une règle, que les substantifs verbaux tirés de verbes de conjugaisons autres que la première ne proviennent que de composés (je regarde faille, groin, veuil comme différents, puisqu'ils présentent un i étranger à ce procédé de dérivation). A soif il faut d'ailleurs ajouter la forme fréquente faudestuef (en regard de faudestuet, faldestoed), nif (cité par Littré au mot nid) et d'autres. L'histoire des dérivés français de fehu est savamment traitée par M. Gr.; mais il ne prouve, à mon sens, ni que fiet n'atteste pas l'existence d'une forme feod, ni que fief ne puisse venir de fieu (je n'ai jamais dit que je visse dans Vf une transformation du d de feodum). Abordant ensuite la question tant discutée de l'assonance de fieus en oe dans le Roland, M. Gr. la résout contre moi par

des arguments que je ne saisis pas très bien. Je reconnais que cette assonance est isolée et surprenante (voy. cependant Rom. VII, 132); mais toute correction paraît impossible, le sens du vers est excellent, et avant de changer un vers appuyé par l'accord des manuscrits, il faut y regarder à plusieurs fois. — 3 . Vocabulaire. P. 443, P. (non pas W.) Fœrster, remarques sur le livre de Mm' C. Michaelis, Zut rom. Wortschœpfung.

Comptes-rendus. P. 470. Jung, Rœmer und RomanenindenDonaulandern (M. Gaster, dans un article court et substantiel, repousse comme nous Pavons fait les conclusions de Fauteur). — P. 473. Crônica de San Juan de la Pena, impresa ahora pet primera vez y publicada por la Exe™* Diputacion provincial de Zaragoza (publication faite par M. Embun, et mauvaise de tout point d'après le jugement motivé deM.Baist).— P.476. Scheler, Trouvées belges au XIII* skie (art. de M. Bartsch, apportant beaucoup de corrections et d'observations de détail). — P. 48o,Meister, die Flexion im Oxforder Psalter (très long article de M. Koschwitz, qui critique ce livre par le menu, tout en le déclarant méritoire, et fait sur le sujet plusieurs remarques intéressantes). — Buchholtz, Prisca latinitatis originum libri très (art. de M. Kœrting sur un livre rempli de fantaisies qu'on ne croirait plus possibles de nos jours, surtout chez un érudit qui se dit disciple de Bopp : l'auteur pense que l'italien représente sans grand changement le latin archaïque, que la grammaire latine n'a eu qu'une existence artificielle, etc.). — P. 492, comptesrendus des n" 25 et 26 du t. VII de la Romania. M. Grœber ajoute des rapprochements à ceux de M. Smith pour les chansons du Velay et du Forez, m'apprend que la leçon Alithie ou Alethiae dans la Confessio Goliae avait déjà été adoptée dans un recueil qui m'était inconnu (Gaudcamus! Leipzig, Teubner, 1877; cependant l'antériorité de ce recueil sur mon article paraît douteuse; en tout cas je ne pouvais guère le connaître) ; examine la Chanson du ms. de Stockholm que j'ai réimprimée, conteste avec vraisemblance ce que j'ai dit sur le picard isme de vain, tain, s'étonne à tort de la graphie pouoir en regard de movoir> le v de pouvoir étant un développement postérieur, et de la graphie vueut = volet et non vult (ms. vuelt), ne comprend pas avant hui que demain (= aujourd'hui plutôt que demain), et critique au v. 23 le changement de per en par; ajoute des faits tirés du français à ceux que Meyer a rassemblés pour l'emploi non étymologique du / final, etc. M. Gaster constate l'exactitude des résultats obtenus par M. Lambrior dans son étude sur Vë en roumain. M. Ulbrich rend compte de l'article de M. Picot sur la sottie. MM. von Napolski et Bartsch ajoutent les variantes de G à celles qu'a communiquées M. Wesselofski pour les Novas del papagai, et le dernier propose une classification des manuscrits. — [M. Varnhagen constate avec raison (je l'ai vérifié depuis à Londres) qu'en décrivant le court ms. de motets récemment acquis par le Musée britannique (ci-dessus VII, 99) j'ai passé sous silence deux petites pièces latines, du reste sans importance. Les autres remarques de M. V. sont inexactes ou sans portée; aucune, en tout cas, ne lui donnait le droit d'accuser mon travail d'être fait avec peu de soin, surtout si on considère que M. V., décrivant le même ms., a commis les fautes grossières que j'ai relevées ici même (VII, 345) et sur lesquelles, naturellement, il garde un silence prudent. — Ayant à rendre compte de ma publication de la légende latine de Girart de Roussillon, M. Bartsch se prend à une seule des questions que j'ai traitées ou

indiquées, et croit y trouver matière à contestation. J'ai dit qu'il était impossible que l'auteur de la Vie latine eût connu la chanson même qui nous est parvenue : cette Vie latine, en effet, date de la fin du XIe siècle ou du commencement du XIIe, et la chanson que nous avons ne peut guère être antérieure au milieu du XIIe siècle; elle est en rimes et est le remaniement d'une chanson plus ancienne en assonances qu'a utilisée l'auteur de la Vie latine. Là-dessus M. Bartsch se donne la peine de me démontrer que le fait d'être en rimes n'empêche pas qu'une poésie provençale puisse êtrç très ancienne. Je le sais bien, mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. M. è., qui paraît avoir lu mon travail avec légèreté, perd de vue les points suivants: i* qu'il a, en fait, existé une ancienne rédaction de G. de Rouss. différente de celle qui nous est parvenue, l'existence de cette ancienne rédaction était surabondamment démontrée par les témoignages que j'ai cités aux pages 169 et 170 de mon mémoire, auxquels il faut maintenant ajouter le témoignage récemment produit par M. Longnon (voy. ci-après, n* IV, la notice de la Revue historique) ; 2* que rien ne prouve que cette rédaction perdue de G. de Rouss. ait été provençale, qu'il est au contraire infiniment probable qu'elle était originaire du pays du héros, c'est-à-dire de la Bourgogne, qu'il est par suite extrêmement vraisemblable qu'elle était en vers assonnants. J'ajoute enfin que lorsque j'ai indiqué sans le démontrer (ce n'était pas le lieu) que notre G. de Rouss. est le remaniement rimé d'un poème assonnant, je me suis fondé, non pas seulement sur la grande vraisemblance qui résulte des faits sus-indiqués, mais sur une étude approfondie des rimes. Que M. B., qui est versé dans ce genre d'études, veuille bien examiner les rimes de G. de Rouss., et il arrivera indubitablement au résultat qu'il vient de contester. Il est puéril de vouloir, comme le prétend M. B., trouver une preuve particulière de l'antiquité de notre G. de Rouss. dans l'emploi du mot enquar; et il est inexact de dire que le fragment limousin de la traduction de Saint-Jean (Musée Brit. Hall. 2928), où ce mot paraît, ait été écrit sur les limites du XIe et du XII* siècle, n'y ayant aucune raison de faire remonter ce fragment au-delà du milieu du XIIe siècle. Mais, quoi qu'il en soit de ces détails, c'est un fait absolument démontré qu'il a existé de G. de Rouss. une ancienne rédaction différente de la nôtre, fait capital que M. B. a le tort de négliger. — P. M.J — P. 50 1 , Giornale di Filologia romanza. — P. 503 , Romanischc Studien. — P. 509, Archiv fur dos Studium der neueren Sprachen. G. P.

III. — Nuova Antologia, 1 s décembre. — P. Rajna, /. Rinaldi 0 Cantastorie diNapoli; renseignements intéressants, présentés d'une manière fort agréable, sur.Ies chanteurs ou plutôt les récitateurs de poèmes chevaleresques à Naples. Ils n'y sont plus aujourd'hui qu'au nombre de trois. Le plus célèbre, établi sur le Môle, est le plus fidèle à la tradition. II lit, d'après des imprimés ou des manuscrits généralement copiés sur des imprimés (cependant il y en a d'inédits, composés il y a une trentaine d'années, mais d'après des textes en prose), tout le cycle des poèmes carolingiens, depuis les Reali di Francia jusqu'à Wrlando Fu~ rioso, en y comprenant YAncroia, YOrlando innamorato, etc.; il y joint teGuerrino Meschino et même le Caloandro, qui doit assurément être peu intelligible à ses auditeurs. M. R. pense que le métier des Rinaldi (c'est ainsi que le peuple appelle ces rhapsodes, à cause du rôle prépondérant de Renaud dans leurs histoires) ne

pourra pas subsister longtemps. Cette forme dernière et curieuse de l'épopée française a plus de vitalité en Sicile; M. Pitrè nous a promis depuis longtemps sur ce sujet un travail qu'on lira certainement avec le plus grand intérêt.

IV. — Revue historique, nov.-déc. 1878. P. 242-79, A. Longnon, Girard de Roussillon dans l'histoire. La publication de la vie latine de G. de Roussillon dans notre précédent volume a donné occasion à M. Longnon de publier de curieuses recherches sur ce personnage. J'avais dit qu'il n'y avait d'assuré que l'identification du Girart fondateur de Pothières et de Vézelai avec le Girart épique ; que l'identité du même personnage avec le Girart comte et duc de Provence n'était nullement démontrée. Et en effet, elle ne l'était pas, à s'en tenir aux travaux publiés jusqu'au moment où j'écrivais. M. L. reprenant la question ab ovo et faisant usage d'un texte d'Hincmar jusqu'ici non produit, et qui est décisif, a établi cette identité. Je tiens ce point pour acquis. M. L. est moins heureux, à mon avis, lorsqu'il essaie de montrer que les luttes soutenues par le Girart historique contre Charles le Chauve ont quelque rapport avec celles que raconte le poème ; il est obligé d'exagérer notablement ce que nous savons de ces luttes. Sur divers points accessoires M. L. donne d'utiles éclaircissements. Ainsi j'avais dit, à l'occasion du § 79 de la vie latine, que je ne trouvais aucune trace d'une abbaye de Sainte- Marie-Madeleine dans le diocèse de Soissons (p. 229); M. L. montre (p. 251, note 2) qu'il s'agit de l'église collégiale du Mont-Notre-Dame, c successivement appelée Mont-Sainte-Marie-Madeleine, puis simplement Mont-Sainte-Marie, et enfin Mont-Notre-Dame ». J'avais appelé l'attention sur un récit que l'auteur de la Vie latine devait avoir tiré, selon moi, de la rédaction primitive du poème, le récit où on voit le roi battu par Girart et refoulé jusque dans Paris (p. 172), et j'avais dû me borner à constater que cet épisode ne se trouvait pas dans le poème tel qu'il nous est parvenu. M. L. a signalé un autre témoignage sur le même épisode dans Renauî de Montauban (éd. Michelant, p. 45). Comme cette allusion ne peut, par les termes mêmes dans lesquels elle est conçue, avoir été tirée de la Vie latine, il faut bien qu'elle se réfère au poème perdu, dont l'existence est ainsi de mieux en mieux établie. A la fin de son intéressant travail M. L. présente une conjecture digne d'attention au sujet de Girart de Frette. P. M.

V. — Zeitschrift fûr deutbches Alterthum, N. F. X. — P. 1-19, Mannhardt, Accord de traditions populaires antiques et modernes; remarques comparatives pleines d'intérêt. — P. 19-25, Scherer, Salomon et le dragon; recherches sur ce petit poème allemand du XIIe siècle, dont le sujet n'est pas étranger à la littérature française. — P. 25-75, Naumann, Sur la chronologie des œuvres de Hartmann a" Aue; ce poète ayant traduit trois ouvrages français, il n'est pas inutile pour notre histoire littéraire de savoir la date de ces versions : d'après M. N. Erec est le début de Hartmann, il a été écrit peu après 1191 ; Ivain est son dernier ouvragel — P'i4$- 210, fragment d'une légende de Saint Sylvestre, p. p. Rœdiger; cette légende a aussi été traitée en français; M. R. en étudie les sources. — P. 256-258, note de M. Dûmmler, qu'il serait facile de grossir considérablement, sur la diffusion de la sodomie au moyen-âge, notamment parmi les clercs. — P. 2 58-263, Enigmes latines, tirées par le même d'un ms. de Lorsch ; remarquons que la 3e désigne

la pluie plutôt que l'eau, la 4e la glace plutôt que la gelée, que la 9* est la plume qui écrit, et la 1 2' peut-être l'encre (composée d'eau, de noix de galle et d un troisième élément). Dans la 3e je comprendrais le cœur (et non l'âme), le premier vers étant une allusion à un passage biblique connu, et je lirais au v. 10 claudar pour claudas. — P. 328, Ebert, Naso, Angilbert und dcr Conflictus veris et hiemis; M. Ebert conjecture que le Naso auteur d'une églogue publiée par M. Dûmmler était Anglais, que c'est à lui qu'Alcuin a adressé des vers sous le nom de Corydon ; que le Micon de cette églogue est Angilbert, et qu'il en résulte qu'Angilbert est bien l'auteur du poème épique sur Charlemagne et Léon; enfin que l'auteur du Conflictus veris et hiemis est un certain Dodon, élève d' Al eu in, qui lui a adressé une pièce allégorique où il l'appelle Cuculus par allusion à son poème. Ces conjectures sont ingénieuses, mais M. Ebert reconnaît lui-même qu'elles sont peu certaines. — P. 389-406, Strauch, Secundus; remarques sur les dialogues attribués à ce philosophe, qui ont été très répandus dans les diverses littératures du moyen âge. — »P. 421-428, Enigmes latines, proverbes latins et poème sur les six âges du monde, publiés par Dûmmler. G. P.

VI. — - Revue celtique, III, 3-4. — P. 365, deux contes écossais, avec de savantes observations de M. Kœhler. — P. 379, L'homme juste, conte breton publié par M. Luzel, avec des remarques comparatives. — Les Mélanges contiennent diverses notes relatives au jolk-lore qui intéressent les romanistes. — Dans la bibliographie, nous relèverons les comptes-rendus de : Luchaire, les Origines linguistiques de P Aquitaine (H. G.) ; Michel, Les voyages de saint Brandan (H. G.); Mélusine (P. Regnaud), etc.

VII. — Société scientifique et littéraire d'Alais, année 1876, t. VIII (publié en 1877-1878). — P. 73-7, Lettre à M. G. Charvet sur le texte languedocien de la charte alaisienne de MCC par J. Bauquier. Le texte languedocien (ms. d'Alais) publié par M. d'Hombres est une mauvaise traduction de l'original latin ; relevé des incorrections, des contre-sens et des non-sens de cette traduction, ainsi que des erreurs de lecture et de transcription commises par l'éditeur. — P. 86-133. Un épisode d'histoire locale sous le règne de Charles VI, par G. Charvet. Les habitants de Castillon-du-Gard refusèrent en 1 396 de payer aux commissaires du sénéchal de Nimes une taille de 12 fr. par feu imposée par le roi. Une enquête fut faite le 17 janvier 1396 (1397) ; elle est en latin, mais les dépositions sont en langue vulgaire. — P. 1 34-6. Des mots slaves adoptés dans la langue française, par J. Malinowski. Cette note fait suite à celle que j'avais publiée sur le même sujet dans le Bulletin de la Société d'Alais. Les mots nouveaux apportés par M. Malinowski sont baba, briska ou bresque, hospodar, hussard ou houssard, kawiar, kurtka, pope, skouptehina, ulan, vladika, witchura, zubr. Ces mots ne sont pas tous originairement slaves.

J. Bauquier.

VIII. — Revue Critique, octobre-décembre. — Art. 192, Trochon, Essai sur l'histoire de la Bible dans la France chrétienne au moyen dge (ce qui concerne les versions françaises n'est ni complet ni exact). — 210. Lûcking, Die altesten

franzasischen Mundarten (A. Darmesteter). — 231. Von Lebinski, Die Detlination in der Oil-Sprache ; Suchier, Utbtr du Vu de seint Auban ; Hofmann et Vollmœller, Der Mûnchener Brut (A. Darmesteter). — 239. Froissart, Chroniques, p. p. Luce, t. VI (T.). — 240. Bastin, Étude philologique de la langue française, I (A. Darmesteter). — 244. Morel-Fatio, L'Espagne au XVI9 et au XVII* sùcle (A. C).

IX. — Literarisches Centralblatt, octoW-septembre. — N° 43, Mûller, Etymologisches Wœrterhuch der englischen Sprache, 2« éd.; Fleck, Der betonte Vocalismus einiger altostfranzœsischen Sprachdenkmaler. — 47. Knust, Dos obras didacticas y dos legendas sacras, de manuscritos de la Biblioteca del Eseorial (les deux légendes sont celles de S. Eustache et de Guillaume d'Angleterre ; les deux traités didactiques sont les Flores de filosofia et la traduction du livre du Chevalier de la Tour-Landri).

X. — Jenaer Lïteràturzeitung, octobre-décembre. — N°44, La Chanson de Roland, p. p. Mûller (Stengel). — N° 47, Gaspary, Du sicilianische Dichterschule (Tobler : livre digne d'éloges).

Nous avons reçu la Leçon d'ouverture qu'a prononcée M. A. Boucherie à Montpellier, le 16 novembre, en inaugurant les conférences de philologie romane (langue d'oïl). Nous l'avons lue avec le plus grand plaisir. M. Boucherie a fort bien divisé le sujet qu'il voulait traiter : dans la première partie il a exposé les motifs qui justifient la création à Montpellier de deux conférences pour la philologie romane, et il a expliqué le sens de ce mot ; dans la secondé il a retracé l'histoire de la philologie romane depuis le commencement de ce siècle, et dans la troisième il a tracé un rapide tableau des phases diverses du développement de la langue et de la littérature françaises au moyen âge. Nous avons trouvé partout des vues intéressantes et bien exprimées, et nous n'avons que bien peu d'objections à faire. Pourquoi le français du nord est-il qualifié (p. 20) de plus c barbare > au IXe siècle que les autres dialectes néolatins ? Dreit, pois, meon ne sont pas plus barbares que dritto, puedo, mio, ou les autres formes contemporaines des divers parlers romans. Charlemagne, d'après l'auteur, parlait le c gallo-romain t comme • son autre langue quasi-maternelle, t Nous ne connaissons aucune preuve à l'appui de cette assertion, et nous avouons ignorer où se trouve le passage cité par M. Boucherie, qui le représente entouré teutonicis gallicisque vatibus (ce qui d'ailleurs ne prouverait rien pour la question). On doit à Génin, d'après M. Boucherie (p. 1 $), « en ce qui concerne la prononciation du vieux français, de véritables découvertes » ; c'est sur ce terrain, à notre avis, qu'il s'est le plus complètement fourvoyé, et nous serions curieux de savoir quelles sont ces découvertes, et '.comment M. Boucherie concilie l'opinion qu'il exprime ici avec ce qu'il dit ailleurs fort justement de Taccord, au XII* siècle, de l'orthographe et de la prononciation. L'auteur donne une idée inexacte de la différence qui sépare ce que nous appelons notre enseignement supérieur de celui de l'Allemagne en disant (p. 14) que les universités allemandes sont c plus complètes que les nôtres », comme si nous avions des universités! Il s'écarte encore plus de la vérité quand il cherche subtilement à justifier la création à Montpellier de deux chaires de philologie romane, — l'une consacrée à la langue d'oc, l'autre à la langue d'oïl, en sorte que ni l'italien, ni l'espagnol, ni le portugais, ni le roumain ne sont représentés, — tandis que dans une université allemande le professeur de langues romanes enseigne dans leur ensemble les langues et les littératures néolatines. M. Boucherie a découvert de cette différence une raison fort extraordinaire : c'est, ditil, que les professeurs allemands ne sont pas obligés d'étudier les patois

vivants, tandis que lui et M. Chabaneau, son collègue, seront obligés de leur consacrer une grande partie de leur temps. La vraie raison, c'est qu'on est habitué en France, pour la plus grande commodité des professeurs, à ne faire par semaine que deux ou au plus trois leçons, et qu'en outre on a assez de peine à trouver quelqu'un qui puisse enseigner convenablement un seul des dialectes néolatins ; dans ces conditions, pour faire représenter à Montpellier la langue d'oc et la langue d'oïl, il fallait deux professeurs (quoique la seconde considération n'existât pas pour M. Chabaneau) ; mais en Allemagne, un professeur ordinaire, qui fait quatre fois plus de leçons par semaine et qui est d'habitude assez instruit pour remplir une plus vaste tâche, aurait été largement suffisant. Nous n'aurions pas chicané M. Boucherie sur cette innocente apologie, s'il ne présentait pas la double création de Montpellier comme un progrès, comme ayant c rendu à la France tous ses avantages vis-à-vis des étrangers, qui en sont encore à l'unité de chaire en fait de philologie romane (p. 10). » C'est vraiment aller un peu trop loin, et nous sommes obligés de dire les choses comme elles sont. — M. Boucherie termine sa leçon par un court exposé delà manière dont il entend foire ses conférences : il inous paraît avoir parfaitement compris sa tâche, avec modestie et décision â la fois, écartant d'avance les oisifs et attirant les travailleurs sérieux, résigné â fonder lentement et sûrement la petite église dont il sera le chef quand il l'aura créée. Nous ne doutons pas que cette attitude exempte de tout charlatanisme ne produise avec le temps les meilleurs effets. — La leçon de M. Boucherie a paru en brochure (Montpellier, imprimerie centrale du Midi) ; nous espérons avoir bientôt celle de M. Chabaneau, chargé des conférences sur la langue d'oc.

— Nous avons appris la mort de M. Meister, qui s'était fait avantageusement connaître par son travail de début, récemment publié : Die Flexion im Oxforder Psalter.

— La Société de l'Histoire de France mettra bientôt en distribution (mars 1 879) le tome II de la Chanson de la croisade contre les Albigeois, éditée et traduite par P. Meyer. Ce volume, dont l'impression est terminée depuis décembre dernier, contient : 1 * l'introduction (cxx pages) à joindre au t. I ; 2° la traduction accompagnée d'un commentaire surtout historique (pp. 1-478); 3° une table analytique (pp. 479-513); 40 des additions et corrections (pp. 514-28).

— La publication, faite en 1868 par lord Ashburnham, d'une ancienne traduction du Lévitique et des Nombres, dont il possédait le manuscrit, a vivement intéressé les romanistes aussi bien que les théologiens. C'est en effet un des textes les plus importants pour l'étude du latin populaire qu'on ait fait connaître jusqu'à nos jours. Le manuscrit d'Ashburnham-Place était visiblement un fragment ; en effet, à la première page on lisait Explicit exodus incipit leviticus, et à la dernière Explicit numeri incipit deuteronomium9 et il était à présumer que ce fragment avait été enlevé à quelque manuscrit d'une bibliothèque française. M. Léopold Delisle a eu le bonheur de retrouver ce manuscrit dans la bibliothèque de la ville de Lyon ; il a annoncé cette découverte à l'Académie des inscriptions dans la séance du 23 octobre 1878. M. Ulysse Robert a entrepris la publication de l'ensemble de cette version du Pentateuque (car le ms. de

Lyon ne contient que le Pentateuque, encore n'y est-il pas complet) : il en donnera d'abord une reproduction diplomatique, puis un texte lisible. Il joindra à son édition le texte grec qui a servi de base au traducteur latin, — c'est un texte qui se rapproche beaucoup du Codex Alexandrinus, — et une collection des fragments, conservés par les Pères, des anciennes versions latines du Pentateuque. Cette publication sera d'autant plus importante que, comme Ta montré M. Reusch, la version conservée dans le manuscrit de Lyon est celle qu'a connue saint Cyprien : cette circonstance en rend l'origine africaine très vrai-, semblable.

— P. Meyer vient de mettre sous presse une traduction de Girart de Roussillon avec commentaire, qui formera un assez fort volume in-8°. Cette traduction, qui sera bientôt suivie d'une édition du poème, aura pour base principale, mais non pas exclusive, le ms. d'Oxford. Dans les notes le traducteur aura soin de signaler toutes les difficultés dont il ne trouve pas la solution.

— J'ai dit ci-dessus (p. 109) que M. le comte d'Ashburnham possédait deux mss. de Dino Compagni, l'un (Libri 443) du XVe siècle, l'autre (Libri 481) du XVIIe siècle. Dans le Borghmi du ier janvier, qui me parvient au moment où cette feuille va être tirée, M. Fanfani assure (p. 196), d'après une communication du prince Boncompagni, que le catalogue de la collection Libri, imprimé par les soins du comte d'Ashburnham, attribue le second de ces mss. au XVe siècle tout comme le premier. Il y a là une erreur de copie qui s'explique par le fait que le prince Boncompagni ne possède pas, autant que je puis croire, le catalogue imprimé de la collection Libri, mais une copie qui a été prise sur mon exemplaire. Le ms. 48 1 est du XVII* siècle, et c'est au XVIIe siècle que le catalogue l'attribue. — P. M.

— Livres adressés à la Romania :

Aucassin et Nicolette, chantefable du XIIe siècle, traduite par A. Bida ; révision du texte original et préface par Gaston Paris. Paris, Hachette, petit in-4% xxxi- 104 p. — Nous donnerons dans notre prochain numéro un article étendu sur l'édition de M. Suchier (voy. Rom. VII, 637) comparée à celle-ci.

Grammàtic'a limbei romanesci. Partea I. Etimologia. De Irimi'a Çirga. Bucuresci, Socecu, in-8°, 146 p.

Histoire et théorie de la conjugaison française par Camille Chabanbau. Nouvelle édition revue et augmentée. Paris, Vieweg, in-8°, quatre-135 p. — Nos lecteurs connaissent le livre de M. Chabaneau, qui fut son début si remarqué. Il reparaît accru des résultats accumulés depuis dix ans par les travaux des romanistes et les réflexions personnelles de l'auteur. Il est inutile de recommander un pareil livre : nous en reparlerons.

Notice sur René Macé et ses œuvres, par Gaston Raynaud. Paris, Picard, in-8*, 1 5 p. (Extrait du Cabinet historique.)

Studi di Etimologia italiana e romanza... del Dr P. Caix. Firenze, Sautrei, in-i 2, xxxv-273 p. (I. 2,50). — Nous avons souvent entretenu nos lecteurs des étymologies, d'ordinaire excellentes, que M. Caix a publiées à diverses reprises. Il a eu la bonne idée de les réunir dans ce petit volume, qui forme

un supplément indispensable à la partie italienne du Dictionnaire de Diez.

Glossaire du Morvan. Etude sur le langage de cette contrée comparé avec les principaux dialectes ou patois de la France, de la Belgique wallonne et de la Suisse romande, par A. de Chambure. Paris, Champion, in-4% xxn-54- 966 p. — Ouvrage inspiré par celui du comte Jaubert, mais qui lui est supérieur comme méthode et comme exécution.

Histoire de la langue et de la littérature française au moyen âge d'après les travaux les plus récents, par M. Ch. Aubbrtin, tome second. Paris, Bel in, in-8°, vi-585 p.

Etude philologique de la langue française on Grammaire comparée et basée sur le latin par J. Bastin. Seconde partie (syntaxe). Paris, Maison neuve, in- 8° , xiv- 3 09 p., plus 65 p. consacrées aux Homographes , homonymes et paronymes.

Index zu Diez' Etymologischem Wœrterbuch der romanischen Sprachen, von D' G. U. Jarnik. Berlin, Langenscheidt, in-8*, vi-237 p. — Cet index, très bien conçu et exécuté avec soin, était un besoin véritable et sera fort utile. 11 est fâcheux que l'éditeur ne se soit pas entendu avec celui du Wœrterbuch de façon à ce que cet index s'appliquât à la nouvelle édition. Toutefois l'inconvénient est léger : il se restreint presque à l'omission forcée du supplément de la nouvelle édition ; l'index peut servir pour toute la partie qui est de Diez, puisque chaque mot renvoie à un mot qui est tête d'article, et qu'on trouve par conséquent à son ordre alphabétique, sans avoir besoin de l'indication de la page. On doit être reconnaissant à M. Jarnik de la peine qu'il a prise et de l'intelligence qu'il a montrée dans l'accomplissement de sa tâche.

Dauer und Klang. Ein Beitrag zur Geschichte der Vocalquantitaet in altfranzœsischen, von Bernhard ten Brink. Strasbourg, Trûbner, in- 18, v-54 p. — Ce mémoire, qui a pour point de départ un article de M. Bœhmer (v. Rom. VII, 632), est, dans sa petite dimension, d'une grande importance. L'exposition lumineuse et le raisonnement solide de M. ten Brink ne dissipent pas toutes les obscurités du sujet ardu qu'il a traité, mais il apporte â l'histoire phonétique du français une contribution d'une haute valeur. Nous reviendrons sur ce livret, pour en exposer et en critiquer les résultats.

Les Enseignements d'Anne de France, duchesse de Bourbonnois et d'Auvergne,

à sa fille Suzanne de Bourbon texte original publié d'après le ms. unique

de Saint-Pétersbourg, et suivi des catalogues des bibliothèques du duc de Bourbon existant au XVI* siècle tant à Aigueperse qu'au château de Moulins, et d'un glossaire, par A. -M. Chazaud, archiviste de l'Allier. Reproduction des miniatures originales d'après les dessins de M.A.Gregory. Moulins, Desrosiers, in-4% XL-340 p. — Très belle publication d'un ouvrage extrêmement intéressant. Anne de Beau jeu, dont on connaissait la sage et ferme politique, se présente ici sous un aspect moral et intellectuel très élevé.

Le propriétaire-gérant: F. VIEWEG.

Imprimerie Gouverneur, G. Daupeley à Nogent-le-Rotrou.

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