Grammatica celtica, 2* édition, p
trente- deux vers ou huit rann*. C'est aussi le système des vers irlandais que, vers la même époque, un moine écrivait sur les marges du Priscien de Saint-Gall :
Is-acher in-gâith in-nocht, Fufuasna fairggae find-folt :
Ni âgor reimm mora minn Dond-laechraid lainn oa-Lochlind.
Le vent est violent cette nuit,
L'Océan agite sa blanche chevelure :
Je ne crains pas de course sur la mer limpide
Par les armées impitoyables de Scandinavie 2.
Dans le second système, c'est-à-dire quand le second vers de chaque rann assone avec le quatrième, souvent l'assonance affecte, outre la dernière syllabe, l'avant-dernière syllabe du vers. Ainsi dans l'hymne de Fiacc sur saint Patrice :
1 A-Druid fri-Loegaire Tichtu Phatraic ni-cheilltis :
Ro-firad ind-fastîne Inna-flatha as-beirtis.
2 Ba-Ieir Patraicc com-beba, Ba-sab indarba cloene ; Is-ed tuargaib a-eua
Suas de sech-treba doine.
3 Ymmuin ocus abcolips, Na-tri-coicat no-s-canad ; Pridcad, baitsed, arniged, De-molad Dê ni-anad.
1 Ses druides à Loegaire
Ne cachèrent pas la venue de Patrice, Se vérifièrent les prophéties Du royaume qu'ils avaient dites.
2 Patrice fut pieux jusqu'à ce qu'il mourût. Il était un vigoureux chasseur de démons : C'est ce qui éleva sa bonté
Au-dessus des tribus des hommes.
3 Les hymnes et l'Apocalypse,
Les trois fois cinquante [psaumes] il chantait. Il prêchait, baptisait, priait ; De louer Dieu il ne cessait.
1 . Sur les lois de la versification irlandaise, voir O'Donovan, A grammar of thc iris h languagc, p. 412 et suivantes.
2. Windisch, KurzgtfassU irischc Grammatik, p. 118; Whitley Stokes, Beitracgc de Kuhn, VIII, 320.