‹ Romania (volume 4)Chapitre 83 sur 283 · Voy. sur ce mot ci-dessous aux Mélanges · texte numérisé non relu

Voy. sur ce mot ci-dessous aux Mélanges

(sachon : non 640). Je ne vois rien dans tout cela qui ne pût se trouver dans Chrétien de Troyes, et je pense que la langue de notre auteur ne devait pas sensiblement différer de celle du trouveur champenois.

Mais le seul copiste qui nous ait conservé son œuvre n'était certainement ni son compatriote ni son contemporain. Il parlait une langue beaucoup plus moderne, et notamment ses nombreuses altérations de la déclinaison prouvent qu'il n'en avait plus qu'une idée vague. Il présente en outre des traits dialectaux. Il écrit souvent e pour ter, d'ordinaire seulement dans les verbes : apparelées 35, changée 307, dépecée 308, auise 355, 843, desguise 356, 844, cercher 758, corocee 897, espurgee 960 mais aussi ches 548, 596 ; mais d'autre part il a une tendance à contracter iee en ie : enveisie 126, mesnie 495 2, enseignie 496, esragie 802 et même preire jj, 963. — Il écrit e pour i provenant de l latin devant jod (cf. Rom. V, 66 ss.) : let 142, parmi 300, des 380, delez 541, prêt 602, pez 805. L'original avait certainement i, comme il résulte d'une curieuse correction du copiste : au v. 573 il avait d'abord écrit despet, mais le mot devant rimer au v. 574 avec contredit, qui avait un i dans son dialecte comme dans celui de l'auteur, il a changé Ve de despet en î. Il distingue ei de oi, ce que ne faisait pas Fauteur, et ne songe pas toujours, comme dans le cas précédent, à harmoniser l'orthographe aux rimes; de là des rimes comme seie : joie 146, atendeie : joie 772. — Dans les imparfaits il paraît avoir étendu à -abam le produit de -ebam par une analogie inverse de celle qui en français a assimilé -ebam à -abam (Rom. VII, 138) ; de là des formes comme ameit 29, kemandeit 620, doneit 372, et à côté des restes des anciennes formes en -out, ot : lessot 27, manjout 43, alout 292, gardout 590, etc. — Des formes particulières sont : poer 24, veer 907, — avet (habetis) 592, — beu (à côté de beau et de bel) 713, 767, — et jose (causa) 442. — Tous ceux de ces traits auxquels on peut assigner une patrie nous conduisent vers le sudouest du domaine français : beus, par exemple, se trouve en Saintonge (trad. de Turpin); des formes comme poer et veer apparaissent dans la même région; let, des, prêt, etc., apparaissent plus ou moins fréquemment dans Etienne de Fougères (let, str. 69), dans Jehan Le Marchant (1ère p. 1 7, /& = lits rimant avec lés = latus p. 91), dans Païen Gatinel (set = sequitur p. 97, leire rimant avec ère p. 23, enpére rimant avec ère p. 1 50, etc.), et sont tout à fait caractéristiques pour l'ouest. La forme avet est surtout significative ; en dehors de VEpître farcie pour le jour de S. Etienne, bien probablement écrite à Tours (Jahrb. IV, 3 1 5), je ne me souviens de l'avoir rencontrée que dans le drame des Vierges folles,

1. Enpirdr, tout à fait isolé au v. 850, doit être un lapsus pour enpirier.

2. Je ne compte pas mesnce 898 comme exemple de «pour k, parce que maisnée existe à côté de maisnUc.

composé assurément sur la limite des langues d'oïl et d'oc. C'est donc, vraisemblablement, dans la Touraine, le Poitou ou l'Angoumois que notre pièce a été copiée. Je n'ai pas étudié le reste du manuscrit, qui offrirait sans doute les mêmes phénomènes.

Ce manuscrit est de la fin du xme siècle ; il provient du fonds de l'église de Paris, où il portait jadis le no 273 bis; il a été décrit en détail par M. Marius Sepet, à l'occasion d'une pièce latine qu'il en a tirée (voy. Rom. IV, 296) ; il est donc inutile d'en parler plus longuement. C'est d'après ce ms. que M. Hippeau a publié le Bestiaire de Guillaume le Clerc; au jugement de M. Martin (Besant, p. xxi), on ne pouvait plus mal choisir entre les nombreux manuscrits qui contiennent ce poème.

Les abréviations n'offrent de difficultés que dans deux cas : dans cdme, têpeste, etc., faut-il écrire noxxmlp doit-il être résolu en p*rou en par? J'ai écrit m partout où l'usage actuel le demande, parce que le ms. le fait d'ordinaire quand il écrit en toutes lettres, p. ex. embrazemenz 132, chambre 143, ensemble 164, 166, semble 165, et semble 206 rimant avec êsêble, femme 884 etc. (l'autre orthographe, comme conpaignie 1 58, enprent 220, menbra 474, enbrace 699, enpireir 850, est plus rare). — L'abréviation p peut représenter per ou par, ainsi apte 110 rime avec perte, et d'autre part partir 188, parmi 300 prouvent qu'il faut lire de même ptie 363, page 1 18, etc.; j'ai choisi l'un ou l'autre suivant les cas. — Por n'est jamais abrégé. — Le ms. écrit d'ordinaire mont de multurn, quand il ne l'abrège pas en mh; j'ai dans ce dernier cas écrit rnout, qui d'ailleurs se trouve aussi en toutes lettres (p. ex. v. 138, 910). — Au reste, sauf quelques corrections indispensables, j'ai reproduit le manuscrit tel quel.

ki commence le prologue en la vie saint Aiexi. (30

Bone parrole boen leu tient; Por ce m'es pris talant de dire

Et cil qui Pot et la retient 1 0 Un conte de bone matire Et met a ovre fet que sage; Por crestiens édifier,

Et cil ne fet pas son demage Et pour ce que il m'est mestier

$ Qui la dit, enceis fet son preu Que bone parole me tienge [ge

Vers Deu, qui en tens et en leu Boen leu vers Deu, qui me meintien-

Li merira, ge n'en dout rien : 1 5 En son servise, et tel me face Kar il guerredone tôt bien. Que je le veie face a face4.

Or commencera vie saint Alcxi.

l()ob)

Jadis avint, ce dit Pestoiere, 20 Ensemble; en lor tens out un home Que dui frère, Archade et Honoire, En la cité, boen crestien,

Furent emperére de Rome Ki aveit non Eufemien :

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