X. G. de Coincy, col
XI. Pfeiffer, Marienlegenden, Anhang, cxxvin. Une version en moyen-hautallemand, ib., p. 83. — G. de Coincy, col. 517*.
XIII. L'original se trouve Harl. 2316, fol. +b. Une rédaction un peu plus Succincte se trouve dans Harl. 463, fol. 21 v, et a été imprimée par Wright dans ses Latin Stories, CX. Cf. Méon II, 394. Jubinal, Nouv. Rec, I, 79, Gcsta Romanorum, éd. Oesterley, n° 13.
Disons quelques mots de la langue des miracles. Elle est loin d'être régulière. Ct latin par exemple devient généralement ch; ainsi nous avons fâcha 71, dicha 70, mais il se maintient dans retraita 68. L's du nom. sing. est quelquefois mis, comme lo crcstias 1 j , 2 1 , lo Jugieus 1 5 , quelquefois omis, comme un crestia 20, lo Jugieu 18.
On sait qu'en prov. s peut tomber devant un jod roman. Diez, Gramm., I3, 239 (trad. 222), cite comme exemples dans lesquels s est tombé entre deux voyelles, les mots baiar, mayo, ocaio, gltia, preio. Dans tous ces exemples il s'agit de la combinaison sj, dans laquelle s tombe, tandis que ; garde sa valeur gutturale ou devient palatal, égalant g et plus tard s. Il est souvent difficile de dire si dans certains documents de la langue provençale il faut lire par exemple aia ou aja; mais il me semble hors de doute que dans nos miracles il faut se décider partout pour la palatale. Car nous y trouvons deux exemples, dans lesquels la notation par g enlève tous les doutes : vegio, 3 , 6b et confugio 18$. J'ai donc aussi écrit majos 8, et giuja 1 . La palatale est encore préférée à la gutturale dans verguonja qu'on trouve aussi dans le poème de Peirol, Manta gtns me mal rajona, rimant avec lonja (Mahn, Werke II, 3).
Notre texte présente une particularité qui ne se trouve pas ailleurs, que je sache. C'est que s et z — que ce dernier soit issu de d ou de c latin — devant a, c, /, se change en j, noté aussi par g. Citons des exemples :
i° S devant a : accu j ad a 90, doloiroja 62, mertvilhojamen 89, mesprejamen 107, paujar 42, paujat 124, paujada 67, 109, empaujat 88, prepaujamen 146,^preja 76.
1 . Cette célèbre légende a inspiré la Vinus d'Ult de Mérimée ; le poète allemand Eichendorff en a également tiré une nouvelle : Plmage de marbre (Œuvres complètes,]!, 105). H. Heine, dans sa fantaisie sur les Dieux en exil, la rapporte d'après le curieux livre de Kornmann. Mons Veneris (Frankf. 1614), où elle se trouve en effet à la p. 77 : Kornmann l'avait prise dans saint Antomn, qui luimême l'avait empruntée à Vincent de Beauvais.
2. [Un récit semblable, sauf quelques changements introduits pour un but spécial, est donné par plusieurs auteurs comme ayant été l'occasion de l'établissement de la fête de la Conception de la Vierge. Voy. Et. de Bourbon , édit. Lecoy de la Marche, § 106. — G. P.]
3. [C'est ici le lieu de rappeler que M. l'abbé Vayssier indique parmi les caractères du dialecte rouergat, parlé sur la rive droite du Lot, au nord du dép. de l'Aveyron, l'usage de remplacer t le s doux par /, qui a un son chuintant: bijio% bise, comijio, chemise • (Revue des long, rom., lll, 355. — P. M.J
S devant*: degemparet 37, dejesparava iH,.Preies 43» remagero 71.
5 devant i ; vegitar 59, dcvcgida 61, vigiblamcn 188.
2* Z issu de </ ; flagi 37, augit 82, 102, aagma 34, bencgitz 51, benegeita 6$, aigw 121, aigec 71, cr*g/a 13, crejes 176, /ugiai H, /<w/ar 123, sucegir 95, wgû 114, 115.
3° Z issu de c : degia 49, </igen 6, duo j amen 183,/dgûr 6, /Agio tf,fagen 82, 172, yjgcn 54, ^/flg/o 100, serv/gi 58, wgi 136; /*r*;a IX, anegregkz 71.
Pouf expliquer ce phénomène, il faut partir d'f . Comme pour arriver de c à l, il faut admettre le développement d'un y après le c, un y s'est intercalé après Ys et s donne 2, tout à fait comme visionem = vegio.
Diez, Gramm., II3, 198 (trad. 181) remarque que Faidit présente pour a/z aussi an et que les Léyj connaissent ce changement. Notre texte offre deux exemples de ce phénomène: vau (1, 4, 42, 48, 78, 94, 102, etc.) et au $1. Diez a raison d'admettre comme fondé ce passage d'an en au. C'est en effet un phénomène qui se trouve dans beaucoup de langues indoeuropéennes que a nasal se change en au quand cette combinaison se présente i° devant une consonne, 2° à la fin du mot. Si Ton disait que m ou n se change en u, on donnerait le résultat du développement, mais on se représenterait celui-ci d'une manière inexacte: a+m et a+n ont dû subir la nasalisation comme la présente le port. vâOy puis le timbre nasal s'est émancipé et s'est changé en u (fr. ou). Cf. Joh. Schmidt, Zut Geschichte des Indogermanischen Vocalismus, I, 147). Nous avons le même phénomène dans la troisième pers. plur. du présent ind. de la première et de l'imparfait de toutes les conjugaisons, quand les textes présentent les formes 0; seulement a offre encore une évolution de plus, au devenant 0. La différence entre vau et avio s'explique parfaitement par l'accent. Je pense qu'il faut voir la même influence dans les adverbes qui dérivent de part. prés, comme dans crraumtnt, de même dans graument*.
1. [L'emploi de au pour an à la 3e pers. plur. de I'ind. prés, d'aver et à la même personne du futur, au, aurau, amarau, est en effet incontestable com/ne Diez le reconnaît, mais je doute fort que l'auteur de la Grammaire des langues romanes eût expliqué cette forme comme le fait notre collaborateur. Pour moi je considère au comme régulièrement d'habent en passant par avent, av'nt. Une forme plus pleine est aun qui se trouve aussi (voy. Diez à I endroit cité), notamment dans le chansonnier de Peiresc (Bibl. nat., fr. 1749). — Quant à Yo de l'imp. y pers. du plur. je ne puis admettre qu'il vienne a au; on n'a jamais dit aviau. Il me paraît évident qu'awo (ou avion) s'est produit à côté d'avian, forme plus étymologique, de la même façon q\ïamo,amon à côté d'aman. — Je crois enfin qu'erraument et graument, si graument il y a, n'ont rien à faire ici. — P. M.]
[J'objecte à M. P. Meyer qu'il n'explique pas la chute de Yn devant une consonne. Diez 1 3 402 dit que quand il se trouve dans la terminaison atone pour nt latin, est inséparable dans cantan et canten, parce que canta et cante auraient causé une confusion avec le sing., mais que 1 omission de Yn est permise dans les formes en on. parce que cette confusion n'existe pas pour elles. Cette raison n'est pas sérieuse. Les langues se servent des pronoms pers. pour distinguer des formes verbales devenues égales par les lois phonétiques ; le français n'a même plus cette ressource dans i/ parle et ils parlent. Si l'on admet que au + cons. peut donner en prov. comme ailleurs 1) à la tonique: aun ou au, 2) à l'atone : on ou 0, on a la solution de la question. Cantan et canten ne peuvent pas perdre leur n, parce qu'il est devant une consonne, mais cantan peut
Diez, Gramm., AI8, 341 (trad. 3 17), fait observer que le roman préposait, pour marquer l'insistance, certaines particules au second membre de la proposition, lorsque le premier avait une signification temporelle, causale ou conditionnelle. Ces particules sont sic et et. Mais, d'après lui, et n'est employé que lorsque les deux propositions ont des sujets différents. Cette assertion est contredite par les exemples suivants de notre texte : — E quart Tejas lo vi, e el ac paor en se meteihsy 101. — E quart aquest tiers fo excitât de son somje, e el anet queren la ymagina, 105. — E quan aquest evesque fo vengut a port amb sos companhos, e el w lo sieu companho n8. Cf. encore 121, 148.
(I) (Fol. 2a) Assi dejotz s'ensec dels miracles de Sainhta Maria vergena. (rubrique) E prumeiramen : Cossi nostra dona donet forsa e poder aïs efans que levesso las colomnas basten la sua glieja (rubrique).
1 . Coma Costanti fees bastir una mereviihoja glieja ha la honor de nostra dona, e agues fah araenar alqunas grans colomnas a obs de la dicha glieja, vau venir pluros homes per levar aisselas colompnas ella glieja. 2. Mas anc levar no las pogro, et de jorn en jorn s'estudiavo de levar amb gran forsa, e re finalmen no pogro acabar. 3. Mas aprop ' nostra dona fetz appareisser en vegio al maestre que bastia la glieja que apeles très efans de l'escola lhi quai no ero pies enquera de perfectio de vertut, et levario las colomnas. 4. E lo maestre va los apelar, e aissi quan foro vengut, vau se penre a las colomnas, e de contenen vau las levar per lo miracle de nostra dona.
(II) En quai maneira nostra dona no suofre las enjurias fâchas al sieu glorios filh, e aisil aparec en la ymagina contra la quai lhi Jugieufagio escarnimens de la passio.
5. Un arcivesque cantava una vetz ella ciotat de Toleta lo jorn de la
donner canton ou canto parce qu'/z, en exerçant son influence sur a, peut se maintenir ou s'user. Les autres formes en 0/1, comme servon et igron, ont subi l'influence de la première conjugaison et des imparfaits. — J. U.]
[Je n'explique pas comment il se fait que Yn de cantan subsiste toujours, tandis que Yn de canton disparait en certains pays, et je reconnais que la raison donnée par Diez est faible; mais je persiste à regarder comme absolument inadmissible l'explication proposée par M. Ulrich, car elle suppose la production d'un u là où il n'en existe aucun exemple avéré en provençal ; l'anglo-normand
fraunt, le ladin domaun (Ascoli, Saggi} I, p. 10) sont sans équivalents au midi e la France. Il faut encore supposer, d'après M. U., i° aue a atone puisse devenir 0 sous l'influence d'/i, 20 que Yn après avoir exerce cette influence, et parce qu'il l'a exercée, puisse tomber plus facilement que s'il ne l'avait pas exercée. L'enchaînement même de ces hypothèses, dont aucune n'est appuyée de la moindre preuve, suffit à montrer tout ce que le système de M. U. a d invraisemblable. — P. M.]
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festa de la assumptio de nostra dona. 6. E aissi quan lo ardvesque fagia la sécréta e lo pobol fagia orazos a Dieu, va una votz appareisser del cel, plangen e digen enaissi: 7. Oi! Oi! Oi! Quai malvastat que [es] entre los homes signat[z] del signe del creadorl La nequicia dels Jugieus regnha e aussis e vitupéra seguondamen lo salvaire del mon. 8. E aisso lo pobol retenc amb gran entendemen, aissi que fo del cosselh del arcevesque e del pobol que hom anes sercar diligenment per tota la ciotat las majos dels Jugieus, si hi trobaria hom re que fos fah contra Dieu; aissi que va hom trobar la ymagina de Crist en una majo d'un luzieu 1 la quai lhi Jugieu batio, escupio e vituperavo a maneira de la sua passio. 9. E d'aisso lhi crestia foro mot corossat e trist e vau mètre a (f. 2 b) mort los Jugieus de contenen.
(III) En quai maneira un crestia mes en guatge la ymagina de Crist vas un Jugieu per pretz d'una soma d'argen, e en quai maneira, quan lo crestia lo ac paguat, la ymagina portet testimoni de la pagua.
10. Ella ciotat de Bisancea que d'autre maneira es apelada Costantinoble, fo un ciotada que vole divulgar la fama ; per que el acomenset sas riquezas largamen a despendre. 1 1 . E quan sas riquezas lhi defalhiro, e el manlevet de sos amies, aissi que tôt ho despendet, e pues el no trobet amie ni autre crestia que prestar li volgues, aissi que ac recors a .1. Jugieu rie, e va lo mot caramen preguar que lhi prestes argen. 12. E lo Jugieu va lhi dire que sobre guatge lhi prestaria. 13. Mas lo crestia dis que el no avia guatge que lhi bailes, si no Jezucrist lo quai colia e gregia. 14. E lo Jugieus respos lhi e ditz que el no cregia Jezucrist esser dieu, empero quar sabia que drechuriers homs era e propheta, el ditz que si lo lhi bailava en guatge que el lo penria. 1 5 . E adonc lo crestias lhi ditz que anesson a la glieja fâcha ha la honor de nostra dona. 16. E quan foro vengutz ha la glieja, ditz al Jugieu que el en persona presenmen no li podia bailar Jezuscrist, mas e luoc 2 del lhi bailava la sua ymagina laquai fos obliguada pel crestia. 17. E ditz lhi plus que si no lo avia paguat al terme que lhi avia mes, que el volia esser sers del Jugieu tostems, e enquerda que aprop lo terme fos tengutz de paguar so que lhi avia prestat. 18. E adonc lo Jugieu ditz que fos fah aissi quan lo crestia lo degia, aissi que quan lo crestia denan sos amies e aquels del Jugieu lhi a bailat la ymagina de nostra dona que ténia so filh en sa fauta 1, no pas que le Jugieu Penportes a sa majo, lo crestia va dire en aquesta maneira : 1 9. Senher Dieu Jezucrist, del quai la tua ymagina per aquesta pecunia