Peut-être faut-il lire Reynchon. — M. C
212 M. COHENDY, A. THOMAS
(XU, 4), ly bayle (Stat. 19), li home (50), ly paubre (59), duy (67), ly sto parent (90), Mi petre (92), li clergue (93), etc. Ajoutons que, sauf une ou deux exceptions tout au plus, la déclinaison est partout fidèlement observée, et il nous sera permis avec assez de vraisemblance de reporter au commencement du XIII* siècle, peut-être même au XIIe, la composition des strophes et des statuts.
Malheureusement le texte, tel que nous l'avons, n'est qu'une reproduction bien altérée de l'original ; non-seulement le scribe ne comprenait guère ce qu'il transcrivait, mais il copiait encore avec la plus déplorable inattention. On peut s'en convaincre particulièrement en examinant la strophe XXXVI, qui est cependant une des plus faciles à restituer. Notre intention n'était pas de viser à la reconstitution du texte original : nous avions des éléments trop insuffisants pour tenter d'atteindre ce résultat. Nous nous sommes bornés à faire, autant que possible, toutes les corrections que le sens, la mesure ou la rime réclamaient impérieusement : c'était déjà une tâche considérable, et nous ne nous dissimulons pas que ceux qui viendront après nous y trouveront amplement à glaner.
Les Strophes au Saint Esprit sont au nombre de 42 ; les deux premières, qui se trouvent à la tête du rouleau, sont très endommagées. Ces strophes se composent de six vers 4 construits sur deux rimes alternant de la façon suivante : a, a9 a , a, b ; b est toujours une rime en it, et, sauf à la strophe XXXVIII, a est toujours une rime paroxytonique ; enfin les vers sont de sept pieds. C'est précisément le rhythme d'une chanson de Guillaume de Poitiers plus d'une fois publiée3, où la rime b est constamment en am : la seule petite différence est que dans Guillaume de Poitiers le sixième vers a un pied de plus que les autres. Peut-être faut-il voir dans cette coïncidence une preuve de plus de la très grande ancienneté du monument que nous publions. Trois de nos strophes demeurent imparfaites, par le fait sans doute du copiste : la str. VII, qui offre l'alternance de rimes suivante : a, a} b, a, a, b ; la str. XXVII, où se trouve par erreur répété le second vers de la strophe précédente, et qui en outre offre la même construction défectueuse que la str. VII ; enfin la strophe XXXI, dans laquelle le scribe semble avoir fondu deux strophes distinctes en ajoutant aux deux premiers vers de l'une les quatre derniers de l'autre.
Les Statuts paraissent avoir été moins altérés que les strophes ; ils sont en rimes plates, bien que nous y trouvions deux ou trois exemples isolés de rimes croisées, que l'on ne saurait attribuer à l'inattention du scribe (v. 24-27, 38- 41, et peut-être 28-31) ; ^ vers ne sont P^us ^e ^P* pieds, comme dans les strophes, mais de huit. On y remarquera un grand désordre dans la composition ; une bonne part de responsabilité en revient sans doute à l'auteur, mais le scribe paraît néanmoins avoir commis plusieurs interversions. Ainsi il y a une
1 . Le copiste a par inadvertance donné sept vers à la strophe XX.