Edition de la Soc, des ane. textes français, VII
2. Exemples du xive au xvie siècle dans le New English Dictionary, sous COUPLE 9.
3. Ed. de Vérard, fol. 61. Ces vers ont été cités par Wolf, Uéher die Lais, p. 180; et, d'après Wolf, par M. Freymond, Zeitschr. f. roman. Phil, VI, 10.
Dans l” Art de rhetoricque pour rimer en plusieurs sortes de rimes (Montaiglon, Poésies françoises des XV*et XVI siècles, I, 118), qui est de la fin du xv° siècle, le couplet de deux vers est appelé rime commune. Mais, dans un ms. de ce traité que M. de Montaiglon n’a pas connu et que M. E. Langlois cite dans sa dissertation sur les anciens arts de rhétorique", ie ms. Bibl. nat. fr. 2375, on lit rime commune plate. Et, en effet, ce couplet de deux vers est ce que nous appelons encore maintenant rime plate. Par contre, un peu plus loin l’imprimé cite, sous la rubrique rime plate, des couplets construits selon la forme si fréquente uab aab, erreur que ne commet pas le manuscrit. Nous voyons donc que notre expression rime plate remonte au moins à la fin du xv* siècle. Elle n’est pas très claire, et il paraît qu’on pouvait se tromper sur sa véritable signification. En effet, le président Fauchet, dans un passage assez mal rédigé, paraît entendre par rime plate les vers alignés en laisses monorimes*. Gilles Corrozet, dans ses Blasons domestiques, cite la rime plate sans dire ce qu’il entendait par là :
N'est ce une joye et plaisant et divine De composer et en prose et en vers Rondeaux, dixains et maints traïctez divers En rithme plate et en rime croisée ?
(Montaiglon, Poésies, VI, 271.)
Il paraît certain toutefois qu'ici la rime plate, opposée à la rime croisée, doit s’entendre des vers accouplés deux à deux par la rime.
Le couplet de deux vers est appelé par les Castillans pareado, par les Leys d'amors (I, 168, 238) rims caudatx.