‹ RomaniaChapitre 59 sur 98 · LE PRONOM NEUTRE DE LA 3° PERS. EN FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LE PRONOM NEUTRE DE LA 3° PERS. EN FRANÇAIS

de la 3° personne. Voici les exemples du pronom o en français (tous à l’accusatif) que je connais :

in 0 quid il mi altresi fazet. Serm.

Faites o tost. Sponsus 77.

E resors es, la scriptura o di. /b. 799.

Trop sui gardee, bien o voi. Joufroi 1433.

Et si faiz ge, bien o veez, Ma dame, et si m'o pardonez, Ib. 1817-18.

Qu'a merveilles o tienent tuit. Jb. 2504.

Del doner o laissa ester. JB. 3388.

Si faire o deigne. Ib. 35117.

Se li cuens a s'amie o fit. 1. 4333.

Puis on le trouve très fréquemment dans la Vie de Sainte Catherine, les Sermons poitevins (ou), Turpin I et IL, des chartes de Poitou, d’Aunis (ou) et de Saintonge (ou). Il existe encore dans cette région, à laquelle on voit qu’il s'était restreint déjà anciennement, mais en y joignant le Berri et peut-être le Bourbonnais3. Je ne parle pas ici de o employé comme particule affrmative ou dans le composé porot, ni de uec < hoc dans ave, senuec, poruec.

Il ne me reste qu’à dire un mot du composé fo, qui est

1. Peut-être ici faire o doit-il être interprêté comme dire ou dans le passage de Macé de la Charité cité plus haut (p. 170), c'est-à-dire comme représentant fairel; toutefois l'emploi fréquent de o dans Joufroi rend l'autre explication plus probable.

2. Au v. 3087 (Hurte li cuens si al vasal Que tot o fait jus trebuchier) les éditeurs ont eu raison de changer 0 en lo, puisqu'il s'agit d'un acc. masculin. M. Dingeldey (Ueber die Sprache des Joufroi, 1888, p. 36) n'en compte pas moins cet exemple avec les autres ; mais il parait croire que o est partout une forme aphérésée de Jo.

3. Je n'ai pas cité les exemples nombreux de la Passion, à cause du caractère méridional de ce texte : on sait en effet que o existe en provençal. Sur Les différentes formes qu'il y a prises, voyez les précieux articles de M. Cha baneau (Rom. IV 338-347; V 232-235).

4. Ce composé poro, qui n'existe que dans les textes les plus anciens CŒulalie, Jonas, S. Léger). ÿ est toujours écrit en un seul mot, ce qui prouve que dés la fin du 1xe siècle on n'avait plus conscience, dans le Nord, de l'existence de o comme mot isolé. Aussi M. Stengel, dans son glossaire des plus anciens textes, aurait-il peut-être dû ranger ces exemples sous poro et non sous o, et ne pas les imprimer en en séparant les deux éléments.

tout à fait un pronom démonstratif, tandis que o ne peut servir de sujet aux verbes ni (sauf dans poro) de régime aux prépositions'. Ce qu'il faut remarquer sur go, c'est l'existence de la forme cu, qu'on pourrait regarder et qu’on a regardée comme représentant «/; il est bien possible qu’il en soit effectivement ainsi dans quelques cas, mais le plus souvent il s’agit bien de ço. Mais ce ceu est-il une notation de çæ ou de ce, et çoe lui-même, qu'on rencontre quelquefois, at-il une existence autre que graphique ? Ce sont des questions qui nous entraineraient trop loin hors de notre sujet actuel, et qui pourront être étudiées à une autre occasion. Il y aura lieu aussi de rechercher ce qu’il faut penser de la forme cn (conservée dans sens dessus dessous), qu’on a expliquée comme représentant «e, cel ou c'en.

Gaston Paris.

1. Il en est de même pour o (ae) en provençal ; mais il faut remarquer que le prov. emploie comme nom. neutre, à côté de el, qui paraît correspondre à Ille et non à Illud, la forme Lo, qui représente originairement fllum Gllud) atone : Lo es emps, etc.

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