MAURICE DE SULLY
Le tome V (1876) de la Romania contient un mémoire sur les manuscrits des sermons français de Maurice de Sully dans lequel je me suis proposé : 1° de dresser une liste aussi complète que possible de ces manuscrits; 2° de mettre le lecteur en état d'en apprécier jusqu’à un certain point la valeur relative, en imprimant un certain passage, de longueur suffisante, d’après la leçon de chacun d’eux.
Les mss. de ces sermons dont j'avais connaissance il y a dixhuit ans sont ceux-ci :
FLorence, Laurentienne, Conventi soppressi, 99.
Loxpres, Lambeth 457 (fragment).
Oxrorp, Bodleyenne, Ashmole 1280, Douce 270, Hatton 67, Laud 471.
Paris, Bibl. nat. fr. 187, 13314, 13315, 13317 (fragment), 24838. — Arsenal 2111 (ancien Thtol. fr. 65). — Sainte- Geneviève D. f. 212 (ce ms. portait en 1876 la côte D. I. 2r).
Portes 232, ms. publié par M. Boucherie.
Ms. ayant appartenu à M. Renault, de Saint-Lô; extraits donnés par Hippeau dans les Mémoires de l'Acad. de Caen (1856) et dans les Archives des Missions, t. V (1856)2. En outre, le même ms. a été l’objet d’un mémoire publié par M. Eug. de Beaurepaire dans les Mémoires de la Sociéé d'archéologie d'Avranches, t. I (1859), pp. 411-4312.
Entre ces quatorze mss. il en est plusieurs que j'avais découverts pour ainsi dire par hasard, par cours de recherches ayant un tout autre objet. J'étais bien certain que quelques exemplaires
1. Supplément à un article publié dans la Romania, V, 466. 2. Ce ms. avait été acquis par M. Renault, à Rouen, en 1854. Il paraît provenir de Jumièges.
Romanis, XXII 12
meschines seureurs qui orent non Nicée et Aquilée. Les meschines chairent as piez S. Cri. et convertirent a Jhesu Crist ; et .xl. chevaliers vindrent devant le roi qui commencierent a erier que il estoient crestiens; et le rois lels] fist decoler touz .xl. Au matin li roi manda les meschine[s] et quida que les l'eüssent fait pechier, S. Cristofe ". Celes distrent au roi que eles estoient crestienes. Li rois les fist martirier cruelement, ct fist la premiere pandre par les braz, et li fist pandre aufs] piez grant fès de pierres et de plonc pour faire les braz rompre dou cors. À l'autre il fist premicrement arrachier les denz de la bouche ; emprès il la fist metre en feu; mès If feu ne li fist onques mal. 11 . meschines en tantes manicres martirer que eles rendirent a Jhesu Crist lor esperiz. Li rois 6st premierement bastre + S. Cri. o bastons de fer, et Hi fist mestre en la teste .j. heaume tout ardant. Onques por ce S. Cri. ne se fleschi. Emprès il fist faire .j. banc de fer du lonc S. Cri., et le fist cocher dedenz, et fist faire tout environ le banc grant feu por ardoir S. Cri, et fist getier grant planté d'uille pour ardoir plus cruelement. Li feu, par la grace de Deu, devint aussi comme rose, et devint li banc de fer ausi comme cire, et s'en issi S. Cri. sanz mal avoir. Li roi fut mout dolent et fist S. Ci lier en .j. fust lonc, et li fist trere setes de prime jusques au scir. Onques nule defs] sai[eJtes ne atochierent son cors, et quida le rois que il fust touz tresperciez des sactes, les queles estoient environ lui par l'air. Au matin li rois vint veoir S. Cristofle. Une des saetes qui estoient environ lui se restorna par la volenté de Dieu, et creva .j. oil au roi. S. Cri. dist au roi ; « Tu me feras demain decoler, et tu prandras de la terre qui sera ensanglantée de mon sanc, et en metras en ton oil, et seras senez. » Li rois fist. S. Crist. decoler en icele hore que il li ot dit. S. Cri. fist priere a nostre Seignor que qui c'onques le requerroit la ou si cors seroit, que il n'eüst garde de tempeste ne de adversité nule, ne de mauvesfe] maladie. Une voiz vint du ciel qui li dist que qui c'onques reclameroit S. Crist., neis la ou sis cors ne seroit, il avroit cele chose pour quoi il requerroit. Icestui don dona Dex a S. Cri. quant il fu descolez. Li roi vint au lieu, et mist de la terre sur son oil, et fut senez, et s'escria que grant poeir avoit le dieu S. Cri., et fist crier son ban par sa terre que qui c'unques blasmeroit icestui dieu, il seroit decolez.
Les sermons de Maurice de Sully commencent ainsi qu’il suit au fol. 110, sans que rien indique le début d’une nouvelle série :
Communis sermo de uno apostolo.
Simile est regnum celorum sagene misse in mari, elc. [MaTTH. xut, 47]. Nous trovons en l'evangile que nostre Sires palla une foiz par semblance au peuple,
1. Il faut supprimer S. Cristofle, ou précédemment l' 2. Sic; plus loin mestre pour metre; l's dans cette condition ne se prononçait pas. Ailleurs il est omis bien qu'étymologique.
(Fol, 115 ve) Ix arivrraTe Domini. Gloria in excelsis.… Nous lisons ou saint servise.. (Manque dans Boucherie ; 13314, fol. 81.)
ol. 115 vo) IN ciRCUMCISIONE DomiNi. Posiquam inpleti sunt dies octo... Seignors, icest jour est Le premier jour de l'an... (Boucherie, p. 30; 13314; fol. 9)
A partir d’ici jusqu’à la fin les sermons se suivent dans leur ordre régulier, comme dans la plupart des autres mss. (notamment comme dans le ms. 13314). Il manque un feuillet entre les fol. 125 et 127, puis entre 126 et 127, puis encore entre 130 et 131, et enfin entre 131 et 132. Remarquons en outre que les premiers morceaux du recueil de Maurice de Sully, à savoir le Sermo ad presbyteros, V'explication du Symbole des apôtres et celle, plus étendue, de l’oraison dominicale (Boucherie, pp. 1-17) font défaut dans le ms. de Chartres.
Je ne décrirai pas présentement les mss. de Paris Bibl. nat. fr. 6447 ct 24862, ayant le projet de le faire plus tard en une autre occasion. Mais je donnerai quelques renseignements sur le ms. de Pise.
Manuscrit du séminaire de Pise. Ce manuscrit, qui est daté de 1288, comme on le verra plus loin, se compose de douze cahiers de parchemin, contenant chacun quatre feuillets doubles, sauf le dernier qui en a cinq. Les cahiers sont numérotés en rouge, au bas de la première page. Le ms. n'est pas paginé, ou du moins ne l'était pas lorsque je l'ai examiné il y a une douzaine d’années. On lit au commencement la note suivante, écrite à la fin du xv* siècle ou au commencement du xvr* : « Iste liber est conventus Sancte Katerine de Pisis, ordinis Predicatorum. »
11 contient quatre ouvrages ou opuscules :
toscan d’un traité allégorique attribué À nchuminciano li .xxx. gradi della celestiale