CROQUER LE MARMOT
Il est à peine besoin de démontrer qu'aucune des explications proposées pour la locution « croquer le marmot » n’est satisfaisante. Elle est venue, dit Furetière ‘, « de ce que les compagnons peintres, quand ils attendent dans ur vestibule, s’amusent à faire sur les murailles le croquis de marmots. » Mais il est évident que les « compagnons peintres » n’ont pas plus souvent que d’autres l’occasion d'attendre dans les vestibules, et que ce ne sont point nécessairement des marmots qu’ils y croquent sur les murailles, si tant est qu’ils y croquent quelque chose. Plus insoutenable est l'explication de Boucherie, suivant lequel la locution viendrait de la fable où la mère promet de donner au loup l'enfant qui crie : en cffer, si le loup parvenait à croquer le marmot, il n'aurait plus rien à attendre, et ainsi cette locution qui marque l'attente devrait désigner au contraire la satisfaction éprouvée par quelqu'un qui n’a point attendu en vain. Une explication un peu plus vraisemblable 3 consiste à y voir une « allusion aux amants morfondus qui, faisant le pied de grue à la porte de leur maitresse, se consolaient à baiser le marteau de la porte, sculpté en marmot grotesque ». Mais les amants en question, s'ils baisent le « marmot », ne vont pas jusqu’à le croquer.
La véritable origine de la locution nous semble apparaître évidemment dans ces lignes par lesquelles débute une pièce facéticuse du commencement du xvur siècle, Les Estrennes du Gros Guillaume à Perrine, présentés aux dames de Paris et aux amateurs de la vertu + : « Estant ces jours passez proche voisin de nos