Dans Littré, à marmot
3. Elle est citée sans nom d'auteur dans la note de M. Ed. Fournier dont il va être question (p. 236, n. 3).
4. F'ariétés bistoriques et litéraires, tome IV, p. 229. Si cette pièce avait été primitivement en vers, comme on pourrait 1e conjecturer d'après quelques passages, on aurait le droit de la faire remonter au moins un siècle et demi plus haut.
en anglais. Le mot, disions-nous plus haut, paraît se rattacher à la racine minimus: il en serait tiré par l'intermédiaire d'un adjectif marmous, qui a disparu du français, mais qui se retrouve comme substantif en provençal moderne (voy. Mistral) et en breton, avec le sens de « singeï ». Cet adjectif a naturellement suivi dans son évolution marmot et a donné naissance, cette évolution étant déjà commencée, non seulement au substantif murmousel, mais au verbe marmouser : il est remarquable en effet que celui-ci comporte, ainsi que ses nombreux dérivés, une idée de grimace. M. Godefroy, il est vrai, traduit marmouser par « marmotter entre ses dents », et le mot(ou des formes altérées du mot) a ce sens dans divers patois. Mais l’acception primitive est bien « grimacer, faire une figure renfrognée, contractée par le chagrin où l'ennui ». De là à « se courroucer », il n'y a pas loin. Ce sens est très clair dans les exemples de Greban et de Jean Michel, cités par M. Godefroy ».
Il ne l'est pas moins dans les divers dérivés : marmouserie, dans les exemples donnés par M. Godcfroy, signifie « tristesse, mélancolie », et Cotgrave le traduit par frengie, melancholy; marmousement, dans les trois exemples du Dictionnaire, est associé à menues pensées, À pensement et à soucy. On comprend que ce sens
1. « Le breton marmous, veut bien m'écrire mon collègue et ami M. E. Ernault, est certainement d'origine française, bien qu'il aît passé au gallo dans l'expression injurieuse marmous bras (voy. Revue celtique, V, 219). Le mot existe aussi en vannetais. Le plus ancien texte à moi connu où il se trouve «st le Nomenclutor de 1633, p. 34, où « Singe » est rendu par vr marmous, mounis, mouns, sing, 1 n'a pas cessé d'être en usage depuis. Mon avis est aussi que le breton marmous suppose un français marmous ; le suffixe semble être sus (ef. mon Glossaire moven-brelon, s. +. libonicg dans les Mémoires de la Sac. de Ling., VII, 385); oux en est la forme en haut-breton ou gallo, mais sans doute aussi en d'autres langages populaires. L'argot en fait un grand usage (ef. Revue celtique, XIV, 277) : ily a un mot marmouse = « barbe », que les argotiers ont pu tirer du verbe français marmouser, mais qui, par sa forme, pourrait bien être aussi le féminin de votre marmous. » Je pencherais plutôt vers la première explication : c'est murmouser qui aura entrainé mar mouse, sur le modèle de harhter dérivé de are (voy. plus bas, p. 240, n. 1).
2. Ce sens à dû disparaître de bonne heure: il n'est tout à fait assuré dans aucun des exemples cités par Godefroy.
3. C'est au Dictionnaice de M. Godefroy que seront empruntés tous les exemples cités sans indication spéciale.
cause la faim. Mais on ne dit point quand on a faim et qu’on ne peut manger : « Je me brosse le ventre »; on dit à quelqu’un à qui on refuse ce qu'il demande : « Vous pouvez vous brosser le ventre. » L’espagnol possède une locution qui repose sur la même métaphore et explique la nôtre : un personnage d’un roman de M Pardo Bazan ‘ auquel l’auteur prête un langage imagé mais trivial, voulant dire qu'il irait volontiers à Madrid, mais qu'il n’a pas les moyens de satisfaire cette fantaisie, s’exprime ainsi en se parlant à lui-même : « Puedes limpiarte, Serafin, que estäs de huevo », c'est-à-dire : « tu peux te nettoyer, car tu as mangé de l'œuf » et par conséquent « tu n’en auras plus»; ou, end’autrestermes : « secoue ta serviette, ton repas est fait ». Dire à quelqu'un : « Vous pouvez vous brosser le ventre », c’est donc lui dire qu’il n’a plus rien à attendre. Cette locution enferme en même temps une sorte de consolation ironique : en conseillant à son interlocuteur de faire ce qu’il ferait s’il avait mangé, on l’exhorte à essayer du moins de s’imaginer qu'il a mangé.
(4 suivre.) A. Jeanroy.