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LE THÉÂTRE MÉRIDIONAL AU XV° SIÈCLE

Dans tous les Mystères alpins (y compris Saint Jacques), le nombre des démons est fort élevé, plus même que dans Greban; cet indice vient s'ajouter à tous ceux qui nous ont permis de les attribuer, dans leur rédaction actuelle, à une date assez récente. Pour le choix des noms et la conception des rôles de ces personnages, nos auteurs ont dû se mettre, au moins dans une certaine mesure, en frais d'imagination : il est même quelques traits que nous serons amenés à leur attribuer en propre. Le lecteur jugera s’ils sont de nature 4 leur faire assigner dans l’histoire littéraire un rang bien élevé.

Les noms des démons sont à peu près les mêmes dans toutes les œuvres méridionales, y compris les Mystères rouergats. Mais c’est naturellement dans le sein du groupe alpin que se trouvent les analogies les plus étroites. Pour éviter de fatigantes répétitions, nous réunirons tous ces noms dans un tableau synoptique (pp. 550-551) qui permettra au lecteur de se rendre compte, d’un simple coup d'œil, du plus ou moins de vogue obtenu par chacun d’eux '.

Ces noms peuvent être répartis en trois catégories.

Les premiers proviennent de la Bible, où, quand ils ne sont point diverses dénominations de l'esprit mauvais, ils désignent des divinités païennes. Ce sont : Asmodeus, Astaroth, Belphegor, Belzebuth, Belial, Berith*, Leviathan, Lucifer, Mamona, Satan, Vehemot. Mais il est probable que ce n’est point directement à la Bible qu’ils ont été empruntés, car il n’en est aucun qui ne se trouve déjà dans des œuvres antérieures. Satan, nous l'avons vu, est déjà nommé dans les plus anciennes; Bélial,

1. Pour ceux qui sont rares et que le lecteur pourrait éprouver quelque peine à retrouver, des notes renvoient aux textes.

2. Ce nom a souvent été écrit (ou lu) Bérich. Barulh, cité par M. Guillaume (Saint Ant, p. LxxvI) n'est évidemment qu'une mauvaise lecture ou une graphie fautive de ce nom.

3. 11 faut faire exception pour trois noms d'hommes d'origine juive qui apparaissent dans le Saint Antoine, Sadoc, « Oloferno » et « Mordechays » (= Mardochée) (CF. plus bas, p. 552, n.4).

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