Mon Recueil, partie française, n
composait dans la seconde moitié du xu° siècle ". 11 traite le couplet à l’ancienne manière; ses phrases, en général assez courtes, se terminent toujours avec le second vers d’un couplet :.
Il en est de même d’Arnaut de Mareuil ? et d’Arnaut Guilhem de Marsan4, l’un et l’autre de la fin du xu° siècle. Les phrases sont plus longues que chez Garin le Brun, mais elles finissent régulièrement avec le second vers d’un couplet.
Au contraire, dans l’ensenhamen de la donxella, par Amanieu de Sescas5, les couplets sont très souvent brisés. Je cite les premiers vers du morceau inséré par Bartsch dans sa Chrestomathie :
De vostr'esgardamen En bona chaptenensa
Vos man, cant al mostier E c'am faitz de plazensa Seretz per lo mestier Siatz per tot{z] grazida. — E per La mess'aurir — Enpero s'az ichida
Quels huelhs sapchatz tenir Vol deguna solatz, —
De folamen gardar, — Lau c'al sela n'ajatz
Mas jos o vas l'autar Et ab sels quel voldran, — Si gandir y podetz, — E no sobreguaban,
E Lay no bastiretz Que torne ad enuey, Parlamen ni cosselh, — Ab nauza ni ab bruey.
Qu'ieu pel vostre sen velh
Nous avons de Guiraut Riquier un grand nombre de pièces en vers de six syllabes, toutes datées, la plus ancienne de 1266, la plus récente de 1282. Les couplets y sont peut-être moins souvent brisés que chez Amanieu de Sescas; toutefois on n’y remarque aucune tendance à faire coïncider la fin des phrases avec le dernier vers du couplet.
On peut en dire autant d’At de Mons, qui composait dans la seconde moitié du xm° siècle. Il ne se fait aucun scrupule de
1. Bartsch, dans le Jabrb. f. rom. u. engl. Literatur, 111, 399. Cf. Rev. des 1. rom., 4° série, III, 409.
2. On en fera aisément la vérification sur le morceau assez long publié par Bartsch, Chrest. prov., 4° éd., col. 89 et suiv.
3. Ragos es e mesura, Raynouard, Clix, IV, 406; Mahn, Werke, 1, 176. Tant m'abelis em platt, Chabaneau, Rev. des L. rom. 3e série, VI, 53.