UNE NOUVELLE PLAÎNTE DE LA VIERGE
IV Biaus fix, tu fus concèus Etn.... -[ent] [eus] si tres glorieusement; 25 Des bestes fus connêuz En la creiche tout premierement Et des rois apercèus Qui t'ofrirent leur dons [trés] doucement.
v Toute riens fu esbaudie
30 Quant mes ventres t’enfanta; Nis la bele compaingnie Des celz en rist et chanta.
Quant la mort vint sor ta vie, Li cielz s'en espouenta;
35 Mout déust estre garie Dame qui tel enfant al
VI Mis n'i voi pas ma guerison Quar je ne sui mès mere; Tolu m'a l'en par trahison 4 Mon chier fil: et mon pere; Or si l'a mis en sa prison La mort dure et amere; Li philosophe que (nous) lison Y prirent leur ma [iere].
VID 45 Biau dou fifk}...…. fiez]
douleur profonde;
Cist deulz dont vous me paissier Crieng ne me confonde.
Touz soulaz est abaissie[z]
so Et douleur habonde, Quant li arbres est plaissier # Qui paissoit (tout) le monde.
vin Nule rien que Diex cria Ne me pourroit apaisier.
55 Lasse! com mal deul(z) di a!
Mout se doit or esmaier
Li fole qui mon fil li
Et lui fist le sanc raier.
30 t'enfanta] tesfanta. — 32 rist] rich. — 45-6 Supplée : vous me plongiez En? — 49 Toute ioie est abaissie.
580 MÉLANGES Ce sachier, Diex l'oublia ; 60 Mau jour li ajourna hier.
IX Onques ne senti doulour, Biau filz, quand vous fustes nez, Ne ne muay la coulour :
Ne pouoit estre esgenez 65 Li cors qui de tel seignour Avoir esté.… el, nus n'ot gregnor, Dont vous estes si menés.
x Biau file, je vous alai 7 Mors estes : dolente en suil Mainte fois vous afetai Ou berçuel si com je dui.
Pour Herode vous guetai, Et jusqu'en Egypte en fui. 75 Onques ne m'en deshaitai Autretant comme je fais hui.
x! À martire sui livree,
Ne sai qui ce destina.
Li jüif m'ont desertee :
80 Onques nus d'euz ne fina D'avoir vers mon fil mellee :
Mors st qui maul(z) voisin a1 Voirement est ce l'espee Dont Symeon devina.
XI 85 Ne puis mon cuer estanchier :
En plourant m'estuet vengier Ex tout mon cors detrnchier].
fier] : ne seulz avoir 90 De trop grant avoir
XI Ne ne me pris un grain de mil; Or m'en] irai en essil.
A Dieu comande mon fil Qui fu abevrés d'aisil 95 Et mis [en] la crois.
Ci me faut la vois. »
66 Suppl cstrenez. Or ai. — 67 not] lecture douteuse. — 68 dont] id. — 76 Autretant] La syllabe tre a dé écrite après coup au dessus du mot. — 94 abevrés] Le ms. semble porter abui.
CHRISTINE DE PISAN ET GUILLAUME DE MACHAUT 583 Dit de Poissy (vers 1077) :
Sire, il a bien sept ans et plusieurs moys Que je donnay m'amour au plus courtois, etc.
Ensuite Christine introduit une longue description du chevalier’ ; cette description manque au poème de Guillaume, où la dame ne fait qu’esquisser les attraits de son ami:.
Dans les deux poèmes la dame s’évanouit après avoir achevé son plaint; ; le chevalier l’aide à reprendre connaissance et tâche de la consoler +, puis commence le récit de ses propres douleurs en décrivant une fête où se trouvait mainte 4...dame jolie Jeusne, gentil, joyeuse et envoisie.
L’attention du chevalier a été attirée par la beauté d’une de ces dames, de laquelle il est tombé immédiatement amoureux. Aussi énumère-t-il ses charmes en grand détails. C’est dans cette description que se trouve la ressemblance la plus frappante entre les deux poèmes. Bien que les situations ne soient pas absolument pareilles, les arguments employés ensuite par les deux couples sont souvent identiques. La dame s’écrie :
.….tousdiz croist li ruisseaux de mon plour, N'avoir ne puiz pensec par nul tour N'esperance de recouvrer m'amour, Maiz par servir, Par honnourer, par servir, par eremir, Par endurer liement et souffrir, Par bien amer de cuer et obeir Tres humblement Poués encor avoir alegement, Joye et amour de celle ou vo cuer tent, Si que je di que j'ay moult de tourment Et moult visible, Et la raison, ce m'est vis, est sensible; Car de ravoir vostre dame est posible, Maiz mon ami ravoir c'est imposible 61
. Dit, vers 1089-1236.
. B. N. 9221, fol. 37 re col. 3.
+ B. N. 9221, fol. 37 ve col. 1. Dit, 1376 ss. N. 9221, fol. 37 ve col. 1-2. Dit, 1400.
. Dit, 1485, 1632. B. N. 9221, fol. 37-38.
. B. N. 9221, fol. 39 ve,
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