Dit, 2668 ss
ITAL. FRISONE — FR. FRAISIL 587
ITAL. FRISONE
Diez tire l'ital. frisone (var. frosone, frusone), nom de l'oiseau dit gros-bec, du lat. fresus, participe de frendere, « broyer avec les dents, grincer des dents. » Frisone vient en réalité de frisionem, mot qui se trouve déjà, avec le sens actuel, dans un traité De Re medica qui paraît remonter au 1v° siècle et que les manuscrits attribuent à un certain Plinius Secundus Junior.
A. THowas.
1. V, 42, éd. V. Rose, 1875. Le mot frisio est relevé dans Forcellini, édition De Vit, et rapproché précisément dé l'italien frisone.
£. GorrA, Dell epentesi di iato nelle linque romanze 595
que cette distinction forme la base de l'étude subséquente ; mais il est facile de voir qu'il en tient très peu de compte par la suite. Il déclare d'ailleurs peu après, suivant cette fois M. Braam, que l'opinion de Sieversest « manifestement erronée », et en effet il est évident qu’elle n'a tout au moins rien d'absolu, et que le même mot est souvent prononcé par la même personne avec une séparation très différemment marquée entre les deux voyelles contiguës qu'il présente. La différence qu'il croit constater entre le fr. créer et le fr. réfpousér est illusoire, ou du moins elle s'explique par le fait que le mot réépouser n'a pas d'existence réelle, se fabrique pour ainsi dire chaque fois dans les cas Grès rares) où on l'emploi, et qu'on y sépare exprès la particule ré et le mot dpouser ; dans rééditer, réédifier, il n'y a pas un autre groupe que dans erér*. L'assertion finale qu'il « n'importe en rien que les deux voyelles contiguës appartiennent ou non à des syllabes distinctes » est tout à fait surprenante. Il faut s’en tenir, — sans prétendre entrer dans des subtilités physiologiques qui ne font qu'obscurcir inutilement la question, — à la définition de l'hiatus comme étant la contiguité de deux voyelles qui ne sont pas réunies en une syllabe ; quand elles sont réunies en une syllabe, elles forment une diphtongue. Il est vrai que rien n'est plus difficile et n’a jusqu'à présent été moins éclairci en phonétique que la définition de la diphtongue ; mais cela tient d'une part à la variation constante de la distinction des syllabes, d'autre part à la nature flottante de certains phonèmes qui sont, suivant qu'on les prononce plus ou moins rapidement, voyelles ou consonnes, et cela ne touche qu'indirectement la question qui fait le sujet de ce travail. L'hiatus étant défini comme il vient de l'être, reste à savoir s'il existe ou n'existe pas dans des groupes où l'une des voyelles est un de ces phonèmes indécis : il existera si le phonème est prononcé comme voyelle; il n'existera pas s'il est prononcé comme consonne, mais la définition en elle-même reste intacte. Dans le $ II-IIL*, l'auteur commence pas dresser une liste des voyelles, et en les groupant deux par deux il obtient 81 combinaisons binaires possibles. Il aurait dû grossir ce nombre théorique : puisqu'il regarde e, £, — 0, 9 comme des voyelles différentes (et il a raison), il devait également distinguer a, & et 6, à (la virgule souscrite marquant l'ouverture de la voyelle); on a donc non pas 9 x 9 — 81, mais 11€ 11 = 121 combinaisons possibles. Il étudie ensuite les neuf séries commençant par chacune des voyelles : 1. à + voyelle, D'après lui, il s'intercale toujours après l'é un j qui en est issu; cela est possible pour le fr. mod., mais pour l'ancien fr. il n'en était pas ainsi, puisque crier, marier, mercier riment ou assonent primitivement non en ie
1. Certe distinction tient À l'idée tout à fait erronée que se fait l'auteur (voy. plus loin) de la prononciation de eréer et autres mots semblables.
3. Je désigne ainsi le 4 IL, parce que M. G. a oublié de marquer un $ II, et passe ainsi de ITàlv.
3. Je note, suivant mon habitude, par y la consonne palatale (jod) que M. G. note par un à souscrit d'un croissant renversé,
BIALENE, La lepgenda dello Sclavo Dalmasina 607
légende dont nous avons parlé plus haut". Toutes ces légendes, qui ne sont au fond que des variantes du même motif, se sont souvent croisées. C'est ainsi que le même miracle fait signer par le chevalier avec son sang un pacte que le diable est contraint par la Vierge lui rendre, ce qui n'est pas dans l'autre version et provient de l'histoire de Théophile. Un trait curieux, dans le poème italien que publie M. B., est que le héros baise, en signe d'alliance, le diable sur la bouche : cette particularité se retrouve dans la légende grecque de Théophile, si ce n'est que Théophile ne baise que les pieds du diable, et que c'est celui-ci qui lui baise Ja bouche».
Le petit poème milanais du xrve siècle qu'a publié M. B. est écrit en un « lombardo italianeggiato » qui n'ofire rien de bien remarquable; mais la forme en est curieuse : c'est la strophe monorime de cinq vers dodécasyllabiques (ou à peu près), dont on ne connait pas d'autre exemple en italien, et qui, en français mème, n'est représentée que par la Vie de saint Alexis et la Vie de saint Thomas de Garnier. Le personnage principal, qui a perdu non seulement sa richesse mais sa liberté, est appelé Jo Sclavo Dalmasina; M. B. conjecture que ce nom étrange représente d'Almasina, « e Almasina sarebbe nome di luogo e nel nome si dovrebbe ravisare lo spagnolo almacen (dall’ arabo almachsan), che & quanto dire magaztino. Lo Sclavo Dalmasina non sarebbe dunque che lo Schiavo del Magazzino o meglio, sull’ analogia di altri nomi consimili in forma di plurale, lo Schiavo dei Magaggini. » Ce n’est pas très convaincant. Ce Sclavo était, dit le poème, de Palerme en Sicile, ce qui peut faire croire que la légende était venue au poète milanais de la Sicile, où ce récit a joui, comme à Naples, d’une faveur particulière, attestée par plusieurs versions poétiques. Sauf ces traits, le poème publié par M. Biadene ne diffère pas notablement des autres versions.
En résumé, nous avons eu à parler de cing légendes distinctes l'une de l'autre, où un homme, pour obtenir ce qu'il désire, fait un pacte avec le diable et réussit, par l'intervention d'en haut, à en éviter les conséquences : celle de Protérius, celle de Cyprien, celle de Théophile, celle du Militarius et celle du mari qui donne sa femme au diable. La première est la plus ancienne et sans doute la source de toutes les autres; elles ont à plusieurs reprises et de plusieurs façons influé les unes sur les autres.
Henri STROHMAYER.
1. M.B. ne cite pas à beaucoup près toutes les versions de cette légende, connue sous le nom de Militarius : elle est racontée entre autres par Godefroi de Viterbe, par Gode. foi de Tirlemont (G. Thememsis), par le pobte allemand Hartmann et par l'auteur du Passiomal ces deux dernières versions ont subi l'influence de la légende de Théophile + le chevalier ÿ est appelé Théophile; en revanche, la scène de la Vierge se prosternant aux pieds de son fs pour obtenir la grâce du coupable a passé, comme on l'a vu, du Militarius dans le drame bas-allemand de Théophile.
Adénne KEaro tatapihelv adtèy otépa rpôç ovéua, «al Mlyes abri : palpe,
Bo piqué pou gike nai riotdrase.