‹ Romans à lire et romans à proscrire: essai de classification au point de vue moral desChapitre 14 sur 32 · II. Il faut créer son moi chaque jour : Un tiomme tihre · texte numérisé non relu

II. Il faut créer son moi chaque jour : Un tiomme tihre

III. Il faut trouver à son moi une directitjii en harmonie avec runirers : Le Jardin de Bérénice.

citons parmi ses ouvrages : Les Dupont- Leterrier (histoire d'une famille durant l'affaire Dreyfusj ; Picrate et Siméon (deux types : un cul-de-jatte et un cocher ; assassinat par amour) ; Le roi Tobol (livre curieux et très bien écrit).

Charles de Bernard (1805-1850), l'auteur de Gerfaut, etc. Un mondain qui a étudié la noblesse et la haute bourgeoisie, les vieilles et jeunes filles, les mamans et les belles-mères, etc. : Le gentilJiomme campagnard ; Un homme sérieux ; etc.

Bernardin de St-Pierre (1*37.1814), l'immortel auteur de la pastorale Paul et Virginie, chef-d'œuvre de grâce et de poésie. Nous n'étonnerons personne en disant que cet ouvrage, à cause de l'aventure sentimentale qui se déroule parmi les paysages les plus pittoresques, ne doit pas être mis, sans corrections, à la portée de la jeunesse. Les harmonies de la nature. Les études de la nature, La chaumière indienne, méritent à plus forte raison la même note : ce n'est pas avec ces mièvreries que l'on trempe des caractères.

Marie de Besneray,, de son vrai nom M"»»

Groult. Née à Moscou, fille d'un français, M. Boissonnade, elle connaît à fond les mœurs qu'elle s'est plu à décrire dans ses romans russes (Ivan Stertoff ; Le fils d'une actrice ; Olga la Bohémienne ;■ Nadine ; La course à Vabime). Elle a étendu ses observations aux sujets sociaux et psychologiques d'un intérêt plus général : Vers l'aurore ; Vie brisée ; Vengeance de femme ; Honneur de famille ; Les sacrifiés.

Tout le monde peut lire : Paul, souvenirs d'Australie ; Au pays de Bernadette (peu saillant).

Bjornsterne Bjorsoilf poète, romancier et dramatiste norvégien, né en 1832, n'est pas uw \^^<^\v\:c»ci^

-en France où il résida et essaya de jouer un rôle politique. Gomme écrivain, il aété comparé à Nodier -et à Victor Hugo ; quoi qu'il en soit, il a su se faire un nom dans notre pays par divers ouvrages : Ame (histoire d'un violoniste ; les vieux récits du petit monde des fjords) ; La fille du pécheur ; Les reflets du miroir (un amoureux en partie quadruple) ; etc.

Léon Bloy, ancien communard, converti au catholicisme. Poète aux belles envolées, mais pamphlétaire exaspéré, flagellateur partial, il semble ne se servir de sa plume que pour déchirer, blesser ou ternir : tous ses ouvrages (Propos d'un entrepreneur de démolitions ; Le désespéré ; La femme pauvre ; Mon Journal ; Le mendiant ingrat ; Belluaires et Porchers) servent de cadre aux invectives virulentes de leur auteur. Faute de bienveillance et d'humilité, •que de talent l'on gaspille !

Fortuné du Boisgobey (1824-1891). Auteur d'histoires de cape et d'épée et de romans d'aventures extrêmement mouvementés, travailleur infatigable et d'une grande fécondité, il est un amuseur intéressant, plutôt amoral qu'immoral.

Les pères et mères de familles, plus friands de grosses émotions que de délicatesses littéraires, pourront lire avec intérêt quelques-uns des ouvrages suivants, si toutefois la fréquentation des gredins, des escrocs, des escarpes et des forçats ne les efïraye pas : Le forçat colonel ; Les frères de VEpingle rose ; Les collets noirs (beau roman historique sur l'époque du Directoire ; quelques scènes risquées) ; La main -co^ipèe (très bien) ; Fontenay coup d'Epèe (très honnête) ; Un cadet de Normandie (histoire de Tourville, pour tous) ; L'as de cœur (le Imancier Law, très intéressant) ; La tresse blonde (d'un dramatique intense) ; Le coiqj de pouce (pour tous ou à peu près) ; Les

mystères du Nouveau Paris (roman honnête tout peuplé d'affreux gredins) ; La vieillesse de M. Lecocq ; La peau d'un autre (tableaux inconvenants, pages superbes) ; Le collier d'acier (une femme dévergondée qui finit par se tuer à l'aide d'un collier empoisonné) ; Mérindol (où l'on voit aussi quelques honnêtes gens); Double blanc (à la recherche d'assassins) ; Le fils du plongeur (le monde sportif, dans une intrigue d'amour); L'héritage de Jean Tourniol (très bien) ; Du Rhin au Nil (Carnet de voyage, pour tous) ; Où est Zénohie ? (captivant) ; Le crime de Vomnibus (d'un dramatique !) ; Le cochon d'or (influence de l'argent).

Simon Boubée, ancien rédacteur à la Gazette de France, correspondant à Rome du Gaulois, romancier, mort en 1901.

Outre Mongroléon V\ pamphlet dirigé contre Gambetta qui fit en son temps plus de bruit que de bien, il a publié Le violon fantôme (pages risquées et impardonnables) ; Le petit Boscot (pour tous) ; Lepierrotde cire (très bien).

Louis Boulé, romancier et poète, né en 1858, à Cours- les-Barres (Cher). Engagé dans l'infanterie de marine, il prit part à la conquête du Toçkin et reçut ia Croix d'honneur pour ses glorieux faits d'armes. En 1887, il publia ses vers de jeunesse, et plus tard il ^ut l'idée d'utiliser les curieuses notations de son carnet de campa«:ne.

Successivement parurent ses romans : Maman Claudie, hymne tendre écrit à la gloire des bonnes mères ; Dos d'âne, élégie poignante en l'honneur de l'amitié ; Tourterelle, chant d'amour, chaste» et passionné, qui se termine par un cri sublime d'espérance €tde foi. Ces drames constituent une sorte de trilogie d'une bonne tenue littéraire, où viveut^ewdçi^ d\^^<î>>x^^

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merveilleux, des figures idéales qui rappellent celles de nos meilleurs poèmes nationaux.

Paul Bourget, né à Paris en 1853. Fils d'un universitaire, il fut d'abord obligé d'entrer dans l'enseignement et il passa quatre ans à fabriquer des bacheliers et des vers. En 1882, il se voua exclusivement aux lettres, et il est aujourd'hui l'un de nos écrivains les plus en vogue. Membre de l'Académie française.

Ses poésies (La Vie inquiète lEdel ; Les aveux, etc.), rendent le lamentable écho des tourments de son âme, durant ses études et toute sa jeunesse.

11 débuta en prose par les Essais sur la psychologie contemporaine suivis plus tard des Nouveaux essais, livres de critique, confession fort triste de tout un siècle de littérature (doctrine empruntée au panthéisme allemand, au pessimisme de Stendhal, au dilettantisme de Renan, au positivisme de Taine ; idées religieuses fausses ; morale relative qui ne croit pas au malsain).

De nombreux romans suivirent, qui valurent à Bourget une éclatante notoriété et qui exercent encore dans le monde une influence considérable.

Ils sont bien faits du reste pour plaire à la jeunesse inquiète et nerveuse d'aujourd'hui, pour séduire les jeunes femmes toujours heureuses de trouver, dans les livres, des descriptions, des excitants, des compensations de la vie du cœur et de la vie mondaine, pour intéresser même les hommes mûrs en quête de thèses bien construi^tes.

La scène est d'une correction parfaite ; ce sont des salons Jiigh life, des chambres à coucher, des boudoirs, dont Bourget décrit le mobilier, l'ameublement et les parfums, avec la scrupuleuse exactitude d'un premier employé du Bon Marché.

Les héros et héroïnes sont des élégances suprêmes, dans une suprême faiblesse : des jeunes gens pâles, minces, flirteurs, oisifs, incapables de tout effort et prêts à toutes les tendresses ; de beaux messieurs et de belles madames n'ayant rien à faire de leurs dix doigts; des jeunes femmes surtout, grandes, fines, blondes, sentimentales et sensuelles, toujours aimantes et animées en dehors du mariage, assoiffées de sentiments et de mysticisme, tout imprégnées de cette atmosphère luxueuse où les sensations douces affadissent là volonté et préparent aux grandes chutes.

Tous ces personnages sont avant, tout des âmes, mais des âmes modernes, c'est-à-dire malades : Paul Bourget se complait à décrire leurs raffinements de sensibilité déviée, leurs fautes, leurs scrupules, leurs remords, leurs repentirs et même leurs expiations, en un mot tous leurs cas psychologiques et leurs maladies intérieures ; il excelle particulièrement à raconter les drames d'amour dont elles sont le théâtre ou les victimes.

La fréquentation de tels milieux et de telles gens doit être éminemment dangereuse... M. Bourget, dit un critique universitaire, a toujours affiché des ambitions de moraliste. Alors, on ne peut s'empêcher de relever un contraste ironique entre ses professions de foi et l'effet de ses romans. Dans les préfaces, idée du devoir, culte de la volonté, de l'effort. Dans les romans, dilettantisme ou vaine religiosité, découra-. gement, anémie de la volonté, séduction du vice {Revue Bleue, 28 mars 1896).

Certes, les intentions de l'auteur sont excellentes ; il ne prétend décrire les désordres de l'âme que pour les rendre odieux et les guérir. Malheureusement, les bonnes intentions ne suffisent pas. Les descriptions et les drames qui constituent la trame de ces

romans, indépendamment des pages voluptueuses qui s'y glissent, grisent l'imagination et anémient la volonté ; l'exposé de tous les motifs qui proparent et déterminent une passion coupable, fait facilement croire à ceux qui les lisent et les méditent, que les chutes sont toutes naturelles, presque nécessaires^ excusables et fatalement imitables. Aussi, un écrivain peu suspect, M. Rod, a-t-il osé dire, il y a une douzaine d'années, que les romans de Bourget ne sont guère plus moraux que ceux de Zola !

Ce jugement et les considérations précédentes, ne sauraient cependant s'appliquer dans toute leur rigueur qu'aux romans de la première période : L'irréparable ; Le deuxième amour ; Cruelle énigme ; Un crime d'amour ; André Cornélis ; Scrupule ; Un cœur de femme ; Idylle tragique, mœurs cosmopolites ; Physiologie de Vamour moderne ; La duchesse bleue ; etc.

En 1887, Le disciple (démonstration de la nécessité de la foi ; héros peu convaincu ; scènes regrettables) marqua dans les œuvres du charmant auteur une heureuse évolution, et témoigna d'un souci douloureux de la vie morale. Le fantôme, Monique, La terre promise (roman à thèse chrétienne, tend à éloigner les jeunes gens des plaisirs coupables, tableaux choquants), Cosmopolis (amours, jalousies, duels, conversion d'une jeune dilettante provoquée par la seule vue de Léon XIII), Sensations d'Italie (belles pages chrétiennes) marquèrent successivement ses progrès dans le respect de la morale et peuvent être lus par les grandes personnes, ainsi que ses derniers ouvrages : L'Etape (roman à thèse antidémocratique et profondément religieuse, violemment critiqué de toutes parts) et Le divorce (œuvre courageuse et magistrale qui restera Tun des plus beaux monuments de l'apologétique contemporaine) ; L'eau profonde et

Les pas dans les pas ; Les deux sœurs (étude psychologique sur la tentation d'une honnête femme ; d'une moralité irréprochable; suivie de 6 nouvelles).

... Depuis, Paul Bourget a trouvé la foi : il remplit tous ses devoirs de chrétien ; « il a même sa chapelle avec la réserve dans. sa villa de Portabelle ; il y fait dire la messe et il n'est jamais plus heureux, dit-il, que lorsqu'il suit l'office divin dans le livre d'heures de sa bonne mère. » (L'abbé Théodore Delmont. L'Université catholique, 15 décembre 1904).

Cependant, il n'était pas encore pratiquant, quand il a commencé « l'édition définitive » de ses œuvres. Ses écrits restent donc, dans l'ensemble, ce qu'ils étaient, des documents scientifiques remplis de tableaux très crus ou de thèses dangereuses. Les préfaces et les appendices, où il expose son « apologétique expérimentale », appartiennent seuls à l'inspiration catholique. C'est pourquoi, nous ne permet- .trions aux jeunes gens que certains ouvrages de la seconde période cités plus haut, et de plus : Un saint (et autres nouvelles saines, dans la dernière édition) ; Outre-mer ; Drames de famille ; Pages choisies.

Marie-Anne de Bovet, fille du général de ce nom, née en 1860, mariée récemment au marquis de Bois Hébert, agriculteur français résidant en Galicie ; collabore à La Vie Parisienne sous le nom de Mab, et fournit des articles à de nombreux périodiques français et anglais.

Le nom de « petites rosseries » qu'elle a donné à plusieurs de ses ouvrages, conviendrait à quelquesuns de ses romans psychologiques : Confessions d'une fille de trente ans ; Confessions conjugales ; Partie du pied gauche ; Contre l'impossible ; Plus fort que la vie (8 nouvelleb).

Pris sur le vif; Autour de l'étendard (peinture des

milieux militaires, dédiée au duc d'Orléans) paraissent appartenir à un autre genre.

Histoire d'un garçon ; Cadette (très bien) ; Fausse voie ; Le beau Fernand (peu intéressant, peu édifiant), pourraient être confiés aux jeunes gens, ainsi que certains de ses récits de voyages.

Augustin Boyer d'Ageil,de son vrai nom Jean- Auguste Boyer, né à Agen en 1859. Ancien séminariste, gradué en théologie et en droit canon, romancier, poète, critique d'art, historien, philologue et conférencier.

Après avoir publié des romans regrettables {La 'Gouine ; La Vénus de Paris), et que l'auteur semble bien regretter, Boyer d'Agen s'est porté définitivement vers les études historiques et religieuses, et a donné sur beaucoup de questions actuelles des travaux remarquables.

Son roman Terre de Lourdes (descriptions, amours •d'un séminariste) est un ouvrage malsain. Le pays natal ; Monsieur le Rédacteur ; Pascal Bordelas (le cynisme des politiciens) peuvent être classés parmi les romans honnêtes.

Brada, pseud. de M«^« LA Comtesse de Pujiga, née Henrietta Sansom, parisienne qui a épousé un diplomate italien.

Nous citons, parmi ses romans, très étudiés et délicatement écrits : Compromise ; M™« d'Epone (sujet risqué) ; L'irrémédiable (jeune fille séduite et délaissée) ; Les lettres d'une amoureuse (vieille originale, va) ; L'ombre (que projettent sur les enfants le divorce et les désordres de leur mère); Petits et grands fdélicieuses miniatures sur sujets variés) ; L'impasse (amour adultère) suivi de Mensonge (étrange) ; Les beaux jours de Flavien (jours de plaisirs) ; Comme les autres (amour contrarié, intéressant) ;

Milord et Milady (la galanterie bienséante en Angleterre) ; Retour du flot (tempête où une âme honnête a failli sombrer ; mais le hasard est si grand et tout

finit par s'arranger, quand on a du talent comme

Brada).

Et nous recommandons aux jeunes gens sérieux Terres de soleil et de brouillard (souvenirs de voyages très gentiment racontés) ; Isolée (vie d'une jeune orpheline catholique, transplantée dans un milieu anglican).

Adolphe Brisson, littérateur, directeur des Annales politiques et littéraires. Il s'est acquis une réputation particulière de portraitiste, en traçant, de main de maître, des esquisses sur les principaux représentants de la littérature contemporaine : Les prophètes ; L'envers de la gloire ; La comédie littéraire ; Portraits intimes. Depuis, il s'est essayé dans le roman, et a obtenu un réel succès avec Florise Bonheur.

Rhoda Broughton, romancière anglaise dont les œuvres ont été, pour la plupart, traduites en français. Ses romans décrivent la campagne anglaise et •des types de jeunes filles, ardentes, romanesques, amoureuses des fêtes où l'on brille, folles de leur corps, et mourant jeunes, après avoir gardé une vertu relative. Son dernier ouvrage De Charybde en Scylla, a paru dans la collection Fémina ; Belinda et Johanna peuvent être lues par les grandes personnes ; Hélas ! ; Fraîche comme une rose ; Kate Chester ; Nancy ; Le roman de Gilliane par tous ou à peu près.

Bulwer-Lytton (sir Edw^ard-George), poète, romancier et homme politique anglais (1805-1873), qui jouit dans son pays, comme écrivain, d'une renommée -à peu près égale à celle de Dickens et de W. Scott.

On lira de lui : Alice ou les mystères; Les derniers jours de Pompéï ; Le désavoué ; Dévereux ; La famille Caxton ; Mémoires de Pisistrate C.axton ; Mon Roman ; . Qu'en fcra-t'il ? ; Rienzi, son chef-d'œuvre.

Fernand Calmettes a surtout étudié l'amour, la vertu et le caprice chez les femmes : Brave fille ; Sim^ plette ; Sœur aînée ; récits qui peuvent être lire à peu près par tous. Quant à Mademoiselle Volonté, est-ce un bon livre ?

Adrienne Cambry, de son vrai nom M°»« Del-* phieu, romancière mondaine dont nous ne connaissons que quelques ouvrages : Rêve de printemps ; La Viertje de RapJiaël, qui peuvent être lus à peu près par tous.

Trio d'amour ; On en meurt ; L'amour pardonne,. sont tous trois très passionnés.

Ernest Capendu, (1826-1868), auteur dramatique et feuilletoniste très fécond, dont les œuvres écrites en style négligé, ne sont pas cependant sans valeur. Tout le monde peut lire Aiigo le Dieppois.

M"^« Edme Caro, Pauline Cassin, (1835-1901)^ femme de M. Caro, membre de Tlnstitut, a fait des romans appréciés : Pas à pas (sujet délicat) ; Amour de jeune fille, Histoire de Sans-Souci, Idylle nuptiale, L'idole, Les lendemains (onze nouvelles) Fruits amers (divorce) ; Complice (sept histoires) ; et Le péché de Madeleiiie, son chef-d'œuvre, publié d'abord sous le pseudonyme de P. Albane.

Marc de Chandplaix a publié dans L'Illustration des romans très forts et intéressants : Le fond d'un cœur ; Dans la houle ; Pour un mari ; etc.

Victor Cherbuliez (1829-1899). Littérateur suisse,

naturalisé français en 1880, calviniste et académicien. Pendant de longues années, il donna à la Revue des Deux Mondes, sous le pseudonyme de Valbert, des chroniques littéraires et politiques remarquables : la plupart ont été réunies en volumes et sont à lire.

Ses romans amusants, publiés dans cette même revue, ont fait les délices de tous les esprits gourmets, par leur élégance littéraire et leur extrême ténuité d'analyse ; ils étudient préférablement les Slaves ftt les Polonais, des femmes troublantes également passionnées pour le bien et pour le mal, des jeunes filles avancées ; ils ne dénotent guère d'autre souci que celui d'amuser. Louis Veuillot (Odeurs de Paris, page 396) a remarqué en Gherbuliez, un goût particulier pour les fous, les irréguliers, les maudits, les caractères outrés et bizarres, et il le trouve plutôt hostile à la vertu et aux âmes vertueuses. Nous ajoutons qu'il est parfois sournoisement impie ou franchement voltairien.

Les personnes réfléchies, mûries et suffisamment munies d'instruction religieuse choisiront parmi les livres suivants : Les aventures de Ladislas Bolski (scène scabreuse à la fin) ; La vocation du comte Ghislain (honnête) ; Le comte Kostia (id.) ; Le cheval de Phidias (id.) ; Après fortune faite (sornette délicieuse et délicieusement dite) ; Miss Rovel (pages exquises et autres) ; Samuel Brohl (inoffensif) ; L'idée de Jean Têteroi (une scène risquée) ; Les amours fragiles {le roi Apépi et deux autres nouvelles, quelques pages libres) ; Jacquine Vanesse (magnifique) ; Pages choisies.

Quant à ceux-ci : Une gageure (presque impur) ; Prosper Randoce ; La revanche de Joseph Noirel (situation et dénoûment immoraux) ; Le fiancé de i¥«''« de Saint-Maur (scènes d'adultère platonique) . Noirs et Rouges (mercuriale de sectaire) ; La ferme d\y.

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Choqnard (impiétés) ; eh bien ! non. Il y a d^autres auteurs que Gherbuliez. Sat prata biberunt.

IIexri-Emile Chevalier (1828-1879). Exilé au 2 décembre, se retira au Canada, et rentra en France en 1870, pour écrire une série de drames de TAmérique du Sud : Les derniers Iroquois ; La fille des indiens rouges ; Le gibet; La Huronne ; Les nez-perçés ; Peaux rouges et peaux blanches; Lé chasseur noir ; La fille du pirate ; L'île de sable ; Les pieds noirs ; Poignet d'acier ; La tête plate.

TiiÉODOiiE Chèze, ancien instituteur. 11 publia autrefois L'Instituteur, réquisitoire accablant contre l'école laïque (crudités, propos impies) et plus récemment Mijriam de Magdala^ roman chrétien. Ce dernier livre renferme, à côté de pages superbes, de graves inconvenances et des tableaux passionnés qui le rendent dangereux pour la généralité des lecteurs.

Jules Claretie, né en ISiO, journaliste, chroniqueur, romancier, critique et historien, membre de l'Académie française. Ce qui le distingue, c'est son aptitude à saisir le goût du jour : il a le sens de l'actualité, et il Ta traduite dans de nombreux romans. Lïmagination, le talent scénique qu'il y déploie, l'ont fait apprécier du public superficiel et nommer administrateur de la Comédie Française.

Tous ses romans sont fort inégaux au point de vue littéraire comme 'au point de vue moral. Nous citons : U Américaine (mondain) ; Le beau Solignac (roman historique du temps de Fouché; ; L'accusateur (l'œil du mort qui livre son secret, très dramatique) ; Le roman des soldats (patriotique) ; Les belles folies (id.) ; Le sang français (nouvelles et récits, pour tous) ; Brichanteau (grand succès de librairie, vie d'un comédien retraité par force et resté panachard) ; Le

renégat (roman politique, dévergondages, impiétés) ; Jean Mornas (dangereux au point de vue philosophique et moral : fatalisme, matérialisme, etc) ; La maison vide (fonds moral, mais mœurs faciles et suicide) ; Les amours d'un interne (roman de névrosés parmi lesquels l'auteur place Jeanne d'Arc et Marguerite Marie) ; M. le Ministre (viveurs politiciens et politiciens viveurs) ; Le Million (la fièvre du lucre, intéressant); Noris (pamphlet contre l'aristocratie, pages très libres) ; Le candidat (les vilaines mœurs électorales, pas de libertinage) ; Les Muscadins (roman de mœurs» réaliste) ; Robert Burat (les tortures d'un honnête homme, les héroïsmes et les turpitudes de la passion, fatalisme); Mme Berlin {mœurs politiques, libertinage); Mciie Cachemire (une femme d'auberge qui vient trôner dans un boudoir et finit dans le ruisseau) NoëlRambert (histoire d'un ouvrier, horreurs) ; Pages choisies.

Pierre Clésio s'est signalé dans ces derniers temps par des romans à succès : Les Renards (punition d'un traître et idylle) : Mariage de Raison, roman universitaire et moral ; Le roman de Claude Lenayl (mésaventures d'un jeune homme dans le demi-monde parisien et ensuite ses succès dans l'agriculture) ; Femme de général (qui a beaucoup de peine à rester honnête) ; Cours de jeunes filles (un professeur qui épouse une de ses élèves).

Charles De Coster (1827-1879), écrivain belge qui utilisa, dans différents récits, sa connaissance approfondie de la littérature du moyen âge : La légende et les aventures d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzack, roman épique sur des personnages fabuleux, populaires en Belgique ; Contes Brabançons, etc. »

U^* L. M. Compain mérite d'èlT^ ^\^w?\^^^V

cause du caractère sérieux qu'elle donne à ses thèses dans L'opprobre (d'une fille-mère qui finalement est épousée par un sauveur que n'effrayent pas les préjugés), L'un vers Vautre (théories d'une indépendante sur le mariage).

M«»« Cottin (1773-1807), veuve à 20 ans, déversa dans des œuvres guindées, sentimentales et faussement vertueuses (Malvina, Claire d'Albe, Elisabeth, etc.), ses besoins de tendresse et la mélancolie de son cœur brisé.

liOUis CoUperuSy romancier hollandais, né en 4863, a successivement abordé le poème romantique, le roman naturaliste, le roman psychologique, social, politique, et a obtenu dans ces genres divers un vrai succès : Majesté ; Métaniorphose ; La Paix du Monde, etc., sont à lire par les lettrés.

LÉOPOLD Courouble, l'humoriste de la Belgique. Les cadets de Brabant ; La fainille Kaekebrouck (à Bruxelles) ne sont pas des chefs-d'œuvre littéraires, mais ils sont intéressants pour ceux qui aiment ou veulent connaître l'humour, tel qu'il est pratiqué avenue Louise et surtout rue Haute. Au point de vue moral et philosophique, ils sont bourgeois, prud'hommesques, louis-philippiens^ terre à terre, pot-au-feu, etc.

Marion Crawford, né en Toscane en 1854, de parents américains, élevé en Angleterre, sicilien par adoption. Par ses études psychologiques du cosmopolitisme, il est devenu l'un des écrivains les plus illustres de son pays.

Nous citons parmi ses romans traduits en français : Pour tous les lecteurs : Saracinesca (œuvre d'artiste et de ch rétien).^ii^ Crucifix de Marzio (son chef-

<i*œuvre) ; San Ilario ; Une paroisse isolée ; Paul Patoff,

Pour les lecteurs expérimentés : Greinfenstein ; Zoroastre (roman épopée sur la civilisation médique sous Darius, pages à la Flaubert) ; Le Docteur Claudius (gai, humoristique) ; Un chanteur romain (très passionné) ; La Marchesa Cai^antoni (scabreux) ; M, Isaacs (occultiste et troublant).

Pierre de Coulevain, de son vrai nom Me"® Favj;e, semble ne vouloir fournir que des romans à Taméricaine : Noblesse américaine ; Eve victorieuse, satire virulente de la femme américaine, pécore égoïste, sensuelle et dépravée ; Sur la branche, autobiographie d'une française malheureuse en ménage, qui plante tout là, voyage à l'américaine d'hôtel en hôtel, et, tout en cheminant, admire spécialement la théosophie et le boudhisme.

Le vicomte François de Curel, né à Metz en 1854, ancien ingénieur devenu écrivain, directeur de la revue Armée et Marine.

Ses romans touffus et diffus : L'été des fruits secs {descriptions, idylle banale, théories favorables au divorce) ; Le sauvetage d'un grand duc (très libre) sont un peu délaissés.

Ses pièces : L'envers d'une sainte ; Les fossiles ; L'invitée ; La nouvelle Idole, renferment des scènes magnifiques, des idées salutaires et des développements inconvenants.

Comtesse Dash, pseud. de G. A. Cisterne de Courliras, vicomtesse de CiNQrMARS (1805-1872). Fut obligée d'écrire pour se créer des ressources et produisit une quantité de romans trop hâtifs sur la haute société et ses mœurs. Elle est un peu oubliée.»

IlKNiti-MiCHEL Datin, né en 1830, ancien notaire» Nombreux romans où Tauteur fait preuve dïntentions morales : Len deux mères (étrange) ; Le prestige ; Le tUtrieur Corhier (vieux don Juan qui s'assagit, après avoir reçu un coup de pistolet) ; Le trappiste ; etc., etc.

Alphonse Daudet (1840-1897), poète, romancier et auteur dramatique, dont les livres ont été lus avec une vive curiosité et sont toujours relus avec beaucoup de plaisir.

I^ir sa sensibilité et sa tendresse émue, son imagination méridionale très finement colorée, par le tour séduisant qu'il donne à toutes ses œuvres, par sa Krûce souriante, sa légèreté, son ironie railleuse, il a su intéresser tous ses lecteurs, tantôt en les faisant rire, tantôt en leur arrachant des larmes, toujours en les charmant.

Au point de vue moral, il n'est cependant pas toujours irréprocha])lo : il a traité dans ses œuvres les sujets l(;s plus scabreux, il a étalé ce que la réalité j)iînto(Trir de plus laid et même de plus ignoble... On ne; peut pas diri; sans doute que sa littérature est luxurieuse, car elle esquive certaines choses sales et Hétrit les vilenies ; mais on ne peut pas dire non plus, qu'elle est chaste et inolîensive pour tous les lecteurs.

Les tout jcîunes gens se contenteront donc de lire : (Umlos pour la joiuiost^i* (réunis par lletzel) : La belle Nirriiinisr (histoire d'un bateau) ; Tartarin sur les Aljx's (à part quehiues pages)'; Tartarin de Tarascon (contient le récit des aventures du héros avec une nîaureH(iue) ; Porl-Tarascoii (charge exagérée, inférieur aux deux précédents) ; l\^fjes choisies.

Les plus fj:rands pourront lire avec prudence : Le pclii (Hioyio, histoire d'un enfant ; Jack; Lettres de mon rnoulin ; (U))ites du Lundi.

Quant à ses autres ouvrages, ses pièces, et surtout

ses grands romans : Fromont jeune et Risler aîn& (série d'adultères dans le monde bourgeois) ; Soutien de famille ; Le Nabab (irrespectueux pour le catholicisme, etc.) ; Les rois en exil (pamphlet politique) y Numa Roumestan (traits contre la religion et contre les méridionaux) ; Uimmortel (contre les académiciens ; scènes de luxure) ; L'èvangèliste (l'auteur semble avoir voulu exalter la vie de famille en rabaissant la vie de renoncement ; pour ridiculiser l'Armée du salut, il amis en scène des fanatiques que des lecteurs non prévenus confondraient avec les catholiques) ; Sapho (très voluptueux) ; La petite paroisse ; Les femmes d'artistes ; Rose et Minette (contre le divorce) ; Soutien de famille ; La Fédor (et sept autres fragments ; tableau de la vie et de la mort de la célèbre comédienne) ; ils ne sont pas tous inofïensifs, même pour les grandes personnes.

M"*' JuLiA Daudet, femme d'Alphonse, née en 1847, a consacré sa plume élégante et fine aux joies, aux tendresses et aux « joliesses » de la famille. Parmi ses œuvres « artistes » et pittoresques, qui sont plutôt des entretiens que des romans, nous citons: Uenfance d'une parisienne; Enfants et Mères; Le livre d'une mère ; Impressions de nature ; Fragments d'un livre inédit (Impressions sur Paris) ; Miroirs et Mirages (nouvelles et études très sentimentales).

Ernest Daudet, frère aîné d'Alphonse, historien et romancier, né en 1837.

Producteur très fécond, écrivain doué tout à la fois d'une grande imagination et d'un grand savoir, il a publié, spécialement sur l'émigration, des ouvrages historiques qui lui ont valu en 4905 le prix Gobert : Coblentz ; Les Bourbons et la Russie ; Les Emigrés et la seconde coalition ; Les Emigrés et le 18 fructidor ; etc.

Ses romans parus chez Perrin, Dentu, Pion, etc., ne sont pas tous à recommander : Aveux de femme itrès malsain et très dangereux) ; Mademoiselle de Circé (enchanteresse qui séduit un policier et finit par se suicider) ; Les coulisses de la société parisienne (défilé de tableaux variés dont plusieurs sont scandaleux) ; Les reins cassés (contre les tripoteurs) ; Le gendarme excommunié (et autres nouvelles dont deux inconvenantes) ; A l'entrée de la vie (une scène de libertinage, belies pages sur la vocation religieuse, ensemble bon) ; Vénitienne (belle histoire honnête) ; Don Rafaël (roman historique peu intéressant) ; Drapeaux* ennemis (très bien) ; Victimes de Paris (captivant et d'une portée morale salutaire) ; La Carmélite (respectueux de 1 a religion, mais donnée périlleuse, inexactitudes, ensemble qui pourrait mal impressionner) ; Le roman d'un conventionnel (beau livre, histoires scandaleuses) ; Daniel de Kerfons (peu édifiant, portraits de grandes dames) ; Le mari (histoire d'un adultère) ; Le défroqué (sujet délicat traité sans pamphlet) ; Les pervertis (tristes gens, triste histoire) ; Pauline Fossin (triste !) ; Expiatrice (aventures vulgaires, mais honnêtes) ; Le missionnaire (très scabreux et invraisemblable) ; La Ratapiole (roman historique autour de la Terreur, honnête) ; Le roman de Delphine (honnête roman d'amour) : Le crime de Jean Malonj (dramatique, honnête) ; Mme Robernier (scènes d'adultères trop complaisamment décrites) ; Clarisse (une scène libre seulement^ ; Les fiançailles tragiques (vulgaire et grossier) ; Rolande et Andrée (gros feuilleton) ; L'Espionne {sain), etc.

A lire : Dolorès ; Fils d'émigré ; Dans la tourmente ; Robert Darnetal ; Nini la Fauvette et autres publiés à la « Bonne Presse » ; La religieuse errante ; Les deux évêques ; etc.

Léon Daudet,fîls d'Alphonse, né en 1868, marié

à Jeanne Hugo et divorcé depuis 1895, collaborateur au Gaulois ^k La Libre Parole.etc, philosophe, critique, poète, romancier, écrivain satirique très amer, au style puissant, embroussaillé et « superbement « confus ».

Parmi ses romans nous citons : La flamme et l'ombre (amours de deux filles, pages sensuelles, descriptions d'Italie) ; L'astre noir (allusions obcures à Victor Hugo) ; Suzanne (roman de l'inceste, faux, bizarre, où l'auteur combat la science et prend parti pour la foi) ; La France en alarmes ; Germes et poussières ; Hœrès ; Le pays des Parlementeurs ; Les Kamt' chatka (satire du snobisme) ; Les Horticoles, satire réaliste des médecins, tableau répugnant des mœurs de la haute société ; Le voyage de Shakespeare (haute fantaisie) ; Le partage de Venfant (victime du divorce).

Pierre Dax, de son vrai nom M«"- Eva Gatouil, auteur de nombreux romans, appartenant à diverses nuances au point de vue moral.

Nous ne recommandons pas : Le drame de Massiac ; Mariée sans amour ; Le roman du peintre ; La sœur du Mort ; L'enfant de la séquesti^ée ; Vengeance de lionne ; L'institutrice des Riaulx ; L'homme au masque.

Nous plaçons dans cette catégorie : L'intime d'un cœur ; Amour et préjugé ; Les épreuves de Michelle ; La bague de fiançailles ; Yamina '» Mon oncle de Chaoinirol ; Le roman d'une laide.

Pierre Decourcelle, né à Paris en 1856. A collaboré à plusieurs journaux, a fait des pièces de théâtre en collaboration et surtout des romans-feuilletons tapageurs : Le curé du Moulin-Rouge dans Le Matin ; Les Deux Gosses (récit pour la jeunesse) ; etc.

M™« Grazia Deledda^ jeune authoress d'ori^uve.

sarde, fixée à Rome depuis son mariage avec un fonctionnaire.

Dès l'âge de 15 ans, elle publia Le Sang Sarde, et aujourd'hui, elle compte à son actif une dizaine de romans dont trois (Elias Portolu ; Nouvelle Sarde ; Deux amours) ont été traduits en français.

Ce sont des histoires de brigands, qui mettent en scène les êtres primitifs, grossiers et révoltés de la Sardaigne. Nous les plaçons ici parce que le fond en est irréligieux et antisocial. Nous ne connaissons pas le roman Cendres qui a paru dans la Revue des Deux- Mondes.

Albert Delpit, né à la Nouvelle-Orléans en 1849, mort à Paris en 1893. Eut un duel célèbre et fut décoré à la guerre de 1870. Il a fait des poésies, des pièces de théâtre, et des romans d'actualité, parmi lesquels nous remarquons :

Dispara (peu intéressant) ; Jean Nu-Pieds (la campagne de la duchesse de Berry en 1832) ; La famille Cavalié (épisode de la guerre de Sécession) ; Le fils de Coralie (thèse risquée vigoureusement et honnêtement décrite) ; Le mariage d'Odette (magnifique éloge de l'éducation religieuse, pages scabreuses) ; Le père de Martial (invraisemblable) ; La Marquise (sujet scabreux, tableaux très libres) ; Solange de Croix Saint- Luc (très bien) ; MeUe de Bressier (hi Commune, scènes risquées) ; Thérésine (la réhabilitation de la femme de joie par le repentir et l'amour, impiétés).

Edouard Delpit (1844-1904), frère du précédent et, comme lui, romancier d'un certain talent.

Signalons d'abord aux jeunes gens sérieux : Faute de Brussange (roman catholique) ; Yvonne ; Bérengère ; Joseline ; Catherine Levallier (à part deux pages libres).

Et mentionnons : Les représailles de la vie (crimes.

suicides, scènes scabreuses) ; Sans merci (hypiiotiseur amoureux) ; Plein cœur (sujet hardi traité assez chastement) ; Marcienne (fonds moral, mais développements choquants) ; Le dernier rêve (d'une femme qui voudrait être amante et devient belle-mère).

Henri Demesse, né à Dijon en 1854. Un feuilletoniste très peu recommandable. Son Zizi est pour les enfants.

Louis Dépret, né à Lille en 1837, mort à Paris en 4905. Poète et littérateur qui promena dans tous les genres sa plume légère et facile. Comme nous sommes et Trop fière sont, dit-on, ses meilleurs ouvrages. M«"« Delyvoix est presque inofïensif.

Paul Déroulède, né à Paris en 1846, poète et patriote, dont les « chants » sont aussi connus que ses belles et déplorables équipées. Ses poésies et son drame en vers Messire Duguesclin peuvent être lus par tout le monde. Ses romans : Histoire d'amour, et La plus belle fille du monde, doivent être placés dans cette catégorie avec cette mention : niais et indignes de l'auteur des Chants du Soldat et des Chants du Paysan, etc.

Jean Deuzèle, romancier psychologue dont les thèses sont aussi originales qu'intéressantes : La maison vide (un époux qui se sent mourir et trouve sa consolation à façonner l'âme de sa femme à l'image de là sienne) ; Le recueillement (la jeunesse doit s'y consacrer ; la précocité sentimentale est une erreur ; détails assez lestes qui dépeignent trois drôles de couples).

M°»e Jane Dieulafoy» femme du célèbre explorateur, née en 1851. Elle a pris part aux travaux de son mari, en Perse, en Ghaldée, en Susiane» et outre

lerécitde Hes expéditions, elle a fait des romans semihistoriques : Frère Pelage ; Parysatis (reine des Perses, ses crimes et ses luxures) ; Volontaire' (le monde bourgeois sous la Révolution, haro sur les Montagnards); et Déchéance (réquisitoire enflammé contre le divorce). Tout le monde peut lire : Aragon et Valence, excursions en Espagne ; A Suse, journal des fouilles.

Louis Dimier, agrégé, ancien professeur au lycée de Valenciennes. Son roman, La Souricière, a pour but de montrer comment les jeunes gens tombent facilement dans les pièges tendus par le monde à leur vertu et à leur inexpérience (réalisme écœurant, prêtres insuffisants).

FÉDOR Dostoievsky (1821-1881) célèbre romancier russe. Ses crises d'épilepsie, son séjour au bagne, où ?1 fut envoyé pour conspiration, sa pitié profonde pour les humbles, ont donné à ses œuvres une àpreté tragique et souvent douloureuse. Souvenirs de la maison des Morts; Humiliés et offensés; Crime et châtiment; L'idiot; L'éternel mari; Bessy ; Pauvres gens, etc. ; Les étapes de la folie (tendresses dans la seconde partie) ; Ame d'enfant (que tout le monde peut lire), sont comme autant de coups de tocsin qui ont. précipité la réforme sociale en Russie. Les funérailles de ce forçat sibérien, qui avait su prendre les cœurs, furent un vrai triomphe.

Gustave Droz (1832-1895), peintre, conteur, débuta dans La Vie Parisienne par des croquis mondains dont quelques-uns réunis en volume sous le titre Monsieur, Madame et Bébé, eurent un succès de scandale prodigieux.

Depuis, il continua à écrire, non seulement à La

Vie Parisienne, mars aussi à la Revue des Deux^

Mondes, publia Entre nous ; Le cahier bleu de

ROMANS MONDAINS lÔ^*

Jlf«w« Cibot; Autour d'une source ^scènes de Lourdes, inspiration de fond antireligieuse); Babolain: Une femme gênante ; L'enfant ; et Les étangs ; Tristesses et sourires ; Un paquet de lettres, trois récits fantaisistes pleins d'humour et de leçons.

En 1886, il se vit refusé à l'Académie française et cessa d'écrire.

Edouard Drumont^ littérateur et journaliste, directeur de la Libre Parole, né en 1840, célèbre champion de l'antisémitisme. Ses œuvres vigoureuses, dans lesquelles il flagelle la juiverie, le clergé et parfois les catholiques les plus respectables, renferment des documents et des scèn îs trop réalistes pour être confiées aux jeunes gens. Son roman Lede^nier des Trémolins peut seul leur être donné sans réserve.

Maxime Du Camp (1822-1894) porta dans plusieurs genres les ressources de son beau talent. Son romanexcentrique et malsain {Mémoires d'un suicidé) ; ses chants modernes, et ses récits de voyages ne sont que d^obscurs essais, auprès de ses études sur Paris : Paris, ses organes, ses fonctions, sa vie (tendances rationalistes, 6 volumes, le troisième surtout ne doit pas être confié aux jeunes gens) ; Les convulsions d& Paris (histoire de la Commune, très bien) ; La charité privée à Paris ; etc.

Paul DumaSy né à Valence, collaborateur assidu de L'Illustration, fervent admirateur de la Tunisie où il recueille ses sujets de romans et nouvelles : Zézia, etc.

Félix Duquesnel, rédacteur au Gaulois, a publié sous le titre des Dix mille et deux nuits, quatorze nouvelles orientales et tout récemment Le mystère de Gaude, feuilleton.

Charles Durand, plus connu sous le pseudonyme <le Garolus d'Hàrrans, né en 4863, ancien professeur, dessinateur, romancier, nouvelliste, rédacteur en chef du Journal de Fécamp.

Parmi ses ouvrages, nous citons : Uavant-garde ; Histoires moroses; Contes roses ; Gris Bleu ; La victime (psychologie d'un bâtard) ; Duchesse, écrit en collaboration avec Jeanne France (l'amour victime de l'orgueil) : Germaine (scènes maritimes) ; La marquise de Villemegronne.

M"»" LA DUCHESSE dc Duras aliàs Glaire de Kersaint (1778-1820). D'abord «salonnière» brillante, elle se décida à écrire et fit sortir de sa plume Ourika (histoire d'une jolie sénégalienne qui, rebutée à cause de sa « couleur », est réduite à entrer au couvent ; et Edouard (histoire d'un plébéien épris de la duchesse de Nevers et qui ne pçut l'épouser, à cause de sa iDasse naissance). En ce temps-là, ces héros et héroïnes faisaient pleurer la France de René : c'était le début de l'ère des poitrinaires, comme s'exprime Léon Gautier.

Georges Duruy, historien et romancier, fils de Victor né en 1853. Son drame A'^i Dieu ni Maître peut être lu utilement par les personnes raisonnables. Ses romans sont mondains : UUnisson (histoire d'amour que l'on peut qualifier de chef-d'œuvre) ; Andrée ; Le garde du corps (sujet périlleux, peu moral, plaisanteries irréligieuses) ; Victoire d'âme (recueil de nouvelles, quelques pages égrillardes) ; Fin de rêve (roman politique consacré à l'apologie de Gambetta).

Louis Enault, (1824-1900), homme du monde distingué et auteur très fécond. Arrêté en 1848 comme Jé^itimiste, il quitta bientôt la France, par crainte de

nouvelles mésaventures et visita tous les pays de d'Europe, l'Orient, les Etats-Unis, etc.

Il a embelli de tous les agréments de son style les souvenirs de ces pérégrinations qu'il fixa dans une •centaine de publications de tous genres : relations de voyages, romans, traductions, études, articles de journaux et revues.

Dans la dédicace de La Circassienne, on lit ces lignes touchantes : t Depuis 20 ans, ma chère mère, je n-ai «point composé un seul livre sans me dire que vous le liriez et sans souhaiter que l'on y retrouvât la trace •de vos leçons... Cependant la peinture des passions •qui est l'essence même du roman vous a semblé parfois trop vive et trop ardente dans les miens, et vous avez souvent refermé le volume sans rien •dire... »

L'œuvre presque tout entière d'Enault mérite ce silencieux reproche : L'histoire d'une femme (honnête, mais mari vilain) ; Le baptême du sang (hon- •nête, patriotique) ; La me à deux (et trois autres nouvelles libertines; ; Le roman d'une veuve (passionné) ; Vamour et la guerre ; Ville et Village (où le curé est représenté comme un bon vivant) ; Le château des Anges (sujet scabreux) ; Le sacrifice (dangereux) ; Tragiques amours ; Le mirage (romanesque) ; Pour un ; Le rachat d'une âme ; La Circassienne (chrétien, histoire d'une double conversion) ; Jours d'épreuve : Pêle-Mêle ; La tresse bleue ; La vierge du Liban; Alba ; Une histoire d'amour.

Le chien du capitaine (4 nouvelles) convient aux •enfants.

Son cousin, Etienne Enault (1817-1883), a fait -également de nombreux romans-feuilletons assez populaires.

D'Ennery (Adolphe Philippe, dit Dennery

puis) auteur dramatique et romancier célèbre (1811- 1899).

Pendant 56 ans, il a produit, avec la collaboration de 60 auteurs, un nombre incalculable de drames, comédies, vaudevilles, féeries, livrets d'opéra et d'opéra-comique ; toutes ces pièces, habilement charpentées et très émouvantes, ont fait verser dea flots de larmes et rapporté des millions à leur auteur.

Parmi les romans empruntés à ses drames, nous citons : Les deux orphelines ; Martyre ; Le remords^ d'un ange ; La Grâce de Dieu ; Paillasse ; Marie- Jeanne ; Markariantz ; Seule y etc.

Georges d'£sparbès, né en 1863, a chanté avecenthousiasme, dans des romans épiques, l'odysséeimpériale {La légende de VAigle : La grogne) ; les tendresses familiales {Les yeux clairs) ; le culte de la. patrie, dans des romans qui flairent la poudre et résonnent comme l'airain (Le tumulte ; Les demisoldes) ; l'histoire d'PIenri IV (Le roi),

Ferdinand Fabre (1827-1898), neveu d'un curé, ancien séminariste, romancier qui a voulu décriredeux choses : les Gévennes et les mœurs ecclésiastiques.

11 a réussi dans la première partie de sa tâche r ses tableaux champêtres, ses descriptions de râpre nature de son pays, des montagnes et des châtaigneraies, où tout enfant il aimait à faire l'école buissonnière, placent Ferdinand Fabre au premier rang des rustiques avec Theuriet, Pouvillon, etc. Le chevrier r Toussaint Galabru ; Barnabe ; etc., joignent à Tamour de la terre, une sorte d'effervescence naturaliste souvent perverse ou des impiétés {Petite Mère, etc).

Quant à la vie cléricale, il n'en a saisi et décrit que^ yexiéTÏeur : il excelle à noter les manies, les travers,.

les petits côtés et les mesquineries des prêtres dans ded croquis exacts et pas trop méchants. Mais quand il essaie de pénétrer dans les profondeurs de Tâme sacerdotale, il fait preuve d'ignorance et de mauvaise foi : il nous offre, sous couleur d'observation impartiale, des caricatures où l'odieux le dispute au grotesque, des Tigrane féroces, des Lucifer en perpétuelle révolte, ou bien des types niais, dénués de sens pratique, quoique vertueux : par exemple, L'abbé Célestin (le prêtre qui ne connaît pas le monde). Les Courbezon (le curé bâtisseur, monomane qui se dépouille de tout), etc.

Parmi tant d'ouvrages, nous ne permettrions à tous que Uabbé Roitelet (l'amateur d'oiseaux, quelques fausses notes seulement). Nous laisserions à beaucoup Les Courbezon ; Mon oncle Célestin ; Monsieur Jean et surtout la Norine (malheureusement suivie de Cathinelle, récit libertin) ; M «"« Abeille ; et la charmante pastorale cévenole intitulée Xavière,

Claude Ferval, pseudonyme de la baronne de Pierrebourg, grande dame parisienne.

Quelques romans : Le plus fort (c'est Dieu qui conduit à la Chartreuse un jeune homme qui y était destiné et, pendant quelque temps, s'égara dans le désordre) ; Vie de château (histoire de deux jeunes ménages ; scènes d'amour, mœurs mondaines) ; L'autre amour (c'est-à-dire l'amour maternel qui console des autres).

Octave Feuillet (1821-1890). Ecrivain élégant, romancier aristocratique qui, par son style soigné, son talent de mise en scène, son intelligence des mœurs de la « bonne société », a conquis dans le monde des admirateurs passionnés.

Il a idéalisé délicieusement la vie de famille, dans le grand monde ; il a dépeint, avec wive ^^^Otvç\^^Y^

profonde et dans des types fascinants, les élégances raffinées, la corruption galante, les afféteries musquées d'un monde que Balzac appelait brutalement sa « ménagerie aristocratique », et enfin le cœur de la femme.

Ses thèses sont d'une morale assez sûre, quoique un peu flottante et facile : cependant ses livres sont généralement dangereux, parce qu'il» font beaucoup rêver et respirent un parfum de péché.

M. de Camors (athéisme raffiné ; tissu d'infamies ; montre que l'avilissement moral rend la vie insupportable) ; Julia. de Trécœur (malsain par son sujet et les situations) ; La Veuve (inférieur comme style et action) se terminent tous trois par un suicide. Honneur d'artiste tend même à le légitimer. D'autres ne le flétrissent pas assez ou nous le présentent comme l'unique solution de situations inextricables. Les amours de Philippe, broderie ravissante sur un rien, et VHistoire d'une parisienne, défilé de brillantes turpitudes, sont scabreux et dangereux.

L'histoire de Sybille est presque totalement inoffensive, bien que le directeur de l'héroïne soit un peu gauche. Nous en dirions volontiers autant de La Morte où il soutient la même thèse, à savoir que les époux, pour être heureux, doivent avoir les mêmes convictions religieuses.

Quant à ceux-ci : Le roman d'un jeune homme pauvre ; Charybde et Scylla; La partie de Dames ; Le village ; U ermitage, ils peuvent, d'après les «Etudes», être lus par des jeunes gens formés.

Antonio Fogazzaro, né en 1842, sénateur du royaume d'Italie, l'un des représentants les plus en vue du catholicisme libéral et des plus fêtés parmi les poètes et romanciers de son pays.

Une réclame retentissante a fait connaître un peu

partout son dernier ouvrage, Le Saint, œuvre d'art et de critique religieuse, assaisonnée de rosminianisme, d'américanisme, de murrisme et de spiritisme et dont le but paraît être d'indiquer des réformes soi-disant nécessaires dans TEglise catholique. Ses œuvres précédentes : Un petit monde d'autrefois ; Petit monde d'aujourd'hui ; Daniele Cortis ; Malombra ; Fedele, accusent moins les mêmes tendances et sont, dit-on, moins troublantes.

LÉON Frapié, né en 1862, employé d'administration, marié à une institutrice d'école maternelle, collaborateur du Journal et de La petite République. Après avoir publié L'institutrice ; Marcelin Gayard (histoire d'un crétin, grossièretés), il s'est rendu tout à coup célèbre par La Maternelle (roman des tout petits du ruisseau parisien, leurs vices et leurs ruses). Il a publié depuis, Les obsédés, roman qui montre l'écrivain en proie au désir de décrire les réalités de la vie.

Jacques Fréhel, de son nom de famille M«^' Jules Martin. Bretonne de Saint-Malo, fille de marins, elle a lu Chateaubriand et Renan et placé en Bretagne la scène de ses principaux récits : Dorine (nouvelles amorales) ; Tablettes d'argile (recueil de nouvelles, couronné par l'Académie) ; Le cabaret des larmes (contes lyriques) ; Ailes brisées (un artiste breton, séjournant à Alger, s'éprend d'une jeune fille riche ; celle-ci se marie... et lui... revient les ailes brisées) ; Bretonne ; Déçue (dans la 3°*« partie, blasphèmes et diatribes contre les couvents) ; Vaine pâture (mal écrit, peu édifiant) ; Le précurseur (la rédemption morale par le retour à la terre).

Eugène Fromentin (1820-1876). Peintre et littérateur très original, a surtout décrit des scènes

166 ROMANS NONDAINS

algériennes magnifiques : Un été dans le Sahara ; Une année dans le Sahel ; et s'est rendu célèbre par son roman psychologique Dominique,

Charles Fuster, né en 1866, poète sentimental, critique, romancier et auteur dramatique.

Ses recueils de poésies (Ufime pensive ; Les tendresses ; Poèmes ; L'âme des choses ; Le cœur ; La vie, etc.) sont de délicates merveilles ciselées avec un art exquis.

Cette perfection littéraire et ces sentiments si délicieusement nuancés se retrouvent dans ses trois romans : L'amour de Jacques ; Louise et Par le bonheur.

Emile Gaboriau (1835-1873), auteur de quelques romans judiciaires : L'affaire Lerouge ; Le crime d'Orcival ; Le dossier n^ 113 ; Monsieur Lecoq ; La corde au cou.

Certains critiques ont fait de Gaboriau un romancier vulgaire, dont les œuvres hâtives ne peuvent intéresser que le gros public. D'autres, au contraire, l'ont considéré comme un maître logicien et un analyste remarquable qui rappelle Edgar Poë. Quoi qu'il en soit, il excelle à varier des problèmes, qui semblent de plus en plus insolubles, jusqu'au moment où il donne la solution ; il sait varier les crimes, dépeindre les mobiles des coupables, multiplier les circonstances qui concourent au but principal, conduire une intrigue, animer ses personnages et passionner ses lecteurs.

Jacques des Gachons, né en 1868, dans la Sarthc. Fonda, avec son frère André, L'album des Légendes, et, avec son frère Pierre, l'Hémicycle ; fit du journalisme, des pièces et enfin des romans passionnés parmi lesquels nous relevons : N'y touchez

pas ; Mon amie ; Notre bonheur ; La maisqn des dames Renoir ; Rose ou la fiancée de province ; Le Mauvais pas.

Gustave Geffroy, né à Paris en 1855, critique <i'art et romancier de voyages, admirateur enthousiaste de Blanqui dont il a écrit l'histoire.

On lui doit, outre cet ouvrage, La vie artistique (notes très fouillées sur les salons) ; Notes d'un journaliste ; La Bretagne (paysages et souvenirs, mœurs et caractères, légendes et histoire) ; L'enfermé ; UappYentie (tableau sincère et douloureux des maux qui guettent l'ouvrier honnête ; pages réalistes) ; etc.

André Gérard, nom de plume de M"- V. Herment, romancière dont les œuvres dénotent un vrai talent : Solange (roman historique sur la Révolution) ; Chrisiiane (personnage répugnant) ; Renée {très émouvant). ; Envers et contre tout (délicat) ; etc.

M"^« A. deGérioUes, de son vrai nom M™« Génu <le Régiol, veuve d'un haut fonctionnaire des colonies, a publié ses romans dans le Journal des Débats, Le Gaulois, U Illustration ; Ce qu'amour veut; Fier amour; Le parisien aux Philippines (pour tous).

Henri Germain, collaborateur du Pêle-Mêle.

Romans de mœurs (Geneviève ; Dernière illusion ; etc.) et romans-feuilletons à grand succès (La fille des francs- tireurs ; Le secret de la duchesse ; Saltimbanque; etc.)

Jules de Glouvet, pseudonyme du célèbre magistrat Quesnay de Beaurepaire, né en

Ses romans sont presque tous consacrés à l'inven-

taire des paysages du Maine. L^auteur les parcourt et les décrit en agronome ou plutôt en magistrat qui dresse Tétat des lieux. Il déplore la désertion des campagnes et fait Tapothéose de Tâme et de la vie paysannes : si parfois ses paysans commettent quelques crimes, il les punit eh bon magistrat, selon le code d'une bonne morale ordinaire. Citons : Le berger ; Le forestier ; Le marinier ; Le père ; Uidéal (sentiments nobles dans un récit bien conduit) ; L'étude Chandoux (quelques détails risqués) ; Mari& Fougère (beau roman rural, mœurs des sabotiers) ; France (tableau de notre pays au XV' siècle) ; La famille Bourgeois,

Pour tous : DeWissembourg à Ingolstadt (souvenirsd'un prisonnier en Bavière, en 1870-71. parus sous le nom de Q. de B.).

Charles Le Gofïic, né à Lannion en 1863. Poète, romancier, critique, voyageur, toujours spirituel et railleur, parfois sceptique et légèrement irrespectueux des choses religieuses ; à part cela, ses romaria et ses poésies sont tout faits des traits charmants qui lui viennent des vieux laboureurs et des pécheurs de la Bretagne : Le crucifié de Kérialiés (une scène très naturaliste) ; Passé Vamour (très sentimental) ; Morgane et L'erreur de Florence (à peu près pour tous) ; Les métiers pittoresques (id.) ; L'âme bretomie (études charmantes) ; La payse (très intéressant, pages libres).

Son ouvrage de critique littéraire Les Romanciers d'aujourd'hui, est une galerie de silhouettes bien dessinées, enrichie de jugements prestes et fins.

Nicolas Gogol-Janowski (1809-1852). Auteur

dramatique et romancier russe, a dépeint dans des

Huiges harmonieuses et pleines de vie, « la splendeur

^^3 nuits de l'Ukraine, la majesté des grands-

fleuves, le charme mélancolique des steppes » : Tarass Boulba ; etc.

Ivan Gontcharof (1812-1892), romancier russe,. un des classiques de son pays.

Il conquit la célébrité par la publication de Simple histoire^ son premier roman et son chef-d'œuvre.

Maxime Gorki, c'est-à-dire Maxime l'amer, de sonvrai nom Alexeï Pescllkov, romancier russe, né en 1869, à Nijni-Novgorod. Les émeutes récentes au> cours desquelles il fut emprisonné, ont donné à soih nom et à ses livres un retentissement extraordinaire... Au point de vue littéraire et social, il est spécialement le romancier des vagabonds : ses personnagessont dénués de tout sens moral, et sa doctrine est révolutionnaire.

LÉON Gozlan (1803-1866), fit du cabotage, du journalisme, du théâtre et des romans. Il reste de cet écrivain pétillant d'esprit, ingénieux et très coloré : La pluie et le beau temps, et Une tempête dans un verre d'eau, bluettes ; Les émotions de Polydore Marasquin ; Aristide Froissart ; La main cachée.

Constant Guéroult (1814-1882), a écrit des pièces de théâtre et de nombreux romans populaires, parmi lesquels nous citons : La bande Graaft ; La bande à Fifi Vollard, fantaisies désopilantes qui peuvent être lues par tout le monde.

Gyp (Sybille-Gabrtelle-Marie-Antoinette de Riquetti de Mirabeau, comtesse de Martel de Janville, très connue dans les lettres sous le pseudonyme de). Née dans le Morbihan en 1850, arrière-petite- nièce du grand Mirabeau, elle est aujourd'hui devenue, par ses croqui^ mondains, pu-

bliés pour la plupart dans La Vie Parisienne, un des oracles favoris ou plutôt la coqueluche de la société frivole qu'elle hait et qu'elle « blague »

Ses 50 ou 60 volumes décrivent le grand monde, la \ie de château, de plage, de salon, de cercle, de boudoir, avec leurs élégances, leurs vices et leurs impudeurs, dans un style badin, gouailleur, mordant, < argot » même, où percent souvent le mépris et le bon sens. Ses « tranches de vie », ses cruelles gamineries, ses mots, la furie française de ses attaques, «a collection de « frimousses i> d'enfants, ses types d'élégants prétentieux et satisfaits, de prestes femmes, de douairières faciles. Bob, Loulou, Eve, Paulette^ Miquette, Chéri, Chiffon, etc., ont diverti et cgypanisé» toute une société.

Au point de vue moral, elle est loin d'être irréprochable. Elle exploite non seulement la vanité et la sottise, mais aussi la perversité humaine : elle multiplie les propos irrévérencieux et les polissonneries, •et si, dans certains ouvrages, elle donne aux snobs, aux ennuyeux, aux badauds, aux parents, de cruelles leçons, elle se comporte trop souvçnt avec la désinvolture d'une gourgandine littéraire.

En pratique, peut-on permettre la lecture de Gyp aux gens du monde ? Sans doute, elle ne recule pas devant le mot court-vêtu, risqué, salé môme ; mais au moins elle n'est jamais grossière et sait dire des vérités. Elle les dit drôlement. Or la vérité qui rit et fait rire n'a pas de résultats malsains ; elle est, pour beaucoup, plus salutaire que la vérité qui endort et, pour tous, elle est préférable à la vérité qui dégoûte. C'est pourquoi nous n'hésitons pas à signaler quel- -ques-uns de ses ouvrages : Autour du mariage (livre cynique qu'on a qualifié de chef-d'œuvre, et qui eut un grand succès) ; Professionnal Lover (il suffît de traduire) ; Trop de chic (les costumes des élégants et

des élégantes) ; Monsieur Fred (dédié à M. Mézières) ; Leurs âmes (procès des gommeux que « le chic abrutit»; leçons morales); Mademoiselle Eve (un amant en fuite compromet une jeune fille) ; Pas jalouse {une femme qui tombe) ; Le mariage de Chifjon (elle déteste le convenu et ne veut se marier que par amour); Elles elLui (Elles flirtent etLui passe sur tout ou sur rien) ; Tante joujou (la maîtresse d'un divorcé); Une passionnelle (roman) ; Le journal d'un philosophe, livre odieux qui souleva cependant un scandale salutaire ; Miquette (éducation d'une petite révoltée ; leçons morales) ; Israël (roman antisémite); Le journal d'un grinchu (un homme veule et une femme qui se vend) ; C'est nous qui sont Vhistoire ; Les poires ; Les froussards ; Maman ; Le friquet ; La bassinoire ; Plume et poil (l'homme titré et millionnaire, ennuyé et viveur) iLe 13* (tribulations d'un 13" invité, et une... honnête femme) ; Le bonheur de Oinette (histoire d'une jeune mondaine que les jeunes chrétiennes ne doivent pas lire) ; Bijou (la coquette égoïste qui est aimée de tous et se joue cruellement de tous) ; Un mariage chic (note antisémite) ; Un ménage dernier cri ; Ces bons docteurs (différents, types de médecins à la mode et de leurs clientes) ; Cloclo (triste, comme une clinique) ; Joies d'amour (le péché ne vaut pas ce quïl coûte); La fée Surprise (17 badinages) ; Lune de miel ; M. de Folleuil; Sportmanopianie (toujours aimable et audacieux) ; Les Chapons (les cléricaux qui ne font rien et seront mangés) ; Le petit Bob (morale facile) ; Ce que femme veut (morale supportable) ; Le journal d'un casserole.

Ludovic Halévy, membre de l'Académie française, auteur dramatique et romancier, né à Paris en 1834. Ecrivain avisé, parisien, ironiste, il ne connut dans le livre et au théâtre que des succès exceptionnellement brillants.

Outre des vaudevilles, des comédies de genre et des opéras-bouffes dont des représentations innombrables n'ont pas encore épuisé la vogue, on lui doit une création incomparable, celle de la famille Cardinal (Monsieur et Madame Cardinal ; Les petites Cardinal), où se prélasse un type de voltairien, idiot et ridicule, vivant solennellement des galanteries de ses deux filles.

On pourra lire aussi : Princesse (et trois autres récits, satire très fine de la vanité et de l'éducation donnée dans certaines familles riches) ; Criquette (chef-d'œuvre de sensibilité et de charme) ; et enfin L'abbé Constantin.

Ce dernier ouvrage a été diversement jugé : il est bien écrit, intéressant, et peut être lu par les jeunes gens, malgré la largeur excessive avec laquelle il interprète certains faits (par exemple le duel), et ridée fausse qu'il se fait du prêtre. Nous leur laisserions aussi La frontière; L'invasion.

Edmond Haraucourt, né en 1857, poète, romancier et auteur dramatique, directeur du Musée de Gluny.

Il débuta par deux volumes de vers dont les titres sont plus pornographiques que les poésies ellesmêmes. En 1890, il publia La Passion, mystère en deux chants et six parties : cette œuvre, à certains endroits pitoyable, tend à rabaisser la divinité de Jésus-Christ et n'est en somme qu'un beau drame tout humain.

Parmi ses romans, nous citons Amis (psychologie de l'amitié, histoire d'adultère) ; Les naufragés ; Le& Benoit (histoire honnête d'un jeune homme qui, pour mettre fin aux calomnies, épouse Benoite qui Ta recueilli tout enfant, alors qu'elle n'avait que 18 ans).

Martial Hémoil. Romans et nouvelles de tous

genres : Le marquis (THéliante (mœurs électorales) • Mauvais mariage ; Vivante énigme (passionné) ; L'inutile vertu (pessimiste et anticatholique) ; etc.

Henri d'Hennezel, romancier dont les ouvrages, écrits dans un style recherché et alambiqué, , valent surtout par les observations psychologiques : La seconde faute (le péché avant et pendant le mariage ; le rôle du prêtre ridicule, dévotes grimacières, chrétiens viveurs); L'entrave (au bonheur de ceux qui oroient, c'est le divorce et le remariage.)

Paul Hervieu, romancier et auteur dramatique, «é en 1857. Membre de l'Académie française.

« Il est, dit Jules Lemaître, le peintre le plus véri- •dique de ce qu'on appelle le monde... Mais le monde étant au fond un libre harem, épars, dissimulé, inavoué, le vernis de la vie dite élégante doit forcément recouvrir de sourdes brutalités. » Il excelle à peindre ces élégances et en même temps les vices qui se cachent sous ce joli décor ; il a rendu à merveille le contraste qui existe entre la surface polie et le fond trouble, dans cette société qui vit exclusivement pour les courses, le bois et les premières. Il ne s'émotionne pas cependant : il peint surtout ses sujets par euxmêmes, sans déclamation et sans insistance...

Nous citons parmi ses œuvres : Diogène le Chien, (roman de début, qui montre un homme réfractaire à toutes les conventions) ; L'Alpe homicide (quelques crimes commis par la. montagne) ; Les yeux verts et les yeux bleus ; L'inconnu ; L'exorcisée (trois livres <îonsacrés à l'étude des hallucinés et des fous) ; et ^nfm les romans mondains, types de littérature cruelle : Flirt (histoire d'un adultère... décent) î Peints par eux-mêmes (escroc\\i^t\^^ ^NOtNfôtwe^, chantage, suicide, amours effrèrvèe^Ma^v&X^^'î^^^^'^'^, sauvée, car la douairière n'a T\eTlN\lmT\«v^. cQ>xsv>è^^^>

L'armature (puissance de l'argent, qui en honnête homme érige un scélérat).

Ses pièces de théâtre {L'Enigme, etc.), ont de plus en plus de succès.

Ernest d'Hervilly, né en 1839. Dessinateur au chemin de fer du Nord, il changea d'écritoire pour varier ses plaisirs et composa des poésies, des comédies et une quantité de récits : Contes pour les granclei^ personnes, etc.

Gustave Hue, étudie, dans quelques romans, '1 mission de la femme : Avocate (contre le féminisme^ un peu de réalisme) ; L'utile amie (qui se fait Tentraineuse d'un homme de lettres ; vilain monsieurr vilaine amie).

JoRis Karl HuysmatlS, né en 1848, d'une famille d'artistes hollandais, l'un des hommes les plus étranges et les plus discutés de notre époque.

D'abord écrivain réaliste et cynique dans Marthe ; Les sœurs Vatavd ; Croquis Parisien ; En ménage A vau-l'eau et En rade, il chercha, dès 1884, comme il dit lui-même (1), à « s'évader d'un cul-de-sac où il suffoquait ». 11 voulut se libérer par A rebours, livre (c inconscient et sans rien du tout », puis par Là-bas, livre de magie et d'occultisme qui a plus d'un « côté scélérat et sensuel réprouvable ».

Mais ce n'est qu'en 1892 qu'il se convertit, ^ trappe de Notre-Dame d'igny. En route marque les étapes de cette conversion, mais avec des rechutes trop crûment racontées. La Cathédrale expose magnifiquement, mais pas toujours avec goût, la symbolique et la liturgie catholiques, (réflexions injustes

(1) Dans la préface qu'il vient de faire pour une nouvelle édition d'A Rebours,

sur Henri Lasserre, éloge de Zola, etc.). Malheureusement, dans ce livre et les autres qui suivirent, Sainte Lidvcine de Schiedam et VOblat {vie, sensations et émotions de l'auteur durant son séjour au Val-des-Saints), l'auteur n'a pas su complètement « se détacher de sa coque d'impureté », de telle sorte^ que même ses œuvres de sincère converti ne peuvent être données à lire qu'avec réserve. On jugera suffisamment de sa manière et de son style ahurissant, laborieusement furibond, encombré de barbarismes, de néologismes, et de mots en cliquetis et en clinquant, si on lit le recueil inofîensif qui a été fait de ses œuvres, Pages catholiques,

V. Blasco IbaneZy romancier espagnol, députérépublicain, s'est proposé de peindre dans son œuvre la nature et les mœurs espagnoles.

Les critiques vantent l'émotion et le réel intérêt de Terres maudites ; Fleur de Mai ; Boues et roseaux ; etils nous apprennent que les autres, non traduits en français, sont irréligieux (La Cathédrale ; L'intrus)^ ou immoraux (Drames très noirs).

Jules Janin (1804-1874), fut, pendant 40 ans, un « prince de la critique » et l'un des oracles les plus^ écoutés du journalisme parisien. Il a, paraît-il, écrit 2184 feuilletons au Journal des Débats et sa gloire est finie !

Ces feuilletons, tantôt bagatelles délicates et tantôt pages sérieuses, sont semés de digressions, de réminiscences historiques, d'inexactitudes ; ils renferment cependant des morceaux remarquables.

Citons encore de lui : L'âne mort ou la femmeguillotinée (parodie du romantisme) ; Le chemin de traverse ; Contes fantastiques ; Contes nouveaux ; Contes et nouvelle^ (très divers au point de vue moral) ; L'interné (honnête, intéresaatvt^ \ P^\\V^

romans d'hier et d'aujourd'hui (légèrement sceptiques).

Charles Joliet, né en 1832, alternant la poésie avec les pièces et les romans, a réuni, dans ces genres divers, un grand nombre de volumes : Diane, récit honnête et charmant ; etc.

Alphonse Karr (1808-1890), fut rédacteur en chef du Fifjaro, s'occupa d'horticulture à Nice, à Greteil, et joua un rôle littéraire immense. Pendant 40 ans, la France lut ses romans, répéta ses bons mots (Que MM. les assassins commencent, etc.) et s'amusa de ses originalités... Aujourd'hui, on ne connaît plus, de cet humoriste mordant, que son journal les Guêpes; Sous les tilleuls (livre de passion ardente et névrosée) la dièse (irréprochable) ; Menus propos (id.) ; Les dents du dragon (escapades de lycéen, voltairianismes).

Rudyard Kipling, né à Bombay en 1865. Il a visité les Indes, la Chine, le Japon, la Birmanie, l'Amérique, l'Afrique australe, etc., et il a beaucoup écrit.

Ses ouvrages sont surtout consacrés aux animaux sauvages, chameaux, mulets, éléphants, phoques, panthères, serpents, mangoustes, etc., dont il décrit les états d'âme. Ses deux Livres de la Jungle sont, à cet égard, délicieux, malgré quelques singularités choquantes. Dans d'autres, il célèbre la brutalité de l'impérialisme anglais : môme Stalky et C'^\ histoire de trois collégiens, qui peut être lue par tout le monde, ainsi que Capitaines courageux^ paraît être une morale en action jingoïste.

Bien qu'aux yeux de plusieurs, Kipling passe pour un des écrivains les plus remarquables de notre temps, nous croyons que ses fantaisies et ses prétentions sont très peu en rapport avec le goût français.

Rappelons aussi que ce « Tyrtée saxon » ce « Lafonlaine anglais » a plusieurs fois insulté la France à ^occasion de TafTaire Dreyfus, et qu'il a commis des pages très sensuelles.

Hubert Krains, écrivain belge dont les œuvres respirent la mélancolie et le pessimisme : Amours rustiques (3 nouvelles un peu lestes) ; Le pain noir ; Les bons parents ; Histoires lunatiques.

Baronne de Krudener (1764-1824), célèbre mystique russe, aventurière sentimentale, toute nourrie •des écrits de M™® Guyon, amante de Suard, exaltée qui se repose de ses désordres par des retraites chez sa sœur religieuse, et s'écrie, en extase dans la •chapelle du couvent : « Mon Dieu, vous m'avez donné ma sœur et mon amant, je vous aime ! »

Son roman Valérie a été réédité ces temps derniers ; il est inolïensir pour une tête saine, mais sur mainte imagination féminine, l'effet produit doit •être terrible.

Fernand Lafargue, né à Bordeaux en 1857, mort à Paris en 1904.

. Son roman le plus célèbre Les ouailles de Vabbé Fargeas, couronné par l'Académie, représente le inonde ecclésiastique sous un jour trop bourgeois.

Les autres sont tantôt passionnés, tantôt scabreux, •à l'exception de La fille des vagues, qui peut être lu par tous.

Le comte Léonce de Larmandie» romancier, philosophe, poète, dramaturge, auteur puissant et fécond. 44 volumes.

Ses romans d'histoire contemporaine sont de violents pamphlets.

Les autres sont généralement voluptueux : les

intentions de l'auteur peuvent êtve très bonnes, mais^ en littérature, les piua forte» démonatrationa et les thèses les plus morales produisent moins detTet que les tableaux de passion qu'on met sous les yeux des lecteurs. Citons : M, le rAdame mœurs rurales, tableaux de débauches : Pur sang un viveur qui épouse une passionnée ; ExceUior ' chaste et artistique; ; Pntficienne honnête) : Mea ijeux d enfant

savoureux pour les lettrés, : Reptile roman d'histoire contemporaine; ; Uàge de fer années de collège;; yfontfrrgneil art, lyrisme et crudités ; Sait tombante

bizarre : \nit close, Le sentier des lanneSy Chemin de la (:roix, An-deUi..., etc., etc., je ne comprends plus...

ff EOROES Lecomte, né en 18^. Auteur de quelques romans passionnés où sont étudiés des cas de conscience fort scabreux (Suzeraine ; Maisons en fleurn) ; il est surtout connu par trois satires sociales contre les députés (Les valets), les fonctionnaires (Lef< m ri ans verts), les artistes amateurs (Le veaw d.'(fr) ; et par Les hannetons de Paris (étude de mœurs amusante, cruelle et parfois peu convenable).

Ji :li:h Lemaitre» né en 1853, critique, poète^ autour dramatique, normalien, membre de TAcadémie française.

(ioninie criticiue, il a surtout donné à la Revue deshrii.y-Mondrs et au Journal des Dé6a/s des articles (|ui ont étp réunis en volumes sous les titres suivants: t\\ilHvnsi(niti do thvàtrc ; Les Contemporains, et sont riu'oro beaucoup lus. Les études qu'il publia au l'i<inni roulent tantôt sur des sujets graves, tantôt pur lo rhapeau haut de forme, la danse du ventre, Tî^nirho, oto.

ISoH uHivrcs théâtrales : Le député Leveau ; Mariage /f/,f;/r ; lUpoto ; Les vois i L'âge difficile ; Le pardon ;

ROMANS MONIMINS 179

La bonne Hélène ; L'aînée (en faveur du célibat ecclésiastique), et tout récemment La Massière, ont été représentées avec un grand succès.

Parmi ses autres ouvrages, nous citons Les Rois, roman très violemment attaqué (d'une lecture fort troublante; propos malhonnêtes d'Otto, etc.) ; Serenus, le chef-d'œuvre du roman renaniste, histoire d'un baptisé qui reste incrédule, se suicide au cours de la persécution et reçoit cependant les honneurs décernés au martyre (réflexions contre l'Eucharistie, etc.); Dix contes (ensemble moral, mais sceptique et douloureux pour l'âme croyante) ; En marge de vieux livres (id. à un degré moindre).

En 1897, ce sceptique, ce dilettante de l'art et de la vie, dépouillant son renanisme, se convertit au moins à la foi laïque et à l'action nationale, et entra dans la vie politique... Les opinions à répandre^ publiées dans le Figaro en 1897, sa collaboration à VEcho de Paris et aux Annales de la Patrie Française, son opuscule sur La Franc- Maçonnerie^ sont inspirés par un véritable amour de la France.

Cette action généreuse, mais très peu catholique, n'a pas arraché notre pays à la « décadence absolue » dont Jules Lemaître ne cessait de le menacer : et l'apôtre de la Patrie Française a presque totalement déserté la lutte...

M»»» Claude Lemaîtrô a décrit les matelots et les matelottes » des bords de la Manche, dans Tante Zahette et L'aubaine ; et les mœurs peu prudes de l'Angleterre dans Le cant,

Hugues Le Roux, né au Havre, en 18G0. Fils d'un armateur que des revers de fortune réduisirent à une situation très peu aisée, il consacra sa jeunesse à l'étude et au dévouement familial. Son talent et son énergie triomphèrent de toutes les d\ffi\^\3\\.^'s.\^^'a»

voyages en Abyssinie où il fut deux fois envoyé en mission, ses expéditions au Maroc, ses conférences en Amérique et son apostolat colonial dans différentes villes de France, ajoutèrent à sa gloire littéraire celle de Thomme d'action.

Toutes ses premières œuvres ne sont pas d'égale valeur et ne sont pas à mettre entre toutes les mains : Portraits de cire (nos célébrités dans l'intimité, causeries agréables) ; Tout pour Vhonneur (roman d'espion, histoire d'amour, peu intéressant) ; Nos fils (utile à lire} : Nos filles ; Le frère lai (récits intéressants; ; (ilndiis (histoire malsaine) ; Les amants hi/zaritiits idylle, détails audacieux) ; Au Sahara (intéressant) ; etc.

L'è}-)opêe <VAfri(ine, où l'explorateur sait bien dire ce qu'il a si bien vu, comprend déjà six volumes : Chasses et (je}is d'Abijssinie ; Ménélick et nous ; Je deviens colon (psychologique) ; Gens de poudre (roman d'histoire et d'aventures, mœurs militaires et arabes en 1854, pages libres) ; Le maître de Vheure (les confréries musulmanes, la révolte Kabyle en 1871, belle œuvre et livre instructif) ; Prisonniers maro» cains (roman passionnant, sujet périlleux adroitement traité).

Daniel Lesueur, de son vrai nom M"^^ Henre Lapauze, alins Jeanne Loiseau, née en 1860, critique littéraire, poète, romancière ardente féministe.

Elle commença par écrire des vers que les lettrés et l'Académie distinguèrent ; elle entreprit ensuite des romans de mœurs, remarquables par l'alliance heureuse de l'analyse des sentiments avec l'imagina-, tion et la bonne tenue du style : Marcelle (histoire d'une dépravée libre-penseuse) ; Haine d'amour ; J7ivincible charme (d'une fille d'ofïïcier français pour

le fils d'un oflîcier prussien) ; Le mariage de Gabrielle; et todt récemment La force du passé.

Entre temps, elle a essayé de ressusciter le roman de grande aventure, ou plus exactement le feuilleton mondain. Elle semble devoir y réussir: en intéressant ainsi les esprits délicats et les amateurs de grosses émotions, elle est déjà devenue l'une des premières romancières de notre temps. 3/orfeZ secret;Le lys royal;Le masque d'amour en deux parties: Le marquis deValcor et M™' de Ferneuse, ont fait sensation dans le monde littéraire, et des lecteurs sérieux et imitables, comme Coppée, ont pris, à les lire, un plaisir extrême.

Jules de La Madelène (1820-1859) a publié des romans et des nouvelles, parmi lesquels nous citons: Le Tïiarquis de Saffras, où il décrit excellemment les mœurs méridionales, et qui peut être lu par les jeunes gens sérieux.

Joseph-Henri Collet, baron de La Madelène,

frère du précédent (18*25-1887) a publié au Figaro des types parisiens et, outre des articles de critique littéraire et artistique, quelques romans mondains : Silex (ridiculise les dévotes et la vraie piété).

Eugène de La Queyssie. Ses Actes de foi, d'amour, de raison, etc., paraissent sincères et dénotent un vrai talent, mais ils renferment trop de fausses notes pour être confiés à tous.

Pierre Le Rohu, écrivain qui envisage dans le roman des problèmes à résoudre et non des fantaisies littéraires : L'intègre, contagion malfaisante qui se dégage des mœurs politiques actuelles ; La faillite de Jacques Leblay, c'est-à-dire la faillite de la morale indépendante.

182 R05L\XS MONDAINS

M"'' LesCOt a produit quelques livres dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils n'ont pas ^ande |K>rtée morale : .Sublime mensonge la jeune fille qui ment pour sauver l'honneur conjugal de son père. ;

Le l'tfiiani fl/tm petit vieux : Le^ mariages d'aujourd'hui.

Locis Létang, né en 1855, jourtialiste et l'un des bons ouvriers du feuilleton contemporain : La fée nux dentelle^' ; le Testament du corsaire (suite du précédent .

Asuiiî: Lichtenberger, né en 1870, romancier et Hociologue, actuellement chef de bureau de la présidence de la Chambre.

Il a égayé ses graves études sur le socialisme par des « enfantines » très honnête'^, qui intéresseront vivement pères et mères : Mon petit Trott; la Sœur du, petit Trott ; Portraits de jeunes filles ; Line.

l'ère est très choquant ; Portraits d'aïeules parait plutôt lourd et vulgaire.

Ln uutrt de doriiithe, roman antique ; Les Centaures, évocation fantaisiste de ce* peuple légendaire, sont écrits dans un style harmonieux et très coloré, mais sont beaucoup moins lus que les précédents.

Notons pour mémoire : M. de Mirjurac (sceptique, inconvenant, dangereux : (Umies historiques (dont plusieurs lestes, ensemble légèrement jacobin) ; Ixèdeniptiau (une jeune fille qui se suicide pour... rét;onc'ilier son père et sa mère .

r.ii. Lomon et P. B. Gheusi, ont signé ensemble (iiiel(|ues (i^uvres : Les Atlantes (roman d'aventuros sanglantes et d'amour passionné, dont l'action se passe chez ce peuple héroïque: Trilby i féerie en un acte en votk .

Nous rélevons dans le bagage personnel du premier de ces auteurs : Regina (mœurs des gens de théâtre assez proprement décrites) ; UAmirale (très peu moral) ; L'affaire du Malpel (roman judiciaire) ; Amour sans nom (sujet risqué, joliment traité, amoral).

Et dans celui du second, directeur de la Nouvelle Revue : Gaucher Myriam^ œuvre anti-religieuse.

Maurice Maeterlynck, né à Gand en 1832, avocat poète, philosophe et dramatiste, dont le nom a été révélé en France, il y a 15 ans, à grand renfort de réclame.

La doctrine philosophique de ce puissant auteur -est tellement drapée d'oripeaux littéraires et couverte de fleurs par l'universalité des critiques complaisants, qu'il est bien difficile d'en dégager le caractère -et la moralité. Si nous la comprenons bien, elle tend à assimiler les lois de la morale à celles de la poésie. Le poète obéit à l'élaboration de ses œuvres, aux inspirations inconscientes de son génie ; il est inspiré plus qu'il ne s'inspire, il laisse se construire ses poèmes plus qu'il ne les construit. De même, l'homme vertueux doit, dans sa conduite, rester étranger aux mouvements de la raison et de la conscience, obéir aux lois de l'inconscient et se laisser faire... Ce système fataliste qui fait du vicieux un être très respectable, Mseterlynck, peintre et docteur de l'inconscient, le distille dans des pages obscures et faussement mystiques. A ce titre, la Sagesse et la Destinée ; Les abeilles ; Le trésor des humbles ; Le double jardin, roman, constituent un réel danger.

Ses drames et ses « pièces pour marionnettes » sont du Shakespeare ou du Poë renforcé et obscurci, €t, au point de vue moral, de vilaines œuvres.

Jeanne Mairet» née à Paris de parents an\4cv- j

cains. Elevée en Amérique, elle écrivit d'abord des romans en anglais ; après son mariage avec Charles Bigot, elle apprit la langue française, et publia plusieurs romans : Marca conronné par l'Académie: ; Charge d'àmes (passionné, rôle bonhomme d*un curé ; L'enfant de la Lune pour tous .

M*'^* Georges Maldague, jeune femme-auteur qui a décrit, dans une multitude de feuilletons, la \ie des humbles et des malheureux. Elle débuta dans les lettres à 18 ans, sous le patronage de Léon Cladel, et depuis n'a pas cessé de produire, spécialement pour les lecteurs du Petit Parisien, des romans populaires dont la portée morale est encore inférieure au mérite littéraire.

Ji;les Mary, romancier et auteur dramatique, né en 1851, a fait des romans d'aventures et d'intrigues, dont plusieurs renferment des pages réalistes ou malsaines : Uii ronp de révolrer un adultère pour commencer et la folie pour finir) ; Le roman d'une firjurnnte semble excuser l'amour libre , etc.

Ses pièces de théâtre ont eu également du succès auprès du public populaire : Jlorjor Ui Honte et La Po(:1uu'fl.f\

Paul Masson Forestier, avocat et conteur, qui a la spécialité des récits judiciaires. Il a raconté les « alïaires », dans des pages empoignantes et semble avoir fait de tous ses anciens dossiers des sujets de nouvelles : Angoisses de jufjo>i recueil de récits honnêtes) : Difficile devoir id. : etc.

On l'a appelé un « Maupassant sans femmes » ; il est surtout un écrivain sans grande moralité.

MauClair, de son vrai nom AL Faust^

icier, dramatiste, poète.

Toutes ses œuvres et même ses romans débordent de vie, de fougue et d'idées. Citons : Le soleil desmorts ; L'ennemie des rêves ; La ville lumière (Paris); UOrient Vierge (dangereux) ; Les Clefs d'or; Lesmères sociales (réquisitoire contre les mères qui sacrifient leurs enfants à leur égoïsme effréné).

Mme Stanislas Meunier, femme du professeur de géologie, a fait paraître dans Le Temps, Lesr Débats, Le'GauloiSy etc., des romans mondains : La voisine ; Le trésor ; Confessions d'honnêtes femmes ; L'innocence reconnue ; Fra Gennaro (tableau de la vie genevoise sous Calvin) ; Plaisir d'amour (histoire d'un vieux marcheur) ; Pour le bonheur (inexactitudes historiques, etc) ; Le roman du Mont Saint- Michel (quelques fausses notes) ; etc.

Charles Mérouvel, (Charles Chartier, dit) né en 1843. Romans-feuilletons où abondent des situations passionnantes et étranges. Les uns sont honnêtesmais « laïques » : Riches et Pauvres ; etc. La plupart sont libertins : Angèle Méraud ; Le péché de la générale ; Les deux maîtresses ; Le mari de la Florentine ; etc.

Joseph Méry (1798-1865), conteur fantaisiste et auteur dramatique, peintre fantastique des mœurs et des paysages de Tlnde. Parmi ses nombreux romans pleins de verve, lire : La guerre de Nizam ; Héva ; La Floride ; La chasse au Chastre (qup.lques nouvelles).

Justine Mie d'Aghonne (1823-1897) de son vrai nom M™« Lacroix. Ses ouvrages très légers, où se meuvent des chiffonniers et des « claque-patins », ont eu en leur temps trop de succès. Dans les dernières années de sa vie, ils ne se vendaient plue guère, et Mie d'Aghonne tomba dans un état voisin de la misère^

1S6 ROMANS MOXDAIXS

Emile de Molénes Paul Gaschon, dit , soldat écrivain 1 821- f 861' . Dans la première partie de sa carrière littéraire, il laissa errer sa muse dans les «courants de la sensualité : il davint chrétien, et '* ordonné soldat » comme on est ordonné prêtre, il se battit en Afrique aaprès de La Moricière, à Paris, en Crimée, en Italie, et chanta, dans des œuvres vibrantes, la guerre. Tamour^ la tente et la caserne. Mélanges: Voyages et pensées milîlsires ; un peu de pessimisme : Histoires et ré'-it.< militaii^es ; Les Coiiimentaiies 'l'un soldat magniûques pages inspirées par la passion des armes : certaines pages de Capri- ^:es 'l'un régulieÊ- ensemble peu édifiant, libertinage} seront lus avec plaisir par des personnes réfléchies.

M°" Emile de MolèneS» née Alix de Bray, a publié sous les pseudonymes d'Ange Bénigne, et de Satin^ des croquis mondains qui ont paru d'abord dans Ln Vie Parisienne : L'orpheline lassez honnête ; M. Adam et M'»^ Eie la lune de miel et les premières années du mariage : 3/. Daphnis et yieiu Chloé frivole et sceptique..

Henri Monnier 1790-1877 , a analysé dans quelques ouvrages et avec une grande minutie de détails,' les sentiments, les mois, les ridicules de certains personnages dont il a fait des types : Jean Hiroux : Madame PocJiet : Joxep/i Pnixlhomme.

Charles Monselet IS^ô-iSSS; poète, journaliste, romancier, chroniqueur, gastronome, qui procède de |{abelais, de Molière et de Balzac. Instantanés littéraires, nouvelles folâtres et romans d'amour : en tout ;{0 ou 40 volumes, pleins de couleur, de gaîté et de naturel: Les ruines de Paris ;roman d'aventures, honnête) ; Les souliers de. Stonie Carvtaisies irréprochahltm) ; etc.

Xavier de MOBtépin (1824-1902). Ancien élève de l'Ecole des Chartes, romraocier et auteurdramatir tique. Ecrivain fécond et amusant dont lë«* romansfeuilletons (2!W volumes), malgré leur faible style et leurs péripéties invrai«eml$les, font les délices des concierges et de maintes grandes dames : La sorcière rouge ; La marchande de fleurs ; Sa Majesté le roi du monde ; Le mari de Marguerite ; Madeleine Kerven ; Sœur Suzanne ; Le médecin des Pauvres ; La bâtarde (viol, duel, adultère, substitution d'enfant, dévouement moral) ; Son Altesse VA^nour (répugnant) ; «îtc.

De ses livres qui lui rapportèrent beaucoup d'argent, l'auteur tira, en collaboration, des drames populaires très applaudis : La porteuse de pain ; La joueuse d'orgue ; La Mendiante de Saint-Sulpicc ; La Sirène de Pans.

Charles Moreau-Vauthier, fils du grand peintre, peintre lui-même et littérateur. Né en 1871.

Citons parmi ses œuvres littéraires : Vie d'artiste {donc un peu leste) ; Maquettes et ^mstels (17 nouvelles artistiques) ; Les gamineries de M. Triomplmnt (humoristique) ; L'amour qui passe ; Le sentier du mariage.

Eugène Mouton (1823-1002). Avocat, magistrat, qui écrivit sous son nom ou sous le pseudonyme de Mérinos, des romans intéressants et honnêtes : Le supplice de Uopulence ; Chimère (symbolique, pas chrétien) ; L'affaire Scapin (et trois autres nouvelles);

Des fantaisies désopilantes, entraînantes : L'invalide à la tête de bois ; Aventures du capitaine Marins Congourdan ; Fantaisies humoristiques /etc. ;

Des récits pour la jeunesse : ÂrieTiluTeB» de, ^o<!!\.\^^adaàu ; Voyages merveilleux de Laiaxc P6ba^v\ '^'^^^

188 R03fAXS MONDAINS

Lucien Muhlfeld '1870-1002 un juif qui s'est rendu célèbre par une réclame originale rappelant le chieo d'Alcibiade.

Ses trois romans : Le mauvais désir étude de la jalousie chez un luxurieux, : La carrière d'André Tourelle le jeune homme sans volonté, un être de veulerie et de chair) ; L'associée thèse morale, détails suspects, scepticisme, lancés à grand fracas de publicité, ont été très diversement appréciés... « ils ne sont intéressants, dit Ernest Charles, qu'à cause qu'ils créent une assez considérable circulation d'argent ». Cependant

Tout le monde peut lire Le Mo)ide où Von imprime fétudcs et jugements que le bon goût et la critique catholique ne ratifieront pas toujours).

Pikrrf: Ninous Meanxe-Thérèse, dame Rous- S©n, connue sous le nom de née en 1845. Dirigea', avec son second mari, M. Roussen. un domaine destiné à recevoir des enfants assistés. Elle a écrit des romans-feuilletons ; mais, dit Charles Le Gofïic, quel rapport, je vous prie, entre un écrivain et l'ierre Ninous ?

.Ji:m:s Noriac, pseudonyme et anagramme de (:lai:i)E-Ji:les Cairon, (I827-188^. A publié des nouvelles, dos causeries, des pièces de théâtre et (les cocasseries plus ou moins « rosses » : Le 101" rrnitiK'nl peut être lu à peu près par tout le monde.

(;e()H(}es Ohnet (Georges Hénot dit), né en 1848, célèbre romancier.

Il fut salué à ses débuts comme un maître, et ses (t'uvrcs obtinrent un succès triomphal : Le Maître (le /'o/7/('« eut 250 éditions ; Serrje Panine, couronné

r rAcadémiey en eut \t)0 *, La comtesse Sarah an faux, sabré, névTOs\aic\ueV, L\?>e Y\eu\^ow\ \ja.

grande Marnière ; Les Dames de Croix-Mort, en . eurent à peu près autant. Ses 27 volumes, rangés pour la plupart sous le titre général de « Batailles de la Vie », sont de fait « merveilleusement adaptés au goût, à l'éducation, à l'esprit de son public spécial •composé d'illettrés qui aspirent à la littérature o.

Cet a habile homme » s'est vu tout à coup dépouillé de son auréole par la main impitoyable de Jules Lemaître qui vit dans ses romans de la « triple essence de banalité ».

Quoi qu'il en soit de cette querelle entre la critique et le Vulgaire, beaucoup reconnaissent que les livres ■d'Ohnet solidement construits, mettent en scène, avec «ne réelle puissance, le monde de l'argent, l'industrie, l'aristocratie de race, et les lieux communs dramatiques de l'amour, et de plus qu'ils valent bien ies romans de Delpit, de Mary, etc., au point de vue «noral comme au point de vue littéraire.

Maurice des* Ombiaux, romancier belge, s'est •consacré à la peinture des mœurs populaires du Hainaut. Il est principalement apprécié dans son pays pour Mes tonnelles ; Têtes de houille ; Mihien d'Avène ; Contes d'entre Sambre et Meuse.

Maurice Paléologue, diplomate et écrivain, né en 1859, peut être rangé parmi les romanciers, bien •que le roman ne tienne qu'une assez petite place dans la variété de son œuvre (Impressions de Chine et... afîaire Dreyfus). « Son livre Sur les ruines, Penthésiclée, La cravache, et autres petits récits... font songer à Mérimée plus attendri ».

Paul Perret (1830-1904), écrivain d'une fécondité extraordinaire, qui pendant 50 ans, n'a cessé de produire des romans et des ouvrages histori(\aes. ^ç>\i.^ eitons : L'âme murée (faux et iTTèW^V^xx^ \\-àe.§» (y^^wvmariages ("contre le divorce') *, Le maxiac^e e-a -^o^v^

190 ROMANS NONDAINS

(intéressante histoire d'une ingénue mariée malgré elle) ; Sœur Sainte Agnès (belles pages, quelques mots contre les couvents) ; Manette André (sous la Terreur, immoral et irréligieux) ; Thérèse Vaubecourt (très passionné) ; Uji ménage modeime (peu intéressant) ; Les bourgeois de campagne; Les derniers rêveurs (ceux qui croient qu'on peut être heureux en épousant une fille sans dot) ; La duchesse Jean ; Antigone ; La maison littéraire (pour tous).

M>"« Georges de Peyrebrune, nom de jeune fille de M"" de Judicis de Mirandole, née dans

la Dordogne en 1847. Romancière qui^comme beaucoup d'autres déjà citées, est persuadée que l'amour peut être laseqle occupation, et, en tout cas, la seule préoccupation de la femme dans la vie.

Presque tous ses ouvrages, dont plusieurs ont paru à La lînvne des Deux Mondes^ reflètent cette pensée : ils sont au moins, à ce titre, dangereux pour la jeunesse.

Le roman d'un bas bleu (une femme doit préférer n'importe quel métier à celui d'auteur); Les trois deni<)ii<ollrs (trois idylles) ; Une sentimentale ; Marco ; Los frères Coloml)e ; Les passionnés ; Vers Vamour ; Libres: Une expérience ; Et Vamour vint; Le curé d'Ancholles ; Colomlnne ; Polichinelle et C*' ; Contes eit l'air, sont de bonnes sornettes sentimentales et souvent décolletées.

La Margolle et Victoire la Rouge vont jusqu'au lil)ertinage.

Edmond Picard, jurisconsulte et littérateur belge, né en 183H. Les ouvrages de droit, la poésie et les romans judiciaires l'ont possédé tour à tour : dans ce

k dernier genre, on connaît de lui La forge Roussel ; L''amtral; Mon oncle le juviscousuUe\ La x^eWlé,^ de ^•"'««ler; Le juré. Lire Pages choisies V^xm-^l^^-^^.

ROMANS MONDAINS 19 f

Frédéric Plessis, né à Brest en 1851, professeurde poésie latine à l'Ecole normale supérieure, poète et romancier, auteur d'une forte étude sur Properce.

Ses Poésies complètes (La lampe d'argile ; Vesper ;■ Gallica)^ rappellent les élégiaques d'autrefois. Sesromans : Angèle de Blindes ; (séduite, elle meurt dessuites d'un accident plus ou moins provoqué) ; Le mariage de Lèonie ; Le psychologue, révèlent une sensibilité très fine et sont vibrants de passioU:

Alfred Poizat s'est révélé bon critique littéraire dans les Poètes chrétiens, et romancier distinguédans Avila des saints (quatre nouvelles ayant poursujet le sentiment religieux) ; Pervers sentimental ; La dame aux lévriers (romans honnêtes et mondainsoù résonne très haut la guitare d'amour).

Ponson du Terrail (Pierre Alexis, vicomte) (1829-1871) romancier d'une imagination extraordinaire. Produisit dans les journaux, des feuilletons sombres, invraisemblables, pleins d'intrigues imprévues et dans lesquels on trouve, paraît-il, des phrases comme celle-ci : « La main de cet homme était froidecomme celle d'un serpent ». Son Rocambole, en plusieurs parties, a joui d'une vogue immense.

Léon-René Delmas de Pont-Jest (1830-1904) ancien marin à qui l'on doit un grand nombre de romans : Le procès des Thugs publié dans le Petif Journal et qui passionna la France entière ; La jeunesse d'un gentilhomme ; Bolino, le négrier ; La femme de cire ; Le fleuve des perles ; etc.

P, D. Pontsevrez, de son véritable nom P.

Dupont-Sevrez, né à Escaudœuvrea (^ç>\^\ ^w 1854, ancien professeur à Saiule-BaTYi^ eX ^w^ ^^Ov^*^municipales de Paris.

192 ROMANS 3IONDAINS

Nous mentionnons comme articles-spécimens de ses 4)roductions réellement littéraires : Les attentats de MffdcHte 'roman rustique assaisonné de crudités) ; Tèta rousse (recueil de nouvelles moins remarquables, ; Criminelle 'livre malfaisant, quoique exempt d^obscénités, : L'enjeu du botiheur étude d'amour) ; •etc.

Emilf: Pouvillon, né à Montauban en 1840, réaliste à sa manière, rustique et paysagiste qui a décrit les mœurs champêtres du Rouergue et du ijlucrcy, et l'amour dans les âmes naïves...

On remarque parmi ses œuvres : Césette (tableaux risqués; ; L'innocent fid.) ; Jea?i-<ie- Jeanne (séduction, •puis belles pages,; Le vahu d'être chaste (invraisemblal)le8 désordres d'un séminariste) ; Chantepleure : Les Antihel fbeau et sain, mais pas pour jeunes filles) ; J^elites âmes ; I/inuuje ; Pays et Paysages (recueil de morceaux) ; Le cheval bleu, contes pour adolescents (trop (le railleries bon enfant sur le prêtre et les cérémonies] ; Mademoiselle Clémence ; Bernadette de Lourdes.

(i(îS derniers ouvrages, accueillis avec enthousiasme par certaines revues pieuses, permettaient peut-être de croire que l'auteur serait devenu un romancier catholique... Mais Jep, son dernier roman, a détruit cette candide espérance et le montre plutôt irréligieux.

(liiAULKs Proudhon^ romancier dont nous connaissons seulement les ouvrages suivants : Apaisement (histoire d'une jeune fille blessée au cœur) ; Marie de Sainl.-(Uinans (une petite provinciale dans un milieu

Itaré) ; Claudine (plus chaste que celle de Willy). . t- Pierre de QuerlOIi, de eotv \t3i xvora. Pierre ^«1 GacllOns, né àVa\et\ça^,dau^\fe^«t\^,\svQt\.

•en 1904. Romancier artiste, familier des écrivains du Mercure de France, ami de Boylesve, Gourmont^ Régnier, Barrés.

Au point de vue moral, tous ses romans occupent une bonne place parmi les œuvres de passion et de sentiment, où Part prime la vertu, sans toutefois la supprimer. Nous citons : Les tablettes romaines ; La liaison fâcheuse ; Les joues d'Hélène ; La princesse à l'aventure ; Les amours de Leucippe et de Clitophon ; Le manoir de la petite Livia; Céline fille des champs ; -etc.

Henri Rabusson, né à Paris en 1850, Tun des ^auteurs favoris de l'ancienne Revue des Deux-Mondes, Tomancier mondain qui aime à dépeindre la société •du high'life où Ton s'amuse et l'on pose. 11 a écrit avec distinction et n'est tombé qu'accidentellement •dans le dévergondage. Malheureusement, comme la plupart des romanciers de cette qualité, les Tinseau, Droz, Halévy, Gyp, etc., il ignore et laisse ignorer la vraie bonne société qui est, avec le peuple travailleur, l'honneur de notre France, pour se cantonner dans la société légère, où Ton est considéré comme vertueux quand on s'amuse conformément aux lois de la bienséance: L'épousée, (se tue après la cérémonie pour rester fidèle à un amour antérieur) ; Griffes roses (d'une femme très libertine) : Hostilité conju- -gale (aux yeux de l'auteur, c'est une nécessité. Quel pessimisme ! quel marivaudage aussi) ; Les colonnes -d'Hercule (c'est-à-dire les extrémités du monde moral où s'arrête un viveur).

Adolphe Racot, bon écrivain qui, tout en dénonçant avec vigueur les corruptions contemporaines, sait faire ressortir de ses peintures osées une impression saine pour les grandes p^T^oxva^'a \ "Li^ Aù^^Ocv^ ^ux loups; La conquête de Floriauc *, Mada-me-Y îi\iv.^^-"^>

Le plan d'Hélène (scènes plus scabreuses, plaidoyer en faveur des droits de la famille); La maîtresse invisible ; Le supplice de Lovelace sont très agréables à parcourir, tant par la valeur du style que par Tintérêt des récits.

MiSTRESS Radcliffe, romancière anglaise (1764- 1823).

Dans ses œuvres qui sont encore très populaires ei> Angleterre, elle évoque des forêts, des vieux châteaux, des souterrains, des crimes horribles, et, après un enchevêtrement d'incidents extraordinaires, elle montre la vertu récompensée et le vice puni. Par l'admiration de la nature et le sentimentalisme, elletient de Jean- Jacques Rousseau, et par ses récits dramatiques, elle se rapproche de nos plus forts feuilletonistes. Ses romans : Un roman sicilien ; Leroman de la forêt ; Les mystères d'Udolphe, son chefd'œuvre ; L'Italien lui valurent des triomphes et passeront avec elle à la postérité.

Jean Rameau (Laurent Labaigt, dit) né e»

1858, poète landais qui a chanté dans ses vers, tantôt les forêts embaumées de son pays, {Nature, etc.;) tantôt la sarabande des astres et des dieux dans 1& monde cosmique. (La chayison des Etoiles^ etc.)

Son œuvre déjà considérable, dit un critique, est lumineuse et chatoyante, comme un collier mêlé d'opales, de perles et d'onyx, aux voluptueuses lucidites.

Ses premiers romans sont lascifs et même immoraux : La Mascarade, par exemple, est l'histoire d'un jeune homme qui perd la foi, se livre à tous les

^ désordres et finit par être exécuté ; morale : faites tout ce que vous voulez, mais ne vous laissez pas ^rendre.

Parmi les romans plus xécexvls, xvow^ ç.\\.^\v^\ 1.^

bslle des belles (les travers de certaines femmes) ; Les chevaliers de Vau delà^ avec cette épigraphe empruntée â Chateaubriand : « On ouvre les antres des sorcières quand on ferme les temples du Seigneur», (une mère inconsolable de la mort de sa petite fille, devient la dupe des charlatans ; nombreuses descrijptions de séances occultistes) ; Moune (plat, mais pas mauvais) ; La jungle de Paris (roman de l'arrivisme, amour passionné) ; Le roman d'une laide (paru dans le Mois, pour tous).

M. Reepmacker, romancier hollandais dont les œuvres ont obtenu en France une certaine célébrité: L'école des Rois (roman politique, thèse et intentions bonnes, style et détails beaucoup moins bons) ; Septime César (roman des temps du Christ, erreurs évangéliques) ; La peine du Dam (obscur et étrange); Emma Beaumont (l'amour à \a^ faveur de la métempsycose) ; Carlo Lano (ennuyeux) ; Vengeance.

Georges Régnai^ pseud. de M. et M°»« Langer, directeur de Simple Revue. Parmi leurs romans : Maurianne ; M. le Docteur ; Vendredi 13 ; Toujours ; Mademoiselle Pas d'amour ; Deux tendresses ; etc.

Jean Reibrach, de son vrai nom M. Chabrier,

ancien capitaine d'infanterie, a écrit d'abord des romans naturalistes, et donné des contes au Journal, au Gaulois, au Figaro.

Il paraît depuis s'être ûxé dans la psychologie et a publié, dans La Quinzaine, des œuvres qui peuvent être lues.

Nous citons en outre : Par l'amour ; A l'aube ; Les sirènes (honnête) ; La nouvelle beauté (prévoit dans un avenir lointain, comme aboutissant au tévî^\.\^^!3s^xvfc^ une soeîété nouvelle, basée ^wt \Vci^\N\^>^^v^'«^^i runfon libre et le socialisTne d'éX.aX.^.

196 ROMANS MOÇIDAINS

M""» Gabrielle Réval, romancière a |a mode. Les inquiétudes qu'elle avait inspirées lors de la publication des Sévriennes, des Lycéennes et d'un Lycée de jeunes filles, se sont dissipées à l'apparition de L'auenir de nos filles, (répertoire attrayant des professions et métiers féminins, d'après les interviews de personnes le plus en situation de renseigner).

Nous citons, outre cet ouvrage remarquable, deux romans d'amour: La cruche cassée (scabreux) ; Notre- Dame des Ardents (paysages de Picardie et d'Afrique).

L'auteur n'est pas une grande chrétienne, dit L'Ami du Clergé, elle le deviendra peut-être ; en tout cas, elle mérite notre estime et nos sympathies, et ne nous refuse pas les siennes.

Tony Ré Villon (Antoine, dit) littérateur, journaliste, conseiller municipal de Paris et député radical (1832-1898). On lui doit de nombreux romans qui ont paru en feuilletons dans des journaux et dont plusieurs ont eu du succès. Nous plaçons ici Le faubourg Saint' Antoine,

Emile Richebourg (1833-1898). L'un des écrivains les plus heureux qui aient parcouru la pénible carrière des lettres, il ne connut que des succès : il fît, par ses feuilletons émouvants et assez honnêtes, la clientèle du Pefii Journal, mérita, par ses nombreuses collaborations, d'être appelé par Jules Glaretie le terre-neuve des journaux populaires, et réalisa de très numéreuses recettes.

Tout le monde peut lire avec intérêt ses Récits devant l'âtre ; Contes enfantins ; Contes d'hiver ; Contesd^e printemps ; Contes d'été ; Contes d'autorane, et autres réunis dans les 12 volumes des Soirées amusantes,

■ Geor ges Rodenbacb. (,v^^v^%^%^ , ^o^x.^, \wvrMkliste et romancier belge, ne à.To\rc\v^\A\Nm\» \k^^«v%

de bonne heure et se lia avec des littérateurs et des poètes tels que Mallarmé, les Concourt, Paul Arène, Bourget; etc. ; il resta belge cependant, et ses œuvres sont tout imprégnées de la saveur flamande qui s^ dégage des villes mortes de son pays natal.

Outre son poème Le règne du silence et plusieurs recueils de vers, Rodenbach a laissé des écrits en prose qui, malgré leurs substantifs étonnants et leurs merveilleux adjectifs, ont été appréciés : L'art en exil ; Bruges la morte ; Musée de béguines ; Le carillonneur ; etc. Lire aussi Pages choisies (Bruxelles).

Eugène de Ronchampy de son vrai nom Eugène Campredon, ingénieur civil, romancier, directeur de Fraternité, revue laïque et chrétienne.

Nous ne connaissons de cet auteur que Eglantine, roman social, pessimiste, passionné et étrange.

Saintine (Xavier Boniface, dit) (1798-1865) fît seul ou en collaboration, plus de 200 pièces de théâtre.

Picciola qui consacra sa réputation d'écrivain, est un chef-d'œuvre romanesque qui analyse les sentiments d'un orgueilleux captif en présence d'une plante naissante ; Seul est un petit récit intime légèrement sceptique comme le précédent. Ses dernières œuvres (Jonathan le vis ionnair^e ; Seconde vie ; Contes de toutes les couleurs) ont pour sujet le merveilleux scientifique, les hallucinations et les vieilles traditions. Tout le monde peut les lire, ainsi que : La nature et ses trois règnes.

RÉMY.Saint-Maurice» romancier mondain dont nous citons Les Eves stériles (plaidoyer en faveur de la maternité) ; Eternelle folie (recueil de contesj ; Les derniersjours de Saint-Pierre (\d>fU^ d^\\^^\.^ ^^x^xv^saDt sur un volcan),

Jean Saint- Yves, de son vrai nom Jean Méau, romancier à thèses dont les œuvres pleines de coloris sont assez appréciées : Le roman d'un ^officier ; L'étape silencieuse (idylle d'amour, et dévouement d'un ofTicier pour ses soldats) ; La route s'achève (histoire d'un oflicier perdu dans les dunes du désert avec une poignée de soldats, amour, scènes diverses).

Pierre Sales, né en 1854. 11 débuta par le roman historique : Beau page {les guerres de religion, partialités; ; L'argentier de Milan (saisissant, honnête) etc..

Il tomba ensuite dans le roman d'aventures et il est maintenant un grand producteur « à la coule » comme Richebourg et Montépin. Mettons à part : Fille de prince ; Premier prix d'opéra ; Le secret du blessé (sept nouvelles) ; et tous les ouvrages qu'il a donnés chez Mame.

Jules Sandeau (1811-1883), l'un des amis de George Sand et des collaborateurs d'Emile Augier, écrivain exquis et moralisateur. Gomme l'auteur de Lélia et d'/ndiana, il peint l'amour passionné dans ses élans désordonnés, ses misères, ses chutes môme, mais il place au-dessus et à la fin de tous ces tableaux la notion du devoir ; il décrit les désordres, mais en même temps les déchirements auxquels se condamnent ceux qui s'y abandonnent ; c'est ainsi que Marianna^ le Docteur Herbeau, Rose et Blanche, ôont des livres moraux... pour les personnes d'un certain ù^e.

(^uant à ses autres ouvrages: Jean de Thommeray;

Madeleine ; Catherine ; Un début dans la magistra-

ture ; Mfi'e de la Seiglière ; Le château de Monsabrey ;

La maison de Pénarvan (son chef-d'œuvre) ; La petite

fée ; Sacs et parchemins ; Nouvelles ; Concert pour les

pauvres. Us peuvent être \u^ v?)oc \^^ \^>\xvfe^ ^^^xsa

sérieux. Sandeau y étudie de préférence les familles fiobles, idolâtrefl du passé, isolées et immobiles au inilieu de mœurs qu'ils dédaignent et de gens qui les raillent... Dans ces familles, il y a des jeunes filles que leur cœur pousse à des mésalliances et qui doivent lutter contre des préjugés de race..

La roche aux mouettes est un délicieux récit que tout le monde peut lire.

Gabriel Sarrazin, né à Laval en 1853, critique, poète, auteur de romans lyriques et symboliques : Les mémoires d'un centaure ; La montée ; Le roi de la Tuer. Inutile d'ajouter que ces poèmes de guerre, d'amour et de mort doivent être lus avec prudence.

Paul Saunière (1827-1894), conteur et feuilletoniste, secrétaire d'Alexandre Dumas, auprès de qui il apprit à choisir et à traiter des sujets intéressants, tantôt émouvants, tantôt comiques : A travers VAtlantique (récit de voyage ; quelques traits contre la religion et beaucoup contre les Yankees) ; Le lieutenant aux gardes (roman historique cruel pour Richelieu) ; La dette d'honneur (intéressant) ; La succession Marignan (vilain monde) ; etc..

Tout le monde peut lire Les aventures de Jean Barchalou,

Georges Sauvin, que nous signalons avec deux romans : Doit-on aimer ? (déception d'amour ; conclut à la nécessité d'un amour supérieur réglé par la foi •et la conscience) ; Pour arriver au bonheur,

Ossip Schubin^ de son vrai nom Lola Kirs- Chner, romancière allemande, née en 1854. Elle a vécu dans un milieu artistique et mondain auquel 'Clle a emprunté les sujets de ses nouvelles et romans débordants d'humour : Gloria victis ; L'Kowcv^xmv \ Maximum ; Gésa-MaVocchio ; etc..

Matilde Serao, aujourd'hui M»« Scarfoglio, romancière italienne, née à Patras en 1856, fille d'un napolitain exilé qui s'était réfugié en Grèce. Bile occupe une des preotUères places parmi les lémmes de lettres d'aujourdliui : elle dirige la Settimana 6& Naples, elle écrit tous les jours une chronique mondaine dans le Mattino, le plus littéraire des journaux de ritalie Méridionale et elle a publié un grand nombre de romans : Au pays de Cocagne (étude des ravages du jeu) ; La vertu de Beppina ; Aventureuse ; Amant ; .4dieu, amours ; Châtiment ; Vie en détresse ,* Cœur souffrant ; Histoire de deux âmes (qui tombent et puis se séparent) ; Cœurs de femmes (collection Fémina) ; Sœur Jeanne de la Croix.

Son livre Aux Pays de Jésus est un des ouvrages les plus attachants qui aient été écrits sur la Palestine : l'auteur se dégage de sa légèreté et de son pessimisme de romancière et nous donne des pages admirables, tout imprégnées de foi et d'humilité chrétiennes.

Séverine (Carolink Rémy, dame Guebhard^ dite) née à Paris en 1855. Amie de Vallès, avocate des humbles et des opprimés, en faveur desquels elle a écrit de nombreux articles : elle s'est même fait, dans ce genre de littérature, une renommée qu'elle appelle « lacrymatoire ». Pages rouges et Pagfes mystiques, sont des recueils, dont le titre seul indique la couleur et le caractère.

IIknryk Sienkiewicz, célèbre romancier polonais, né en 1845. 11 débuta dans les lettres par trois romans où il faisait appel à la générosité des polonais, en vue de relever leur nation ; il visita l'Amérique et diverses contrées d'Europe, publia successivement deux idylles sentimentales [Hania ; Le vieux serviteur, de nombreuses nouvelles sur les humbles-

(Junka le musicien, etc., etc.,) et enfin de nombreux romans hi&toriques qui fondèrent sa réputation : Le déluge ; Messire Volodyjowski ; Les chevaliers de la Croix; Sans dogme (un jeune homme sans foi, malheureux, coupable, qui se suicide) ; La famille Polaniecki (un roman de Ténergie) ; Par le fer et par le feu (œuvre grandiose et très honnête).

Ses romans des premiers temps du christianisme, Suivons-le et surtout Quo Vadis ont obtenu un succè» considérable. On a tout dit sur ce dernier ouvrage : les uns en ont fait un incomparable chef-d'œuvre ; d'autres l'ont ravalé au rang d'un médiocre pastiche. Nous n'avons pas à prendre parti dans cette querelle, et nous nous bornons à reproduire le jugement porté par OrazioMarucchi, l'illustre directeur des Musées et Galeries du Vatican : « Notre conviction, dit-il, est que ce livre est un livre magistral, écrit avec une^ véritable intelligence du sens chrétien ; il est destiné à faire un grand bien ». {Introduction historique et archéologique à Quo Vadis, chez Lethielleux).

L'édition complète {Revue Blanche, Garnier, Flammarion, Benziger, etc.j, ne doit pas cependant êtremise entre toutes les mains ; elle renferme des scènes choquantes, brutales, erotiques, orgiaques, susceptibles de troubler bien des âmes. L'édition Lethielleux est, à notre connaissance, la seule qui soit parfaitement corrigée ; mais convient-elle aux jeunes filles ?

La marquise de Souza (Adélaïde-Emilie Fil* leul, comtesse de Flahaut, puis) (1761-1836), une de ces âmes langoureuses et un peu maladives qui^ au commencement du XIX« siècle, entretinrent dans la société, la mélancolie de René : Adèle de Sénange ; Eugénie et Mathilde ; Eugène de Rothelin ; etc.

M^^ de Staël (176G-1817), fille du célèbre financier Necker. Elle reçut dans sa famille calviniste une

éducation toute philosophique, qu'elle développa par Ja lecture de tous les auteurs à la mode, Diderot, liousseau, etc. Mariée au baron de Sta^il, elle se sépara après douze ans de mariage, s'attacha à Talleyrand et Benjamin Constant, et enfin se remaria secrètement à un jeune officier. Politicienne, intrigante, pédante, jalouse de toute supériorité, elle se rendit aussi peu sympathique que possible et fut obligée de se réfugier à Coppet.

Delphine et Corinne sont des romans d'amour où l'auteur défend contre la société les droits de la femme supérieure, toujours incomprise et malheureuse : ils renferment des digressions artistiques et politiques, et des scènes de pseudo-catholicisme.

Le livre De l'Allemagne, encore qu'incomplet et 4'aux au point de vue chrétien, est cependant plus sain.

Lire Pages choisies,

Bernard Steller, de son vrai nom M"»® Besnierf a ajouté au catalogue des histoires banales quelques productions : Avocates (toutes trois reviennent à leurs ïonctions de mères et d'épouses) ; Idylle d'artiste (beau désintéressement d'amour) ; -Passion ou Devoir (encore plus passionné que les précédants) ; Simple histoire d'un instituteur (laïque, converti par un curé;.

Robert-Louis Stevenson, écrivain anglais (1850- 18y4}, qui exerça une grande influence sur le mouvement littéraire de son pays. L'état toujours chancelant de sa santé l'obligea à mener une vie errante ; il vécut même en France et y publia son Voyage dans les Cévennes,

Parmi ses autres ouvrages, nous citons : L'île au trésor (très intéressant) et Le dynamiteur qui peuvent ^tre lus par tout le monde.

ROMAîft MONDAINS 203

^me Ivan Strannik, de son vrai nom M"»® Anit- Chkoffy romancière d'origine russe, dont le public mondain accueille les œuvres avec faveur : La statue ensevelie (histoire d'une détraquée, relief saisissant); L'ombre de la maison (lutte d'une âme de femme éprise de liberté, dans un milieu de tradition ; elle «e marie, se dégoûte et se laisse à demi consoler) ; Les nuages (sur lesquels l'auteur a dessiné, avec un bonheur charmant, une foule incohérente d'êtres bien vivants et aimants).

Carmen Sylva, pseudonyme bien connu de la Reine de Roumanie Elisabeth, née en 1843. Elle a fait un recueil de pensées, des études, et des romans -dont la plupart ont été traduits en français. Ces •œuvres laissent souvent une impression pénible et nous pensons qu'elles ne sont plus à la mode, comme au moment où l'Académie française en a très complaisamment récompensé le mérite. On lira cependant avec intérêt : Roman d'une princesse (quel pédantisme ! quel pessimisme !) ; Astra (roman scabreux où certaines mamans aveugles pourraient trouver de bonnes leçons) ; Marié ; Qui frappe ? ; Nouvelles (dont plusieurs passionnées).

M""' de Tallenay, fille du marquis de Tallenay, ministre plénipotentiaire de France au Pérou, mariée è. un diplomate belge.

Nous citons parmi ses ouvrages : Souvenirs du Venezuela ; Linvisible (roman occultiste) ; En République (souvenirs d'Amérique du Sud) ; Treize douleurs (nouvelles) ; Au Sanatorium (récit d'amour) ; Vivia Perpétua, roman d'une martyre au ir siècle).

Maurice Talmeyr, de son vrai nom M. Coste, «'est complu à recueillir sur les « bancs », chez les

« gens pourris », les « possédés de la morphine », et dans le demi-monde, les types de ses romans.

A la suite de ces œuvres dont les idées sont très fortes et dont les intentions peuvent être bonnes, et après une vie assez aventureuse, M. Talmeyr semble s'être rapproché du catholicisme : il écrit au Gaulois des articles de valeur, il combat la franc-maçonnerie, donne des conférences en faveur de l'œuvre Tradition-Progrès, et fait partie de la Société des Publicistes Chrétiens.

Nous citons Le Grisou (livre très fort) et Sur le Turf {recueil de nouvelles concernant le monde des courses).

Edmond Tarbé, romancier, dont les ouvrages hardis et scabreux, sans être licencieux, au moins dans les intentions de l'auteur, ont fait, il y a quelques années, beaucoup de tapage : Cèsarée (passion coupable entre un père et sa fille) ; L'Iiistoire d'Angèle Valoy (roman de mœurs sur les bâtards, très peu chrétien); Le crime d'Auieuil (rocambolesque et oséj.

André Theuriet, né en 1833, ancien fonctionnaire qui a beaucoup écrit et dont les livres sont beaucoup lus. Membre de l'Académie Française.

Son œuvre entière est « un vaste morceau de campagne », a dit Jules Lemaître : ses recueils syl vains en vers sont d'un paysagiste consommé, d'un amant passionné de la nature. Ses romans procèdent de la môme manière. Malheureusement, ces peintures délicieuses des champs et des forêts encadrent des intrigues qui, sans être jamais physiologiques, n'en sont pas moins dangereuses. On a dit d'un de ses livres, qu'un jeune homme qui voudrait séduire une jeune fille, n'aurait qu'à la prendre après la lecture de ces pages capiteuses. De plus — et ceci n'est pas ^^oins grave — cet écrivain, toujours parlant à l'âme

comme aux sens, se complaît à représenter ses vilains messieurs et ses mégères comme des dévots et des cléricaux. C'est ce défaut qui dépare principalement La Maison des deux Barbeaux, belle œuvre littéraire, et Le sang des FinoëL

Nous classons au hasard parmi tant d'ouvrages : Le filleul du Marquis (situations risquées, dénouement moral) ySous bois, impressions d'un forestier (quatre études, assertions libres) ; Sauvageonne (récit impie d'une confession sacramentelle, scène très audacieuse, descriptions magnifiques) ; Les Mauvais ménages (triste monde) ; La sœur de lait (inférieur) ; Péché mortel (sujet scabreux) ; Michel Verneuil (un fils de paysan qui devient professeur ; ses désordres . et ses malheurs) ; Bigarreau (5 récits parfois passionnés) ; L'abbé Daniel (un Jocelyn dépoétisé qui entre dans les ordres par désespoir d'amour) ; Au paradis des enfants (délicieux, à part quelques pages libres) ; Eusèbe Lombard (ravissant, quelques crudités) ; Amour à'automne (passionné, honnête) ; Tentation (15 nouvelles, dont plusieurs très légères) ; Cœurs meurtris (bien près de la faute) ; Les Revenants (types de vieux garçons) ; Le bracelet de turquoises (très dangereux) ; Raymonde (romance assez honnête, suivie de Don Juan de Vireloup, moins acceptable) ; Claudette (contes et propos rustiques, dont plusieurs passionnés).

Meuse ; Les enchantements de la forêt ; L'oncle Scipion et Illusions fauchées (où cependant il représente trop le cloître comme un hôpital d'âmes) sont moins tourmentés ; ils peuvent être lus, aux mêmes conditions que Pages choisies.

Léon de Tinseau, né à Autun en 1844, écrivain aristocratique, et l'un des analystes les plus en vogue des impreôsions et des élégances mondaines. Selon •le mot d'un critique, il ensorcelé ses lectrices* ^^^sv^

quand il lui arrive de conter des histoires invraisem-i blables, son esprit, sa grâce impertinente, son pathétique discret, le ton de bonne compagnie qu'il donne à ses nouvelles légères, pimpantes, romanesques, parfumées, produisent toujours leur effet magi-. que : il m'ensorcèle, ma chère.

Voici les principaux exemples de sa manière : Alain de Kérisel (peu moral) ; Bouche close ; Ma jcousine Pot au feu; Mon oncle Alcide ; Robert d'Epirien ; L'attelage de la marquise; La meilleure part ; PluS' fort que la haine ; Sur le seuil (plaidoyer en faveur des couvents) ; Vers V Idéal ; La Chesnardière (pages scabreuses) ; Au coin d'une dot (rarement les mariages heureux sont marqués au coin d'une dot) ; Pn7ices.se errante (passionné, utile à ceux qui peuvent le lire) ; La valise diplomatique (anecdotes de salon) ; Le secrétaire de M"*' la duchesse ; Le secret de Vabbé Césaire ; Faut-il aimer ? ; Le chemin de Damas ; Bien fol est qui s'y fie (joli recueil) ; Dans la Brume ; Un nid dans les ruines (suivi de La lampe de Psyché) ; Les péchés des autres (deux histoires) ; Mensonge blanc (10 morceaux).

Ernest Tissot, critique, voyageur, polyglotte et romancier. Ses études . sont très justement appréciées '■ Les évolutions de la critique française ; Le drame norvégien ; Les sept plaies et les sept beautés de l'Italie contemporaine ; Le Monsieur qui passe.

Ses romans scabreux et libertins, ne sont guère lus, et ne sont pas à lire.

Ivan Toufgueneff (1818-1883), écrivain russe qui conquit la célébrité, en publiant Les récits d'un chasseu?', où il dépeint avec émotion les misères du servage. Il eut la gloire de contribuer, par ses livres^ à l'émancipation des serfs de son pays : persécuté j)ar les « conservateurs >, il quitta la Russie etrésidfi

longtemps en France, où ses ouvrages très bien écrits, gracieux, poétiques, devinrent très populaires. Il « appartient, dit M. de Vogue, comme Dostoievski et Tolstoï, à la trinité littéraire qui règne sur la Russie contemporaine » : comme eux et à la suite de Gogol, il a su regarder en bas, et apitoyer le mondesur la triste vie du peuple russe. Lire : Mémoires cVun seigneur russe ; Scènes de la vie russe ; Les récits^ d*un chasseur (pour enfants) ; etc. ; Pages choisies.

Mark Twain, (Samuel Langhorn Clemens, dit) humoriste américain, né dans la Floride en 1835, a parcouru le monde et fait tous les métiers. Ses paro- <iies et ses cocasseries sont populaires dans tous lespays de langue anglaise. Nous citons ici, parmi ses œuvres. Le prince et le pauvre (rom^n historiquetrès intéressant, raillerie spirituelle des mœurs de l'Angleterre) ; Aventures de Tom Sawyer ; Aventures^ de Huck Finn, qui peuvent être lues par tous.

Octave Uzanne, né en 1852. Erudit et bibliophile, est surtout connu des lecteurs mondains, parce que ses livres font revivre les mœurs légères des trois derniers siècles. C'est surtout l'historien des siècles féminins, et de la civilisation féminine : Nos contemporaines (parfois scabreux) ; Vingt jours dans le Nouveau Monde (empoignant) ; Contes pour les bibliophiles (grrisonnants) ; La locomotion à travers l'histoire (pour tous).

La Duchesse Emmanuel d'Uzès, le type de la grande dame, la célèbre philanthrope qui dépensesans compter son activité et sa fortune.

Elle donne des fêtes princièrea, fait de la chasse à courre, de la viticulture, sculpte des statues, écrit des romans [Julien Masly, etc.) et des pièces. |

i208 ROMANS MONDAINS

Jules Vallès (1833-1885), journaliste et romancier. Nihiliste convaincu, il dirigea contre la société les plus brutales invectives, dans ses romans acerbes, •colorés et empoignants : L'enfant (livre impie, brutal, ^ù Tauteur insulte même sa mère) ; Le Bachelier ; L'insurgé, réunis sous le titre de Jacques Vingtras ; Les réfractaires.

Yvonne Vernon, 21 ans, collabore depuis plusieurs années à diverses revues, a donné Terres de Lumière (Voyage en Orient, pages ruisselantes d^ima- •gination) et Claire Maret, roman adultère et libertin.

Auguste Villiers de l'Isle-Adam (1833-1889), <lescendant de lïliustre famille de ce nom. Ecrivain très original, styliste remarquable, d'une imagination déconcertante, d'un symbolisme qui touche à l'hallucination, il semble « avoir traversé ce monde en somnambule, ne voyant rien de ce que nous voyons •et voyant ce que nous ne voyons pas ».

L'amour suprême ; Histoires insolites ; Axel (roman dialogué dont la 4' partie a pour titre Le monde pas- -sionnel) ; Les Contes cruels ; Tribulat Bonhomet ; L'Eve future sont des fantaisies étranges et suggestives ; mais les tirets, les points de suspension, les lettres italiques et majuscules en rendraient la lecture insupportable aux lettrés qui pourraient y trouver profit.

Jacques Vincent, pseud. de Madame Dussaux, née Angèle Bory d'Arnex.

Aime à plaider la cause des femmes incomprises ^t même infidèles : La comtesse Suzanne (une femme mal mariée a le droit de prendre un amant) ; Un bonheur (morale fort relâchée) ; Misé Féréol (détails libres, dénouement presque immoral) ; Le cousin mJVoêl (drame empoignant dont l'action se passe prêts

d'Hazebrouck, une scène risquée) ; Jacques de Trévannes (situations scabreuses, idées fausses) ; Le retour de la princesse ; sont à cet égard significatifs. Vaillante ; Les mémoires d'une jeune fille sont tout à fait honnêtes.

Jean Viollis, de son vrai nom Henri n'Ardenne <ie Tizac, poète et romancier. Parmi ses récits passionnés, nous citons : L'émoi ; Petit cœur,

Eugèxe-Melchior, vicomte de Voguë, né à Nice, en 1850. Membre de l'Académie française.

Un écrivain qui voyage et qui note ses observations avec le talent d'un artiste et la sagacité d'un diplomate: ses articles sur TOrient, {Histoires d'Orient), Isl Russie [Histoires d'hiver), etc., réunis depuis en volumes, ont été très appréciés.

Ses autres œuvres l'ont sacré apôtre et « conducteur d'âmes » : il a mis à la mode le roman russe, le «lavisme et l'Evangile. Cependant, les thèses sur lesquelles il appuie ses essais de réveil moral et de rénovation sociale, ne sont pas suffisamment sûres ; on a même été jusqu'à dire, qu'en louant tour à tour le boudhisme.le protestantisme et l'orthodoxie russe, elles conduisent tout droit à l'indifférence religieuse...

Ses romans : Cœurs russes ; Les morts qui parlent (c'est-à-dire les députés) ; Le maître de la mer ; renferment des pages très libres, mais sont bons et moraux... pour les grandes personnes. Quant à Jean d'Agrève, on dirait que l'auteur y veut légitimer une passion illégitime en vertu de la souffrance et du christianisme.

Gharles-Jean-Melchior, marquis de Voguë, cousin du précédent, membre de l'Académie française, est diplomate et archéologue.

MiSTRESS HuMPHRY Ward, née en Tasmanie, critique, nouvellière et romancière.

Robert Elsmere^ qui parut en 1888, eut dans lea pays anglo-saxons un immense succès; Daniel Grieve et Marcella accusent des tendances au socialisme et à l'émancipation morale des femmes. Helbeck de Bannisdale est un pamphlet haineux contre la tyrannie de la doctrine papiste.

Pierre Zaccone, né à Douai en 1817, mort en-

Romans de bagnes et de cours d'assises : Le roi de Bazoche, etc.. Charles Le Goffîc, son ami, lui attribueune âme de boucher.

ROMANS HONNÊTES qui peuvent être lus sans danger

par des jeunes gens ou jeunes filles sagement formés.

Vincere in bono malum.

... Alors que lire ? diront des parents soucieux de la vertu de leurs enfants, et harcelés d'ailleurs — heureux parents ! — par des demandes instantes, auxquelles ils voudraient donner satisfaction. Que lire ?

Louis Veuillot qui pourtant connaissait i^aô/b/a, et avait écrit Corbin et d^Auhecourt^ inclinait à penser que le roman, sans défaut et catholique, n'existe qu'à l'état de glorieuse exception. Nous ne discutons pas cette affirmation de l'illustre écrivain. Nous constatons seulement avec joie, que l'exception s'est depuis généralisée, et qu'après avoir recherché, parmi les célébrités et les succès, des auteurs et des ouvrages honnêtes et intéressants, personne n'a le droit, en stricte justice, de dresser un procès-verbal de carence.

Il y a d'abord, ce qu'on appelle les roraacLS»

212 ROAL\NS HONNÊTES

honnêtes, ou plus improprement, à mettre entre toutes les mains.

On en a dit beaucoup de mal, comme saint François de Sales parlant des champignons, comme les hygiénistes parlant de Talcool et du tabac.

Ce sont en effet des romans, c'est-à-dire des œuvres d'imagination, et comme tels, ils peuvent, en stimulant ou en développant démesurément la puissance de la folle du logis, fausser le jugement^ amollir le cœur, anesthésier la volonté, « impersonnaliser » la personne toute entière, la désorienter dans la vie, en un mot, occasionner dans le logis même, des désordres dont les moralistes et les prédicateurs ont amplement exposé le détail.

Mais ce sont des romans honnêtes : ils respectent le bon sens, la grammaire et surtout la vertu... Et s'ils n'échappent pas à tous les inconvénients des livres de ce genre, ils offrent, en tant qu'espèce et lus à propos, des avantages nombreux.

Ils constituent pour le moins un salutaire dérivatif. N'est-il pas vrai que dans la vie artificielle du XX^ siècle, le goût et la lecture des romans sont devenus comme un élément hypothétiquement nécessaire ? N'est-il pas vrai aussi que leur propagation a pris les proportions d'un déluge, ou au moins d'un torrent ?

Le torrent passe à flots pressés : les meilleurs esprits en sont sinon envahis, du moins éclaboussôs ou menacés. Ce serait folie de vouloir

l'endiguer : mais n'estce pas, pour les pionniers des lettres, un devoir et un honneur de le détourner ou plutôt d'assainir ces eaux fougueuses et fangeuses, par des œuvres exquises, des livres d'amour honnête, des romans moraux ? Ne serait-ce pas un triomphe pour la cause catholique, et une gloire pour les écrivains consciencieux qui se sentent du talent, d'offrir des productions saines à tant de lecteurs qui puisent, faute de mieux^ à des sources empoisonnées ?

Grâce à Dieu, des auteurs et des éditeurs l'ont compris. Aux jeunes gens formés, aux personnes chrétiennes qui désirent des romans, ils offrent des livres dont la valeur psychologique, le style et l'intérêt n'ont rien à envier à ceux des autres. Honneur à eux !

Cela ne veut pas dire cependant qu'on puisse donner à tous les jeunes gens, exclusivement et sans aucune mesure, les romans de cette catégorie. Tous les tempéraments ne supportent pas le tabac et le melon ; nous en connaissons de trop peu aguerris et de trop délicats, qui en seraient gravement incommodés.

De plus, la plupart de ces livres renferment des détails ou traitent des questions, qui supposent, surtout chez ceux qui les lisent entre les lignes, non seulement un jugement droit et des intentions pures, mais encore une éducation spéciale, l'éducation de la pureté.

U éducation de la pureté! C'est le titre d'un

livre écrit par un prêtre des plus autorisés (1) et qui devrait être lu, relu par tous les pères et mères de famille.

Cest pour eux, en effet, un grand et angoissant problème, de savoir quand, dans quelle mesure et dans quelles conditions, l'enfant, le jeune homme^ la jeune fille qui ne savent rien et qui assistent à Téclosion de Tamour, doivent être instruits des mystères de la vie. Hélas ! beaucoup trouvent la question tellement délicate qu'ils hésitent à r aborder. Ils laissent aux hasards des circonstances, aux amis pervers, aux scandales de la rue, des spectacles et des lectures, le soin de faire,trop tôt ou trop tard, avec une méthode dés^-streuse et souvent avec des intentions coupables, une éducation, dont eux-mêmes ont presque exclusivement la charge, dont ils reconnaissent la souveraine importance, et dont ils n'ont pas le courage et la prudence d'entreprendre la direction.

Qu'ils lisent donc l'ouvrage de M. Fonssagrives, qu*ils pourvoient hardiment, d'après ses données, à l'initiiition de leurs enfants ; et au lendemain de leurs premières candeurs, quand cette éducation les aura non seulement déniaisés^ mais instruits et armés ; alors — mais alors seulement — - qu'ils leur confient les romans signalés ci-après, ceux que nous leur recommandons dans les deux séries voisines, et même parfois ceux qui sont

(1) M. Tabbé Fonssagrives, L'Éducation de la pureté (chez Poussielgiie) ; M. Edward Montier, le chef des Philippins de Rouen, a fait sur le même sujet un petit chef-d'œuvre, intitulé : U éducation du sentiment (chez Lccène et Oudin).

destinés aux grandes personnes... Ils auront ainsi fait leur devoir ; et ces lectures^ dans de telles •conditions, n'empêcheront pas leurs jeunes gens •et jeunes filles de faire le leur.

On s'étonnera peut-être de voir mentionnés «dans cette catégorie certains ouvrages de M. Aigueperse, Z. Fleuriot, Mar5^an, et autres écrivains genre Rostopchine, qui sont habituellement rangés en bloc, a priori^ et sans réserve, parmi les romans familiers, et donnés à tout venant dans les bibliothèques paroissiales...

Et cependant?

Les ouvrages de la plupart de ces auteurs sont honnêtes et moraux, souvent même moralisateurs. Ceci est incontestable. Mais leurs récits et leurs leçons conviennent-ils à toutes les conditions, aux esprits ordinaires, aux personnes du peuple, aux braves paysan s, comme aux gens plus instruits ou lancés journellement dans le tourbillon mondain ? Ces livres où il est question d'amour, de mariages, de ménages, et qui peuvent être utiles et intéressants pour les grandes personnes ou les jeunes gens qui se préparent immédiatement à leur avenir,le sont-ils également pour les lecteurs moins âgés ? Est-il à propos de confier à des adolescents trop inexpérimentés des livres comme Les combats de la vie^ où une jeune fille trois fois combattue dans ses affections finit après deux cents... pages d'angoisses, par épouser celui qu'elle aime? etc., etc. Ne serait-il pas au contraire dangereux, de permettre de pareilles lectures à

des personnes dont Timagination neuve et le cœur vierge ont besoin d'être formés, dont la curiosité et les sens ne sont déjà que trop éveillés, dont Tintelligence doit s'appliquer à des choses plus sérieuses, dont la vie doit se passer dans de plus modestes préoccupations, dont les loisirs peuvent être consacrés utilement à des récréations plus saines et même à des exercices d'hygiène ?

Quelle que soit la réponse, — et pour nous elle n'est point douteuse— c'est rendre un réel service aux mères de famille et à tous ceux qui ont l'importante mission de diriger les lectures, que de leur signaler, parmi tant d'œuvres, non seulement celles qui, au point de vue littéraire, sont trop méconnues ou trop louées, mais surtout celles qui, au point de vue moral, peuvent être ou non, à un certain âge, une occasion de trouble et d'étonnement.

En tout cas, nous avons pensé qu'il y avait dans l'espèce, quelque chose à tenter, et nous avons essayé de fournir, à ce point de vue, d'exactes indications. D'aucuns n'en tiendront pas compte, et a priori nous n'oserions les en blâmer. D'autres, moins avertis par ailleurs, les trouveront dignes d'attention et s'en inspireront pour se tracer à eux-mêmes ou suggérer aux leurs une ligne de conduite : nous les félicitons.

Amédée Achard (1814-1875), journaliste, dramatiste, puis romancier. Quoique protestant, il a su donner à ses romans parfois répréhensibles un certain caractère d'honnêteté qui explique leur suc-

ces. Nous éliminons Marcelle (malsain) ; La Vipère (roman de possession, peu intéressant) ; Droit au but fort risqué) ; etc. ; nous nommons Les trois grâces mœurs bourgeoises bien décrites) ; Le livre à serrures (émouvant, quelques mots libres) ; Le journal d'une héritière ; Le clos pommier ; Histoire d'un homme ; Uombre de Ludovic; et nous laissons à tous : Histoire de mes amis (les animaux).

M"-"' Mathilde Aigueperse écrit surtout pour les jeunes filles, et cherche à leur faire aimer Dieu tout en les distrayant.

Nous citons : La mariée ; Les combats de la vie ; Les Etapes de Simone, (une institutrice qui se marie avec le père de res élèves) ; La Fresnaie,., (passionné).

Les jeunes filles toutes candides liront plutôt: Main d'enfant, (un peu romanesque tout de même) ; Marguerite ; Kerdelec doit, Kerdelec veut ; Le Choix de Maura; Revanche ; Marquise Sabine ; Grande sœur ; Son cœur et sa tête ; Le mal du pays ; Cœur de jeune fille ; Petite Mouette ; Dernière poupée,

Gustave Aitnard, né à Paris en 1818, mort mégalomane en 1883. Embarqué comme mousse, il vécut quelque temps en Amérique, visita l'Espagne, la Turquie et le Caucase, et, dans une multitude d'ouvrages, décrivit le Nouveau-Monde.

Ses récits, quoique mal écrits, sont souvent pleins de verve: Les Trappeurs; Les Aventuriers, etc. Quelques-uns, comme Les bois briXlès ; Le robinson des Alpes ; Les bandits de V Arizona sont absolument inoffensifs; la plupart appartiennent à cette série. Tous sont neutres au point de vue chrétien et n'ont aucune portée morale.

Pedro-Antonio d'Alarcon (1833-1891), homme

politique, poète et romancier espagnol qu'on a rapproché de notre Balzac.

Il a touché à tous les genres et occupé une place considérable parmi les écrivains de son temps et de son pays. Ses œuvres, traduites en français, ont obtenu un vif succès. Citons : Le tricorne (reproduit dans le Temps en 1877) ; Courtes nouvelle»; Le journal d'un témoin de la guerre d'Afrique (gros succès de librairie) ; Le final de Norma; Le scandale (qui fît grand bruit) ; La prodigue. Uenfant à la houle, son chef-d'œuvre, convient aux jeunes gens, ainsi que le précédent et peut-être les autres,

Danielle d'Arthez, de son vrai nom M°»« Henri Gautier, a publié chez Havard, L'angoisse d'aimer {\) et montré, au moins dans Aux jours d'épreuve, qu'elle n'est pas très favorable à l'éducation chrétienne. Ses autres romans : Ariette ; La femme de mon fils ; Lutter pour vivre ; M'"' High-Life : Les races qui meurent ne sont pas très religieux : nous les classons ici avec Le roi du blé.

Gabriel Aubray, pseud. de G. Audiat» le distingué critique du très apprécié Mois pittoresque et littéraire.

Les lettres à ma cousine; L'allée des demoiselles, parce qu'elles sont remplies d'esprit, semées de très fines analyses morales, et illuminées de visions d'amour et de décadence, ne conviennent pas à des lecteurs trop jeunes.

Gabriel d'Azatnbuja» avocat, un des rédacteurs les plus aimés de La Croix (Diego) et de L'Univers, rédacteur en chef de La Science sociale.

Gomme romancier, il doit figurer en bonne place, parmi les jeunes et vaillants écrivains qui, faisant de la littérature un apostolat, ont déjà creusé un profond

«illon et semé de bon froment pour les âmes... Puissent U Abdication; Trois dots; Entre cousins, produire d'abondantes récoltes dans le champ de l'éducation sociale !

René Bazin, né à Angers en 1853. Membre de l'Académie française. Professeur à la Faculté catholique de droit, il ne quitte sa ville natale que pour voyager le plus possible et rapporter de ses voyages des croquis corrects, élégants et purs, comme les tableaux des maîtres flamands du XV siècle :

Croquis d'Italie ; Terre d'Espagne ; Italiens d'aujourd'hui ; Sicile ; Croquis de France et d'Orient, etc.

Ses romans déjà nombreux l'ont placé en quelques années au premier rang des artistes et des écrivains chrétiens, fis n'ont pas éclaté comme des obus ; sans faire de tapage, ils ont suivi leur cours, semblables au fleuve pittoresque, sur les bords duquel ils ont été écrits. Ils ont paru et ils ont plu ; car ils valent et ils s'imposent par eux-mêmes.

Ils démontrent victorieusement que le roman peut être réaliste et intéressant, tout en prenant ses inspirations ailleurs que dans les milieux tarés, si chers aux écrivains à la mode. L'exquise fraîcheur du style, la clarté sereine et puissante du langage, le charme des paysages, la saveur des descriptions, l'amour de la terre natale, la finesse des analyses, en font des oeuvres littéraires et artistiques de tout premier ordre.

Et pourtant ces pages exquises n'ont rien d'amollissant et de fade. Au contraire. Tout en étant attendrissantes, elles ne sont jamais sentimentales ni maladives : elles parlent au cœur, mais leur langage est si français et si chrétien, qu'on se sent, en les lisant, devenir meilleur et plus fort pour les combats de la vie. Elles sont réalistes, en ce sens qu'elles ont

le souci du détail vrai, mais ce réalisme est si heureusement tempéré de poésies et nourri de leçons, que l'âme qui s'alimente à leur contact, si elle se prend à rêver, rêve d'idéal et de vertu.

Rappelons ses ouvrages : Stéphanette ; Ma tante Giron ; Une tache d'encre ; Les Xoëllet ; 3/"»« Coren- Une ; La Sarcelle bleue ; Contes en vers ; De toute son âme ; La terre qui meurt ; Les Oberlé ; L'âme alsacienne ; Humble amour; Donatienne; Paul Henry, enseigne de vaisseau, (biographie intéressante pour tous) ; Contes de bonne Perrette ; Le guide de l'Empereur ; Récits de la plaine et de la montagne ; Mémoires d'une vieille fdle ; L'isolée (montre dans la personne d'une religieuse sécularisée l'infamie d« la loi de proscription, ouvrage hardi que certains ont trouvé choquant et inopportun et que d'autres ont qualifié d'œuvre vengeresse, infiniment utile).

Gabriel Béâl. Le médecin de Lochrist ; Demisœurs ; Trop petite ; Histoire intime ; L'abbaye ; sont tellement tendres et féminins, que nous n'hésiterions guère à les attribuer à... l'autre sexe.

Le marquis Charles- Albert Costa de Beauregard, né en 1835, descendant d'une ancienne famille italienne. Membre de l'Académie française.

Outre des ouvrages historiques très sérieusement documentés : Jeunesse du roi Char les -Albert ; Les dernières années du roi Charles-Albert, (tous deux pour grandes personnes) ; Mémoires d'un royaliste (sous la Révolution, pour tous) ; Un homme d'autrefois ; etc., il a édité un recueil de récits intitulé Courtes pages, que nous plaçons ici, surtout à cause de l'histoire d'un ■ vanné » ; Prédestinée (jolie bluette, pour tous).

GuRRER Bell, de son vrai nom, Mistress Charlotte Brontë, la plus célèbre des trois sœurs-

auteurs de ce nom (1821-1855). Dès sa quinzième année, sa plume commença à courir et elle ne s'arrêta qu'après avoir écrit une masse énorme d'ouvrages, remarquables par la vigueur du style et l'analyse pénétrante du cœur féminin: Jane Eyre ou Mémoires d'une institutrice, qui eut un succès prodigieux ; Shirley ; Villette ; etc.

Thérèse Bentzon, (Thérèse de Solms, Madame Blanc, dite) née en 1840. A collaboré à la Revue des Deux-Mondes et traduit de nombreux romans américains. On lit surtout: Les Américaines chez elles; Tête folle ; La grande Saulière ; Un remords ; Tony ; Constance ; Jacqueline (délicieux roman d'amour) ; Double épreuve (recueil intéressant) ; Les Malentendus (d'amour) ; Choses et gens d'Amérique (très attachant).

Contes de tous les pays ; Pierre Casse-Cou ; Geneviève Delmas ; Yette (histoire d'une créole) ; Le château de Bois-Vipère ; conviennent à toutes les jeunes filles.

LÉON Berthaut, président de la Société des Sauveteurs, voyageur qui connaît à fond la vie des marins, puissant évocateur dramatique.

Nous citons parmi ses œuvres : Les grands sauveteurs, publié sous le pseud. de Jean de la Hève, (pour la jeunesse) ; Phai^es et bateaux^; Le fantôme de Terre-Neuve (histoire des terre-neuvas depuis leur embarquement à Sâint-Malo, sur de mauvais transports, jusqu'à leur retour; couronné par l'Académie).

Eue Berthet (1815-1891), romancier fécond, écrivain médiocre et surtout très peu chrétien. Il excelle à soutenir l'intérêt par des intrigues bien menées et des situations dramatiques.

Systématiquement, il est neutre au point de vue religieux ; occasionnellement, il hérisse ses histoires de tirades inutiles contre la religion et les reU^v^vxï—

Parmi ses 100 voliiines,nous citons pour cette série : La bête de Gétaudan (émouvant, quelques mots contre les moines) ; Le douanier de mer ; Le dernier irlandais ; Le séquestré; L'Étang de Pressigny; Les Mouilleurs de Polignies ; Val d'Andorre; La mine d'or ; Le sac de la Ramée ; Fleur de Bohême ; L'œil de diamant.

Pour tous : En route pour le Tonkin : Les naufragés de Marie-Elisabeth ; Louisette de Plougastel.

Pour les enfants : Aventures de Martin Frispoulet ; L'enfant des bois ; La petite Chaillou ; Les petits écoliers ; L'expérience de grand'papa.

M»»« Jean Bertheroy, romancière et poète, qui allie curieusement l'antiquité païenne et les songes modernes dans des pages chaudes et vibrantes de passion. Hérille (roman d'un raté) ; Les dieux familiers ; La beauté d'Alcias ; Le roman d'une âme ; La danseuse de Pompéï, intéresseront toujours les humanistes qui lisent Bernardin de Saint-Pierre et Barthé* lemy.

Nous recommandons seulement ici : Les 3 filles de Peter Waldorp ; Sur la pente ; Le journal de Mademoiselle Plantin et TinoiTensif Rachat (la réhabilitation des libérés).

William Black» romancier anglais, né à Glasgow en 1841. Ses œuvres ont eu et parfois charmé un public nombreux : elles mettent en scène de braves gens tranquilles, vivant dans des milieux à la Dickens. Nous citons pour cette série : Anna Béresford; Sabina Zembra,

Henry Bordeaux» critique, écrivain de revues^ romancier de talent, fervent admirateur de la tradition, peintre passionné de la nature.

Parmi ses œuvres, nous réserverions aux grandes personnes î Vies intimes (l'auteur, qui excelle à ana- Jyser les sentiments féminins, ouvre la correspon*

dance amoureuse de certaines nobles et gentes dames des trois derniers siècles, nous introduit dans leur logis parfumé et nous fait de la psychologie très fine); Amour en fuite (suivi de L'honnête femme et du Paon blanc, trois nouvelles très passionnées) ; La voie sans retour ; Le pays natal ; Le lac noir.

Nous permettrions volontiers à d'autres, sauf quelques pages où ils ne doivent pas s'arrêter : La petite- Mademoiselle (elle a été mise en prison, pour avoir insulté un agent, lors de l'expulsion des sœurs ; elle veut pour mari un condamné... Un jeune homme arrive enfin à mériter la main qui lui est offerte, en se faisant condamner pour avoir séparé deux ivrognes...!); La peur de vivre (où l'auteur combat la prétention de trop de jeunes filles qui ne veulent se^ marier que pour jouir et qui ont peur d'une vie de déplacement, de travail et de sacrifice).

Puisse cet auteur nous donner bientôt l'occasion^ d'applaudir sans réserve à des œuvres de salutaire écobuage social. Le champ est vaste et les ouvriers, hélas ! trop peu nombreux !

Henri de Bornier (1825-1901), littérateur et poète, qui a publié des pièces de théâtre en vers (La fillede Roland ; France d'abord), et des romans parmi lesquels on lira: Comment on devient belle; Le jeu des vertus ; Louise de Vauvert et surtout La lèzardière.

Dans son discours de réception à TAcadémie, M. Rostand lui a reproché « d'avoir joué d'une flûte exagérément parthénienne et d'avoir composé des ouvrages un peu trop Rostopchine », comme si lerespect de la morale constituait pour un écrivain une infériorité... N'est-ce pas plutôt une gloire pour de- Bornier, d'avoir pu adresser à sa fille cette stropher touchante :

Jamais, d'une lèvre flétrie Je n'outrageai, pas même un jour, La liberté, Dieu, la patrie.

L'art sévère et le chaste amour !

Jules Breton, peintre et littérateur, né à Gourrières en 1827. Entre ses quelques volumes de poésies et ses récits en prose, nous distinguons Savarette, sorte de roman des beaux-arts, tableau de la vie d'un peintre enluminé de belles descriptions et de digressions sur l'art, le beau idéal, etc.

La comtesse de Buisseret, morte en Belgique où elle a longtemps résidé, femme-auteur de sève littéraire. Jean de Parthenay ; Ghislaine, mettent en scène des personnages aristocratiques.

M*"' B. de Buxy a fait éclater des qualités sérieuses dans des livres que personne n'a le droit de dédaigner : Les filles du médecin (très bien) ; Une jeune belle-mère (jeu de tennis et puis... patriotique) : Le grillon du manoir (jolis détails) ; La vocation de Béatrice (bien observé) ; Mademoiselle ; Le Mystère du Froid-Pignon ; La femme du docteur Austin ; Le second mariage (les faux calculs qui amènent le divorce, et les malheurs du second mariage) ; La villa du cœur en peine,

M. du Campfranc, née à Paris en 1846, fille de

François-Alfred de Vimont, et mariée à M. Jules

doutance, ancien capitaine d'artillerie. Le berceau

\ de sa famile était le cliàleau du Campfranc, près

Lîsieux ; et c'est du nom de cet antique manoir que

^ notre auteur a lait son pseudonyme...

Depuis ^Ih ans que M"^» M'iric du Campfranc, écrit^ain djBtingué autant que catholique militant, s'est rêe diïhy [ : tmitage fleuri de la Bouquinais, elle a irttux ouvrages. Si elle a rencontré,

auprès d'un public d'élite qui les dévore, un réel succès, cela tiept à l'émotion dramatique de ses récits, à la délicatesse de sa pensée, à l'harmonie poétique <ie sa phrase, aux impressions émouvantes que dégage toute sa littérature.

Nous recueillons au hasard : Toit de chaume (couronné par l'Académie) ; Héroïsme au pays des neiges (la longue et angoissante attente d'une femme, dont le mari est témérairement parti en ballon dans la direction du pôle) ; Rêve de femme; La dot de Germaine (un des meilleurs) ; Edith (le devoir avant tout) ; Le manuscrit d'Inès ; La mission de Marguerite ; Rêve et réveil ; Les Walbret (patriotique et religieux) ; Le roman d'une sainte (genre Fabiola) ; Sœur Louise ; Exil (récit polonais) ; \Jn vieil homme de lettres (un des meilleurs) ; Obéissance (femme trompée ; le vice ji'est peut-être pas assez puni).

La princesse Olga de Catitacuzène Alfieri

porte de bien grands noms ; mais comme elle y a fait honneur en publiant Le passage d'un ange, ouvrage qui rappelle Le récit d'une sœur ; Tante Agnès ; Dernières illusions ; Fleur de neige ; Le mensonge de Sabine ; Irène ; Responsable ; Carmela.

François Casale- Deux œuvres délicates : Chanteclair (épisode historique et idylle d'amour sous la Révolution) ; La Rose du Boccage (à la Malmaison JMarise échappe à un odieux mariage avec Napoléon;.

Champolyde son vrai nom le comte de Lagrèze, dont tous les ouvrages sont d'un charmeur, d'un psychologue et d'un artiste.

Les jeunes filles bien raisonnables liront : L'argent des autres ; Les points noirs ; Le roman d'un égoïste ; Sophie ma plus jeune ; Le vœu d'André ; La lune

rousse (charmant^ ; Les justes (couronné par FAcadémie) ; Amour d An tan ; U heureux Dominique (drôle mais religieux) ; La conquête du bonheur ; L^homme blanc ; Le droit d'aînesse ; Les Fromentier; La rivale ; Le mari de Simone (réflexions qui ne sont pas au point surtout sur le mariage) : Les fleurs d'or.

Les sœurs cadettes se plairont certainement à lire : Un coup de patte; En deux mots ; M™« Melchior; Noëlle; Anaïs Evrard: Le duc Jean ; Cadette de Gascogne ; L'Idéal de Voncle Caillou ; Les revenantes.

Tous les lecteurs se sentiront, en présence de ces livres sains et fortifiants, s ai si s de respect pour ce qui est vraiment beau et digne d'admiration en ce monde.

Claire de Chandeneux (1836-1881), pseudonyme de M'"« Bailly, née Emma Bérenger, femme et mère d'olïiciers supérieurs. Ses romans étudiés, bien conduits, intéressants et bien écrits sont surtout consacrés à la vie militaire.

Ceux qu'il ne faut pas confier à des lecteurs trop jeunes sont: Giboiilêci< de la vie; Le lieutenant de Hancu ; Lu tâche orîfjuielle ; Une faiblesse de Minerve; Sans cœur; Une fille laide; Visions d'or: Les filles du colonel ; L'honneiw des Champavaire ; Le mariage du trésorier; etlaussi, quoique avec moins de réserve: L'automne d'une femme ; La croix de Mouguerre ; Les deux femmes du major ; La dot réglementaire ; La femme du capitaine Aubépin; Les ronces des chemins ; Secondes noces ; Souvenirs de Bérénice; Vaisseaux bridés ; et ceux qui font partie des deux séries intitulées Les Mariages militaires et Les Mariages de garnison.

Quant aux autres, nous les classerions volontiers aussi dans cette catégorie.

Gui Chantepleure, de son vrai nom Mademoiselle Jeanne VioUet, dont la plume fertile et déli-

cate a tracé des nouvelles qui sont beaucoup lues : Ma conscience en robe rose ; Le château de la vieillesse (pour tous) ; Fiancée d'avril ; Ruines en fleurs ; Le sphynx blanc ; Ames féminines ; Mon ami Voiseau bleu (douze contes délicieux, pour tous) ; Uaventure d'Huguette (une ingénue qui, en rentrant, se trompe d'étage, pénètre chez un romancier et, par suite d'un accident de serrure, se voit obligée de passer la nuit là, dans un fauteuil !]

L'auteur obtient du succès en donnant ainsi à ses productions un frottis de piment. Heureux seronsnous, si elle n'en est jamais grisée, au point de devenir plus troublante qu'elle ne l'est déjà ! Il est périlleux de marcher sur les frontières dé la désinvolture, et d'avoir un pied dans Le Temps^ même si on a l'autre à la Revue Marne !

Prosper Chazel, parsème ses quelques œuvres de descriptions et d'analyses sentimentales, jolies comme des fleurs sur un canevas bien apprêté : La haie blanche (trop passionné pour jeunes filles) ; Histoire d'un forestier (pour tous).

WiKiE CoUins (1824-1889), dramaturge et romancier anglais, ami de Dickens, dont il a le charme et l'intérêt.

Citons parmi ses œuvres traduites en français : Cache cache ; C'était écrit ; Les deux destinées ; La femme en blanc (le plus célèbre) ; La fille de Jézabel (peu moral) ; L'hôtel hanté; Je dis non ; Mlle ou Mme ; La mer glaciale ; La morte vivante ; Pauvre Lucile ; La pierre de lune ; La piste du crime ; Le secret ; qui, à cause de leur intrigue dramatique et compliquée, ne conviennent pas aux jeunes filles ; Mari et femme . Sans nom ; qui ne doivent être lus que par des personnes raisonnables.

Le Père Luis Colotna, jésuite espagnol, né en 1851, d'un riche avocat de Jerez. Traversa la marine, le droit et la vie mondaine, avant de se consacrer à la vie religieuse. Il ne s'était fait connaître que par de courtes nouvelles, lorsqu'en 1890, il publia dans « Le Messager du Cœur de Jésus », de Bilbao, sous le titre de Bagatelles, un livre qui fut considéré comme un événement littéraire, politique et mondain, et souleva des discussions passionnées.

Dans ce récit vivement conté où s'agitent des personnages d'un relief saisissant, le romancier-missionnaire flagelle les vices du Tout-Madrid, où l'on traite volontiers de riens, de peccadilles, de bagatelles l'immoralité élégante, parfumée et spirituelle. Ces peintures vigoureuses respectent toujours la pudeur, dit l'auteur dans sa préface ; l'innocence ingénue et sainte qui ignore tout, parcourra ces pages sans comprendre ni chercher entre les lignes et cueillera la rose sans songer au fumier ; que si elle le flaire et le découvre, c'est que ses yeux n'étaient point aussi clos que tu l'imaginais... ; que si par malheur, le remède se change en poison, il ne faudra accuser que le malade et non le médecin, car suivant le mot du poète :

Du même splendide œillet

Orgueil de nos jardins,

L'aspic distille son venin

Et l'abeille son miel.

Henri Conscience (1812-1876), écrivain flamand, dont les œuvres ont été traduites en plusieurs langues. Nous croyons que ses nombreux romans ne doivent pas généralement être mis sous les yeux de lecteurs trop jeunes : ils sont moraux et honnêtes, mais ils s'inspirent trop, peut-être, de cette maxime attribuée à G. Sand : « Le premier devoir du roman, c'est d'être romanesque ».

François Coppée, le grand poète, auteur dramatique et conteur. Membre de l'Académie française. Né à Paris en 1842, d'une famille chrétienne, il eut dans son enfance « la piété sans la foi ». « La crise de l'adolescence et la honte de certains aveux » le jetèrent dans l'indifférence ; il en sortit en 1898, sous l'action de « la Bonne souffrance », et il vit depuis, courageusement, « dans la prière, et dans la lutte » (1) pour la vérité religieuse et la Patrie française.

Au point de vue littéraire, il a abordé presque tous les genres :

Ses œuvres poétiques surtout, révèlent des qualités maîtresses de cœur et d'esprit : l'amour des humbles et des fiers, le sens de l'exquis, la bonté et la sincérité. Certaines d'entre elles recèlent malheureusement des fleurs, cueillies dans « les jardins du Tendre », qu^on ne peut pas regarder sans rougir.

Son théâtre compte une douzaine de pièces en vers : Le passant (un acte, guitariste et courtisane) popularisa son nom. Vinrent ensuite : Fais ce que dois, (patriotique) ; Le Luthier de Crémone ; Les Jacobites ; Severo Torelli ; Pour la couronne (un peu sensuel) ; etc., et autres, qui ne sont pas pour la jeunesse.

En prose, nous signalons, outre ses Contes etc., qui ne sont pas à lire, La bonne souffrance (série d'articles admirables, édifiants, où l'auteur expose, avec la simplicité et l'humilité d'une âme naturellement chrétienne, les phases douloureuses et consolantes de sa conversion, à lire et à faire lire) ; Contes pour les Jours de fête (délicieux, inspirés par la foi, la charité et le patriotisme ; à peu près pour tous).

(1) C'est le titre d'un recueil^ de poésies dont les vers, dit J. Lemaitre, sont d'un bon citoyen, d'un bon chrétien, et ^xjco. bon poète, tous trois harmonieusement wwV?..

230 KOMASS HONXÊTES

Msilsnré nés défaillances regrettables, nous plaçons ici, chez les « jeunes a. ce sympathique écrivain, parce que ses œu\Tes saines et son action coura^use. et, malin'é tout, utile, font de lui, à beaucoup d'éfirards, un « maitre » pour la jeunesse catholique-

M«»« Ar;Gï;STr;s Craven 1820-1891 . née Pauline de la Ferronnays, dont les romans, autrefois publiés par « le Correspondant *, sont encore beaucoup lus par la jeunesse féminine... Elle est dans toutes ses œuvres, romanesque, lyrique et un peu exaltée. " L'amour vu à travers ses œuvres, écrit un homme du monde, est un sentiment à la fois désintéressé, affolé d'idéal et comme dématérialisé, dont rexislence offre, à la vérité, fort peu d'exemples et qui n'est pas sans danger ».

Sous* le bénéfice de cette observation, nous classons dans cette catégorie, outre ses Biographies ; Rémi' nincfrucfi ; Trni:ail d'une âme ; tous ses ouvrages : Anne Séverin ; K liane ; Fleurange : Les Valbriant ; liécilH fJ/arte nœur ; Le mot de l'énigme ; en notant que ce dernier surtout appelle des réserves.

f'HiLippK Darlow^, de son vrai nom Henri Coûtant, auteur de nombreuses nouvelles et de deux romans dramatiques, souvent reproduits par les journaux : Lu maison des quatre as ; La fiancée du Lofjis linrrnuU.

i\\\\\\AM Debans, né près de Bordeaux en 1834, a puhlic'î (l(;s articles de journaux et de nombreux romariH : Li' hnron Jean ; Les drames à toute vapeur ; Hi>;l()ir<'(h' iH prô tendus \ Histoires de tous les diables;

M""* Kmimv Delaunay. Quelques œuvres :

Meiif j''r!mco ; Marie de Sancenay ; Le retour, que nous j)la(;ons ici.

ROMANS HONNÊJES 231

Les chagrins d'Ariette ; Sœur aînée : La fille du Brahmane ; L'oncle Kaiser ; La petite Gita ; qui peuvent être confiés à tous.

PoL Demade, auteur belge dont nous recommandons Ame princesse et Contes inquiets.

Charles Deslys (Charles CoUinet» dit). Un ■enfant de Paris, né en 1821. Chercha sa voie un peu à l'aventure, au théâtre où il remplit plusieurs rôles, dans l'histoire où il échoua ; il finit par se fixer dans le roman et la nouvelle, et mourut en 1885, en laissant une cinquantaine de volumes.

Comme Dumas, dont certaine critique a voulu en faire un héritier, il a écrit vite, trop vite môme, et il a été en son temps avidement lu. Beaucoup de ses livres sont un peu négligés maintenant, comme tous ceux de la littérature facile : on les trouve pourtant dans certaines bibliothèques, à l'usage des personnes d'un certain âge.

Lliéritier de Charlemagne ; Récits de la grève (tableautins normands, couronné par TAcadémie) ; Les Buttes Chaumont; La Italie d'Iéna ; Maître Guillaume ; Le canal Saint-Martin ; Courage et dévouement (recueil de nouvelles) ; Gran^'Maman ; Loi de Dieu ; La mère aux chats ; sont inoffensifs ou à peu près.

Les bottes vernies de Cendrillon (bluette,sa première ■œuvre) : Les compères du roi ; Les 17 ans de Marthe ; L'aveugle de Bagnolet; La fille à Jacques; L'oncle Antoine (écrit quelques jours avant sa mort) ; doivent être lus avec circonspection.

Quant à La marchande de plaisirs et autres, ils ne figurent pas dans les bibliothèques de famille.

Vincent Détharé, jeune écrivain qui figure avec honneur parmi les bons romanciers avec Terre nouvelle, etc.

Charles Deulin, de son vrai nom M. Chartemagne, né et mort à Gondé-sur-rEscaut (1827-1877). Successivement professeur à Paris, journaliste, romancier, cet émule de Perrault, de Nodier, d'Andersen, se montra partout un esprit studieux et cultivé^ un habile et patient écrivain, amoureux d'élégance et de distinction. Ses ouvrages dépeignent avec un art charmant les bonnes et originales choses de sa province : Contes d'un buveur de bière (si hautement appréciés par Sainte-Beuve) ; Contes du roi Gambrinus ; Histoires de petite ville (à Gondé, toujours) ; Chez nos voisins ; Chardonnette (histoire d'amour,^ une scène libre).

Gharles Dickens, (1812-1870). Après une jeunesse besogneuse, il se fît le fils de ses œuvres. Le succès répondit à ses efforts : il acquit bientôt la richesse en môme temps que la popularité et devint, par ses livres, l'un des hommes les plus influents de son pays. Sa finesse d'observation, ses peintures de caractères, ses tableaux pleins de vie, sa verve humoristique qui jaillit à chaque ligne, assurent à ses ouvrage» une notoriété du meilleur aloi.

Il n'est jamais immoral. Cependant ses romans ne doivent pas être confiés à des lecteurs trop jeunes ;. les qualités littéraires qui en font l'intérêt leur échapperaient et les scènes d'amour dont ils sont remplis, les brocards anticatholiques dont ils sont hérissés, les troubleraient bien inutilement. Nous ne ferionsexception que pour les classiques Nicolas Nickleby ; David Copperfield ; Cantiques de Noël (son chefd'œuvre) ; Le marchand d'antiquités.

Nous citons en outre, parmi les plus belles créations de ce génie anglais : M. Pick\'^'ick ; Olivier Twièt ; Baniabij Rudge ; Le grillon du foyer ; Les carillons ;■ . Xa bataille de la vie ; Le possédé : Aventures de Martin

Chuzzlewit ; La petite Dorrit. Lire aussi Pages choisies.

Benjamin Disraeli (1801-1884), l'une des plu& curieuses figures de l'histoire anglaise au XIX® siècle, fils d'un libraire, littérateur, économiste, diplomate, homme d'Etat, s'imposa à tout un peuple* et fut créé pair avec le titre de comte de Beaconsfielâ.

Ses romans ne sont guère connus que des « dix milles du high-life » ; on trouve pourtant dans nos bibliothèques catholiques Lothair et SybiL

Roger Dombre, de son vrai nom M«»« Ligerot^ ancienne institutrice, a publié une multitude de nouvelles et de romans très attachants, originaux et pétillants d'esprit.

La plupart sont à classer ici : Une pupille gênante ; La maison sans maître ; La doctoresse ; M* i'* d'Ypres^ (romanesque, mais noble) ; Frond^euse (enfance et jeunesse d'une) ; Cousine Bas-Bleu ; La perle des belles-mères (un petit chef-d'œuvre) ; La garçonnière ; Une cendrillon nouveau siècle ; Au vert ; etc.

L'arche de Noë ; La bonne d'enfants ; Un chien au couvent ; L'homme du phare ; Isola ; L'enfant à la Louve ; etc., conviennent même aux enfants.

D'autres romans ont été dédiés par l'auteur à Gyp, à qui ils empruntent un peu la manière, mais surtout certaines théories fausses d'éducation et une note trop peu respectueuse de la religion : Tante Aloës ; Tante Rabatjoie ; etc.

Lucien Donel, de son vrai nom M. Lucien Jouve^ aumônier du lycée de Châteauroux, collaborateur de La Quinzaine, du Mois, de la Revue des Poètes, de la Revue artistique et littéraire, etc.

Il fit ses premières armes au Musée des FaTa^.V.V,ç.^^^^

"234 ROICANS HONNÊTES

Tépoque où Henri de Bornier, Eugène MuUer et Willy y tenaient si brillamment les premières places. Deux livres de nouvelles (Devant Vàtre ; Corniche) en sortirent, qui furent suivis de quelques romans : L'Augure (contre les mariages consanguins) ; Par les sentes et les rives ; Le chardon bleu (magnifiques descriptions, sentiments réconfortants}!

Ces ouvrages nous permettent de saluer en Lucien Donel un émule des écrivains qui dirigent de nos jours la renaissance de la littérature religieuse ; ils prouvent une fois de plus que Tart et la foi ne sont pas ennemis, et qu'il est possible dïnitier la jeunesse au culte du beau sans lui faire renier celui de la vertu...

Plusieurs autres ouvrages du délicat et brillant auteur, sont en voie de publication : Ma sœur Anne (recueil de nouvelles) ; Aux champs des Mardelles ; AiméeViolat ; Tristesses errantes ; Le chemin d'herbe; «te, etc.

Lucien Donel a publié en outre sous son vrai nom: L'erreur contemporaine ; Etudes sur Dieu ; et trois élégantes brochures : Le romancero Berrichon ; Trois mioches darwiniens ; Notes d'art,

Paul Droz, père de Gustave, le conteur. Ses Lettres d'un dragon sont un modèle du genre et peuvent procurer une saine récréation.

Henri Druon, ' bon écrivain dont nous citons, outre L'Histoire de l'éducation des princes de la Mai' son des Bourbons de France (ouvrage de grande valeur historique), deux romans intéressants : La jeunesse du Doyen ; Michel Roschine,

Adiuenne Duhamel} de son vrai nom Madame JRogron, succéda à M'i* Thérèse Alphonse-Karr

dans la direction du Conseiller des familles. Elle y publia de gentilles nouvelles et collabora entre temps à plusieurs périodiques estimés... Elle n'a repris sa plume alerte, fine et gracieuse que depuis quelques années et nous a enrichis de quelques romans psychologiques : Irréparable faute ; Le choix de Suzanne,

Georges Eliot (1819-1880), pseudonyme de M™* J. W. Cross, née Ann Evans, romancière anglaise. Elle s'est placée au premier rang des écrivains de son pays ; en France où elle jouit d'une notoriété méritée, on Ta rapprochée de Bourget, de Conscience, de G. Sand.

Adam Bède (son chef-d'œuvre, histoire d'un charpentier) ; La conversion de Jeanne (roman prêcheur, peu intéressant) ; Le moulin sur la Floss (mœurs champêtres) ; Scènes de la vie du Clergé ; Silas Marner (histoire intéressante d'un tisserand) ; Les tribulations du Révérend Barton sont délicieux à lire, et malgré leurs idées positivistes empruntées à Strauss et Stuart Mill, peuvent être mis en bonne place dans les bibliothèques des gens du monde. Ce sont des tableaux d'une vérité saisissante, et finis comme les peintures de Memling.

Erckmann-Chatrian, nom de deux auteurs qui collaborèrent jusqu'en 1889. Le premier a vécu de 1822 à 1899, et le second de 1826 à 1890. Ils se sont rendus célèbres par des nouvelles champêtres, des romans de mœurs et surtout des romans historiques et poétiques, qui ont pour but de dramatiser les maux de la guerre.

Nous citons parmi les plus populaires: L'ami Fritz (idylle alsacienne, passages déistes) ; Histoire d'un conscrit de 1813 ; Waterloo (suite du précédent, tous

deux presque irréprochables); Histoire d'un homme du peuple (pas de foi, impression plutôt fâcheuse) : Le banni (un seul trait contre la religion) ; Contes vosgiens ; Maître Daniel Roch ; Juif Polonais ; j^fme Thérèse (thèse en faveur des Droits de l'homme et de la République sociale) ; Le blocus ; L'invasion ; Contes fantastiques (14 récits dont plusieurs sont peu réservés) ; Contes d'un joueur de clarinette (trois contes, peintures dégoûtantes, propos égrillards) ; Maître Gaspard Six (mauvais) ; Les deux frères (préjugés antireligieux).

Les œuvres d'Erckmann-Ghatrian ont été sévèrement jugées par certains critiques ; elles sont intéressantes, quoique peu littéraires ; mais elles sont traversées d'idées démagogiques, antimilitaristes, et parfois anticatholiques, et de ce fait, elles ont pu exercer, chez les nombreux lecteurs des bibliothèques scolaires et publiques, une fâcheuse influence... Aussi, ne doivent-elles être lues par les jeunes gen& -qu'avec une extrême réserve.

Gabriel Ferry (Louis de Bellemare, connu sous le nom de), littérateur et voyageur français, né en 1809, mort dans une expédition maritime en 1852. Fils d'un négociant, il passa sept ans au Mexique. Ses huit volumes : Costal Vindien ; Le coureur des bois ; La clairière du bois des Hogues ; Scènes de la vie sauvage ; Scènes de la vie militaire au Mexique r Les exploits de Martin Robert ; Les aventures du capitaine Ruperto Castanos au Mexique ; Les étapes de Rameau ; etc., constituent une épopée du désert,, attachante au plus haut point, que toutes les mères peuvent lire devant toutes leurs filles, avec la certitude d'intéresser les plus romanesques, d'être comprises des plus jeunes el de ive ^^.'a ^Xciwxvet wiX^^ mesure même les plus innocentes.

Paul Féval, né à Rennes en 1817, mort en 188T. Parti à Paris à l'insu de ses parents, dès l'âge de 20 ans, il se signala à l'admiration du public par Le loup blanc et surtout Les mystères de Londres. Depuis, il composa avec une facilité qui tenait du miracle, une foule de romans dont plusieurs, v. g. Le Bossu, portés à la scène, se jouent encore aujourd'hui. Converti en 1870,. à la suite de revers de fortune et sous l'influence de sa femme, il racheta à ses éditeurs ses 200 ouvrages et eut le courage de les corriger pour en faire des éditions catholiques. Malgré ces retouches, des négligences de style et certains défauts de composition, ses récits bretons et ses grands feuilletons qui se distinguent par une imagination exubérante, utie sensibilité vibrante et la maestria de la mise en œuvre, restent au premier rang des romans chrétiens.

Il y en a pourtant qui, n'ayant pas été corrigés, sont bannis des bibliothèques chrétiennes.Gitons: Les amours de Paris ; Aimée ; Annette Lais ; Bouche de fer ; Les deux femmes du roi ; Le drame de la jeunesse ; Le fils du diable-, Le secret des habits noirs, en 3 parties ; Jean Diable ; Le jeu de la mort ; M^^ Gil Blas ; Les mystères de Londres ; Amourette et Marie {La province à Paris) ; Le roman de minuit ; La tache rouge ; Le volontaire ; La fabrique de crimes ; La cosaque; Les belles de nuit; La chambre des am^ours ; Le mari embaumé ; La pécheresse ; en un mot tous ceux qui font partie de la collection Dentu, Fayard ; etc.

Il en est quelques-uns qui ne conviennent qu'aux personnes d*âge raisonnable, tels que : Le Bossu ou le petit parisien ; Le capitaine fantôme ; Les filles de Cabanil (suite du précédent) ; Talavera la Reine \ Uoncle Louis ; Contes bretous \ L»e c^r^VX^Vcv^ 'g>\.'w5irçv. (contre le duel, point de dèpaxX. wxv ^^xa. ^^^î^^'^^^^^-

Les suivants peuvent être mis entre toutes les mains : Les étapes d'une conversion en 4 parties ; La mort d'un père ; Pierre Blot (vie et conversion d'un ouvrier, magnifiques considérations sur le Sacré- Cœur); Première communion (effets de la religion sur le caractère d'un enfant) ; Le coup de grâce ; Anne des Iles ; Corentin Quimper (récit en style de matelot) ; Contes de Bretagne ; Corbeille d^histoires ; Romans enfantins; Veillées de familles ; Veillées de vacances; Jésuites ; Les dernières fées; Fée des grèves; L'Homme de fer (suite du précédent, mariage) ; Poissons d'or ; La châtelaine de Berthor ; Merveilles du mont Saint- Michel ; Le chevalier de Kéramour ; Douze femmes...

Quant aux autres (une quarantaine), ils doivent être classés dans cette catégorie. Ils figurent presque tous dans l'excellente collection corrigée, qui vient d'être éditée chez Olleridprf, et que nous recommandons.

Paul Féval fils, né en 1860, a publié une quantité d'ouvrages, qui au point de vue catholique sont plutôt inquiétants. Nous citons :

Parmi ses romans historiques, Le parc aux Cerfs.

Parmi ses romans de cape et d'épée : Chasse aux traîtres : Le serment de Lagardère ; Le fils de Lagardère ; Les jumeaux de Nevers ; Le fils de d'Artagnan.

Parmi ses romans de mœurs et d'amour : Le loup rouge (amour d'une détraquée pour un criminel) ; Le faux frère (coupable amour et captation de fortune) ; Fille de général (plus honnête) ; Uenfant de la noire (inconvénients du jeu) ; Le testament à surprises (histoire bouffe d'une famille de ronds-de-cuir) ; La fabrique de crimes (parodie du roman criminel) ; Un amour de belle-mère (scabreux, inceste, adultère) ; Les nuits tragiques (assez honnêtes) ; Secret mortel ; Ze livre jaune (histoire d'un \\^\i^ c.ç$i\rcV, Le lémoin du crime (récit d'une eïTeux \\l«i\c.\^:vc^^ % 1*^ \\W.^ ^^

ROMANS HONNÊTES 2î

Vouvrière (roman d'amour) ; Le collier sanglant (vendetta) ; Barbe bleuette ; Les sœurs Pomponne ; Mariet Laura (canailleries d'un franc-maçon) ; etc

Parmi ceux que tout le monde peut lire : Le dernier- Laird ; La dette de l'orpheline ; L'écusson de Kergolack ; Le crime du juge ; La trombe de fer (un des meilleurs) ; La providence des camps ; La fiancée du corsaire ; L'invention maudite (la poudre) ; etc.

Zenaïde Fleuriot, née à Saint-Brieuc en 1829, morte en 1890. Ses quatre-vingt-trois ouvrages, pleinsde finesse et d'entrain, sont toujours beaucoup lus, surtout par les jeunes filles. « L'Ami du Clergé » fait observer justement que, si cette romancière avait étéimmorale comme G. Sand, elle eût été célébréecomme une femme de génie; mais elle fut chrétienne, et la réclame, presque exclusivement faite par des hérauts boule vardiers, l'a ignorée et laissé ignorer.

Nous citons, parmi ses œuvres, celles qui, tout en étant très morales, conviennent surtout à cette catégorie : Ce pauvre vieux ; Marga (suite du précédent) ;. Le chemin et le but ; La glorieuse ; Bengale; Marquise et pêcheur ; Notre passé ; Une parisienne sous la foudre (un des meilleurs) ; Yvonne de Coëtmarvan (pour personnes instruites) ; Une année de la vied'une femme ; Une chaîne invisible,

A noter qu'un certain nombre de ses livres renferment des descriptions de fêtes mondaines, dont l'abondance et l'éclat pourraient inquiéter des personnes peu instruites et les gens de la campagne.

Mary Floran, pseudonyme d'une dame distinguée, née à Abbeville, où son père était ma^v^^-îjX^ femme auteur, qui fait pTe\x\ft^ ^^xv^ Xavi5vfc% '«^^'^ œuvres, d'un talent VTa\meiv\»\\\Xfet^'^^,'W3vx"rt\^N^-

tentions bienfaisantes. Ses romans de sentiment sont beaucoup lus :

Chimères (publié par le Correspondant) ; Daniel Leva ; Un an d'épreuve (couronné par TAcadémie) ; L'institutrice des Chantepot; La destinée de Jacques; Bonheur méconnu ; Carmenecte ; La faim et la soif ; Le mariage de Clément ; Adoptée ; Orgueil vaincu (couronné par l'Académie) ; Dernière cartouche ; Le plus riche ; Tentation mortelle ; Maman Cendrillon ; Héritier ; Mademoiselle Millions l Etemel sourire (d'une femme sentimentale qui aime un officier et qui s'est résignée à épouser un homme sot et grossier) ; Cousins germains (ils croient l'être et ils s'aiment ; ils découvrent enfin, qu'ils ne le sont pas) ; Femmes de lettres (en préparation) ; Coupable ? (dans La Croix du Dimanche),

Nous citons pour les enfants : Sœur jumelle ; Revanche de Marthe.

Et pour mémoire: Nouvelles, chroniques et articles publiés dans de nombreux périodiques ; trois comédies pour la jeunesse, publiées sous le pseudonyme <ie Tril.

Charles Foley, un écrivain de race qui a attiré l'attention sur son nom, par ses nouvelles et critiques, publiées dans VEcho de Paris, et par son grand succès du Théâtre Antoine, Au Téléphone.

Ses romans Fleur d'ombre ; Risque-tout ; La course au mariage; Bonheur conquis; La demoiselle blanche, sont trop teintés de réalisme et de gauloiserie pour être recommandés dans cette catégorie ; ils sont cependant très agréables à lire.

Nous ne recommandons ici que Un trésor dans les

ruines (duo d'amour, argent ; roman gai) ; Fiancés de

printemps (idylle très cYva.wd^\ *, Guilleri-Guilloré

(pittoresque, délicieuxV) Vendée V"^^?,^^ \x^^\q^'k^ ^\.

ROMANS HONNÊTES 241 24?t

touchantes, recueil de vingt-deux nouvelles) ; Le roi des neiges (La Scandinavie au XVP siècle).

Victor Fournel (1829-1^94), écrivain catholique et fin lettré, partagea son esprit entre les travaux d'érudition et de critique, et des œuvres dlmagination. Nous mentionnons ici : L'Ancêtre (critique dela société actuelle) ; La Confession d'un père (captivant, sans intrigue amoureuse).

Au pays du Soleil; Vacances d'un touriste (voyages en Espagne, en Italie, en Egypte, charmant) ; Vacances d'un journaliste ; Voyage hors de ma chambre (Danemarck, Suède, Hollande) ; Les cris de Paris ; peuvent être lus par tous. Maman Capitaine produirait plutôt une impression fâcheuse.

Roger des FournielS* Un écrivain qui a conscience de la mission qu'il remplit. Parmi ses œuvres, nous réserverions pour les grandes personnes : Les microbes ; La tâche sanglante ; nous plaçons ici : Le gros lot ; Cœur de père ; et nous offrons aux plus jeunes : L'homme au manteau noir, les autres romans édités chez Gautier, et les Aventures de Brazidech.

Isabelle FrancCf s'est soustraite aux banalités courantes en usage dans certaines œuvres morales, et, dans ses livres, s'est parfois élevée jusqu'au lyrisme : Fleur des glaces, roman-poëme de belle allure, paraphrase originale de la poésie Scandinave; La petite promise, roman de martyre, très attachant.

Jeanne France, de son véritable nom M™® Ga- BRiELLE Gomien, directeur de France Semeuse,

Parmi ses 60 volumes un peu hâtifs, mais honnêtes, romans, nouvelles, pièces de théâtre, sigaaic^xsja. seulement quelques-uns de ce\ix. o^w^X^xiXfôXi:^ ^^'^'ôc^^ à la jeunesse : Pour être ricKe ^n\^^ *^ ^îîs^^'î^'k^^'^'^'^

jeunes filles qui veulent avant tout un mari riche) ; Un héros de 16 ans ; Une française ; Le mystère d'un meux château,

Gustave Freytag(l816-1895). Romancier et auteur -dramatique allemand, il fut l'interprète et l'oracle le iplus autorisé de la bourgeoisie de son pays. On lira de lui, le roman Doit et avoir, en 3 volumes.

Paul de Garros, feuilletoniste dont la plupart des œuvres sont honnêtes : Le secret de la mendiante; La revanche de Vhonneur ; L'orgueil d'une mère ; Uhèritage de Thouarec ; Une d'elles (peu intéressant); La plus heureuse ; etc.

MiSTRESS Gaskell (1810-1865), romancière anglaise, fille et femme de pasteur. Les jeunes gens pourront lire, malgré leur âpreté : Autour du Sofa; Nord et Sud ; Cronford ; Mary Barton (ces deux derniers avec précaution).

M™« de Girardin (1804-1855), grande dame du monde, qui fut traitée en reine par les écrivains de «on époque. Ses poésies, ses œuvres dramatiques et ses romans : Le lorgnon ; La canne de M. de Balzac ; Il ne faut pas jouer avec la douleur ; Contes d'une vieille fille à ses neveux sont plutôt des « jongleries de virtuoses » que des présents... royaux. Nous ne les recommandons pas.

André Gladés, pseudonyme dune Neufchâteloise <iui a quitté la Suisse pour se fixer à Paris. Les jeunes gens n'ont rien à gagner à la lecture de ses œuvres : Au gré des choses ; Résistance (montre que rbppositïon est la plus sûre des persuasions ; pour être heureux, il faut résisl^r a ^a larc^KW^^^ \\-.^ Uérile ■sacrifice (roman d'amour \voTVTvè\.eV

ROMANS HONNÊTES 243 25f

André Godard, romancier à la mode qui s'est converti il y a quelques années. Il est aujourd'hui bénédictin. Outre In memoriam et Le positivisme chrétien (histoire de son âme, de ses préjugés scientifiques -et de sa conversion), La vérité religieuse (suite du précédent), livres d'apologétique très serrés et très originaux, nous citons les deux romans que Dom Godard annonce lui-même, à la première page de ses ouvrages de converti : Chantegrolle ; Drigandes (synthèse vendéenne, dit l'auteur) ; et les Routes d'Arles, livre de légendes et de descriptions séduisantes.

Henry GréviUe, de son vrai nom M°»' Durand, née Alice Fleury (1842-1902). Elle vécut de longues années en Russie, où son père s'était réfugié après le • coup d'Etat de 1852 ; rentrée en France en 1872, elle se mit à écrire une quantité de livres, y épuisa sa santé et mourut à Boulogne-sur-Mer en 1902.

Tous ses romans s'attachent surtout à plaire et à amuser ; sans avoir de très hautes qualités, ils ont eu et ils ont encore grand succès auprès des jeunes filles et des jeunes femmes dont l'auteur est le Georges Ohnet et qu'elle appelle ses « amies » ; la saveur russe qui les relève, les aimables choses qui y abondent, la facilité du style, font de quelques-uns d'entre eux — nous ne disons pas tous — de bons livres pour les bibliothèques de famille.

A bannir comme inférieurs, amoraux ou immoraux: La Maison de Mauréze; Suzanne Normis (histoire d'adultère, réflexions antireligieuses); LitcicHodeî/ (thèse tendant à justifier le divorce) ; M™' de Dreux; (d'une moralité suspecte) ; Les degrés de Vèchelle (inférieur) ; La fiancée de Sylvie (très scabreux) ; rrah,tsorv.(^\sv\s\^rai ou à peu près) ; Louis ClèopâlTe \^xv\^Tv^NiX\ \ ^-^ mors aux dents (immoralités, \Tv<iè^etv^^^^ \ ^"^ crevccv^

252 244 ROMANS honnêtes

(détails répugnants) : Nikanor (mal édifiant) ; Chénerol (a bien l'air d'être favorable au divorce) ; Mlle de Puygarou (très leste).

A permettre aux grandes personnes : A travers champs (amis, ils sentent l'amour et se séparent); Nouvelles russes (quelques-unes très choquantes) ; Un violon russe (longueurs, quelques réflexions contre la Providence et le f^aint-Esprit) ; Rose Rozier (triste ménage) ; Claire fontaine (paysanneries, situations lestes) ; L'ingénue (brise le cœur d'un employé, mais est domptée par un autre) ; Folle avoine (alambiqué^ peu intéressant) ; Les ormes (l'amitié entre homme et ffmme peut exister sans les faiblesses de la chair) ; Franckley (quelconque, plutôt froid et fade) ; Chant de noces; Louh-Loukitch (peu édifiant, dramatique) ; IJn mystère (très intéressant): Péril (très passionné et périlleux) ; Vieux ménage (mondain, soigné) ; Zobie (scabreux, honnêtement traité) ; Mamselha (bien conté) ; L'aveu (intéressant) ; L'amie (très passionné) ; Le comte Xavier ; La seconde mère (très intéressant) ; Marier sa fille.

A ranger dans cette catégorie, pour les jeunes filles qui ont d'autres amies plus édifiantes : Les Koumiassine (pauvre jeune fille noble, victime de Torgueil aristocratique) ; Les mariages de Philomène (tableaux normands) ; Idylles ; L'avenir d'Aline (une mère qui se racrifie pour sa fille) ; Fidelha ; Le fil d'or (histoires quelconques) ; Bonne Marie ; Angèle ; Comédie de Paravent ; L'héritière ; La princesse Qghéroff ; Aurette ; Céphise (excellent, mais pas religieux) ; Le cœur de Louise ; Dosia (une jeune fille indisciplinée domptée par un chaste amour) ; L'expiation de Saveli (un desli)lus remarquables) ; Niania (très honnête) ; L'héritage de Xénie (une Antigone russe, très bien) ; BreuiZ (glorification du patriotisme) ; l^e 7noulin Frappier ; La fille de Dosia ; Jolie propriété

ROMANS HONNÊTES 245 2â3

à vendre ; Petite princesse ; Perdue ; Le vœu de Nadia ; Le mari d'Aurette .

L'instruction morale et civique des jeunes filles est à Vindex, (Décret du 15 décembre 1882).

Emile GuiUaumin, écrivain rustique qui a décrit, dans ses poésies et ses tableaux, les mœurs des champs. La vie d'un simple, au témoignage d'une revue catholique, sur la haine du riche et du prêtre ; Les tableaux eJiampêtres, d'après nature, peuvent plaire aux jeunes gens moins friands d'idéal que de réalisme sobre et •choisi.

]\|me Nelly Hsigetf née en 1836, fut iqstitutrice en ' Russie et visita une partie de l'Europe, en compagnie de la famille de son élève.

Ses romans patriotiques (La fiancée du Rhin ; Le drapeau de Valmij ; Française ; Branche de Verveine ; Etienne Andriel ; Le fils de la mer) sont généralement honnêtes.

Nous ne connaissons pas les autres.

Rider Haggard, né en 1856, ancien fonctionnaire aux colonies africaines, romancier à l'imagination brillante et fantastique, qui fut comparé à Jules Verne. Nous croyons savoir que toutes ses œuvres ne sont pas également irréprochables au point de vue moral et nous ne citons ici que Découverte des mines du roi Salomon (roman d'aventures empoignant) ; Béatrice (une femme qui se tue par amour, récit émouvant).

Collection Herinine,nouvelle bibliothèque artistique et littéraire des dames et des grandes jeunes filles. Sous ce titre, la librairie Hatier réunit quelque volumes à l'aspect élégant et illustrés, qui seront lus avec plaisir par les personnes auxq^uellea Ua

2â4 246 ROMANS HONNÊTES

sont particulièrement destinés. Ont paru : Lis et scabieuse, par M. La Bruyère ; L'Erreur de Florence, par Gh. Le Goffic ; Deux cœurs, par B. A. Jeanroy ; Fille de rois, par Pierre Maël ; Christiane, par Serge d'Ivry ; Le roman d'un vieux garçon, par Jean Thiéry ; Le château de Bois-Vipère, par Th. Bentzon; Le rêve de Susy, par Henri Ardel ; Le bonheur passait, par Claude Saint-Jean.

Paul Harel^ poète et romancier, né en 1854, à Echaufïour (Orne) où il continue de tenir une auberge de famille. Gorgeansac (pour tous) ; Demi-sang (histoire d'amour, honnête et bien présentée).

Ernest Hello (1828-1885), écrivain et chrétie» original dont l'œuvre paraît difficile à apprécier. Louis. Veuillot l'a exalté à Textréme ; beaucoup l'ont déclaré incompréhensible ; certains critiques d'aujourd'hui l'ont remis en faveur et l'ont classé parmi les plus puissants penseurs et les grands écrivains du siècle dernier. Qu'on lise ses Contes extraordinaires et ses ouvrages de philosophie, et qu'on essaie de se prononcer !

Sa femme, née en 1823, connue sous le pseudonyme de Jean Lanâer a publié des récits moins bizarres^ ou, si l'on veut, moins sublimes : Marguerites en fleurs ; etc.

Charles de Ricault d'Héricault (1823-1899),

historien, paléographe, critique littéraire, romancier et vaillant chrétien.

Tous ses romans historiques sont vigoureusement écrits et assez savamment documentés. Thermidor (La dévolution à Paris, en deux parties : Marie- Thérèse et Dame Rose); Les cousins de Normandie (la Révolution en province) ; La fille de Notre-Dame ;

£a. fiancée de la Fontenelle ; Histoire nationale des Naufrages ; doivent être classés ici, tandis que En il92 ; Les aventures de deux parisiennes ; Une reinede théâtre et surtout Les noces d'un Jacobin ; Lesaventures d'un diplomate^ ne doivent être donnés qu'avec circonspection.

Le respectable historien se révèle intéressant humoriste, dans La comédie des champs ; Une veuvemillionnaire ; M^^^'^ Sous Pliocène que nous plaçons ici ; dans La fille aux bluets. Le roman d'une propriétaire, Une reine sauvage et Fou d'amour que nouslaissons plutôt aux grandes personnes.

Fernand Hue (1847-1895), ancien chasseur d'Afrique, entra assez tard dans la littérature et commença . une série de romans, récits, études, qui révèle un. aimable narrateur au talent modeste, mais soutenu : Les voleurs de locomotives (épisode de la guerre de Sécession) ; Autour du monde en pousse-pousse ; 560,000 dollars de récompense ; Les Françaises en 1810 ; Le capitaine Frappe d'abord ; Les coureurs de frontières ; Les bouchers bleus ; Méconnue ; Marthe Bresson ; La petite Mionnette ; et Le Congo ; Le torpilleur n° 121 ; Le testament de M. Maliraux ; Les deux Marraines, publiés sous le pseudonyme de Paul

Biaise.

Maxime Juillet, de son vrai nom Alphonse.

Poirier, ancien directeur de VAnjou, mort en i%^. Ses productions, auxquelles A. de Pontmartin décernait tant d'éloges, sont l'œuvre d'un conteur toujours agréable et honnête : L'aveu suprême ; Pour lire en train express ; La nuit du crime (sensationnel) ; Châtiment.

M^'" Isabelle Kaiser, poète et romancière, née à

Sè6 248 ROMANS HONNÊTES

2ug (Suisse), connue à Paris par sa collaboration à La (Quinzaine et à d'autres revues.

Ses œuvres ont encore un grand retentissement. Ses romans : Cœur de femme ; Notre père qui êtes ^ux deux ; Vive le roi ! ; Sorcière (épopée en prose, son chef-d'œuvre, pas pour jeunes filles).

Ses vers sont consacrés au doux et triste mal -d'aimer.

GoDEFROY Kurth, écrivain belge, professeur à rUniversité de Liège, orateur, peintre, historien, né •en 1847.

Ses œuvres de haute vulgarisation historique : Clovis ; L'Eglise aux tournants de Vhistoire ; Les origines de la civilisation moderne ; La Patrie belge ; offrent de larges considérations philosophiques, où la foi de Tauteur se montre aussi profonde que son érudition.

Dans Jeanne ou la loi de malheur, le grand chrétien atteint Tâme par delà l'esprit, et nous montre :avec chaleur les ravages de la loi scolaire en Belgique.

Jean de la Brète, de son vrai nom M"" Alice Oherbonnel. Si l'admiration banale ne vulgarisait pas trop souvent le mot de chef-d'œuvre, nous l'appliquerions volontiers aux études distinguées de ce spirituel auteur, ou au moins à son ouvrage le plus connu des lecteurs chrétiens, Mon oncle et mon curé (genre abbé Constantin), Nous le classons ici avec Badinage (où l'on plaisante sur tout) ; Le comte de Patène ; Conte bleu. Ces quatre ouvrages sont plus prudes que L'Imagination fait le reste ; La solution (histoire d'une mondaine qui ne trouve la solution de ses difTicultés intimes que dans les Exercices de saint ijg'nacej ; Uesprit souffle où il veut (épanouissement

moral d'une jeune fille dans un milieu taré) ; Le roman d'une croyante (livre triste, où la « croyante», mêlée à des intrigues d'amour, s'appuie trop exclusivement sur la religion du devoir et de l'honneur). Un vaincu ; Vieilles gens, vieux pays ; Un réveil ; L'impossible ; ne Font pas moins intéressants.

LÉON de La Brière(1845-1899),zouave pontifical, capitaine des mobiles en 1870, puis fonctionnaire ^t littérateur. Outre ses travaux d'histoire anecdotique : Montaigne chrétien; L'autre France (le Canada); Les Saints dans le monde (biographies), etc., il a fait paraître Le Chemin n° 7 (amusante fantaisie administrative) ; Blanc et noir (recueil) ; Contes et -souvenirs^ trois ouvrages qui ne doivent pas être lus j)ardes personnes trop jeunes.

André Laurie, de son vrai nom, Paschal 'Groussety né à Gorté en 1845, journaliste, homme politique, ancien membre de la Commune et député.

Il a publié, sous divers pseudonymes, une quantité •d'ouvrages ; ceux qu'il a signés André Laurie, sont -destinés à la jeunesse laïque : La vie de collège dans tous les pays (pas toujours au point sous le rapport des principes de l'éducation, 13 volumes) ; Les chercheurs d'or de V Afrique Australe; Abel Ebersen ; Atlantis ; Sélène Company Limited ; L'héritier de Robinson ; Le capitaine Trafalgar ; Le secret du Mage (quelques notes irréligieuses).

Anatole Le Braz, littérateur breton, né en 1859, au pays des bûcherons et des sabotiers. Dans son contact étroit avec la vie bretonne et les vieux livres d'histoire, il recueillit l'inspiration de ses vers gracieux, de sa prose non moins séduisante. Tout en se consacrant à l'étude approfondie des chants et traditions populaires de l'Armorique (Le théâtre celtique.

etc.). il évoqua, avec un rare bonheur, le charmeindéfinissable de ce pays « aux murs bas coifïés de vieux chaume », et en fit revivre, dans de savants et délicieux livres, les légendes mystérieuses et les bruyères sans fin : La chanson de la Bretagne ; Lalégende de la mort ; Au pays des pardons ; Le sang der la Sirène ; La terre du passé; et surtout Contes dw Soleil et de la Brume.

Ernest LegOUvé (1807-1903), auteur dramatique, conférencier hors ligne, philosophe spiritualiste imbi» de certains préjugés contre l'Eglise.

Il s'essaya sans succès dans la poésie et le roman ;. mais il donna au théâtre des pièces habilement construites, parmi lesquelles Adrienne Lecouvreur^ d'une moralité fort relative.

Chargé de l'Ecole normale de Sèvres, il consacra quelques ouvrages un peu suspects à la question de l'éducation et des femmes : Une éducation de jeunefille ; La Femme en France au XIX* siècle ; Les Père&et les enfants au XIX*" siècle : Nos filles et nos fils ; Une élève de seize ans ; Lectures à l'académie ; L'art de la lecture ; etc.

A la fin de sa vie, il réunit ses Soixante ans de souvenirs et publia quelques moralités : Fleurs et fruits d'hiver ; Epis et bleuets.

Gustave Leva vasseur (1819-1896), poète etlitté-^ rateur, maire de La Lande-de-Longé (Orne). Lea jeunes gens liront avec bonheur Dans les herbages, délicieuse résurrection de la vie des champs ; La vengeance d'Ursule ; Poésies complètes (3 volumes) ; etc.

Ernest Lionnet, né à Paris en 1848, docteur en droit, ancien fonctionnaire, contracta, pendant le siège

ROMANS HONNÊTES 251 24â

de Paris, une maladie des yeux qui le conduisit en quelques années à la cécité complète ; pour échapper à une pénible oisiveté, il se mit â écrire des romans. Il publia ainsi, successivement sept volumes: Le docteur Chabot (couronné par l'Académie française) ; L'homme de la tour ; Le Pré aux biques; Paul Barbet ; Pauvre Tri ! ; Député sortant ; Chacun sa voie ; et depuis, quelques feuilletons dans VOuvrier, les Veillées et dans La Croix,

Marie Lionnet, femme du précédent, morte en 1905, a enrichi de quelques livres la liste des romans honnêtes :Ei Veijo, suivi de FeZiza (ouvrage couronné par l'Académie française) ; La fille du philosophe ; Les épreuves d'Antoinette ; L'erreur du lieutenant (pas pour jeunes filles surtout) ; Les millions de Charlotte.

Marcel Luguet, un des auteurs qui portent habit de deux paroisses. Ses livres qu'il a publiés chez Mame (Cœurs naïfs ; Sabre à la main) sont excellents. Quant aux autres, parus chez Stock, ils s'inspirent trop de cette maxime qui résume Tendrsse, le monde thermal : « On peut se permettre beaucoup d'indécences, quand on s'aime tendrement ».

Yves Le Querdec, pseud. de Georges Fonsegrive, professeur au lycée BufTon, le distingué et courageux directeur de La Quinzaine. Outre ses ouvrages de philosophie qui ont été vivement discutés dans le monde catholique, il a publié Les lettres d'un curé de campagne (livre très intéressant) ; Les lettres d'un curé de canton ; Le journal d'un évêque ; Com- -inent il faut lire un journal-, et tout récemment Le fds de VEsprit, roman social très apprécié, (un propriétaire terrien arrive par son intelligence à reconquérir la confiance des villageois qui l'eYv\.'av3Ct^\:^»%\^::^'^

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institutrice très laïque prêche l'harinonie de la raison et de la foi ; une idylle sentimentale les unit tous les deux .

Pierre Maêl» signature qui appartenait encore tout récemment à deux écrivains, et sans doote aussi à plusieurs « nègres v. Ces deux auteurs avaient réciproquement concédé au dernier survivant le droit de continuer à prendre ce pseudonyme ; Tun d'eux qui s'appelait Charles Causse, avait fini par synthétiser en sa personne le nom collectif. Ancien officier de marine, né en 1862, k Lorient, il avait d'abord fait du journalisme et s'était lancé dans la littérature ; il est mort en 1905. Désormais, son associé, M. Charles Vincent, sera sans doute, avec un collaborateur, Pierre Maël, et continuera l'œuvre.

Cette œuvre est déjà immense : elle comprend plus de 80 volumes, dont beaucoup de romans maritimes. Au point de vue littéraire, elle a, par les sentiments élevés et la saveur marine qu'elle exhale, conquis toutes les sympathies du public des deux côtés de la Manche. Au point de vue moral, elle est souvent irréprochable.

Il vaudrait mieux cependant mettre sous clef : Celles qui savent aimer ; Ce que femme peut ; Myris ; Pauline Dérilly ; La double vue ; Charité ; Dernière pensée ; Eve et Liliane ; Le cœur et Vhonneur ; Le drame de Itosmeur; Flots et jusants; Honneur, Patrie ; Mer bleue ; Mer sauvage ; Petit Ange ; Le toiyilleur W ; Solitude ; Pilleurs d'épave, et surtout Le roman de Violette ;

Ijaisser aux jeunes gens formés: Reine Marguerite;

L'Alcyone; Amour simple ; Ce qu'elle voulait; Djina;

Fleur de mer ; Un manuscrit ; Uondine de Rhuis ;

Paule de Porsguern ; Sauveteur ; Seulette ; Le trésor

de Madeleine ; Blanche coulTe ^auue^v Fleur de

France.

Enfin, faire lire aux plus jeunes M^ne Pompon et quelques-uns de ses ouvrages publiés pour eux chez Hachette.

Raoul Maltravers, un bon écrivain dont on lit toujours : Une belle-mère ; L'erreur de Raoul ; Un mystère ; Le pseudonyme de M^^i^ Merbois ; Les soupes au lait ; Stella ; Le talion^

Claude Mancey paraît être un auteur dont il faut retenir le nom, bien. qu'il n'ait publié, à notre connaissance, que Vieilles filles (thèse et roman en leur faveur) et Intellectuelles (les tribulations de certaines cervelines, Philaminte et Henriette de province ; ravages causés par l'intellectualisme et l'éducation trop cérébrale).

Etienne Marcel, de son véritable nom M"« Caroline Thuez, que certains lexiques ont confondue avec M»»' Jules Samson, sa collaboratrice d'antan au Journal des demoiselles.

Les 50 ou 60 volumes du fécond et courageux auteur n'ont pas tous ces qualités supérieures auxquelles se reconnaissent les œuvres durables ;. mais ils ont le mérite de plaire, d'émouvoir et d'être honnêtes. Aussi, occupent-ils une bonne place dans toutes les bibliothèque catholiques.

Nous nommons seulement, parmi tant de bons livres : L' H etma7i Maxime (couronné par l'Académie) ; Les aventures d'André ; Elle et moi ; Souvenirs d'une jeune fîlle\ La vengeance de Giovanni ; Pour une rose ; Histoire d'une corbeille de noces ; Laquelle ; Pour la patrie ; La ballade du Lac ; A^^melle ; Le roman d'un crime ; L'héritière ; Irène ; Petite sœur,..

M«"« Mabie Maréchal, i,Y%'i\-\^i^^. ^ v^^^^. "^^^

certain nombre de romans ixilèx^^^^xA.'s» eX» ^<^x%vevi^-

246 254 ROMANS honnêtes

Elle réussit surtout dans les petits tableaux de genre, éclairés dun rayon d'humour et de malice, et où ressortent avec relief les ridicules de certains bourgeois de province.

Nous réservons pour cette catégorie : Béatrix un peu sentimental; ; L'im^titutrice à Berlin ; La fin d'un roman suite du précédent} ; Le parrain d'Antoinette ; Journal d'une âme en peine ; Mademoiselle Green ; Mademoiselle de Charmeille ; Marcelle Dayre ; Mariage h l'étranger ; Mariage de Nancy ; La roche noire ; Sabine de Rivas.

Nous recommandons aux plus jeunes : Aventures de Jean- Paul Riquet ; La cousine de Lionel; Famille Tolozan. (édifiant) ; Xos petits camarades (24 récits un peu monotones, pour enfantsj ; La maison modèle (pour enfants) ; La dette de Ben-Aîssa (id.) ; La pupille d'Hilarion fid.;, etc..

Mary mériterait d'être plus connu, parce qu'il est sérieux et bon écrivain. Œuvres à lire : Deux voies (longues discussions théologiques, intéressant quand mùmo) ; Immolation (la deuxième édition a été corrigée pour tous) ; Julie de Noiront (tend à interdire le mariage à ceux qui souffrent de quelque infirmité) ; l'aunre Jac(jues ; Amour et larmes.

M. Maryan (M*"» Marie Deschard, dite), une ])retonne (|ui excelle à faire passer d'utiles leçons dans des récits très attachants. Elle s'adresse surtout aux jeunes filles qui se préparent au mariage, et leur montre (jue pour être heureuses, elles doivent se corrij^cr de leurs défauts.

Nous ne pouvons pas énumérer ses 40 ou 50 volumes; nous citons seulement, parmi les plus recherchés : Kntr (qui a paru autrefois dans le Correspondant) ; Lr })ricurê (lutte entre la rancune et la piété) ; L'enrrrs il'inio dot ; Primavcra (très littéraire et déli-

oieux ) ; Annie (un des meilleurs) ; Un nom (leçons aux nobles qui se retirent dans leur tour d'ivoire) ; 'Odette ; Le manoir des célibataires ; Le roman d'une héritière (qui apprend à Técole de la souffrance à faire bon usage de son cœur et de sa fortune) ; Le pont ^ur VOiselle ; Cœurs bretons (scènes de résistance catholique) ; Le mariage de Monique...

Les mères qui liront ce dernier chef-d'œuvre nous reprocheront peut-être de l'avoir en quelque sorte réservé à leurs aînées, et se diront que les plus petites peuvent bien, elles aussi, profiter d'une lecture si aimable et si solidement tendre. Une fois «de plus, les mères auront raison.

Jules Mazé* Breton par son père, et ardennais par sa mère, il aime la province et la décrit dans des pages vigoureuses et colorées.

Parmi ses romans, nous ne pouvons recommander à tous que ceux qu'il a publics chez Mame : Les étapes héroïques; La terre sanglante; etc. Les autres sont, pour la plupart, très passionnés : Les amants de Byzance ; etc.

Madame Erxestine Meunier, femme-auteur dont on trouve les œuvres dans beaucoup de bibliothèques catholiques : Les idées de tante vieillotte (satire des conventions ridicules de notre temps, très goûté); Le mariage de Josiane (pas pour tous) ; Le secret du bonheur (très spirituel) ; Branche maudite ; Un mariage original ; Tante Michette ; L'oasis Juvenilia •(pour tous) ; Les idées d'une douairière (grand succès); Le secret du bonheur (beaucoup lu) ; Les Kérovaz ; Front d'Ivoire ; Les esquisses provinciales (pas pour tous) ; La pupille de Goliath ; Un coup de tête ; La, famille de l'amiral.

Comtesse de Mirabeau. CEuvr^s \ \j^ y^^^-^

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(TAché (la Terreur, détails dangereux) ; Deux héritières (romanesque) ; Veillées normandes (pour tous).

Me"« Louise Mussat met dans ses œuvres généralement chrétiennes, de la verve, de l'observation, du sentiment et une pointe d'humour qui * les font apprécier : Charmant; En maître; Mon roman; Aprè& le roman ; Le père Tranquille (pour les petits) ; etc.

Jean Nesmy, de son vrai nom M. Surchamp^ jeune écrivain qui dans un roman gracieux intitulé L'/uraie, prêche aux habitants des champs le « Restez chez vous. »

Madame Berthe NeuUies, née à Abbeville, où elle réside. Pendant une période douloureuse de sa vie, elle consacra ses loisirs à écrire des imitations de romans anglais : L'expiation de lady Culmore ; Ismay Valdron; Le mari d'Yanthe,,, Elle a publié depuis deux romans remarquables : L'idée de Ghislaine, dit l'anticlérical Matin, est « une perle rare ; car il y a de beaux jours qu'on n'écrit plus pour les jeunes filles, peut-être à cause de la pauvreté et de la fadeur trop connue des productions qui jadis les visaient. On ne saurait noter avec trop de soin, dans les familles, ce charmant ouvrage si spirituel et si moderne de ton, qui sera considéré par les lectrices de tout âge, comme une véritable trouvaille ». Quant à l'autre, Le secret de Rita, voici ce qu'en dit La femme contemporaine : « L'auteur retrace des scènes émouvantes en une langue aussi française que gracieuse, jette çà et là des descriptions vivantes et enthousiastes, et peint ses caractères d'un pinceau que les plus difficiles lui pourraient envier. »

Charles Nodler (1780-1844). Auteur universel, Jtouche à tout, poète, artiste, historien, il ne reste de

lui que le conteur. Ses romans se ressentent de la maladie du temps, l'ennui ; ils sont faibles et d'ailleurs oubliés ; mais ses contes sont de petits chefsd'œuvre qui parlent encore au cœur. Lire Contes choisis (chez Hetzel) ou L'écrin d'un conteur (chez -Charpentier) : Contes de la veillée,

Edouard Ourliac (1813-1848), romancier français dont les saillies originales et la verve endiablée amusèrent d'abord les gens de joyeuse vie. Il se convertit à la suite d'un mariage malheureux, et collabora à L'Univers. Il dirigea alors ses railleries et ses épigrammes contre les ennemis de la religion et spécialement contre Voltaire. Lire : Contes du • bocage ; Nouveaux contes du bocag^e ; Nouvelles ; Dernières nouvelles ; Nouvelles nouvelles ; Les portraits de famille ; Proverbes et scènes bourgeoises ; Suzanne (son principal ouvrage) ; Le marquis de la Charnaye, tm des Contes du bocage que Louis Veuillot considérait comme le chef-d'œuvre de cet écrivain « plein <ie bon sens, d'honnêteté et de sel ».

Henry de Pêne (1830-1888), polémiste et chroniqueur remarquable, un des fondateurs du Gaulois^ aborda le roman avec quelques œuvres assez appréciées : Trop belle (histoire d'une femme idolâtre de sa beauté, scènes scabreuses, belles pages) ; Née Michon (critique de l'enseignement donné dans les lycées de filles) ; Demi-crimes (l'honnêteté relative des gens du monde).

Comtesse Dubosc de Pesquidoux, de son nom de jeune fille Olga Beuverand de la Loyère, née en 1848, fille d'un secrétaire d'ambassade à St-Pétersbourg. Mariée en 1867, elle s'associa aux travaux de son mari, et, quand elle fut devenue veuve, elle se mit à écrire : Miel et Dard (recueil de

pensées) ; En tous pays ; L'omnium (roman d'amour sous Néron, sentiments chrétiens) ; Nouvelles diverses.

Pfeifer (Ida Reyer, M°>«). Célèbre voyageuse allemande (1795-1858). Veuve à 40 ans, elle se mit à parcourir le monde, sans ressources et sans escorte ; les régions qu'elle a visitées sont très bien décrites dans trois ouvrages : Voyage d'une femme autour du^ monde ; Mon second voyage autour du monde ; Voyageil Madagascar.

Amédée Pichot (179G-1877). Directeur de la Revue- Britannique, il a publié des romans d'aventures genre anglais, parmi lesquels on lira. : Uècolier de Walter Scott, etc.

Adolphe-Henri Pieyre, né à Nîmes en 1848, ancien député, agriculteur, auteur dramatique, historien et romancier. Outre son Histoire de la ville de- Nîmes, nous signalons parmi ses romans : Le capitaine La Fayolle ; Débora la bohémienne ; L'Ermitage ; UEpreuve (roman politique).

^j[me E. Pinson. Œuvres : Après un revers ; La: bague de fiançailles ; Claii^e d'Alvinières.

Armand de Pontmartin (1811-1890). Gentilhomme légitimiste qui, pendant 28 ans, écrivit les « samedis littéraires » de la Gazette de France. La fin d'un 2^rocès ; Les jeudis de Mme Charbonneau ; Souvenirs d'un vieux mélomane et ses travaux de critique peuvent être lus par tout le monde. Les corbeaux du Gérandan ; La filleule de Beaumarchais ; Le radeau de lu Méduse ; Les lettres d'un intercepté et surtout

Zes péchés de vieillesse ue conviennent qu'aux per-

sonnes sérieuses.

Marguerite Poradowska, née à Lille, où son père, le philologue Emile Gachet, était principal du collège. Mariée à un polonais, elle étudia sur place les mœurs galiciennes, et les traduisit dans des romans intéressants et très finement observés : Pour Noémi ; Demoiselle Micia ; Les filles du Pope ; Marylka ; Le mariage du fils Grandsire (roman de mœurs lilloises) ; Mariage romanesque (mœurs de Bukowine).

Georges Pradel, de son vrai nom E. Pradier, né à Lorient. L'un des romanciers « honnêtes », qui a publié, chez Mame, une série de ronians* émouvants, parmi lesquels nous détachons : L'œillet blanc ; Fleur de Mai ; Le brick d'ébène ; L'œil de Tigre ; La fille du régicide ; La cage de cuir...

Jules Pravieux, né à La Machine (Nièvre), le 21 octobre 1866, ancien avocat à la Cour d'Appel de Paris.

Il a du talent narratif, dit Emile Faguet, de l'esprit et de la force dans la peinture. Ses personnages sont vivants...

Ces personnages sont, dans Ami des jeunes, l'abbé Pergame et tout un groupe de jeunes étudiants animés d'ambitions et de passions diverses ;i dans Monsieur VAumôniery l'abbé Fougère, le prêtre onctueux et disert, le confesseur de « ces dames » qu'il oriente vers le mariage ou la piété transcendante ; dans Un vieux célibataire, Pabbé Blondot qui tient lui-même la plume et se prouve à lui-môme, à travers mille épisodes, que l'Eglise a bien fait de prescrire le célibat aux prêtres ; dans Oh ! les hommes ! journal d'une vieille fille , Glotilde <\viv ^ \KkWjours vingt ans, et de l'esprit, et d^\^\i^^V\x\s^^>xt^ et du dévouement, et pas de xancviTie^ ^X. o^x ^^^^^'^'^'^'^^^

est une vieille fille ! ; dans Séparons'Uous ! le Concordat dont on se passera, ma foi, comme on dit au palais épiscopal et aux alentours, puisqu'aussi bien, il n'est plus qu'un moyen de servitude !

Oui, ces récits sont vivants : et l'esprit qui pétille, et l'ironie qui abonde, et la verve qui jaillit, et les coups de griffe et les scènes d'amour qui sillonnent ces pages délicieuses, leur donnent une saveur exquise. Quelques enfants de Marie pourraient s'en effaroucher ; mais les gens du monde prendront à les lire, autant de plaisir que les « curés ».

Madame Emmeline Raymond, (1828-1899), de son vrai nom Comtesse Marie de Beausacq* connue dans le monde des lettres et de la mode sous le nom de Comtesse Diane, fondatrice de la Mode illustrée. Elle a trop peu de sentiments chrétiens ou trop de tendances protestantes pour être recommandée à tous sans réserve.

Nommons seulement : Aide-toi, le ciel t'aidera. ; A quelque chose malheur est bon ; Autobiographie d'une inconnue ; Une femme élégante ; Histoire d'une famille ; Journal d'une jeune fille pauvre ; Le legs ; Un mariage parisien ; La plus heureuse de la famille ; Un récit qui ne se termine pas par un rnariage ; Rêve dangereux (contre les imajinatives) ; Le grand'père et ses quatre filles (idées protestantes, erreurs dogmatiques).

E. Resclauze de Bermont a su se créer un nom par le talent . distingué dont ses romans sont la preuve : Le comte de Pérazon ; Le passé ; Le sillon ; Demi mère (pour grandes personnes) ; etc.

Théodore Roosevelt, né à New-York en 1858, aujourd'hui président de la République des Etats- Unis. Homme d'action, orateur puissant, le grand

américain est encore un écrivain de valeur : outre des volumes historiques et biographiques, il a publié des œuvres très fortes (La vie intense ; La vie au rancho ; Chasses et parties de chasse), où il préconise la lutte pour la vie, l'énergie, le droit des forts, parfois au détriment de la solidarité humaine.

Le Comte A. de Saint-Aulaire a réuni dans ses œuvres la science de l'historien, l'ardeur et la dextérité de métier du feuilletoniste et la verve bonhomme du vrai conteur : Entre Vamour et Vamitié ; La ferme d'Herbigmj (tragique) ; La Vierge de Nuremberg (bienfaisant); Chronique de la forêt de Sauvagnac ; Plus fort que Vamour (c'est la haine pour un italien dont )e père ne veut pas pour sa fille) ; Mirabal (les guerres féodales au XIIP siècle).

Charles de Rouvre peut figurer avec honneur dans les rangs des romanciers utiles avec A deux, (récit attendrissant de la misère des employés et des employées) et Française du Rhin (patriotique). La Princesse Esseline est l'histoire assez ordinaire d'un mariage contrarié.

Jeanne Sandol, un petit nom à écrire en petites lettres au livre d'or des bons romans, avec Le puits qui parle ; Marthe ; Le roman d'un désenchanté.

Arthur Savaète* né àCaestre. Poète, littérateur, directeur de La Revue du monde catholique, il a déployé, dans des romans entraînants et « rococo », toutes les richesses de son imagination. Citons : Les Naufragés de Kertug al ; Les rivales amies ; Zuléma ou la faute d'un père (aux temps héroïques de l'Espagne) ; La dame blanche du Val d'Halid ; La Main noire ; Les Vengeurs de la Main noire (trois romans historiques sur la fameuse secte de l'Espagne); Soirées franco-russes (questions historiques conteiw^Qrt^\:ç^^'^\«

P. A. Sheehan, auteur irlandais, qu'on a comparé à Yves le Querdec et qui a apporté à nos gourmets de bonne littérature, deux livres empoignants : Mon nouveau vicaire^ Journal humoristique d'un vieux curé ; Ames celtiques et âmes saxonnes : Luke Delmege. Que le lecteur se dégage d'abord de la « mentalité » française, qu'il s'imprègne de l'atmosphère d'outre- Manche ; pour peu qu'il soit habitué aux trépidations qui secouent les tableaux et les caractères anglais, il sera charmé et ravi.

Charles Simond, ancien directeur de la « Bibliothèque populaire » et de la « Bibliothèque des voyages autour du monde ». Œuvres : L'agonie d'une race (adaptation de Krazouski, le grand romancier polonais) ; L'expiation ; Le secret de Hach.

Auguste Snieders,30urnaliste,poëte et romancier belge, né en 1825. Un émule d'Henri Conscience par la bonhomie et la saveur flamandes de ses récits : Sous le grand hêtre ; Le maître d'école pauvre ; La sœur hospitalière : Bonheur caché; L'incendie d'Anvers ; Les chauffeurs ; Au bagne.

Le Commandant Stany a réuni de nombreux bataillons de lecteurs, autour de L'abbé Corentin:Mabel ; Le docteur Léoriard ; Un drame aux antipodes ; Les épingles de Sainte Catherine ; Geneviève de Nauvailles; Miette ; La terreur sous Rosas ; Le Marquis de Kéralain ; Une faute (avec précaution).

P. Suau. Le D' Phobos (les politiciens à double face) intéressera surtout les jeunes gens qui s'occupent de politique.

Hesba Stretton. Œuvres : Le docteur dans l'embarras ; A travers l'orage ; La voie douloureuse (scènes des persécutions contre les stundistes en Russie).

William Thackeray,( 181 1-1863), célèbre romancier anglais. Dut sa célébrité au Livre des Snobs, pamphlet moral et unique qui exerça une immense influence... Ses romans de grande haleine sont presque tous des chefs-d'œuvre : ce sont des satires énergiques, mais sincères et loyales, des tableaux et des analyses, finis comme les œuvres d'un peintre hollandais. Citons seulement pour cette série : La foire aux vanités ; Bary Lindon ; Henri Esmond ; Mémoires d*un valet de pied ; Morgianna ; Pendennis,

Madame P. A. TiUière. Imitations ou traductions anglaises : La fortune du vieux Myddelton ; Le talis-^ man des Lynwood ; Marjorie,

Marcel Tissot. Œuvres : Antoinette de Montjoie; La comtesse Brigitte ; Le capitaine philosophe ; Le manoir et le monastère ; Montmahoux et Passavant ; La veuve d'Attila.

Victor Tissot, écrivain français d'origine suisse, né en 1845. Il dut sa célébrité à son roman : Voyage au pays des milliards (La Prusse), qui fut vendu en quelques semaines à 50.000 exemplaires (pas pour jeunes gens).

Depuis il a fondé Mon dimanche (journal-magazine hebdomadaire) et écrit plusieurs romans de mœurs sur la Russie, la Suisse, Vienne, etc. De Paris à Berlin ; Les Prussiens en Allemagne : Voyage aux pays annexés ; Vienne et la vie viennoise ; Jeunes filles ; Simonne ; Un lys dans la neige, etc., visent un peu aux effets de décors, mais ils sont intéressants. . . pour les grandes personnes.

Tout le monde peut lire : Aventures de trois fugitifs ; La vie en Sibérie ; La prisonnière du Madhi ; Aux pays des nègres ; Aux pays des glaciers ; La Chine ; Le pôle Nord et le pôle Sud ; Russes et Allemande.

Gustave Toudouze (1848-1904). Un amateur de voyages, qui a décrit, avec beaucoup d'art et des couleurs à la Loti, l'Italie, les côtes bretonnes, etci

Citons ici,parmi ses trente ouvrages : La Sirène (souvenirs de Gapri) ; Le cécube de Van 19; La coupe d'Hercule ; Mademoiselle (couronné par l'Académie) ; Le démon des sables l L'île aux mystères (Madagascar, empoignant) ; Lepère Froisset ;Le pompon vert ; Livre de bord ; Le mystère de la chauve-souris (très mouvementé) ; La vengeance des peaux de bique ; Le bateau des sorcières ; L'orgueil du^nom ; Erifant perdu ; et ses autres romans à l'usage de la jeunesse, chez Hachette.

Pour achever de caractériser l'auteur, nous signalons ces quelques romans d'amour : Toinon, ynœurs^ parisiennes (adultères, inceste, frénésies du vice décrits avec complaisance et horriblement châtiés) ; Voyage de noces (honnête) ; Les chiennes de ténèbres (genre feuilleton, assez honnête).

Antony TroUope, romancier anglais (1815-1882). Il a laissé une quantité d'ouvrages où il retrace les scènes de la vie de famille, et les mœurs des cercles. Nous citons ici : Le cousin Henry (toutàfaitinofîensif) ; Le domaine de Belton ; Rachel Ray ; Les tours de Barchester ; La veuve remariée ; Œlilpour œil.

Mistress TroUope (1761-1863), mère du précédent, romancière, qui a surtout observé et dessiné les travers des femmes anglaises. On lira La pupille.

ly^eiiç c^ Trouessart, une passionnée des lettres,

qui commença à écrire dès qu'elle sut tenir une

plume, et qui, depuis, n'a pas de plus grande joie que

de créer des personnages et de jeter sur le papier ses

pensées et ses rêves. Au dèbwX. d^ sa carrière, elle

dut, comme beaucoup daulxe^, sm^v^vk^^^^ ^wvc

complaire à ses éditeurs, tous les passages religieux de ses œuvres ; aujourd'hui, nous écrit-elle, il n'enest plus ainsi, Dieu merci.

Ses œuvres n'ont pas fait grand bruit dans le monde de la critique ; elles peuvent cependant procurer grand plaisir à ceux qui les liront.

Rappelons ses nombreux feuilletons, nouvelles, chroniques, comédies, parus dans divers périodiques et citons ici, pour les jeunes filles : Aveugles ; Deux fiancées ; Seule ; Le mariage d'Hervé ; Le secret d'Antoinette ; pour les jeunes femmes : Inséparables ; Un rêve à deux ; Cœur fermé ; pour les enfants : Les. neveux de tante Armelle ; Grandir ! (suite du précédent).

Georges du Vallon, de son vrai nom, Amélie de Brauer, comtesse de Sars.

Ses ouvrages écrits avec grâce, mesure et distinctinction, stigmatisent les erreurs de notre époque, comme la libre pensée (La lihre-penseuse), le nihilisme (Natalie Koumariof) ; ou préparent des mariages, au milieu de scènes dramatiques et honnêtes : Un amour en Russie ; La roche d'enfer ; La comtesse Xènie ; etc. Un roi de théâtre s'adresse plutôt aux grandes personnes.

HippoLYTE Verly, un lillois, né en 1838, membre de la Commission historique et directeur de L'Echo du Nord, Gens de vieilles roches ; Histoires du pays flamand ; Van Brahant et C'% sont bien troussés et dégagent un vrai parfum de terroir ; mais ils flairent un peu le voltairianisme.

Herbert-Georges Wells, né en 1886, ancien professeur de sciences, écrivain anglais qui débuta dansle roman en 1895.

Dans ses œuvres déjà norcvbTfeu^çi^^SV^^'s^^^^'s^^^'^^^'^ inondes morts, il crée des uvotide^ VvtX.wOv.'^ ^'^ ^è^^*^^"

bles, et il y fait courir des récits étranges avec toute ia promptitude et l'élan prodigieux de ses machines... des fictions extraordinaires, qui bouleversent toutes les lois de la nature, ont fait comparer l'auteur à ulules Verne, à Swift, à Edgar Poë, à Villiers de Tlsle Adam, à Voltaire. Elles ont été presque toutes traduites en français ; mais elles ne sont pas toutes absolument irréprochables au point de vue moral. T^ous citons : La mac/iine à explorer le temps ; La, visite merveilleuse (un ange sur la terre ; son rôle est un peu ridicule et les visités fort crédules) ; La guerre -des mondes (envahissement de la terre par les habitants de Mars); Quand le dormeur s'éveillera (au XXII« «iècle, combat des aéropiles et des aéroplanes) ; L'amour et M. Lewisham (dangereux) ; Les premiers hommes dans la Lune : L'homme invisible (reproduit par La Dépêche, en 1905); Place aux géants ; Récits de l'espace et du temps (recueil de nouvelles) ; etc.

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