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peintre ; La fille de Polichinelle (scabreux et roma nesque) ; L'homme qui a perdu son moi (scientificohumoristique, pour adultes).
Charles de Bernard (1805-1850), l'auteur de Ger faut, etc. Un mondain qui a étudié la noblesse et la haute bourgeoisie, les vieilles et feunes filles, les mamans et les belles-mères,, etc. : Le gentilhomme campagnard ; Un homme sériexix : Un heau-père^ etc.
Bernardin de St-Plerre (1737-1814), l'immortel auteur de la pastorale Paul et Virginie, chef-d'œuvre d€
grâce et de poésie. Nous n'étonnerons personne eii disant que cet ouvrage, à cause de l'aventure sentimentale qui se déroule parmi les paysages les plus pittoresques, ne doit pas être mis, sans corrections, à la portée de la jeunesse. Les harmonies de la nature ; Les études de la nature ; La chaumière indienne, méritent à plus forte raison la même note : ce n'est pas avec ces mièvreries que l'on trempe des caractères.
Je-AN Bertheroy, née Berthe Le Barillier, aui >urd'hui M"® Roy de Glotte (Bordeaux, 1868), romancière et poète qui allie curieusement l'antiquité païenne et les songes modernes dans des pages chaudes e* vibrantes de passion.
La plupart de ses romans antiques sont des pastiches où coule à pleins bords le sensualisme le plus raffiné : La danseuse de Pompai ; La Beauté d'Alcias ; Le colosse de Fthodes ; Les vierges de Syracuse: Syracuse ; Sybaris. Ce dernier figure dans une collection passionnelle. Les autres sont dignes d'y êtrp; {Les Délices de Manioue ; L'ascension du bonheur : Les tablettes d'Eri^ma d'Agrigente) o+ -^^ '<*>♦''' ^(^'^ '^^ vrages de Théocrite et de Longus.
Nous citons pour mémoire Les Dieux familiers.
Conflit d'âmes, Gilles le ménétrier, Les chanteurs florentins, tous fort romanesques, et nous plaçons seulement en dehors de cette classification : Sur la pente ; Les trois filles de Peter Waldorp ; Le journil de M"^ Plantin ; rinoffensif Rachat ; Geneviève de Paris ; et pour la grajide jeunesse, V enfant Siptentfion.
Louis Bertrand, né en 1866, secrétaire de la Revue des Deux Mondes. Lorrain de naissance, ît rmalien d'éducation, il a vécu de longues annêis tn Algérie, il a voyagé dans toutes les régions baigneos par la Méditerranée, «t tous ses livres pleins de vie, nous parlent de ces pays de soleil, à l'exceoùim Je Mademoiselle de Jessincourt, histoire pres(}ue cii retienne d'une vieille fille.
L'invasion nous conduii à Marseille (p-einlures hardies et scabreuses) ; Taction du Rival de Don Juan se déroule à Sévill.e (fort passionné) ; celle des Bains de Phalère en Attique (même note). Tous ses autres romans, souvent brutaux, troubles et sensuels, composent une suite algérienne : Le sang des races célèbre la vie des rouliers qui faisaient la route de Laghouat ; LaCina, exalte le culte de l'action et le mépris de la littérature ; Pepète le bien aimé, décrit en des pages fort truculentes les milieux populaire» ;i|gérois ; Le jardin de la mort étudie les ruines de l'Afrique romaine ; La concession de Madame Petit- (jand montre la lutte incessante que les colons algériens ont à soutenir contre l'hostilité de la nature et. des hommes. Enfin, La Grèce du soleil et des paysages. Le miracle oriental. Le livre de la Méditerranée et Gustave Flaubert se rattachent au même ordre d'idées.
I^e type du latin d'Afrique, Louis Bertrand l'a trouvé dans l'évoque d'Hippone, et il a écrit Saint Augustiv. livre bnllant, cnptivant commp nn roman.
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évocateur comme un livre d'histoire, et, malgré soii insuffisance, susceptible de faire beaucoup de bien. Les jeunes gens liront l'édition expurgée.
Marie de Besneray, de son vrai nom M™« Groult.
Née à Moscou en 1852, fille d'un français, M. Boissonnade, elle connaît à fond les mœurs qu'elle s'est plu à décrire dans ,ses romans russes (Ivan Stemoff ; L'>. fils d'une actrice ; Olga la Bohémienne ; 'Nadine : La course à T abîme). Elle a étendu ses obs-ervations aux sujets sociaux et psychologiques d'un intérêt plus général : Vers Vaurore ; Vie brisée ; Vengeance dî lemirie ; Honneur de famille : Les sacrifiés : Douleur d'aimer.
Tout le'mondte peut lire : Paul, souvenirs d'Austrnlin : Au pays de Bernadette (peu saillant).
Bjornsterne Bjorson, poète, romancier et dramatiste norvégi-en, (1832-1910) n'est pas un inconnu en France où il résida et essaya de jouer un rôle politique. Comme écrivain, il a été comparé à Nodier et à Victor Hugo ; quoi qu'il en soit, il a su se faire un nom dans notre pays par divers ouvrages : Ame (histoire d'un violoniste ; les vieux récits du petit monde des fjords) ; La fille du pêcheur ; Les reflets du miroir (un amoureux en pailie quadruple), etc.
LÉON Bloy, (Périgueux, 1846), ancien communard, converti au catholicisme. Poète aux belles envolées, mnis pamphlétaire exaspéré, fîagellateur partial, il semble ne se servir de sa plume que pour déchirer, blesser ou ternir : tous ses ouvrages {Propos d'un entrepreneur de démolitions ; Le désespéré ; La femme pauvre : Mon Journal ; Le mendiant ingrat : Brlluaires et Porchers : Le sang du pauvre, etc.) f^enerit de cadre aux invectiver grossières de leur auteur. Faute de bienvoillaincp et d'humilité, que de talent l'on gaspille !
Fortuné du Boîsgobey (1824-1891). Auteur d'histoires de cape et d^épée et de romans d'aventures «extiêmement mouvementés, travailleur infatigable et d'une grande fécondité, il est un amuseur Intéressant, plutôt amoral qu'immoral.
Les pères et mères de familles, plus friands des grosses émotions que de délicatesses littéraires, pourront lire ave€ intérêt quelques-uns des ouvrages suivants, si toutefois la fréquentation des gredins, des escrocs, des escarpes et des forçat^s ne les effraye pas : Le forçat colonel ; Les frères de V Epingle rose ; Les collets noirs (beau roman historique sur l'époque du Directoire ; quelques scènes risquées) ; La main coupée (très bien) ; Fontenay coup d'Epée (très honnête) ; Un cadet de Normandie (histoire de Tourville, pour tous) ; L'as de cœur (le financier Law, très intéressant) ; La tresse blonde (d'un dramatique intense) ; Le coup de pouce (pour tous- ou à peu près) ; Les mystères du Nouveau Paris (romon honnête tout peuplé d'affreux gredins) ; La vieillesse de 3/. Lecocq ; La peau d'un autre (tableaux inconvenants, pages superbes) ; Le collier d'acier (une femme dévergondée qui finit par se tuer à l'aide d'un <'ollier empoisonné) ; Mérindol (où l'on voit aussi quelques honnêtes gens) ; Double blanc (à la recherche d'assassins) ; Le fils du plongeur (le monde sportif, dans une intrigue d'amour) ; L'héritage de Jean Tourniol (très bien) ; Du Rhin au Nil («amet de voyage, pour tous) ; Où est Zénobie ? (captivant) ; L^ crime de l'omnibus (d'un dramatique !) ; Le corhon d'or (influence de l'argent).
Simon Boubée, ancien, rédacteur de la Gazette de Vrunce, correspondant à Rome du Gaulois, roman- •cier, mort en 1901.
Outre Mongréléon /p"", pamphlet dirigé contre Gambetta qui fit en son temps plus de bruit que de bien,
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il a publié, Le violon fantôme (pages risquées et impar<loniiai)les) ; Le ycilt ïioacot (puur tous) ; Le [lit'irof, de cire (très bien),
Louis Boulé, romancier et poète, ué lu 180h, a Cours-les-Barres (Cher). En 1887, il publia ses vers^ de jeunesse, et plus tard, il eut l'idée d'utiliser les curieuses notations de son carnet de campagne.
Successivement parurent ses romans : Maman (laudie, hymne tendre écrit à la gloire des bonnes mères : Dos d'dne, élégie poignante en l'honneur do l'amitié ; Tourterelle, chant d'.amour, chaste et pa.ssionné, qui' se termine par un cri sublime d'espérance et de foi ; Ceux de chez nous, peinture du Berry trop exacte pour être laissée à. tous.
Paul Bourget, né à 1 aiis en 1853. Fils d'un inii\crsitaire, il fut d'abord obligé d'entrer dans l'enseignement et il passa quatre ans à fabriquer des bacheliers et des vers. En 1882, il se voua exclusivenieJit aux lettres, et il est aujourd'hui l'un de nos écrivains les plus en vogue. Membre de l'Académie française.
Ses poésies {La vie inquiète ; Edel ; Les aveux, etc.), rendent le lamentable écho des tourments de son âme, durant ses études et toute sa jeunes.se.
11 débuta en prose par les Essais sur la psycholn. gic contemporaine suivis plus tard des Nouveaux essais, livres de critique, confession fort triste de tout un siècle de littérature (doctrine empruntée au panthéisme de Renan, au positivisme de Taine ; idées religieuses fausses ; morale relative (jui ne croit pas au malsain).
De nombreux romans suivirent, gui valurent à
Bourget une éclatante notoriété 'et qui exercoîtt r ^-
re dans le monde une influence coni^idérabl'
Ils sont bien faits du reste pour plaire à la jeunesse inquiète et nerveuse d'aujourd'hui, pour séd!iiir»>
ROMANS MONDAINS KVI
les j-eiines fenimes toujours heureuses de trou\er, dans les livres, des descriptions, des excitants, des compensations de la vie mondaine, pour intéresser môme les homnies mùi-s en quête de thèses bien construites.
La scène est d'une correction parfaite ; ce sont des .salons liigh life, des chambres à coucher, des boudoirs, dont Bourget décrit le mobilier, l'ameublement et les parfums, avec la scrupuleuse exactitude 'dfun premier employé du Bon Marché.
Les héros et héroïnes sont des élégances suprêmes, dans une suprême faiblesse : des jeunes gens pâles, minces, fiirteurs, oisifs, incapables de tout effort et prêts à toutes les tendresses ; de beaux messieurs et de belles madames n'ayant rien à faire de leurs dix doigts ; de:i jeunes femmes surtoul/, grandes, fines, blondes, sentimentales et sensuelles', toujours aimantes et aimées en dehors du mariage, assoiffées do sentiments et de mysticisme, tout imprégnées de cette amosphère luxueuse où les sensations' douces affadissent \i\ volonté et préparent aux grandes chutes.
Tous ces personnages sont axant tout des âmes, mais des âmes modernes, c'est-à-dire malades : Paul Boui'get se complaît à décrire leurs raffinements de sensibilité déviée, leurs fautes, leurs scrupules, leurs remords, leurs i-epentirs et même leurs expiations, en un mot tous leuis cas psychologiques et leurs maladies intérieures ; il excelle particulièrement à raconter les drames d'amour dont elles sont le théâtre ou les victimes.
La fréquentation de tels milieux et d'e telles gens doit être éminemment dangereuse... M. Bourget, dit un critique universitaire, a toujours affiché des ambitions d'e moraliste. Alors, on ne peut s'empêcher de relever un contraste ironique entre ses profes-
!'>'- ROMANS MOMJ.UN.s
sions de foi et l'effet de ses romans. Dans les préfaces, idées du devoir, culte de la volonté, de l'effort. Dans les romans, dilettantism-e ou viaine religiosité, découragement, anémie de la volonté, séduction du vice {Revue bleue, 28 mars lOOG).
Certes, les intentions die l'auteur sont excellent-es : il ne prétend décrire les désordres de l'âme que pour les rendre odieux et les guérir. Malheureusement, les bonnes intentions ne suffisent pas. Les descrip tions et les drames qui constituent la trame de ct romans, indépendamment des pages voluptueuse" qui s'y glissent, grisent l'imagination et anémient Ii volonté ; l'exposé de tous les motifs qui préparent et déterminent une passion coupable, fait facilement croire à ceux qui les lisent et les méditent, que le chutes sont toutes naturelles, presque nécessaire^, excusables et fatalement imitables. Aussi, un écrivain peu suspect, M. Rod, a-t-il osé dire, il y a une douzaine d'.années, que les romans de Rniurrot ne sont guère plus moraux que ceux de Zol
Ce jugement et les considérations précédeiiLo, ji' sauraient cependant s'appliquer dans toute leur ri gueur qu'aux romans de la première période : Llr réparable ; Le deuxième amour ; Cruelle énigme . IJv crime (Vamour ; André Cornélis ; Scrupule ; Un cœur de femme : Idylle tragique, mœurs cosmopolites ; l^lujsioloqir de Vamour moilerne : La duches.s Jilrue : etc.
En 1887, Le disciple (manuel de séduction, scènes l'egrettables) marqua dans les œuvres d)a chaimant .inteaii' une lieureuse évolution, et '.témoigna d'un s<iuci douloureux de la. vie morale. Le fantôme, Monique, La terre promise (roman à thèse chrétienni- Und à éloigner les jeunes gens des plaisii-s coup:^ blés, tableaux choquants) ; Cosinopolis (amours, jalousies, duels, conversion d'une jouup dilottn-* • v'^-
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voquée par la seule vue de Léon XIII, très passionné) ; Sensations dltalic (belles pages chrétiennes) loarquèrent successivement ses progrès dans le respeci de la morale et peuvent être lus par les grandes personnes, ainsi que ses. derniers ouvrages : L Etape (roman à thèse antidémocratique et profondément religieuse, violemment critiqué de toutes pails, cru et passionné), et Le divorce (œuvre courageuse et magistrale qui restera l'un des plus beaux monuments de l'iapologéticiue contemporaine) ; L'eau profonde et Les pas dans les pas ; Les deux sœurs (étude psychologique sur la tentation d'une honnête femnie ; d'une moralité irréprochable ; suivie de 6 nouvelles).
... Depuis, Paul Bourget a trouvé la foi : il remplit tous ses devoirs de chrétien ; « il a même sa chapelle avec la réserve dans sa vill^i de Portabelle ; il y fait dire la messe et il n'est jamais plus heureux, dit-il, que lorsqu'il suit l'office divin dans le livre d'heures de sa bonne mère. » (L'iabbé Théodore Delmont, L' Université catholique, 15 décembre 1904).
Cependant, il n'était pas encore pratiquant, quand il a commencé (( l'édition définitive » de ses œuvres. Ses récits restent donc, dans l'ensemble, ce qu'ils étaient, des documents scientifiques remplis do tableaux très crus ou de thèses dangereuses. Les préfaces et les appendices, où il expose son « apologétique expérimentale », appartiennent seuls à l'inspiration catholique. C'est pourquoi nous ne permettrions aux jeunes gens que certains ouvrages de la seconde période cités plus haut, et de plus : Un saint (et autres nouvelles saines, dans la dernier© édition) Outremer ; Drames de famille : Pages choisies ; Contes choisis. Nous ne leur conseillerions point Le.ç détours du cœur et La dame qui a perdu son. peintre, recueils de faits-divers tourrmentés.
Il»t ROMANS MONDAINS
Et VEmUfré ? Ce roman très .aristocratique, tragique .et puissant met en scène la noblesse d'aujourd'hui que sa fastueuse inertie et les exigences de la société actuelle tiennent éloignée des fonctions publiques. Morale : qwe les émigrés colonisent le Nouveau Monde d'outre-mer ou qu'ils évangélisent h monde nouveau de la France, comme quelques-uns s'appliquent à le faire. Impression d'eoisembl<e décourageante : le héros est un vaincu qui reste ce que les événements l'ont faits... Qu'il revienne bi-entôt du Canada pour nous montrer ([ué tout effort n'est pas inutile !
Marie-Anne de Bovet, lilie du général de ce nom, née en 1860, juariée au marquis de Bois Hébert, agriculteur fi'ançais résidant en Galicie ; collaboir à La Vie Parisienne sous le nom dte Mab, et fournit des articles à de nombreux périodiques français eî anglais.
Le nom de <( petites rosseries » qu'elle a donné à plusieurs de ses ouvrages, conviendrait à (juelquesuns de ses romans psychologiques : Concessions d'une fille de trente ans : Confessions conjugales . Partie du pied gauche ; Contre l'impossible ; Plu jorl que la vie (8 nouvelles) ; Vierges folles (passionnel) ; ^oces blanches (d'un blanc sale) ; La repentie ; Après le divorce (thèse excellente, mais démonstrations hardies) ; Veuvage blanc (romanes (]ue) ; La folle passion (d'un beau-père pour la bru) La dame à Voreille de velours ((juatre nouvelles) ; La terre refleurira (pour adultes). Pris sur le vif ; Au- 1( ur de VEteudard (peinture des milieux militaires, dédiée au duc d'Orléans) paraissent appartenir à un autre genic.
Histoire d'un garçon ; Cadette (très bien) ; Mademoiselle VAmirale ; Fausse voie ; Le beau Femand (peu intéressant, peu édifiant), pouiTaient être con-
fiés aux jeunes gens, iiinsi i[ue certains de ses récits •de voyages.
Ai GusTix Boyer d'Agen, de* son vrai nom, Jean- Auguste Boyer, né à Agen en 1859. Ancien séminariste, gradué en théologie et en droit canon, romantcier, poète, critique d'art, historien, philologue et conférencier.
Après avoir publié des romans regrettables (La Gouine ; La Vénus de Paris), et que l'auteur semble bien regretter, Boyer d'Agen s'est porté définitivement vers les études historiques et religieuses, et a donné sur beaucoup de questions actuelles des travaux remarquables.
Son roman Terre de Lourdes (descriptions, amours d'un séminariste) est un ouvrage malsain. Le pays natal ; Monsieur le Rédacteur ; Pascal Bordelas (le cynisme des politiciens) peuvent être clas- *sés parmi les romans honnêtes.
René Boyiesve, de son vrai nom René Tardivaux, né à la Ilaye-Descartes, en 1867.
Le Médecin des dames de Néans ; Sainte Marie des Fleurs ; Le parfum des Iles Borromées ; La becquée; La leçon d'amour dans un parc ; Mon amour sont des romans de mièvrerie souvent licencieuse. MUc Cloque et L'enfant à la balustrade ; Le bel avenir, (études de la vie provinciale) ; Le meilleur ami (deux nouvelles), sont beaucoup plus réservés.
La jeune fille bien élevée, qui soulève la question délicate de l'éducation des jeunes filles, et Madeleine jeune femme, roman réaliste d-e bon aloi, tout imprégné de réalisme chrétien, renfeiment nombre de pages troublantes pour la jeunesse ; mais ils peuvent être lus avec intérêt par les parents.
La marchande de petits pains pour les canards est im recueil d'historiettes que se distinguent par une observation fort déliée et ne sont pas pour tous.
Brada, pseud. de M"'" la Comtesse de Puliga, née
Henrietta Samom, (Paris, 1850), parisienne qui a épousé un diplomate italien.
Nous citons, parmi ses romans, très étudiés et délicatement écrits : Compromise ; 3f™® d'Epone (sujet risqué) ; L'irrémédiable (jeune fille séduite et délaissée) ; Les lettres d'une amoureuse (vieille originale. va) ; V ombre (que projettent sur les enfants lo divorce et les désordres de leur mère) ; Petits et grands (délicieuses miniatures sur sujets variés) ; L'impasse (fimour adailtère) suivi de Mensoniqe (étrange) ; Les beaux jours de Flavien (jours de plaisir) ; Comme les autres (amour contrarié, intéressant) ; Les amantes (élégantes, mais très faisandées) ; Malgré V amour (plus sérieux et plus homiête ; pages ardentes cependant) ; Disparu (le fiancé... mais l'auteur a tant de ficelles) ; Milord et Miladij (la galianteri>e bienséante en Angleterre) ; Retour du. flot 'tempête où une âme honnête a failli sombrer ; mais le hasard est si grand et tout finit pai* s'ari*anger, quand... on a du talent comme Brada) ; L'âme libre (très romanesque) ; La brèche (tableau d'uiu» vi^ irrégulière).
Et nous recommandons aux jeunes gens senoux Terres de soleil et de brouillard (souvenii-s de voyages très gentiment racontés) ; Isolée (vie d'une jeun-e orpheline catholique, transplantée dans un milieu anglican).
Max de Bray, pseudonyme qui voile une dame di>tinguée. Deux œuvres seulement, mais pleines de choses, d'intérêt, de dissertations bienfaisante.- : Sans défense ; Journal d'une femme du monde.
Adolphe Brisson, (Paris, 1863), littérateur, directeur des Annales politiques et littéraires. Il s'est acquis une réputation particulière de portraitiste.
ROMANS MONDAINS lli?
en traçant, de main de maître, des esquisses sur les principaux représentants dfe la littérature contemporaine : Les prophètes ; Uenvers de la gloire ; La comédie littéraire ; Portraits intimes, etc. Depuis, il s'est essayé dans le roman, et a obtenu un réel succès avec Florise Bonheur.
Rhoda Braughton, née en 1840, romancière anglaise dont les oeuvres ont été, pour la plupart, traduites en français. Ses romans décrivent la campagn-e anglaise et des types de jeunes filles, ardentes, romanesques, amoureuses des fêtes où l'on brille, folles de leur corps, et mourant jeunes, après avoir gardé une vertu relative. Son dernier ouvrage De Charybde en Scylla, a paru dans la collection Fémi- 11 a ; Belinda et Johanna peuvent être lues par les grandes personnes ; Hélas ! ; Fraîche comme une rose ; Kate Chestcr ; Nancy ; Le roman de Gilliane sont pour tous ou à peu près.
Sir Edward-George Bulwer-Lytton, poète, romancier et homme politique anglais (1805-1873), qui jouit dans son pays, comme écrivain, d'une renommée à peu près égale à celle de Dickens et de W. Scott. On lira de lui : Alice ou les mystères ; Les derniers jours de Pompéï (tableaux libres ; prendre l'édition expurgée de Marne) ; Le désavoué ; Dévereux ; La Camille Caxton ; Mémoires de Pisistrate Caxton ; Mon Roman ; Qu'en fera-t-il ? ; Rienzi, son chef-d'œuvre.
Henry Buteau, romaneier sentimental. On lui doit jusqu'à présent : La faute (beaucoup de bleu ; moralité excellente) ; Un orage (dans un ménage ; un nuage dans le ciel bleu !) ; Aimer (il n'y a que cela qui soit quelque chose, disait Georges Sand ; c'est l'épigraphe et le sens du livre. Reprenez la gamme : rouge, orangé, etc.).
\()X HO.MA.N>> AH)^iiAl.^^
Fernam) Calmettes, littérateur et peintre (Paris, 1846). Il a .surtout étudié Tiamour, la vertu et le caprice chez les femmes : Brave fille ; Simplette ; Sœur aînée ; récits qui peuvent être lus à peu près pa»r tous. Quant à Mademoiselle Volonté, est-ce un bf>n livre ?
AcRTENXE Cambry, de son vrai nom :M"»^ Delphieu, romancière dont nous ne connaissons que quelque» -ouvrag-^es : Rêve de printemps ; La Vierge de Raphaël, qui peuvent être lus à peu près par tous.
Trio d'amour ; On en meurt ; Vamour pardonne, sont tous trois très passionnés.
Ernest Capendu, (182^)-1868\ auteur dramatùiue «'t feuilletoniste très fécond, dont les œuvres écrites en stylé négligé, ne sont pas cependant sans valeur. Tout l-e monde peut lire An go le Dieppois.
M"'« Ebme Caro, Pauline Cassin, (1835-1901), femme de M. Caro, membre de l'Institut, a. fait des romans appréciés : Pas à jms (sujet délicat) ; Amour de jeune fille. Histoire de Sans-Souci, Idylle nuptiale, LHdole, Les lendemains (onze nouvelles), Fruits amers (divorce), Complice (sept histoires) et Le péché de Madeleine, son chef-d'œuvre, publié d'nbord sous le pseudonyme de P. Albane.
JE.AN Carol, de son nom Gabriei. Laff aille, (Toulouse, 1848), voyageur, littérateur et critique dVii^. liomans satiriques : Uhonnenr est sauf : La bataille dllennepont, etc. Récits de voyages saisissants : Les deux routes du Caucase ; Chez les Hovas ; Au ]taifs rougr ; Le haqne de lu yoxivelle-Calédonie.
Marc de Ghandplaix, pseudonyme du contreamiral HicHARD Foy. n a publié dans VIllustratioTi
ROMANS AJONDAIXS IJJÎI
des romans très forts et intéressants : Le fond d'un cœur ; Dans la houle ; Pour un mari ; etc.
Adolphe Chénevière, Genève, 1855), éruclit et crU ti(ine qui contribua à la vogue dlbsen en France. €omme romancier il a d'onné des ouvrages de psycliclogie féminine et l'honnête Jacques Vlnirépide.
\'iCTOii Gherbuliez, (1829-189U). Littérateur suisse, naturalisé français en 1880, calviniste, académicien. Pendant d-e longues années, il donna à la Revue des Deux Mondes, sous le pseudonyme de Valbert, des chroniques littéraires et politiques remarquables : la plupart ont été réunies en volumes et sont à lire.
Ses- romans amusants, publiés dans cette même revue, ont fait les délices der tous les esprits gourmets, par leur élégance littéraire et leur extrême ténuité d'analyse ; ils étudient préférablement les Slaves et les Polonais, des femmes ti-oublantes également passionnées pour le bien et pour le mal, des jeunes filles avancées ; ils ne dénotent guère d'autre souci que celui d'amuser. Louis Veuillot (Odeurs de Paris, page 396), -a remarqué en Gherbuliez, un goût particulier pour les fous, les irréligieux, les maudits, les caractères outrés et bizarres, et il le trouve plutôt hostile à la vertu et aux âmes vertueuses. Nous ajoutons qu'il est parfois sournoisement impie ou franchement voltairien.
Les personnes réfléchies, mûries et suffisamment munies d'instruction religieuse, choisiront parmi les livres suivants : Les aventures de Ladislas Bolski (scène scabreuse à la fin) ; La vocation du comte Ghislain (honnête) ; Le comte Kostia (peu réservé) ; Un cheval de Phidias (honnête) ; Après fortune faite (sornette délicieuse et délicieusement dite) ; Miss Bovel (pages exquises et autres) ; Samuel BrolU
^~'0 uo.ma.n.s mondains
(inoffeiisiî) ; L'idée de Jean Tëterol (une scène risquée) ; Les a mou m fragiles, Le roi Apépi et deux autres nouvelles (quelques pages libres) ; iacquelinr Vanesse (magnifique) ; Pages choisies. ■
Quant à ceux-ci : Une gageure (prelque impur) ; Prosper Randoce ; La revanche de Joseph Noirci (situation et dénouement immoraux) ; Le fiancé de 3/"*' de Saint-Maur (scènes d'aldultère platonique) ; Noirs et Roitges (mercuriale de sectaire) ; La ferme du Choquard (impiétés) ; eh bien ! non. Il y a d'autres auteurs que Cherbuliez. Sat prata biberunt.
Henri-Emile Chevalier (1828-1879). Exilé au 2 décembre, -se retira au Canada, et rentra en France en 1870, pour écrire une série de drames de l'Amérique du Sud : Les derniers Lroquois ; La fille des indiens rouges ; Le gibet ; La Huronne ; Les nez percés ; Peaux rouges et peaux bl-anches ; Le chasseur noir ; La fille dit Pirate ; Vile de sable ; Les pieds noirs ; Poignet d'acier ; La tête plate.
Théodore Chèze, ancien instituteur. Il publia autrefois L'insliluteur, réquisitoire accablant contre récol-e laïque (crudités, propos impies) et plus récemment Mijriam de Magdala, roman chrétien. Ce dernier livre renferme, à côté de pages superbes, de graves inconvenances et des tableaux passionnés qui le rendent dangereux pour la généralité des lecteurs.
.Iules Claretie (1840-1918). journaliste, chroniqueur, romancier, critique et historien, membre de l'Académie française. Ce qui le distingue, c'est son aptitude à saisir le goût diu jour : il a le sens de l'actualité, et il Ta traduite dans de nombreux romans. L'imaginiation, le talent scénique (ju'il y déploie, l'ont fait apprécier du public superficiel et nommer administrateur de la Comédie-Française.
ROaiWS MONDAINS i7l
Tous ses romans sont fort inégaux au point de vue littéraire comme au point de vue moral. Nous citons : VAméricaine (mondain) ; Le beau, Solign^c (roman historique du temps de Fouché) ; Vaccusaleiir (l'œil du mort qui livre son secret, très draaii-atique) ; Le roman des soldats (patriotique) ; Les belles folies (id.) ; Le sang français (nouvelles et ré- ■cits, pour tous) ; Brichanteau (grand succès dJe librairie, vie d'un comédien retraité par force et resté panach.'tixl) ; Le renégat (roman politique, dévergondages, impiétés) ; Jean Mornas (dangereux au point de vue philosophique et moral : fatalisme, matérialisme, etc.) ; La maison vide (fonds moral, mais mœurs faciles et suicide) ; Les amours d'un interne (roman de névrosés parmi lesquels l'auteur place Jeanne d'Arc et Marguerite-Marie) ; M. le Ministre (viveurs politiciens et politiciens viveurs) ; Le Million (la fièvre du lucre, intéressant) ; I^oris (pamphlet contre l'aristocratie, pages très libres) ; Le randidat (les vilaines mœurs électorales, pas de iil)ertinage) ; Les Muscadins (roman d-e mœurs, réaliste) ; Robert Burat (les tortures d'un honnête homme, les héroïsmes et les turpitudes de la passion, fatalisme) ; 3f^« Berlin (mœurs politiques, libertin[\^e) ; M"« Cachemire (une femme d'auberge qui vient trôner dans un boudoir et finit dans le ruisseau) ; iVwl Banibert (histoire d'un ouvrier, horreurs) ; Le mariage dWgnès (histoire d'amour et de théâtre) ; L'obsession (histoire bizarre d'un peintre ([ui est à lui-même son sosie, patliologique).
Pierre Clésio (Paris, 1863), s'est signaJé dans ces derniers temps par des romans à succès : Les Renards (punition d'un traître et idylle) ; Mariage de Baison, roman universitaire et moral ; Le rom^n de Claude Lenaijl (mésaventures d'un jeune homme dans le demi-monde parisien et ensuite ses succès
dans ragiiculture) ; Pemine de général (qui. a beaucoup de peine à rester honnêt-e) ; Cours de jeunes filles (un professeur qui épouse une de ses élèves).
M'"^ L. M. Gompain mérite d'être signalée, à cauise du caractère sérieux qu'elle donne à ses thèses dans Uopyrohre (d'une fille-mère qui finalement est épousée par un sauveur (pie n'effrayent pas les préjugés) ; L'///< vers Vautre (théories d'une indépend'ante sur le mariage).
Chaules De Goster (1827-1879), écrivain belge qui utilisa, dans différents récits, sa connaissance approfondie de la littérature du moyen âg-e : La légende et les aventures d' Viens pie gel et de Lamme Goedzack, roman épique sur des personnages fabuleux, populaires en Belgique ; Contes Brabançons, etc. Ces deux livres ne conviennent pas à la jeunesse.
ypne cottin (1773-1807), veuve à 20 ajis, déversa dans ses œuvres guindées, sentimentales et. faussement vertueu.ses {Malvina, Claire dWlbe, Elisabeth, etc.), ses besoins de tendresse et la mélancolie de son cœur brisé.
Pierre de Gou levain, de son vrai nom M"« Favre.
morte en 1913.
Elle a fourni -d'abond des romans à ^américaine : .\iltle.sse américaine ; Eve riclorituse, satire virulente de la femme américaine, péoore égoïste, sensuelle et dépravée ; Sur la brandie, autobiographie d'une française malheui-euse en ménage, (lui plante tout là, voyage à l'américaine d'iiôtel en hôtel, et, tout en cheminant, admire spécialement la théosophie et le boudhisme.
Depuis, elle a concpiis la célébrité par Vile incon^ nue (l'Angleterre). Dans cet ouvrage, comme dftns
ROMANS MONDAINS ITPv
les précédents et dans Au cœur de la vie, elle se révèle charmante caus-euse, mais très mauvaise philosophe.
Le roman merveilleux est plus repréhensible encore : c'-est un véritable pamphlet, aussi perfide qu'odieux, dirigé contre la religion catholique.
Lot is Gouperus, romancier hollandais, né en 1863, a successivement abordé le poème romantique, le roman naturaliste, le roman psychologique, social, politique, et a obtenu dans ces génies divers un vrai succès. Majesté ; Métamorphose : /.</ Paix du Monde, etc., sont à lire par les lettrés.
LÉopoLi) Courouble, (Bruxelles, 18G3), rhumorlst^ de la Belgique. Les cadets de lirahanl ; La famill-e Kaekebrouch (à Bruxelles) ne sont pas des chefsd'œuvre littéraires, mais ils sont intéressants pour ceux qui aiment ou veulent connaître l'humour. Au ])oint de vue moral et philosophie, ils sont bourgeois, prud'hommesques, louis. itfiiliitftiefis, terre à terre, I>ot-au-l'eu, etc.
Marion Crawford, né en Toscane en 1854, de parents américains, élevé en Angleterre, sicilien par adcption, mort en 1908.
Par ses études psychologicpies du cosmopolitisme, il est devenu l'un des écrivains les plus i!lii'-t; es da son pays. Nous citons parmi ses romans traduits eu français :
Pour tous les lecteurs : Saraclnesca (œuvre d'artiste et de chrétien) ; Le Crucifix de Marzio (son chef-d'œuvre) ; San Ilario ; Une paro-isse isolée ; Paul Patoff.
Pour les lecteurs» expérimentés : Grcinfenstein ; Zoroastre (roman épopée sur la civilisation médique sous Darius, pages à la Flaubert) ; Le docteur Clandius (gai, humoristique) ; Un chanteur romain (très-
l'I ROMANS MONDAINS
•passionné) ; La Marchesa Carantoni (scabreux) ; M. Isaacs (occultiste et troublant) ; Haine de femme (plutôt scandaleux).
Le vicomte Fr.\nçois de Curel, né à Metz en 18<>i, ancien ingémeur devenu écrivain, directeur de la revue Armée et Marine.
Ses romans touffus et diffus : Vété des fruits secs (descriptions, idylle banale, théories favorables au divorce) ; Le sauvetage d^un grand duc (très libre) sont un peu délaissés.
Ses pièces : V envers d'une sainte ; Les fossiles : Vinvitéc ; La nouvelle Idole, renferment des scènes magnifiques, des idées salutaires et des développements inconvenants.
Comtesse Dash, pseud, de G. A. Cisterne de
Courliras, vic-omtesse de Cinq-Mars (1805-1872). Fut obligée d'écrire pour se créer des ressources et produisit une quantité de romans trop hâtifsi sur 3a "haute société et ses mœurs. Elle est aujourd'hui ou- Wiée.
HENRi-MiCHEr> Datin, né en 1830, ancien notaire. Nombreux romans où raiiteur fait preuve d'intentions morales : Les drax mères (étrange) ; Le presti- {fc ; Le docteur Corbirr (vieux don .Juan qui s'assagit, après avoir rocu un coup do pi^toiot^ ; / /• fr,if,~ piste, etc., etc.
AiJ'HONSE Daudet (1840-1897), poète, romancier et auteur dramatique, dont les livres ont été lus avec une vive curiosité et sont toujours relus avec beaucoup de plaisir.
Par sa sensibilité et sa tendresse émue, son imagination méridionale très finement colorée, pai* le tour séduisant qu'il donne à toutes^ ses œuvres, par sa grâce souriante, sa légèreté, son ironie railleuse.
il ;,, su intéresser tous ses lecteurs, tantôt en les faisant rire, tantôt en leur arrachant des larmes, toujours en les charmant.
Au point de \ue moral, il n'est cependant pas toujours irréprochable : il a traité dans ses œuvres les sujets les plus scabreux, il a étalé ce que la réalité peut offrir de plus laid et même de plus ignoble... On ne peut pas dire sans doute qu-e sa littérature est luxurieuse, car elle esquive cei-taines choses sales et flétrit les vilenies ; mais on ne p-eut pas dire non plus, qu'elle est chaste et inoffensive pour tous le^ lecteurs.
Les tout jeunes gens se contenteront donc de lire : Contes pour la jeunesse (réunis par Hetzel) ; La belle Nivernaise (histoire d'un bateau) ; Tartarin sur les Alpes (à part quelques pages) ; Tartarin de Tarascon (contient le récit .des aventures du héros avec une mauresque) ; Port-Tarascon (charge exagérée, inférieur aux deux précédents) ; Pages choisies.
Les plus grands pourront lire avec prudence : Le petit Chose, (histoire d'un enfant) ; Jack ; Lettres de mon moulin ; Contes du lundi.
Quant à ses autres ouvrages, ses pièces et surtout SCS grands romnns : Fromont jeune et Risler aîné (série d'adultères dans le monde bourgeois) ; Soutien, de famille ; Le Nabab (irrespectueux pour le ^catholicisme, etc.) ; Les rois en exil (pamphlet politique) ; Nu-ma Poumestan (traits contre la religion et contre les méridionaux) ; Vimmortel (contre les académiciens ; scènes de luxure) ; Uévangéliste (l'auteur semble avoir voulu exalter la vie de famille en rabaissant la vie de renoncement ; pour ridiculiser l'Armée du salut, il a mis en scène des fanatiques que des lecteurs non prévenus confondraient avec les catholiques) ; Sapho (très voluptueux) ; La petite
paroisse : Les Jennnes (Vartiste ; Rose et Nituttc (contre le divorce) ; Soutien de ^amitié ; La Fédvr (et sept ^autres fragments ; tableau de la vie .et de la mort de la 'célèbre comédienne) ; ils ne sont pas tous inoffensifs, même pour les grandes personnes.
:\I'n^ JuLiA Daudet, femme d'Alphonse, née en 1847^ a consacré sa plume élégante et fine aux joies, aux tendresses et aux u joliesses » de la famille. Parnji ses œuvres « artistes » et pittoresques, qui sont plutôt des entretiens que des romans, nous citons : L'enfance d'une, parisienne ; Enfants et Mères ; Le livre diune mère ; Impressions de 'nature ; Fragments d'un livre inédit {Impressions sur Paris) . Miroirs et Mirages (nou\elles et études très sentimentales). »
Ernest Daudet, frère aîné d'Alphonse, historien et romanci'er, né en 1837.
Producteur' très fécond, écrivain doué tout à la fois d'une grande imagination et d'un grand savoir, il a publié, spécialement sur l'émigration, des ouvrages historicfues qui lui ont valu en 1905 le pri.v Gcbert : Coblentz ; Les Bourbons et la Russie ; Les Emigrés et la seconde coalition ; Les Emigrés et l>: 18 fructidor ; etc.
Ses romans parus chez Perrin, Dentu, PI ne sont pas tous à recommander : Aveux de fennn- (très malsain et très dangereux) ; Mademoiselle de Circé (enchanteres.se qui séduit un policier et finit par se suicider) ; Les coulisses de la société parisienne (défilé de tableaux variés dont plusieurs sont scandaleux) ; Les reins cassés (contre les tripoteurs) ; Le gendarme excommunié (et autres nouvelles dont deux inconvenantes) ; A Ventrée de la vie (une scène de libeiiinage, belles pages sur la vocation religieuse, ensemble bon) ; Vénitienne (belle histoire honnê-
te) ; Don Uaf'ciH (ronum historique peu intéressant) . Drapeaux ennemis (très bien) ; Victimes de Paris (captivant et d'une poi-tée morale salutiaire) ; La Carmélite (respectueux de la religion, mais donnée périlleuse, inexactitudes, ensemble qui pourrait mal impressionner) ; Le roman iVun conventionnel (beau livre, histoires scandaleuses) ; Daniel de Kerfons (peu édifiant, portraits de gnjtndes dames) ; Le mari (histoire d'un adultère) ; Le défroqné (sujet délicat traité sans pamphlet) ; Les pervertis (tristes gens, triste histoire) ; Pauline Fossiii (ti'iste !) ; Expiatrice (aventures vulgaires, mais honnêtes) ; Le missionnaue (très scabreux et invraisemblable) ; La Ratapiole (i-oman historiqne autour de la Terreur, ^honnête) ; Le roman, de Dclpliinr (honnête roman d'amour) ; Le crime de Jean Malory (dramatique, hoimête) ; M"^^' lîobernier (scènes d'aldultères trop ccmplaisamment décrites) ; Clarisse (une scène libre seulement) ; Les fiançailles tragiques (vulgaire et grossier) ; Ilolande et Andrée (gios feuilleton) ; L'Espionne (sain) ; Le comte de Chamarande (id.) ; Au (fatop de la vie (aventures, pas pour tous) ; Le maurais arhrr sera coupé (malsain) ; La course à Vabîluc (livre ti agicpie sur la Terreur, pour adultes) , Les rivaux (sentimental) ; Les ar entoures de Raynwud Uocheray (pour adultes) ; etc.
Pour tous : Dolorés ; VilsuVémigré ; Dans la tourmenlr : Robert Darnetal ; yini la Fauvette et autres pubhés à la <( lîonne Presse » , Beau casque ; Les deux Antoinrite : La religieuse errante ; Les deux évêques ; Pages choisies (([uelques mots trop libres pour les enfants).
Lkon Daudet, fils d'Alphonse, né en 18G8, philosophe, criti([ue, journaliste, poète, romancier, écrivain satirique très amer, au style puissant, embroussaillé et (( superbement confus ».
Parmi ses romaiis, nous citons La flamme et l'ombre (amour de deux filles, pages sensuelles, descriptions d'Italie) ; Uastre noir (allusions obscures à Victor Hugo) ; Suzanne (roman de l'inceste, faux, bizarre, où l'auteur combat la science -et prend paiil pour la foi) ; La France en alarmes ; Germes et poussières ; llœrés ; Le pays des Parlementaires ; Les Kamtchatka (satire du snobisme) ; Les Morticoles, satire réaliste des médecins, tableau répugnant des mœurs de la haute société ; Le voyage de Shakespeare (haute fantaisie) ; Le partane d'3 Venfant (victime du divorce) ; Les primaires (le mot restera et le livre aussi) ; La lutte, roman d'une guérison (sans négliger la médecine, il faut recourir à l'hygiène de rame et à la foi chrétienne) ; Les deux étreintes (peu intéressant, pages voluptueuses); La mésentente (roman de mœurs conjugales) ; Le Ut de Procuste (contre la critique tatillonne) ; Ceux qui montent (ce sont ceux qui s'éloignent d'une république athée pour monter vers la liberté monarchique ; ne convient pas à tous) ; La fausse étoile (l'étouffement d'un iiéros par les politiciens de la démocratie).
Lucien-Alphonse Daudet, peintre, fils de l'auteur d^s Tartarin, a abordé le roman en 1908 et il a successivement publié : Le , chemin mort (sans portée, sans leçon) ; La fourmilière (étude d'âme bien conduite, pour les adultes) ; Le prince des cravates 'nouvelles à prohiber).
Henri Davignon, littérateur l>r!gc. (JiKdques romans psyciiologiques, fort romanes(pies : Le courage d'aimer (parr.ît être une réplicpio de La peur de vivre) : Portraits de jeunes filles (exagération dans la satire) ; Le prix de la r/> '(réflexions sérieuses, beaucoup de passion) ; L'ardennaise (tableau des
montagnes wallonnes et des mœurs belges) ; Un belge (rcmari régionaliste, excellent, pour grandes |)erson-
ne^).
Pierre Dax, de sou vrai nom M"^ Eva Gatmiil,
.auteur de nombreux romans, appartenant à diverses nuances au point de vue moral.
Nous ne recommandons pas : Le drame de Ma^aiac ; Mariée sans amour ; Le roman du peintre ; hi sœur du Mort ; Vendant de la séquestrée ; Vengeance de lionne ;L'iiislLtutrice des Biaulx ; Uhovime au masque.
Nous permettrions aux gens du monde : LHntlme (l'un cœur; Amour et préjugé; Les épreuves de Michcl- /" ; La bague de fiançailles ; Yamitia ; Mon onde de Chamirol ; Le roman d'une laide.
Pierre Decourcelle, né à Paris en 1856. A collaboré à plusieurs journaux, a lait des pièces de théâtre en /collaboration et surtout des romaiis-feuilleton's tapageurs : Le curé du Moulin-Iiouge dans le Matin : Les Deux Gosses ; etc.
^P°« Grazia Deledda, née en 1872, jeune authoress d'origine sarde, fixée à Rome idJepuis son mariage avec M. Medesani, secrétaire au ministère de la guerre.
Dès l'âge de 15 ans, elle publia Le Sang Sarde, et aujourd'hui, elle compte à son actif une série de romans dont la plupart {Elias Portolu ; Nouvelle Sarde; Le fantôme du passé ; La voie du mal ; Je meurs ou. je m'attache ; Cendres ; Deiix amours, etc.) ont été traduits en français.
Ce sont des histoires réalistes, brutales, qui mettent en scène les êtres primitifs, grossiers et révolté.^ de la Sardaigne. Nous les plaçons ici, parce que le fond est antisocial et parfois, irréligieux.
Albert Delpit, né à. la Nouvelle-Orléans en 18-49, mort à Paris en 1893. Eut un du€l célèbre et fut décoré à la gueri-e de 1870. H a fait des poésies, depièces de théâtre, et des romans d'actualité, pann; lesijuels nous remarquons :
Disparu (peu intéressant) ; Jean Nu-Pieds (la campagne de la duchesse de Berry en 1832) ; La faviille Cavalié (épisode de la guerre de Sécession) ; Le fils de Coralie (thèse risquée vigoureusement, et honjiêtement décrite) ; Le mariage d'Odette (magnifiqu. éloge de l'éducation religieuse, pages scabreuses) . Le père de Martial (invraisemblable) ; La Marquise (sujet scabreux, tabl-eaux très libres) ; Solange de Croix Saint- Luc (très bien) ; 3f"« de Bressier (la Commune, scènes risquées) ; Thi-résiiic (la réhabilitation de la femme de joie par le repentir et raniour, impiétés).
Edolarj) Delpit (1844-190-4), frère du précédent .u comme lui, romancim- d'un certain talent.
Signalons d'abord aux jeunes gens sérieux : Paidc de ]îrussa/nge (roman catholique) ; Yvonne ; Bércrtgèrr ; Joslinr : Catherine LrraJl.irr » ;"i p.nf deux pages libres) .
Et mentionnons : Les représailles de la vie (crimes, suicides, scènes seabreuses) ; Sans merci (hypnotiseur amoureux) ; Plein cœur (sujet hardi tr^iité assez chastement) ; Marcienne (fonds moral, nuiis développements choquants) ; Le dernier rêve (d'une femme qui voudi-ait être amanti' • i devient bellemère).
Henri Demesse, (18.54-1908), feuilletoniste très peu lecommandable. Son Zizi est pom* les enfants.
Loris Dépret, né à Lille i-n 1837, mort à Paris en 1905. Poèt-i' ot littérateur (jui promena dans tr.us les genres sa plume légère et facile. Comvi om-
ROMANS MONDAINS ISl
mes et Trop fière sont, dit-on, ses meilleurs ouvrages. M"«^ Delyvoix est presque inoffensif.
Paul Déroulède, (1846-1914), poète et patriote, dont les (( chants » sont aussi connus que ses équipées. Ses poésies et son drame en vers Messire.Dugiiesclin peuvent être lus par, tout le mondie. Ses romans Histoire d'amour et La plus belle fille du monde, doivent être placés dans cette catégorie avec cette mention : indignes de l'auteur des Chants du Soldat, et des Chants du Paysan, etc. Bravo pour les deux séries de Feuilles de route et pour Pages Françaises : elles sont d'un bon soldat et d'un bon français ; pas pour les jeunes filles,
Jean Deuzèle, allas I.ouis Lefebvre, romancier psychologue dont les thèses sont aussi originales qu'intéressantes : La maison vide (un époux qui se sent mourir et trouve sa consolation à façonner l'âme de sa femme à l'image de la sienne) ; Le recaeillement (la jeunesse doit s'y consacrer ; la précocité sentimentale est une erreur ; détails assez lestes qui dépeignent trois drôles de couples) ; Llle héroïque (la solitude douloureuse où un artiste doit se résigner à vivre. Ne. pas confondre avec la solitude des anachorètes) ; Le couj)le invincible (à la suite d'un naufrage, des enfants arrivent dans une île et... d'ém^ontrent la nécessité du mariage indissoluble).
M»"" Jane bieulafoy, femme du célèbre ^ explorais ur, née en 1851. Elle a pris part aux travaux de son mari, en, Perse, en Chaldée, en Susiane, et outre le récit de ses expéditions, elle a fait des romans semi-historiques : Frère Pelage ; Parysatis (reine des Perses, ses crimes et ses luxures) ; Volontaire (le monde bourgeois sous la Révolution, haro sur les Montagnards) ; et Déchéance (réquisitoire en-
flammé contre le divorce). Tout le monde peut ...c de c-et auteur sympathique aux idées chrétiennes : Aragon et Valence, excursions en Espagne ; A Svj<e, journal des fouilles ; Uépouse parfaite (ouvrage de piété, traduit de l'espagnol).
FÉDOR Dostoievsky (1821-1881), célèbre romancier russe. Ses crises d'épilepsie, son séjour au l>agne, ou il fut envoyé pour conspiration, sa pitié profonde pour les humbles, ont donné à ses œuvres une âpi-eté tragique et souvent douloureuse. Souvenirs de la maison des Morts ; Humiliés et offensés ; Crime cl Châtiment ; U idiot ; V éternel mari ; Bessy ; Pauvres gens, etc. ; Les étapes de la folie (tendresses dans la seconde partie) ; Ame d'enfant (que tout le monde peut lire), sont comme autant de coups de tocsin qui ont précipité la réforme sociale en Russie. Les funérailles de ce forçat sibérien, qui avait >n prendre les cœurs, furent un vrai triomphe.
GusT.WE Droz (1832-1895), peintre, conteur, débuta dans La Vie Parisienne par des croquis mondains dont quelques-uns, réunis en volume sous le titre Monsieur, Madame^ et 'Bébé, eurent nn sucr,"^ ' scandale prodigieux.
Depuis, il continua à écrire, non s-eulement à La Vie Parisienne, mais aussi à la Revue des Devx- Mondes ; publia Entre nous ; Le cahier bleu de M"e Cibot ; Autour d'une source (scènes de Lourdes, inspiration de fond aJitireligieuse) ; Babolain ; Une femme gênante ; V enfant ; Les étangs ; Tristesses et sourires ; Un paquet de lettres, troi.s récit? fantaisistes pleins d'humour et de leçoûs.
En 1886, il se vit rofn^é à TAcndémip ' cessa d'écrire.
Edoi ARn Drumont, littérateur et journalise, di~
recteur de la Libre Parole, né en ISiO, célèbre rh —
ROIVL\NS MONDAINS iNo-
pion de l'antisémitisme. Ses œuvres vigoureuses, dans lesquelles il flagelle la juiverie, le clergé et parfois les catholiques les plus respectables, renferment des documents et des scènes trop réalistes pour être confiées aux jeunes gens. Son roman Le dernier des Trémolins peut seul leur être donné sans réserve.
Maxime Du Camp (1822-1894) porta dans plusieurs genres les ressources de son beau talent. Son roman excentrique et malsain {Mémoires d'un suicidé) ; .ses chants modernes, et récits de voyages ne sont que d'obscurs essais, auprès de ses études sur Paris. : Paris, ses organes, ses fonctions, sa vie (tendances rationalistes, 6 volumes, le troisième surtout ne doit pas être confié aux jeunes gens) ; Les convulsions de Paris (histoire de la Commuii'e, très bien) ; La charité privée à Paris ; etc.
Paul Dumas, né à Valence, collaborateur assidu de U Illustration, fervent admirateur die la Tunisie où il recueille ses sujets de romans et nouvelles : Zézia, etc.
FÉLIX Duquesnel, rédacteur au Gaulois, a, publié sous le titre des Dix mille et deux nuits ^ quatorze nouvelles orientales ; Le mystère de Gaude, feuilleton judiciaire élégamment ficelé ; La maîtresse de piano ; A la flamme de Paris.
Charles Durand, plus connu sous le pseudonyme de Carolus d'Harrans, (1863-1907), ancien professeur, dessinateur, romancier, nouvelliste.
Parmi ses ouvrages, nous citons : V avant-garde , Histoires moroses ; Contes roses ; Gris Bleu ; La victime (psychologie d'un bâtard) ; Duchesse, écrit en collaboration avec Jeanne France (l'amour victime de l'orgueil) ; Germaine (scènes maritimes) ; La marquise de Villemegronne.
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M"^^ LA DUCHESSE de Duras, alias Claire de Kersaint (1778-1820). D'abord « salonnière » brillante, elle se décida à écrire et fit sortir de sa pliiiiie Ourika (histoire d'une jolie sénégalienne qui, rebuté-e à cause de sa (( couleur », est réduite à entrer au couvent) ; et Edouard (histoire d'un plébéien épris de la dlichesse d«o Nevers et qui n^ peut l'épouser à cause de sa basse naissance)! En ce temps-là, ces héros et héroïnes faisaient pleurer la France de René : c'était ]e début de l'ère des poitrinaires, comm-e s'exprime Léon Gautier.
(lEOïu.Es Duruy, historien et romancier, fils de Victor, né en IHWA. Son drame Ni Dieu ni Maître peut être lu utilement par les personnes raisonnables. Ses romans sont mondains : L'Unisson (histoire d'amour que Ton peut qualifier de chef-tl'œuvre) ; Andrée ; Le garde du corps (sujet périlleux, peu moral, plaisanteries irréligieuses) ; Victoire d'âme (recueil de nouvelles, quelques pages égrillardes) ; Fin de, rêve (roman politique consacré à l'apologie de Gambetta).
Edgy, pseudonyme d'une lauréate de Femina. (Euvres : La servante (idylle tragique, note libix»-penseuse) ; Cher infidèle (elle lui reste fidèle sans nausée) ; Ames inquiètes (les étudiants et les étudiantes) ; La couronne de roses (histoire voluptueuse et brutale).
Louis Enault, (1824-1900), homme du monde distingué et auteur très fécond. Arrêté en 1848 comme légitimiste, il quitta bientôt la France, par crainte de nouvelles mésaventures, et visita tous les pays do l'Europe, l'Orient, les Etats-Unis, etc.
Il a embelli de tous les agi*éments d'e son style les souvenirs de ces pérégrinations qu'il fixa dans
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une centaine de publications de tous genres : relations de voyages, romans, traductions, études, articles de journaux et revues.
Dans la dédicace de La Clrca.sdenne, on lit ces lignes touchantes : « Depuis 20 ans, ma chère mère, je n'ai point composé un seul livre sans me dire que vous le liriez et sans souhaiter que l'on y retrouvât la trace de vos leçons... Cependant la peinture des passions, qui est l'essenc-e même du roman, vous a semblé parfois trop vive et trop ardente dians les miens, et vous avez souvent refenné le- volume san» rien dire... »
L'œuvre presque tout entière d'Enault mérite ce silencieux reproche : L'histoire d'une femme (honnête, mais mari vilain) ; Le baptême du sang (honnête, patriotique) ; La vie à deux (et trois autres nouvelles libertines) ; Le roman fHiine veuve (passionné) ; L'amour et la Guerre ; Ville et Village (où le curé est représenté comme un bon vivant) ; Le château des A7iges (sujets scabreux) ; Le sacrifice (dangereux) ; Tragiques amours ; Le mirage (romanesque) ; Pour un ; Le rachat dune âme ; La Circassienne (chrétien, histoire d'une double conversion) ; Jours d'épreuve ; Pêle-Mêle ; La tresse bleue . La vierge du Liban ; Alba : lJv,e histoire d'amour.
Le chien du capitaine (i nouvelles) convient aux enfants.
Son cousin, Etienne Enault (1817-1883) a fait également de nombreux romans-feuilletons assez populaires.
D'Ennery (Adolphe Philippe, dit Dennery, puis; auteur dramatique et romancier célèbre (1811-1899).
Pendant 56 ans, il a" produit, avec la collaboration de 60 lauteurs, un nombre incalculable de drames, comédies, vaudevilles, féeries, livrets d'opéra et
d'opéra-comi(]ue ; toutes ces pièces, habileiiieiit charpentées et très émouvantes, ont fait verser dvs flots de larmes et rapporté des millions à leur auteur.
Parmi les romans empruntés à ses drames, nou? citons : Les deux orphelines ; Martyre ; Le remords d'un ange ; La Grâce de Dieu ; Paillasse ; Mnri'- Jeanné ; Markariantz ; Seule ; etc.
Georges d'Esparbès, (Valence d'Agen, 1863), conservateur du palais de P'ontainebleau. Il a chanté avec enthousiasme, dans des romans épiques, l'odysséi» impériale ^La légende de VAigle ; La grogne) ; les tendr&sses familiales {Les yeux clairs) ; le culte de la patrie, dans des romans qui flairent la poudre et résonnent comme l'airain {Le tumulte) ; Les demi-soldes) ; l'histoire d'Hem^i IV {Le roi) ; l'héroïsme chez les efféminés {La guerre en dentelles, scabreux) ; la délivrance de l'Irland'e en 1798 {Le briseur de fers, épopée saine) ; les dessous malpropre^ da l'épopée napoléonienne {Le vent du boulet).
Ferdinand Fabre (1827-1898), neveu d'un curé, ancien séminariste, romancier qui a voulu décrire deux choses : les Cévennes et les mœurs ecclésiastiques.
Il a réussi dans la première partie de sa tâche : ses tableaux champêtres, ses descriptions de l'âpre nature de son pays, des montagnes et des châtaigneraies, où, tout enfant, 11 aimait à faire l'école buissonnière, placent Ferdinand Fabre au premier rang des rustiques avec Theuriet, Pouvillon, etc. Le chevrier ; Toussaint GaJabru ; Barnabe ; etc., joignent à l'amour de la terre, une sorte d'effervescence naturaliste souvent perverse ou des impiétés [Petite 3f» re, etc).
Quant à la vie cléricale, il n'en a saisi et décrit
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que l'extérieur : il excelle à noter les manies, les travers, les petits côtés et les mesquineries des prêtres dans des croquis exacts et pas trop méchants. Mais quand il essaie de pénétrer dans les profondeurs 'die l'âme sacerdotale, il fait preuve d'igoiorance et de mauvaise foi : il nous offre, sous couleur d'observation impartiale, des caricatures où l'odieux le dispute au grotesque, des Tigrane féroces, des Lucifer en perpétuelle révolte, ou bien des types niais, dénués de sens pratique, quoique vertueux : par exemple, Uabbé Célestini (le prêtre qui ne connaît pas le monde) ; Les Courbezon (le curé bâtisseur, monomane qui se dépouille de tout), etc.
Parmi tant d'ouvrag-es, nous ne permettrions à tous que VAbbé Roitelet (l'amateur d'oiseaux, queU ques fausses notes seulement). Nous laisserions à beaucoup Les Courbezon ; Mon oncle Célestin ; Mon- .^itun- Jean et surtout la Norine (malheureusement suivie de (AithincUc, récit libertin) ; 3/"*" Abeille ; et Il charmante pastorale cévenole intitulée Xavière.
Cl AT 'DE Fer val, pseudonyme de la baronne de Pi«rrebourg.
Ouelques romans : Le plus fort (c'est Dieu qui conduit à la Chartreuse un jeune homme qui y était destiné et, pendant quelque temps, s'égara dans le désordre) ; Vie de château (histoire de deux jeunes ménages ; scènes d'amour, mœurs mondaines) ; L'autre amour (c'est-à-dire l'amour maternel qui ecnsole des autres) ; Ciel rouge (drame intime, troublant).
Octave Feuillet (1821-1800). Ecrivain élégant, romancier aristocratique qui, par son style soigné, son talent de mise en scène, son intelligence des mœurs d^ la « bonne société », a conquis dans le monde <le> admirateurs passionnés.
U a idéalisé délicieusement la vie de famille dajile grand monde ; il a dépeint, avec une psychologir^ profonde et dans des t\j>es fascinants^ les élégances raffinées, lu corruption galante, les afféteries musquées d'un monde que Balzac appelait brutalement SI <( ménagerie aristocraticnic ». et enfin le cœur de la femme.
Ses thèses sont d'une morale assez sûre, quoicfue un peu flottante et facile : cependant ses livres sont généralement dangereux, parce qu'ils font henuroui' rêver et respirent un parfum de péché.
M. de Camors (athéisme raffiné ; tissu d lu.iinK > . nîontre que. l'avilissement moral rend la vie insupportable) ; Julia de Trécœur (malsain par son sujet et les situations) ; La veuve (inférieur comme style et action) se terminent tous trois par un suicide. Honneur d'artiste tend même à le légitimer. D'auti^s ne le flétrissent pas assez ou nous le présentent ccmme l'unique solution de situations inextricables. Les amours de Philippe, broderie ravissante sur un rien, et YHistoire d'une Parisienne, cMfilé de brillantes tui-pitud-es, sont scabreux et dangereux.
Lliisioire de Sy bille est presque totalement fensive, bien que le direct^uY de rhéroïne soit un peu gauch-e. Nous en dirions volontiers autant de La Morte où il soutient la mêm^ thèse, à savoir que les épc-ux, pour être heureux, doivent avoir i">^ i^iAin..-; convictions religieuses.
Quant à ceux-ci : Le roman d'un jeutif liuiuiu'" pauvre ; Charybde et Sei/Ua : La partie de Damm : Le village ; L'ermitaije, ils peuvent être lus p jeunes gens foi niés.
Mme OCTAVK Fouillet ^832-1006), »>i Mi..ii,> v.m.i...,pour ses romans que pour ses deux volumes de mémoires. Les uns et les autres empruntent une gr.n
(Il partie de leur valeur à riJlustre écrivain qu'ils rappellent.
LÉON Frapié, né en 18G2, employé dadministration, marié à une directrice d'école maternelle, collaborateur du Journal et de La Petite Réiniblique. Après avoir i>ul)lié L'institutrice ; Marcelin Gayard (histoire d'un crétin, grossièretés), il s'est rendu tout à coup célèbre par La Maternelle (roman des tout petits du ruisseau parisien, leui-s vices et leurs ruses).
Il a publié depuis, Les itb.sédé.s^ (les écrivains en proie au désir de décrire les réalités de la vie) , La Calamitcuse (les femmes déçues) ; La boite au:c gosses : ijécolicre ; La figurante (vie peu édifiante d'une servante parisienne) ; M\une J'réciat (nouvelles parfois grivoises contées pa,r uîie concierge) ; Les contes de la Maternelle (histoire des petits abandonnés de la capitale, pour adultes) ; La liseuse (romans de mœurs conjugales, où l'influence des lectures est affirmée, sans être expliquée) ; La mère Croque mitaine (trente deux contes, assez risqués, veitii laïque).
Tous ces ouvrages révèlent un bateleur de l'industrie littéraire qui manie l'énorme, l'odieux et ^o banal pour épater le bourgeois.
Jacqies Fréttel, de son vrai Jiom de famille M''^ Jules Martin. Bi^tonne de Saint-Malo, fille de marins, elle a lu Chateaubriand et Renan et placé en Bretagne la scène de ses principaux récits : Dorine (nouvelles amorales) ; Tablettes d'argile (recueil denouvelles, couronné par l'Académie) ; Le cabaret des larmes (contes lyriques) ; Ailes brisées (un artiste breton, séjournant à Alger, s'éprend d'une jeune fille riche ; celle-ci se marie... et lui... revient les ailes brisées) ; Bretonne ; Déçue (dans la 3™« partie^
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blasphèmes et diatribes contre les couyents) ; Vaine pâture (mal écrit, p-eu édifiant) ; Le précurseur (la rédemption morale par le retour à la terre ; sans amour, pas d'équilibre).
Eugène Fromentin (1820-187(5). Peintre et littérateur très original n surtout décrit des scènes algériennes magnifiques : Un été dans le Sahara ; Une année dans le Sahel ; et s'est rendu célèbre par son roman psychologique Dominique, passionné, mièvre, troublant, pernicieux.
Charles Fuster,' né à Yverdon (Suisse), en lb6o, poète sentimental, critique, romancier et "auteur dramatique.
Ses recueils d-e poésie L'âme -pensive ; Les tendres- .^•('s ; Poèmes ; Vâme des choses ; Le cœur ; La vie, etc., sont de délicates merveilles ciselées avec im art exqiiis.
Cette perfection littéraire et ces sentiments si déli- ■rieusement nuancés se retrouvent d'ans ses trois romans : U amour de J arques : Louise et Par le hon^ heur.
Emile Gaborîau (1835-1873), auteur di; ijuclqucs lomans judiciaires : I.'af faire herouqe : Le crime d'Orcival : Le dossier //" ft:i : Monsinir Lvci" . J rorde au. cou.
Certains critiques ont fait de Gaboriau lui ruman cier vulgaire, dont les œuvres hâtives ne peuvent intéresser que le gros public. D'autres, au contraire, l'ont considéré comme un maître logicien et un tuialyste remarquable qui raj)pelle Kdgard. Poë. Quoi qu'il en soit, il excelle à vari>er des problèmes, qui sont de plus en plus insolubles, jusqu'au moment où il donne ia solution ; il sait varier les crimes, dépein- ■dre les mobiles des coupables, multiplier l-es. circonstances qui concourent nu but principal, conduire une
intrigue, animer ses personnages et passionner ses lecteurs.
Jacques des Gâchons, né en 1868, dans la Sai*tht. Fonda, avec son frère André, L'alhurn des Légendes, et, avec son frère Pierre, VHémicycle ; fit du journalisme, des pièces et enfin des romans passionnés, ou sentim^entaux, parmi lesquels nous relevons : N'y touchez pa^s ; Mon amie ; Notre honhenr ; La mainon des daines Renoir ; Rose ou la fiancée de prorince ; Le mauvais pas ; Le roman de la 20^ année (moral, à peu près pour tous) ; Le chemin de sable ('eçon de courage, pour adultes) ; Frivole (bon esjtrit, pour tous) ; La mare aux gosses (recueil de contes émouvants, remarquables, çà et là réalistes) ; La vallée bleue (pour adultes ; histoire de deux frères, Fun architecte à Paris, précocement usé par l'existence fiévreuse qu'il y mène, l'autre cultivant sa terre au pays natal, et travaillant dans la joie près •de sa femme et de sesi sept <?nfants).
iri'STAVE Geffroy, né à Paris en 1855, critique d'jrt ■ef. romancier de voyages, admirateur enthousiaste de P>lan([ui dont il a fait un (( saint laïque » dans son histoire et dans V Enfermé.
On lui doit, outre ces ouvrages, La vie artistique (notes très fouillées sur les salons) ; Notes d'un journaliste ; La Bretagne (paysages et souvenirs, mœurs eî caractères, légendes et histoire) ; L'apprentie (taiDleau sincère et douloureux des maux qui guettent l'ouvrière honnête ; pages réalistes) ; Hermine Gilquin (la paysanne dont la poésie consiste dans l'in- -fcrtune) ; Le cœur et V esprit (nouvelles) ; L'idylle de Marie Biré (histoire d'une orpheline, pour adultes).
• :es livres sont décourageants : les descriptions d ailoureuses et déchirantes, la philosophie dâsenchantée qui traverse le récit, ces héros et héroïnes
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droits, naïfs et sympathiques, mais qui semblent vuué^ à de perpétuelles déceptions, malgré l'énergie qu'ils déploient dans la poursuite du paradis (dt* la terre), tout cet ensemble produit dans l'âme uuo impression d'amertume et de désespérance.
André Gérard, nom de plume de M"« V. Herment»
romancière dont les œuvres dénotent un vrai talent : Solange (roman historique sur ' la Révolution) , Christiane (personnage répugnant) ; Renée (très émouvant) ; Envers et contre tout (délicat) ; etc.
M™® A. de Gérîolles, de son vrai nom M'"« Génu de Régioi, veuve d'un haut fonctionnaire des colonies, a publié des romans dans le Journal des Débats, Le Gaulois, L'Illustration : Ce qu'amour veut ; Fier amour ; Le Parisien aux Philippines (pour tous) , Le parisien à Java (id.).
Henri Gcrmaitt, collaborateur du Pèie-Mèle. Romans de mœuns {Geneviève ; Dernière illusion ; etc.) et romans-feuilletons à grand succès (La fille des francsMreurs ; Le secret de la duchesse ; SnUiinhanque ; etc.) .
Pierre Giffard (Fontaine-le-Dun, 1853). Comédies,, ouvrages scientifiques, romanis : Les soirées de MovUden ; Les diables jeunes ; Vhôtellerie souterraine : Le terrier de Napoléon ; etc.
André Gladès, pseudonyme dt- M- Nama Vuille (1867-190r)). Elle a quitté la Suisse pour se fixer à Paris ; elle s'-est débarrassée de tout dogme et de toute foi même protestante, pour .se fi.xer dans le roman. C'est assez clairement dire ce (jue valent ses œuvres : Au gré des choses : Résistance (pour être heureux, il faut résister à sa famille) ; Le stérile sacrifice ; Florence Monneroy, récits dr ht cœur.
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Jules de Glouvet, ])st'iitluJi\ Die du célèbre magistrat Quesnay de Beaurepaire, né en 1837.
Ses romans sont prcsijue tous eoîisacrés à l'inventaire des paysagtv- 'In Maine, i/aiiîfiir les parcourt et les djécrit en agronome ou plutôt en magistrat qui dresse l'état de^ lieux. 11 déplore la désertion des campagnes et fait l'apothéose de l'âme et de la vie paysannes ; si parfois ses paysans commettent quel- (jues crimes, il les punit en bon nfïagistrat, selon le code d'une bonne morale ordinaire. Citons : Le berger ; Le forestier ; Le marinier : Le père : L'ideai (sentiments nobles dans lui iceil bien conduit) , L'étude Chandoux (quelques détails risqués) ; Varie Fougère (beau roman rural, mœurs des saboiiiis) ; France (tableau de- notre pays au XN'' sirclc) : tji faîuille iUnirgeit's.
Pour tous : De Wissembourg à [ngolstadt (souvenii-s d''un prisonnier en Bavière, (mi 1^70-71, païus sous le nom de Q. de !>.).
CuAKi.Es Le Goffic, tié a !,. Million en 1S(>2. Poète, romatu'iei", eritiijue, voyageur, toujours spirituel et railleur, p;irfois sceptique et légèrement irrespectu«>ux des choses religieuses. .\ part cela, ses romans et poésies sont tout faits des tiaits eharmants qui lui viennent (\i'>^ xicux laboureurs v\ ylv^^ |)èeheurs de Il Bretagiu' : L>- rriicifié de Krrialirs (une scène très naturaliste) ; Fasse ramuur (très sentimental) ; Merganc cl L'crr>'nr de Florviicr à ])cu ]»rès ])our tous) ; Lrs mrtif'rs pitfon'stitirs {\d.) : L'âme lirr^ tonne (ctiidcs cli; nnaritc-'i ; La iKtijsf itiès inlercssant, pages libres) ; Passion^s eeltea (contes, pages brutales) ; La double confession (adultère d'une honnête tenuiie, l'aeonté avec discrétion) ; \'<'ntôsr i <>man de nuirins, amour et sang).
Son ouvrage de criti([ue littéraire Les Hoinanri'-rs
lîH ROMANS MONDAINS
(Vaujourdliui, est une galerie de siUi(Juette=s bien dessinées, eniicliie de jugements prestes -et fins.
Nicolas Gogol- Janowski (lH00-lKo2). Auteur dramatique et romancier lusse, a dépeint dans des pages harmonieu.ses et pleines de vie, u lu splendeur des nuits de l'Ukraine, la majesté des grands fleuves, le charme mélancolique des steppes » ; Tarass Jioidba ; etc.
Ivan Gontcharof (1812-1892), romancier rus&e, un des classiques de son pays. i
Il conquit la célébrité par la publication de Simple liistoire, son premier roman et son chef-d'œu\Te.
Maxime Gorki, c'est-ti-dire Maxime l'amer, de son vrai nom Alexeï Peschkov, lomanci^r russe, né en 1869, à Nijni-Novgorod. L<?s émeutes récentes au cours desquelles il fut emprisonné, ont donné à son nom et à ses livres un retentissement extraordinaire... Au point de vue littéraire et social, il est spécialement le romancier des vagabonds ^ ses personnages sont dénués de tout sens moral, et sa doctrine est révolutionnaire.
LÉON Gozlan (180:^1866), fit du cabotage, du joojtnalisme, du théâtre et des romans. 11 reste de cet écrivain pétillant d'esprit, ingénieux et très cobn-é : La pluie et le beau temps, et Une tempêta' dans un verre d'eau, (bluette^s) ; Les émotions de Polydore Marasquin ; Aristide Froissarl ; La main cachée ; La dernière stvur (jrise (ris<|ué. irrespectueux ]>nnr Jii religi(in).
Constant Guéroult 1814-188L de théâtre et de nond)reu,\ romane iiopulairob parmi lescpiels nous citons : La bande à Fifi Vollard, fantaisie désopilante ({ui ])eut ètie lue par tout le nion-
d^ : La bande Cranff.
liOMAXS MONDAINS 1%
Emile Guiilaumin, écrivain lustique qui a décrit, dans ses poésies et ses tableaux, les mœurs des champs. La vie (Vnn simple, au témoignage d'une revue catholique, sue la haine du riche et du prêtre. Les tableaux champêtres, d'après nature, peuvent plaire aux jeunes gens moins friands d'idéal que de réalisme sobre et choisi. Près du sol ; Rose et sa paris im ne (les nourrices de l'Assistance publique) sont d'un terre à terre qui désarme toute critique.
Gyp SYBiui:-GABRiELLE-MARiE-ANToiNETTE de Rîquetti de Mirabeau, comtesse de Martel de Janville, très
connue dans les lettres sous le pseudonyme de). Née dans le Morbihan en 1850, arrière-petite-nièce du grand Mirabeau, elle est aujourd'hui devenue, par ses croquis mondains, publiés pour la plupart dans La Vie Parisienne, im des oracles favoris ou plutôt la coqueluche de la société frivole cp.i'€lle » blague ».
Ses 50 ou 60 volumes décrivent le grand monde, la vie de château, de plage, de salon, de cercle ,de boudoir, avec leurs élégances, leurs vices et leurs impudeurs, dans un style badin, gouailleur, mordant, (( argot » même, où percent souvent le mépris et le bon sens. Ses « tranches de vie », ses cruelles gamineries, ses mots, la furie française de ses attaques, sa collection de <( frimousses » d'enfants, ses types d'élégants prétentieux et satisfaits, de i estes femmes, de douairières faciles, nob, Loulou, Eve, Paulette, Miquette, Chéri, Chiffon, etc., ont diverti et .<( gypanisé » toute une société.
Au point de vue moral, elle e»st loin d'être irréprochable. Elle exploite non seulement la vanité et • la sottise, mais aussi la perversité humaine : elle multiplie les propos irrévérencieux et les polissonneries, et si, dans certains ouvrages, elle donne aux snobs, aux ennuyeux, aux badauds, aux parents, de
cruelles leçons, elle se coiij])()iU' u op soLucm avec la. désinvolture d'une gourgandine littéraire.
En pratique, peut-on permettre la lecture de Gyp aux gens du anonde ? Sans doute, elle -ne recule pas deVant le mot conrt-vêtu, risqué, salé même ; mais au moins elle n'est jamais grossière et sait dire des vérités. Elle les dit drôlement. Or la vérité qui rit •et fait rire n'a pas de résultats malsains ; elle est, ponr beaucoup, plus salutaire que la .vérité qui en-, dort, et pour tous, elles est préférable à la vérité qui dégoûte. C'est pourquoi nous n'hésitons pas à signaler quelques-uns de ses ouvrages ; Autour du mariage (livre cynique qu'on a qualifié de chef-d'œuvre, et qui eut un grand succès) ; Professionnal Lover (il suffit de traduire) ; Trop dr chic (les costunK's des élégants et des élégantes) ; Monsieur Fred (dédiù à M. Mézières) ; Leurs âmes (p>ocès des gommeux que <( le chic abrutit » ; leçons morales) ; Mademoiselle Eve (un amant en fuite compromet une jeune fille) ; Pas jalouse (une femme qui tombe) ; Le mariage de Chiffon (elle déteste le convenu et ne veut se marier que par amour) ; Elles et Lui (Elles flirtent et Lui passe sur tout ou sur rien) ; Tante joujou (la maîtresse d'un divorcé) ; Une passionnette (roman) ; Le journal d'un pJiilosophe, livre odieu\ qui souleva cependant un scandale salutaire ; 3//qiicitv, (éducation d'une petite révoltée ; leçons morales) ; Israi^l (roman antisémite) ; Le journal d'un grlnchu (un homme veule et une femme qui se vend): C'est nous qui sont Vhisloire ; Les poires ; Les froussards : Maman ; Le friquet : La bassinoire ; Plumo et poil (l'homme titré et millionnaire, ennuyé et vi-. veur) ; Le lli^ (tribulations d'un 13« invité, et une... honnête femme) ; Le bonheur de Ginette (histoire d'une jeune mondîaine que les jeunes chrétiennes ne doivent pas lirr^ : Bijoti Ma foqnettt» ôrroi<i'^ niv «'^^
aimée de tous et se joue de tous) ; Un mariage chic (Rote antisémite) ; Un ménage dernier cri ; Ces bons docteurs (différents types de médecins à la mode et de leurs clientes) ; Cloclo (triste, comme une clini- <iue) ; La fée Surprise (17 badinages) ; Lune de miel ; M. de Folleuil ; Sportmanomanie (toujours aimable et audacieux) ; Les Chapons (les cléricaux qui ne font rien et seront mangés) ; Le petit Bob (morale facile) ; Ce que femme veut (morale supportable) ; Le journal d'un casserole ; L'âge du toc (peu intéressant) ; Entre la poire et le fromage (histoire pitoyable d'un officier) ; L'amoureux de Line (satire intéressante dies mœurs mondaines) ; La bonne galette (malsain) ; Le cœur de Pierrette (trahison d'amour) ; Totote (extravagant et peu moral) ; La fée (sujet hardi et scabreux) ; Fraicheur (histoire d'un monstre en jupons) ; La bonne fortune de Toto (les femmes qui s'adonnent aux œuvres et à la politique) ; Le Grand coup (satire politique, parfois scabreux) ; La meilleure amie (histoire fort crue d'une jeune fille qui sème le désordre dans une famille où elle est accueillie).
Ludovic Halévy, (1834-1908), auteur dramatique et romancier. Ecrivain avisé, parisien, ironiste, il ne connut dans le livre et au théâtre que des succès exceptionnellement brillants.
Outre des vaudevilles, des comédies de genre et des opéras-bouffes diont des représentations innombrables n'ont pas encore épuisé la vogue, on lui doit une eréation incomparable, celle de la famille Cardinal {Monsieur et Madame Cardinal ; les petites Cardinal), où se prélasse un type voltairien, idiot et ridicule, vivant solennellement des galanteries de ses deux filles.
On pourra lire aussi : Princesse (et trois autres récits, satire très fine de la vanité et de l'éducation
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donnée dans certaines familles riches) ; Criqueîfe (chef-d'œuvre de sensibilité et de chairme) ; et enfin L'abbé Constantin.
Ce dernier ouvrage a été .diversement jugé : il . -t bien écrit, intéressant, et peut-être lu par les jeunes gens, malgré la largeur excessive avec laquelleil interprète certains faits (par -exemple le duel), t r l'idée fausse qu'il se fait du prêtre. Nous leur laisserions aussi La frontière ; L'invasion.
Edmond Haraucourt né en 1857, poète, romanci^r'r oc auteur dramatique, directeur du Musée de Clun\ , rédacteur au Journal.
Il débuta par deux volumes de vers dont les titras sont plus pornographiques que les poésies ellesmêmes. En 1890, il publia, la Passion, mystère en deux chants et six parties ; cette œuvre, à certains endroits pitoyable, tend à rabaisser la divinité de .Tésus-ChrLst et n'est en somme qu'un beau drame tout humain.
Parmi ses rcmians, nous citons Amis (psychologi»^ de l'amitié, histoire d'addiltère) ; Les naufragé.^ ; Les Benoit (histoire honnête d'un jeune homme qui, pour mettre fin aux calomnias, épouse Benoite qui l'a recueilli tout enfant, alors qu'elle n'avait que 18 ans) ; Dieudônat (fantaisie irréligieuse).
Martial Hémoit. Romans et nouvelles de tous goures : Le marquis d'Héliante (mœurs éle>ctorales) ; Mauvais mariage ; Vivante énigme (passionné' ; Vinutile vertu (pessimivSte et anticatholique vraie honte (scabreux, déplaisant et faux) etc.
Henri d'Hennezel. Ses œuvres écrites Idans uil style recherché, valent surtout par les observation^ p.sychologiques : La seconde faute (le péché avant et pendant le mariage ; le rôle du prêtre ridicule, dévotes grimacières, chrétiens viveurs) ; Ventrnr
bonheur) ; de ceux qui croient, c'est le divorce et le reviariage) ; Le lendemain du péché (beau roman du remords) ; Les cendres du foyer ^moral, mais pour ceux qui peuvent voir la vie brutale). Pelles peuvent être lues avec profit par les immunisés qui sont capables de suppléer à <'p (juVIIps offrent d'obscur et d'inachevé.
Paul Hervieu, romaiici«r et auteur dramatique, né en 1837. Membre de l'Académie française.
« Il est, dit Jules Lemaître, le peintre le plus véndique de ce qu'on appelle le monde... Mais le monde étant au fond un libre harem, épars, dissimulé, inavoué, le vernis de la vie dite élégante doit forcément recouvrir de sourdes brutalités. » Il excelle à peindre ces élégances et en même temps les vices qui se cachent sous ce joli décor ; il a rendu à merveille le contraste qui existe entre la surface polie et 1.^ fond trouble, d'ans cette société qui vit exclusivement pour ^es courses, le bois et les premières. Il ne s'émotionne pas cependant : il peint surtout ses sujets par eux-mêmes, sans déclamation et sans insistance...
Nous citons parmi ses œuvres : Diogène le Chien (roman de début qui montre un homme réfractaire à toutes les conventions) ; UAlpe homicide (quelques crimes commis par la montagne) ; Les yeux verts et les yeux bleus ; Vinconnu ; L'exorcisée (trois livres consacrés à l'étude des hallucinés et des fous) ; et enfin les romans mondains, typ^s de littérature cruelle : Flirt (histoire d'un adultère... décent) ; Peints par eux-mêmes (escroquerie, avortement, chantage, suicide, amours effrénées ; mais la face est sauvée, ca-r la douairière n'a rien vu ni rien compris) ; Uarmature (puissance de l'argent, qui en honnête homme érige un scélérat).
Ernest dl Hervllly, né en 1^. Dessinateur lau "Chemin de fer du Nord", il changea d'écritoire pour varier ses plaisirs et composa des poésies, des comédies et une (fuantité dç récits : Contes pour les grandes personnes, etc.
Ernest Hoffmann [172B-lH2Zj, ii];igii>uat alU-i.i.. mi, chef d'orchestre et surtout écrivain.
C'est, dit-on, sous l'influence fantastique de l'alcool et des passions désordonnées, que son imagination enfanta <?es contes étranges et délirants auxquels il doit sa célébrité. Onoi qu'il en soit, ils sont uniques en littérature.
Que faut-il en penser, au point de vue moral ?
(( La poésie d'Hoffmann, disait Henri Heine, est une maladie. Ces maladies-là sont contagieuses. » C'est pourquoi la lecture d'Hoffmann ne saurait être re- <iommandée ; elle provoqua ch'Cz Wagner adolescent des accès d'hallucination et de mysticisme morbide, et elle peut encore exercer sur les jeunes gens une action très dissolvante. Les amateurs de téiatologie seront suffisamment édifiés en lisant Conter fantastiques ; Contes, récits et nouvelles (chez Garnier).
Gustave Hue a étudié d'abord dans quelques romans, la mission de la femme : Avocate (contre le féminisme, un peu de réalisme) ; UutUe amie (qui se fait Tentraîneuse d'un homme de lettres ; vilain monsieur, vilaine amie, vilain livre). Depuis, il a publié Le Petit faune (histoire horrible d'une horrible créature) ; Quand Vété s'annonce (gai et charmant, pour grands j-eimes gens).
Joris-Karl Huysmans, (1848-1907), né d'une famille d'artistes hollandais, l'un des hommes les plus étranges et les plus discutés de notre époque.
D'riboi"d écrivain i»':ilic;to rt <'vniniip «InTi»; ^îiirlhr ;
ROAI.WS MONDAINS ^201
Lus sœurs Vatard ; Croquis Parisien ; En ménage ; A vaii-Veau et En rade, il chercha, dès 1884, comme il dit lui-même, à «c s'évader d'un cul de sac où il suffoquait ». Il voulut se libérer par A rebours, livre « inconscient et sans rien du tout », puis par Lait as, livre de magie et d'occultisme qui a plus d'un « côté scélérat et sensuel réprouvabl€ ».
Mais ce n'est qu'en 1892 qu'il se convertit, à la trappe de Notre-Dame d'Igny. En route marque les étapes de cette conversion, mais avec des rechutgs trop crûment racontées. La Cathédrale expose magnifiquement, mais pas toujours avec goût, la symbolique et la liturgie catholiques, (réflexions injustes sur Henri Lasserre, éloge de Zola, etc.). Malheu reusement dans ce livre et les autres qui suivirent, Sainte ÏJdwine de Schiedam et YOblat (vie, sensations et émotions de l'aut-eur duraiit son séjour au Val-des-Saints), l'auteur n'a pas su Vïomplètement <c se détacher de sa coque d'impureté », de tel'e o.'rie que même ses œuvi^es de sincère converti ne peuvent être données à lire qu'avec résers^e. On jugera suffisamment de sa manière et de son styl-e ahurissant, laborieusement furibond, encombré die barbarismes, de néologismes, et de mots en cliquetis et en clinquant, si on lit l-e recueil inoffensif qui a été fait de ses œuvres. Pages catholiques, Prières et censées d'Huysmans, recueillies par H. d'Henneze!, et Les foules de Lourdes. Ce dernier livre a été diversement apprécie, parce ^u'il est tout ensemble une forte apologie et un pamphlet : il scandaliserait quelques béguines, mais il fait du bien aux incroyants.
Jules Janin (1804-1874), fut, pendant 40 ans, un (( prince de la critique )> et l'un des oracles les plu?* écoutés du journalisme parisien. Il a, paraît-il, écrit
218-i feuilletons au Journal des Drtujls et s;i i/lo' est finie !
Ces feuilletons, tantôt bagatelles délicates ei laumt pages sérieuses, sont semés de digressions, ée réminiscences historiques, d'inexactitudes ; ils renferment cependanc des morceaux remarquables.
Citons encore de lui : L'âne mort ou la femme guillotinée (parodie du romantisme) ; Le Chemin nr traverse ; Contes fantastiques ; Contes nouveaux ; Contes et nouvelles (très divers au point de vue nuirai) ; V interné (honnête, intéressant) ; Petits romans d'hier et d'aujourd'hui (légèrement sceptiques).
Charles Joliet, (1832-1910), alternant la littérature •et le journalisme avec les pièces et les romans^ a réuni, dans ces genres divers, un grand nombre ae volumes ; Diane, récit honnête et charmant ; etc.
Alphonse Karr, (1808-1890), fut rédacteur en chef ûv Figaro, s'occupa d'horticulture à Nice, à Creteil, et joua un rôle littéraire immense. Pendant 40 ans. la France lut ses romans, répéta ses bons mots (Qut- MM. les assassins commencent, etc.) et s'amusa de ses originalités... On ne connaît plus, de cet humorisie mordant, que son journal les Guêpes ; Sous le.'; tilleuls, livre de passion ardente et névrosée qui (( a troublé des milliers et des milliers d'âmes, mais qui n'est plus aujourd'hui pour nous qu'une ridicule niaiserie » (Anatole France) ; Fa dièse (irréprochable) ; Menus propos (id) ; Les dents du dragon (escapades de lycéen, voltairianismes). S'il passe à la postérité, ce sera comme jardinier.
Rudyard Kipling, né à Bombay en 1865. Il a visité les Indes, la Chine, le Japon, la Binnanie, rAméri- (lue, l'Afrique australe, etc., il a beaucoup écrit.
Ses ouvrages sont surtout consacrés aux animaux siluvag^s, chameaux, mulets, éléphants, phoques.
panthères, serpents, mangoustes, etc., dont il décrit le.- <( états d'ànie ». Ses deux Livres de la Jungle sont, à cet égard, délicieux, malgré quelques singularités choquantes. Dans d'autres, il célèbre la brutalité de r impérialisme anglais ; même Sfalky et C'^ histoire des trois collégiens, qui peut être lue par tout le monde, ainsi que Capitaines courageux et Les simples contes de la colline, pjirnît être une morale en action jingoïste.
Rien qu'aux yeux de plusieurs, Kipling passe pour un des écrivains les plus remarquables de notre temps, nous croyons que ses fantaisies et ses prétenticns sont très peu en rapport avec le goût français. Rappelons aussi que ce « Tyrtée saxon », ce « Lafontaine anglais » a plusieurs fois insulté la France à l'occasion de l'affaire Dreyfus, qu'il a commis des pûges très sensuelles, et manifesté publiquement son mépris pour le « papisme ».
Hubert Krains, écrivain belge dont les œu\Te9 lé'^pirent la mélancolie et le pessimisme : Amours nisliqups (3 nouvelles un peu lestes) ; Le pain noir ; Lr.K bons parents ; Histoires lunatiques ; Figures du pniis.
Baronne de Krudener (176^4-1824), célèbre mystique russe, aventurière sentimentale, toute nourrie (tes écrits de M™'' Guyon, amante de Suard, exaltée qui se repose de ses désordres par des retraites chez sa sœur religieuse, et s'écrie, en extase dans 1 I chapel'e du eouvent : (( Mon Dieu, vous m'avez drnné ma sœur et mon amant, je vous aime ! »
Son roman Valérie a été réédité ces temps derniers ; il est inoffensif pour une tète saine, mais sur riininto imagination fcn<inine, ivffet produit doit <'\vc terrible.
1 KHN'AND Lafargue, (1857-1004). Son roman le plus
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célèbre Le.s- ouailles de Vahhé Fargeas, couronné pm- TAcadémie, représente le monde ecclésiastique sous un jour trop iKDurgeois. Les autres sont tantôt passionnés, tantôt scabreux, à l'exception de La fille des vagues, qui peut être lu par tous.
Lafcadio Hearn (1850-ll;0i}, romancier anglais ne duns i'îlo grecque de Leucade et qui trouva au Jap>!i sa véritable patrie.
S-es ouvrages lurent introduits en France par Maïc I.ogé et traduits durant ces dernières années. Ils sont puisés dans les légendes du Japon et décrivent le mystérieux tragique en des pages étranges, parfois scabreuses -et teintées de bouddhisme.
.Jules de La Madelène (1820-1859), a publié des romans et des nouvelles, parmi lesquels nous citons : Le marquis de Saffras, où il décrit excellemment les mœurs méridionales, et ([ui peut être lu par les jeunes gens sérieux.
Joseph-Henri Collet, baron de La Madelène,
frère du précédent (1825-1887) a publié au Figat(/ des types parisiens et, outre des articles dte critique littéraire ^t artistique, quelques romans mondains : Silex (ridicule les dévotes et la vraie piété).
Eugène de La Queyssie, de son vrai nom Eugènf,
Goycn fClennont-l'Vrrand, IRiO). ^^cs Actes de Jot. d'amour, de raison, etc., paraissent .sincères et dénotent un vrai talent, mais ils renfemT'nr tmn .1.-» fausses notes pour être confiés à tous.
Le comte Léonce de Larmandie, ^
mancier, philosophe, poèt<», dramaturge, auteur puissant et fécond, 't't volumes.
Ses romans d'histoire contemporaine sont de vio-
]('7it< f»;iuq>}!l'^t< [ .'< :i ut r.'<; siiinr (r,'.|i.''r.i ].>?n(Mit vohin-
ROMANS MONDAINS 'iUo-
tueux : les intentions de l'auteur peuvent être très bonnes, mais, en littérature, les plus fortes démonstrations et les thèses les plus morales produisent moins d'effet que les tableaux de passion qu'on met sous les yeux des lecteurs. Citons : M. le vidame (mœurs rurales, tableaux de débauches) ; Pur sang (un viveur qui épouse une passionnée) ; Excclsior ! (chaste et artistique) ; Pairicienne (iionnête) ; Mes yeux d'enfant (savoureux pour les lettrés) ; h âge de fer (années de collège) ; Montorgueil (art, lyrisme et crudités) ; Nuit tombante (bizarre) ; Nuit close, Le sentier des larmes, Chemin de la Croix, Au-delà..., etc., etc., je ne comprends plus...
Maurice Leblanc, est inséparable d'Arsène Lupin,, gentleman-cambrioleur. Les aventures fantastiques de ce héros rappellent Edgar Poë, Ponson du Terrail et Conan Doyle ; elles ont fait le tour du monde et <;réé un genre dont toutes les productions tendent à développer, au moins •chez les jeunes gens, l'habileté interlope des chevaliers d'industrie.
La Frontière doit être rangée à part : c'est un roman patriotique auquel se mêle un drame passionnel ; il n'est pas pour tous.
Selma Lagerlof, romancière suédoise, lauréate du prix Nobel. La légende de Costa Berlinq : J '' Ucrc des légendes (recueil de nouvelles) ; Les liens i : visibles, sont des récits pleins de verve et finement détoillés ; mais ils ne conviennent pas à la jeunesse.
Georges Lechartier, bon écrivain : L'irréductible force (la foi qui triomphe de la tentation ; peintures passionnées) ; Où va la vie ; Le vaisseau de plomb ; Tm confession d'une femme du m onde (leçons morales, pages très hordies).
Georges Lecomte, né en 1863. Auteur de quelques-
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romans passionnés où sont étudiés des cas de conscience fort scabreux (Suzeraine ; Maison en fleurs). Il est surtout connu par trois satires sociales contrt' les députés (Les valets), les fonctionnaires {Les cartons verts), les artistes amateurs (Le veau d'or) ; et par Les hannetons de Paris (étude de mœurs amusante, cruelle et parfois peu convenable). U espoir (chronique des espérances renaissantes après la guei're de 1870) intéress-era les grandes personnes.
Georges Le Faure (Paris, 1858). Plus de cent lomans où la fiction sert de trame à des développements scientifiques. Lire Le volontaire de 1815.
Jules Lemaître, né en 1853, critique, poète, auteur dramatique, normalien, membre de l'Académie française.
Comme critique, il a surtout donné à la Revue des Deux-Mondes et au Journal des Débats des articles qui ont été réunis en volumes sous les titres suivants : Impressions de fhéàtrr ; Les Contemporains, t't»sont encore beaucoup lus. Les études qu'il publia ai! Figaro roulent tantôt sur des sujets graves, tantôt sur le chapo'in h\\\\\ do foi-nio. I.) (i-m>^(' du n'»mitie, Fafîiche, et<-.
Ses œuvres thécàtrales : Le député Lrreau ; Muriaifc hjnnc ; Flipote ; Les rois : L'âge difficile ; Lr pardçn ; La bonne Hélène : L'aînée (en faveur du célil)at ecclésiastique), et pliis récemment La Mo^^i^r.' (m\ été représentées avec un grand .succès.
Parmi ses ^autres ouvrages, nous citons Les tivis, loman très violemment attaqué (d'une lecture fort troublante ; propos malhonnêtes d'Otto, etc.) ; Serenus, le chef-d'œuvre du roman renaniste, histoire d'un baptisé qui reste incrédule, se suicide au cours <le la per.'iécution et reçoit cependant les honneurs •décernés au maitvre (réflexions contre l'Euchanstie,
*etc.; ; Dix contes (ensemble moral ^^'^ais douloureux pour l'âme croyante) ; les queli^ues volumes En marge des vieux livres dont le dernier, La vieillesse d'Hélène appelle bien des réserves au point de vue moral e^ religieux.
En 1897, ce sceptique, ce dilettante de l'art et de la vie, dépouillant son renanisme, se convertit au moins à la foi laïrfue et à l'action nationale, et entra "dans la vie politique... Les opinioîis à répandre, publiées dians le Figaro en 1897, sa collaboration à VEcho dé Paris et aux Annales de la Patrie Française, son opuscule sur La Franc-Maçonnerie, sont inspirés par un véritable amour de la France.
Cette .action généreuse, mais très peu catholique, n'a pas arraché notre pays à la « décadence absolue » dont Jules Lemaître ne cessait de le menacer : et l'apôtre de la patrie Française travaille aujourd'hui à la restauration monarchique.
M^"" Clat'de Lemaitre a décrit les matelots et les <( matelottes » des bords de la Manche, dans Tante Zabette et L'aubaine ; et les mœurs peu prudes de l'Angleterre dans Le cant. Dans Les Chimères, elle montre que la noblesse d'âme est invincible.
Le bon samaritain est d'une délicatesse de ton qui plait à l'esprit féminin ; il est cependant fort neutre ; Jrax de dames et Lina sont beaucoup moins recommandables,
Pierre Le Rohu, avocat, écrivain penseur qui envisage dans le roman des problèmes à résoudre et non des fantaisies littéraires : Vintèqre, contagion malfaisante qui se dégage des mœurs politiques actuelles ; La faillite de Jacques Lehlay, c'est-à-dire la faillite de la morale indépendante ; Le procès de Lu- •cette (mœurs judiciaires ; imm.oralité dli divorce) ; f"r»7itre le flot (intéressant, à lire).
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libuiE;^ Le Roux, né ;ni Hàvi'o^ en J^fjO, ih''] 1ccmptoir au Matin.
Toutes ses premièies œuvres ne sont pas d'égale valeur et ne sont pas à mettre en toutes les mains : Portraits de cire (nos célébrités dans l'intimité, causeries agréables) ; Tout pour Vhonneur (roman d'espion, histoire d'amour, peu intéressant) ; Nos fils (utile à lire) ; Nos filles ; Le frère lai (récits intéressants) ; Gladys (histoire malsaine) ; Les amaiif< byzantins (idylle, détails audacieux^ ; \'i >// / (intéressant) ; etc.
L'épopée d'Afrique, où l'explorateur sait bien dire ce qu'il a si bien vu, comprend déjà sept volumes : Cl'.asses et gens d'Abyssinie ; Ménélick et nous : Ir deviens colon (psychologique) ; Gens de poudre (roman d'histoire et d''aventures, mœurs militaires et arabes en 1854, pages libres) ; Le maître de V heure (les confréries musulmanes, la révolte Kabyle en 1871, belle œuvre et livre instructif) ; Prisonniers^ marocains (roman passionnant, sujet périlleux adroitement traité) ; L^heurrur rt Vht'urpv^^r -■■• /"/7»"-"arabe.
Haston Leroux, un des principaux ouvriers > man policier. Ce genre passionne actuellement tout un public. En tous c-as, Le mystère de la chambre jaune ; Le parfum de la dame en noir ; Le fantôme dr Vopéra, Balaôo, Le fauteuil hantt\ Uouletabillf', ne sauraient être laissés sans danger aux mains de^ la jeunesse.
Eugène Le Roy (183r»-lîX)7\ conteur périgourdin. Se? quelques ouvrages (Le moulin de Frou ; Nicettee( Million ; Au pays des pierres) abondent en descripti( ns rustiques et renferment sur la poésie des campagnes, du Périgord des pages puissantes et exquise ^ ; mais ils sont déparés par la mignardise et sui*tout
pai- les badlnages des « drôles et des drôlettes )j. facquoit le croquant est un pamphlet haineux dirigé contre la vieille noblesse.
■ lîANiEi. Lesueur, de son vrai nom M°^^ Henri Lapauze, allas Jeanne Loiseau, née en 1860, critique littéraire, poète, romancière ardente féministe.
Elle commença par écrire des vers que les lettrés et r Académie disthiguèrent ; elle entreprit ensuite des romans de mœurs, remarquables par l'alliance heureuse de l'analyse des sentiments avec l'imagination et la. bonne tenue du style : Marcelle (histoire d'une dépravée libre-penseuse) ; Haine iVamour ; Inrinclhlr charme d'une îille d'officier finançais pour le fds d'un officier prussien) ; Le mariage de Gahrielle ; La jorcf du. passr ; Metzschéen. :e (roman de l'énergie, troublant ]»our la jeunesse) ; Le droit a la force (peu intéressîint) ; Au tonrnaal des jours (une femme de lettres ([ue la célébrité ne guérit pas de son ingénuité de cœur ; pour grandes personnes) ; rite à me de vingt ans (histoire pour tous, suivi do deux nouvelles troublantes).
Entre temps, elle a essayé de lessusciter le roman de grande aventure, ou plus exactement le feuilleton mondain. Elle semble devoir y réussir : en intéressant ainsi les^ esprits délicats et les amateurs de grosses émotion.s, elle est déjà devenue l'une des premières romancières de notre temps. Mortel secret ; Le lys royal : Le masque d'amour en d^ux parties. L" marquis de Valcor et M""'' de Ferneuse, ont fait sensation dans le monde littéraire, et des lecteurs sérieux, comme Coppée, ont pris, à les lire, un plai^ sir extrême. Le gros public a suivi le mouvement : Calvaire de femme (deux parties : Le fils de Vamant : Madame Vamhassadrice) a obtenu autant de vogue dfiDs les jouinnux étrangers (jue dans Le Petit Parisien. .
^2\0 IKJMAN.^ M.J.NDAINb
M"'^ Lescot a produit qu€lquet> livres dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils n'ont pas grande portée morale : Sublime vieiisonge (la jeune fille qui ment pour sauver l'hcnneur conjugal de son père) ; Le roinan d'un petit vieux ; Les mariages (V au jour dliui.
Louis Létang, né en 1855, journaliste et l'un des Ixns ouvriers du feuilleton contemporain. La fée aux dentelles ; Le testament du corsaire (suite du i)récédent) ; Grippe-Soleil ; Lille de reine ; Jean Misère , Uor dispose, intéresseront le public <jin nivof' •" '-•'?isationnel et l'exubérant.
André Lichtenberger, n. ( n 1870, romancier et sociologue.
Il a égayé ses graves études sur le socialisme p;ir des (( enfantines » honnêtes, qui intéres-seront certains pères et mères : Mon petit Trott ; La sœur du petit Trott ; Portraits de jeunes filles ; Lifie ; Notre Minnie (petite fille très moderne) ; Contes de Minnie.
Pères est très choquant ; Portraits d'aïeules paraît plutôt lourd et vulgaire.
La mort de Corinthe, romwn antique ; J.'s Centaures, évocation fantaisie de ce peuple légendaire, sont écrits dans un style laborieux et très colora*, mais sont beaucoup moins lus que les précédents.
Notons poui" mémoire : M. de Migurar (sceptique, inconvenant, dangereux) ; Contrs historiques .Mour, plusieurs lestes, ensemble légèrement jacobii demption (une jeune fille (|ui se .suicide pom ... k - (•(^ncilier son père et sa mère) ; Gorri le forbaw (détails inconvenants) ; L'automne (tjuand on vieillit, il fnut se résigner à quitter les plaisirs) ; La folle (ireuture (une fiancée qui se déguise et se bût en duel avec son amant) : La petite (épanouissement d'une adolescente, scabreux) ; Le petit roi (assez mal- Tous héros (les exploits ides émigrés et des
1 évolutiarinaires) ; Prlitc Manntnt' (étude de vie bourgeoise, apprentissage de la \ ie conjugale) ; Juste Lohcl alsacien ; KalujoiK^a, le cœur fidèle (natur-..ilisme cynique, déclarations d'athéïsme, haine des dogmes catholiques et des piètres).
Ch. Loman et P. H. Gheusi, ont signé enseniljle quel([ues œuvres : Les Atlantes (roman d'aventures sanglantes et d'amour passionné, dont l'action se passe chez ce peuple héroïque) ; Trilby (féerie en un acte en vers).
Nous relevons dans le bagage personnel du premier de ces auteurs : Begina (mœurs des gens de théâtro nssoz proprement décrites) ; VAmirale (très peu mornl) ; [."affaire du Malpel (ronuin judiciaire) ; Amour .sans n:nn (sujet risqué, joliment traité, amoral).
Et dans celui du second, directeur de la Nouvelle Revue : Gaucher Myriam (œuvre anti-religieuse) ; Le puits des àuies (la Turquie).
.xrAUiucE M.aindron (1857-1911), gendre du poète do Hérédia, voyageur, archéologue, naturaliste et romancier. On lui doit des romans historiques richement documentés où palpitent les vices du XVP sîè- <'le (Saint-Cendre ; M. Clérambon ; Ce bon Monsieur de Veragnes, Hommes et choses du vieux temps, Vincomparable Florimond) ; des récits de voyage ; Les chasseurs d'oiseaux de paradis (pour tous) ; Dans rinde du Sud ; et enfin V arbre de science (éreintement du Muséum et des savants) ; La gardienne de Vidole noire (audacieux et dangereux).
Jeanne Mairet, née à Paris de parents améTicain®. Elevée en Amérique, elle écrivit d'abord des romans en anglais ; après son mariage avec Charles Bigot, elle apprit la langue française, et publia plusieurs romans : Marca (couronné par l'Académie) ; Charge
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cVdmes (passionné, rôle I)onlion)nie d'un curé, /. faut de In Lune (pour tous).
AI"^' Georges Maldague, née en 18(j:, iuiijun-.iuLej.'r (fui a décrit, dans une multitude de feuilletons, la vie des humbles et des malheureux. Elle débuta dans les lettres à 18 ans, sous le pationage de Léon Cladel, et depuis n'a cessé de produire, spécialement pour le'^ lecteurs du Petit Parisien, des romans populaires dont la portée morale est encore inférieure au mérite littéraire.
Jules Mary, romancier et auteur dramatique, né en 18,51, a fait des romans d'aventures et d'intrigues, drnt plusieurs renferment des pages réalistes ou malsaines : Un coup de revolver (un adultère pour commencer et la folie pour finir) ; Le roman d'une piqûre nie (semble excuser l'amour libre), etc.
Ses pièces de théâtre ont eu également du snrr-è-^ auprès du public populaiie : Hoger ta Honi Porhnrde.
1-AiL Masson Forestier, né lu l>\y^, ■■ teur, qui a la spécialité des récits judiciaires. Il a raconté les ((affaires », dans des pages empoignantes et semble avoir fait de tous ses anciens dossiers des sujets de nouvelles : AufjoLsses de juges (recuei' de récits honnêtes) ; Difjicite devoir (id.), etc.
On Ta appelé un <( Maupassant sans femmes » : il cs^ surtout nn écrivaiii sans grande moralité.
Camiixe Mauclair, de son vrai nom M. Faust,
(Paris, 1872), critique romancier, dr^imatiste, poète. Deux critiques ont prétendu cpril était juif; il serait très fier de l'être, a-t-il répliciué, mais il ne l'est pas. Toutes ses œuvres et même ses romans débordent d .• vie, de fougue et d'idées. Citons ; Le soleil des mcrts ; V ennemie des rêves ; La viUe lumière (Paris);
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L'Orient Vlerye (dangereux) ; Les Clefs d'or ; Les mères sociales (réquisitoire contre les mères qui sacri tient leurs enfants à leur égoïsme) ; V amour tragique (scène d'orgie) ; Les passioiDiés (hymne à la p;ission sans frein).
;\înio Dora Melegari > Lausanne, 1849), fille du célèbre révolutionnaire, ami de Mazzini, romancière et mcraliste d'un rare talent, que M. Faguet ne craint pas de comparer à Labruyère. Ses études et ses romans sont des livres d'une profonde pénétration psycirologique. Citons : Ames dormantes : Faiseurs de peines et faiseuses de joie ; Christine Auberjol ; Ondoifunte et diverse ; et sous la sigmature de Forsan : /)f/77.v la vieille rue ; La duchesse Ghislaine ; L'expiati<w, etc., etc.
yV'''' St.wisi.as Meunier, (Metz, 1852), femme du professeur de géologie, a fait paraître dans Le Temps, Les Débats, Le Gaulois, etc., des romans mondains : La. voisine ; Le trésor ; Confessions d'honnêtes femmes (2 séries, 4 volumes) ; L'innocence reconnue ; Fra Gennaro (tableau de la vie genevoise sous Calvin) ; Plaisir d'amour (histoire d'un vieux marcheur); Pour le bonheur (inexactitudes historiques, etc.) ; Lf roman dit Mont Saint-Michel (quelques fausses notes) ; La Châtelaine d'Eza ; La princesse ennuyée (fantaisie brillante pour adultes) ; etc.
Charles Mérouvel (Charles Chartier, dit), né en 1843. Romans-feuilletons où abondent des situations passionnantes et étranges. Les uns sont honnêtes mais <( laïques » ; Riches et pauvres ; etc. La plupart sont libertins : Angèle Méraud ; Le péché de la générale ; Les deux maîtresses ; Le mari de hi Florentine ; etc.
Joseph Méry (1798-1865), cont^uir fantaisiste et
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auteur dramatique, peintre fantastique des mœurs et des paysages de l'Inde. Panni ses nombreux romans pleins de verve, lire : La guerre de ISizam ; Uévn , La Floride ; La citasse au Chastre (célèbre galéjade, recueil de nouvelles).
Ji'STiNE Mie dAghonne (1832-1897), de son vrai nom M'"^ Lacroix. Ses ouvrages très légers, où se meuvent des chiffonniers et des « claque-patins », ont eu en leur temps trop de succès. Dans les dernières années de sa vie, ils ne se vendaient plus guère, et Mie d'Aghonne tomba dans un état voisin de la misère.
Pierre Mille, littérateur, explorateur, né en 1864. L un des conteurs habituels du pornographique Journal. Outre des récits de voyages, il a publié quelques histoires scabreuses : liaruavaux et quelques femmes: Quand Panurcfc ressuscita ; La biche écraser ; Lonisr rt Barnarau V ; (dillou et Titi ; Parahoh
Francis ue Miomandre, roniaiic;^i i.i..i..x.-..-,. et rêveur, lauréat du prix Goncourt.
L'histoire de Pierre Po7is, pantin de feutre, csi le seul de ses ouvrages qui sort d'une irréprochable correction. Les autres : Ecrit sur de Veatc ; Du vent et de la poussière ; D'amour et d'eau fraîche ; L'ingénu; Au bon soleil, sont mièvres, langoureux, dissolvauis: ils excellent, dit Ernest-Charles, à f^ire sentir ce vague à l'àme qu'éprouvent beaucoup de femmes et qui est si fertile en drames. V aventure de Thérèse Beauchamps est à cet égard caractéristique et très pernicieux : c'est l'histoire d'une Madame Bovar>' des P.ati^nolles.
Emile de Molènes (I'aui. Gaschon, dit) soldat, écrivain (IKl l-lRr>2). Dans la première partie de sa C'.\r-
rière littéraire, il laissa errer sa muse dans les courarits de la sensualité ; il devint chrétien, et « ordonné soldat » comme on est ordonné prêtre, il -se battit en Afrique auprès de La Moricière, à Paris, en Crimée, en Italie, et chanta, dans ses œuvres vil>rantes, la guerre, l'amour, la tente et la caserne. Mélanges ; Voyages et pensées militaires (un peu de pe^ssimlsme) ; Histoires et récits militaires ; Les commentaires d'un soldat (magnifiques pages inspirées par 'a passion des armes) ; certaines pages de Caprices d'un régulier (ensemble peu édifiant, libertin -ige) seront lus avec plaisir par des personnes réfléchies.
y[me Emile de Molènes, née Alix de Bray, a publié sous les pseudonymes d'Ange Bénigne, et de Satin,
des croquis mondains qui ont paru d'abord d;ins La Vie Parisienne : [^"orpheline (assez honnête) ; M. Adam et M™® Eve (la lune de miel et les pre nières années du mariage) ; M. Daphnis rf 3f"*^ Chhié (frivole et sceptique).
Henri Monnier, (179î>-1877), a analysé dans quelques ouvrages et avec une grande minutie de détails, les senitiments, les mots, les ridicules de certains personnages dont il a fait des types : Jean Wronx ; Madame Pochet ; Joseph Prudhomme.
Charles Monselet (1825-1888), poète, journaliste, romancier, chroniqueur, gastronome, qui procède de Rabelais, de Molière et de BaJzac. Instantanés littétraires, nouvelles folâtres et romans d'amour. En tout, 30 ou 40 volumies pleins de couleur, de gaiet6 et de naturel : Les ruines de Paris (roman d'aveatures, honnête) ; Les souliers de Sterne (fantaisies irréprochables) ; etc.
Xavier de Montépin (1824-1902). Ancien élève de l'Ecole des Chartes, romjamcier et auteur dramatique.
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Ecrivain fécond et amusant dont les romans feuillntons (2€0 volumes), itialgré leur faible style et leurs péripéties invraisemblables, font les délices des concierges et de maintes grandes dames : La Sorcière rouge ; La marchande de fleurs ; Sa Majesté le roi du monde ; Le mari de Marguerite ; Madeleine Kervev. ; Sœur Suzanne ; Le médecin des Pauvres ; La bâtarde (viol, duel, adultère, substitution d'enfant, cénouement moral) ; Son Altesse V Amour (répugnant) ; etc.
De ses livres qui lui rapportèrent bea-ucoup d'argent, Fauteur tira, en collaboration, des drames populaires très -applaudis : La porteuse de pain ; La joueuse d'orgue ; La Mendiante de Saivt-Sulpice : La Sirène de Paris.
Charles Mcreau-Vauthier, fils du grand peintre, peintre lui-même et littérateur. Né en 1871.
Citons parmi ses œuvres littéraires : Vie d-artiste (dcuc un peu leste) ; Maquettes et pastels (17 nouvelles artistifpies) ; Les gamineries de M. Triomphant (himioristirfuo) ; L'amour qui passe ; Le sentier du mariage.
Eugène Mouton (1832-1902). Avocat, magistrat, qui écrivit sous son nojn ou sou« le pseudonyme de Mérinos, des romans intéressants et honnêtes : Le supplice de Vopulence ; Chimère (symbolique, pas chrétien) ; L'affaire Scapin (et trois autres nouvelles).
Des fantaisies désopilantes, entraînantes : Vinvalide à la tête de bois ; Aventures du capitaine Ma. rius Congourdan : Fantaisies humoristiques, etc.
Des récita: pour la jeunesse : Aventures de Noël Kfrbahu ; Voyages merveilleuT de Lazare Pobant etc.
LrciEN Mùhifeld (1870-1902), un juif qui s'est rendu célèbre par une réclame originale rappelant lo chien d'Alcibiade.
Ses trois roiiiaiis : l.f manrais désir (étude de la JMloTisie chez un luxurieux) ; La carrière d'André Tou^ rettr (le jeune homme sans volonté, un être de veulerie et de chair) ; Vassocicr (thèse morale, détails suspects, «cepticism«e) lancés à g^rand fracas de purblicité ont été très diversement appréciés...; « ils ne sont intéressants, dit Ernest-Charles, qu'à cause qu'ils créent ime assez considéral^le circulation d'argent. » Cependant...
Tout le monde peut lii e Le Monde où Von imprime, études et jugements que le bon goût et la critique cr.tholique ne ratlfierout pas toujours.
Pierre Ninous (Je.\nne-Thérèse, dame Roussen, i-iiniLue sous le nom de) (née en 1845. Dirigea avec son second mari, M. Roussen, un domaine destwié a. recevoir des enfants assistés. Elle a écrit des rt)luans-feuilletons qu'elle a signés Palx n'Aigremont, mais, dit Charles Le Goffic, quel rapport, je vous prie, entre un écrivant et Pierre Ninous ?
Jules Noriac, pseudonyme et anagramme de Claude-Jules Cairon, (1827-1882). A publié des nouvelles, des causeries, des pièces de théâtre et des cocasseries plus ou moins « rosses ». Le 101"" régiment [>eut être lu à peu pi^ès par tout le monde.
Georges Ohnet (Georgrs Hénot dit), né en 1848, célèbre romancier.
Il fut salué à ses débuts comme im maître, et ses œuvres obtinrent un succès triomphal : Le Maître de forges eut 250 éditions ; Serge Panine (couronné par l'Académie), en eut 150 ; La comtesse Sarah (roman faux, sabré, névrosiaque) ; Lise Fleuron ; La grande Marnière ; Les dames de Croi.r-Morf, en eurent à peu près autant. Ses 33 volumes ramgés pour la plupait sous le titre général de « Batailles de la Vie »,
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sont de fait (c nierveilleusemeiit adaptés au goût, a l'éducation, à l'esprit de son public spécial composé d'illettrés qui aspirent à la littérature. »
Cet (( habile homme » s'est vu tout à coup dé)>ouillé de son auréole par la main impitoyable de Jules Lemiaître qui vit dans ses romans de la « triple essence de banalité ».
Quoi qu'il en soit de cette querelle entre la critique et le vulgaire, beiaucoup reconnaissent que les livres d'Ohnet, solideînent construits, mettent en scène, >avec une réelle puissance, le monde de l'argent, l'industrie, l'aristocratie de race, et les lieux communs dramatiques de l'amour, et de plus qu'ils valent l>i«ii les romans de Deilpit, de Mary, etc., au pK)int moral eonmiie au point de vue littéraire.
Georges Ohnet a publié plus récemment des romans historiques : Pour tuerlionaparte ; La serre de Vaigle.
Maurice des Ombiaux, romancier belge, s'est consacré à la peinture d-es m<£urs populaires du Hainaut. Il est principalement .apprécié dans son pays pour Mes Tonnelles ; Têtes de houille ; Mihien d'Arène ; Contes cV entre Samhre et Meuse ; Le Maugré : Les manches de lustrine.
jMaurice Paléologiie, diplomate et écrivain, 1859, peut être rangé parmi les romanciers, bien que le roman ne tienne qu'une assez petite place dans la variété de son œuvre. (Impressions de Chine et... affaire Dreyfus). Il parait que son livre Sur les ruines, Penthésilée, f^a cravache, et autres petits récits. . << font songer à Mérimée plus attendri ! »
Paul Perret (1830-1905), écrivain d'une fécondité extraordinaire, qui pendant 50 ans, n'a cessé de produire des romans et des ouvrages historiques. No\is
•c-iîons : Vàme murée (faux et irréligieux) ; Les deniimariages (contre le divorce) ; Le mariage en poste (intéressante histoire d'une ingénue, mariée malgré ^lle) ; Sœur Sainte Agnès (belles pages, quelques lûots •contre les couvents) ; Manette André (sous la Terreur, immoral et irréligieux) ; Thérèse Vaubecourt (très passionné) ; Un ménage moderne (peu intéressant) ; Les bourgeois de campagne ; Les derniers rêveurs (ceux qui croient qu'on peut être heureux en épousant une fille sans dot) ; La duchesse Jean ; Antigone ; La maison littéraire (pour tous).
.M'»*' Georges de Feyrebrune, nom de jeune fille de :\r»« de Judicis de Mirandole, née dans Ja Dordogne en 1847. Romancière qui, comme beaucoup d'autres déjà citées, est persuadée que l'amour peut être la seule préoccupation de la femme dans la vie.
Presque tous ces ouvnages, -doni plusieurs ont paru à La Revue des Deux-Mondes, reflètent cette pensée : ils sont au moinv^, à ce titri', dang^^i'cux pour In j^ui- 71 esse.
/.'.' roman d'un bas })l('u lunt^ Cemme doit préférer n" importe quel métier à celui d'auteur) ; Les trois drhwiselJes (trois idylles) ; Une sentimentale : Marco: L'': trrrrs Colombe ; Les pa$sio?i7iées : Vfr.v rajnour: Libirs : ('ne expérience : FA Vamour vint : Le rurr d' AncJi^clh's : CoUniibiui' : Polichinelle et ('"' : Contes en Voir, sont de bonnes sornettes sentimentales et souvent décolletées. La Margotfe : Victoire la iU-uge : Les femmes qui tombent vont jusqu'au liber- Tiiiage.
Nous mettons à pai-t Dona Quirboffa, quoique peu chrétien.
'Edmond Picard, jurisconsulte et littérateur belge, né on 1836. Les ouvrages de droit, la poésie et les romans judiciaires l'ont possédé tout à tour ; dans
ce dernier genre, on connaît de lui Lu forge Rons.sf^l; l^\uniral ; Mon oncle le juri.scon.sulle ; La i^eillée de rimissier ; Le juré. Lire Paçie.s choisies (Bruxelles).
Emue Pierret, (Paris, 1859), ancien employé à la Bibliothécîaie nationale. Ses études éloquentes et documentées sur le Péril de la race et le Uelèvement national sont la rançon de ses romans très mondains.
Frédéric Plessis, né à Brest en 1851, professeur de poés>ie latine à TEcole normale supérieure, poète et romiancier, auteur d'une forte étude sur Properce.
Ses Poésies complètes {La lampe d'argile ; Vesper : (lallica), lappellent les élégiaques d'autrefois. Ses romans : Angcle de Blindes (séduite, elle meurt d'un accident plus ou moins provoqué) ; Le mariage de Léonie ; Le psychologue, révèlent une sensibilité très fine et sont vibrants de passion. Saint-Exupère-les- Chdsses convient à tous.
Alfred Poizat s'^st révèle i)Mii cniKiut' niieiaiir dans les Poètes chrétiens, et rqmancier distingué dans Arila des saints (ijuatre nouvelles ayant pour sujet le sentiment i-eligieux) ; J'errers sentimental : La dame aux lévriers (romans honnêtes et mondains où résonne très haut la guitare d'amour.)
Depuis, il est entré avec éclat dans la renommée avec Le cgclopr, di'anif en \fi- : et i'.h'r(r>\ tr;iiré<l't^ adaptée de Sophocle.
M°"' Jt\N Pommerol (Sens, 18(j1)\ voyageuse et femme de lettres, polyglotte, polygraphe et... polymatique. Elle a vécu durant 4 ans au milieu des Arabes du Sahara et elJe a consigné ses observ^ations dans des ouvrages dont profitent les érudits : Une femme chez 1rs sahariennes ; Llialeine du désert ; Chez ceux qui guettent . / - ras du lieutenant Sigmari'- :
ROMANS MONDAINS ttl
1)1 fruit et puis un uutrr fruit (conie oriental tort passionné).
Ponson du Terrail, Pierre Alexis, vicunite) (J(S2f)-1871), romancier d'une imagination extraordinaire. Produisit dans les journaux, des feuilletons -ombres, invraisemblables, pleins d'intrigues imprévues et dans lesquels on trouve, paraît-il, des phrases comme celle-ci : (( La main de cet honmie était lioide connue celle d'un seipent ». Son Uocambole, on plusieurs parties, a joui d'une \ ogue inmieiise.
Léon-René Delmas de Pont-Jest (1830-19(H), aiMîien marim à qui l'on doit un gmnd nombre de romans : Le procès des Thugs publié dans le Petit Journal t't cfui passionna la France entière ; La jeunesse d'un (gentilhomme ; fîoUno, le néifricr : Lu femme dr cire : Le fleuve des perles ; etc.
P. D. Pontsevrez, de son véritable nom, P. Dupont- Sevrez, né à Escaudœuvres (Nord) en 185-4, ancien })i-ofesseur à Sainte-Barbe et aux écoles municipales (le Paris, mort en 1910.
Nous mentionnons comme articles spéeimens de ses j)roductions réellement littéraires : Les attentats de Modeste (roman rustique assaisonné de crudités) : Tète rousse (recueil de nouvelles moins rrnv^(iu.ibles) ; Criminelle (livre malfaisant, ([uoique exeinj)! d'obscénités) ; Uenjeu du houheur 'étude d'amour) ; etc.
Emile Pouvillon, né à Montauban en 1840, mort en 1907. Réaliste à sa manière, rustique et paysagiste, il a décrit des mœurs champêtres de Rouergue et du Quercy, et l'iamour dans lestâmes «naïves...
On remarque parmi ses œuvres : Césette (tableaiLX lisqués) ; L'innocent (id.) ; Jean-de-Jeanne (séduction, puis belles pages) ; Le vœu d'être eJiuste (invr;ii-
■.ïi'i'i HO.MANii xMONDAlNS
^emblable-s désordres d'un séminariste) ; Ckanteplciire ; Les Antibcl (beau et sain, mais pas pour jeunes filles) ; Terre d^oc (promenades pittoresques, pour adultes) ; Petites âmes ; Limage ; Pays et Paysages (recueil de morceaux) ; Le cheval bleu, contes pour adolescents (trop de railleries bon enfant sur le prêtre et les cérémonies) ; Mademoiselle Clémence ; Bernadette de Lourdes.
Ces derniers ouvrag^^, acouieillis avec enthousiasme par certainies revues pieuses, permettiaient peutêtre de croîTe que Fauteur serait devenu mi romancier catholique... Mais Jep, son dernier roman, a détruit cette candide espérance et le monti'e plutôt irréligieux.
Armand Praviel, a remporté un réel succès avec P(ché d'aveugle, histoire d'un organiste qui pèche et .'^e relève par la musique, bnllante apologie de la liturgie, pages satiriques. Les routes de Gascogne sont •de charmants croquis et des contes à peu près pour tous.
Charles Proudhoti, romancier dont nous connaissons seulement les ouvrjiges suivants ; Apaisement (histoire d'une jeune fille blessée au cœur) ; Marie (le Saint-Genans (uiie petite provinciale dans un railieu taré) ; Clnudinr (plus chaste que celle de Willy).
Pierre de Querlon, de son vrai nom Pierre des Gâchons, né à \'nlençay, dans le Berry, mort en 1904. Hr mancier ailiste, familier des écrivains'du Mercure de France, ami de Boylesve. Gourmont, Régnier, lîarr^s.
Au poi'nt de vu< nioial, tous ses romans occupent ime bonne place parmi 1^ œuvres de passion et de sentiment, où l'art prime la vertu, sans toutefois la supprimer. Nous citons : Les tablettes romaines ; La liaison fâcheuse : Les jones d'Hélène ; La princesse
■ a i aventure ; Les amours de Leiicippe et de Clitophon ; Le manoir de la 'petite Livia ; Céline fille (h- s Champs ; etc.
Henri Rabusson, nié à Paris en 1850, Tun des auteurs favoris de l'ancienne Revue des Deux-Mondes, l'omancier mondain <jU'l laime à dépeindre la société (lu high-life où l'on s'amuse et l'on pose. Il a écrit n,vec distinction et n'est tombé qu'accidentellement dans le dévergondage. Malheureusement, comme la plupart des romanciers de cette. qualité, les Tirxseau, Droz, Halévy, Gyp, etc., il ignore et laisse ignorer la vraie bonne société qui est, avec le peuple travailleur, l'honneur de notre France, pour se cantonner dans la société légère où l'on est considéré comme vertueux quand on s'amuse conformément aux lois de la bienséance : Vépousée (se tue après la cérémonie pour rester fidèle à un amour antérieur) ; Griffes roses (d'une femme très libertine); Hostilité conjugale (aux yeux de l'auteur, c'est une nécessité. Quel pessimisme ! ({uel marivaudage aussi !) ; Les colonnes d'Hercule (c'est-à-dire les extrémités du monde moral où s'aiTête un viveur) ; Le grief ^secret (fort leste) ; Frissons dangereux (pervers) ; Le frein (thèse fausse,; parce cpi'incomplète, livre de passion) ; La justice de Vamour (esprit anticlérical, dangereux).
Adoi.phe Racot, bon écrivain qui, tout en dénonçant »avec vigueur les corruptions contempor ailles, sait faire ressortir de ses peintures osées une impression saine pour les grandes personnes. La brèche aux loups : La conquête de Floriane ; Madame Félicia : L'' plan d'Hélène (scènes plus scabreuses, plaidoyer er! faveur des droits de la famille) ; La maîtresse invisible ; Le supplice de Lovelace sont très agréables à pa/r-eourir, tant par la valeur du style que par r intérêt des récits.
MiSTRESS Radcliffe, romancière anglaise •(1764-
Dan^ ses œuvres qui sont encore très populaires en ATigMeiTe, elle évoque des forêts, des vieux châteaux, des souterrains, des crimes horribles et après un enchevêtrement -d'incidents extraordinaires, elle montre la vertu- récompeiiiSée et le vice puni. Par l'admiration de la nature et le sentimentalisme, elle ti-eait de Jean-Jax:ques Rousseau, et par ses récits dramatiques, elle se rapproche de nos plus fort feuilletonistes. Ses romans : Un roman sicilien ; Le roman de la forêt ; Les mystères d'Udolphe, son chef-d'ceuvrc* ; UltaUeii lui valurent des triomphes et passeront aiec elle à la postérité.
Gaston Rageot, normalien, connu du public connue essayiste, conférencier, chroniqueur et romancier. 11 aime à mêler à la narration de ses romans l'acquis de sa culture littéraire et psychologique.
Son œuvre est fort considérable : parmi tant <le volumes, il n'y en a pas qui convieiuient à la jeunesse. La renommée, par exemple est plein de psychologie.» mais il est presque immoral ; A Vaffût roule siu* l'adultère et compte maintes pages sensuelles ; La roi.r qui s'est tue expose avec émotion un drame intime qui bouleverse l'âme d'une femme, mais il contient des passages regrettables et tend à accréditer le désordre comme tout naturel.
.Te-vn Rameau /'L.aurent Labaigt dit), né en 1858,. poète landais qui a chanté dans ses vers, tantôt les forêts embaumées de son pays (Nature, etc.), tantôt la sarabande des astres -et <^{>^s> dieux dans le moiub^ cosmique (La chanson des Etoiles, etc.)
Son œuvre déjà considérable, dit un critique, est lumineuse et chatoyante, comme un colli<i
£!OM\NS MONDAINS zio
d'opales, de perles et d'onyx, aux voluptueuses lucidités.
Ses premiers l'omans sont lascifs et même immoraux : La Aascarade, par exemple, est l'histoire d'un •jeune homme qui perd la toi, se livre à tous les désordres et finit par être exécuté ; morale : faites tout ce que vous vonlo/. iii;iis u»^ v(nis lniss.^v, pas prendre.
Parmi l»'s loni.ins plus lecems, nous citons . La hrlle. des belles (les travers de certaines femmes) ; Le:: chevaliers de Van delà, avec cette épigraphe empruntée à Chateaubriand : « On ouvre les antres des scicières quand on feiTne les temples du Seigneur », (une mèi^e inconsolable de la mort de sa petite fille, devient du.}>e des charlatans ; nombreuses descriptions de séances occultistes) ; Moane (plat, mais pas mauvais) ; La jungle de Paris (roman de l'arrivisme, amour passionné) ; Le roman d'une laide (paru dans le Mois, pour tous) ou Petite Mienne ; Du crime à Vnmour (passionnel) ; Le champion de Cythère fid) ; y> ' semeur de roses (ser'.timontal, passionné) ; La musc des bois (frivole et banal) ; La route bleue (bon, mais trop romanes(|ue poui- la jeunesse).
M. Reepmacker fRotterdam, 1^58), romancier holbiai-dais dont les œuvres ont obtenu en France une certaine célébrité : L'école des Pois (roman politique, thèse et intentions bcmnes, style et détails l)eaucoup moins bons) ; Septime César (roman des temps du Christ, erreurs évangéliques) ; La peine du Dam (obscur et étrange) ; Emma Beaumont (l'amour à la faveur de la métempsycose) ; Carlo Lano (ennuyeux); Veugeance.
fi-EORGEs Régnai, pseud. de M. et M""^ Langer, directeui' (le Simple Berne. Parmi leurs romans : Mnu.rinuue ; M. le Docteur ; Vendredi 13 ; Tou-
liiij ROMANS MONDAINS
jours ; Mademoiselle Pas d'amour ; Deux Umdresscs ; etc.
.Te.\n Reîbracti, de son vrai uom M. Chabrier, ancien capitaine d'infanterie, a écrit d'abord des romans naturalistes, et donné des contes au Journal, au Gaulois, au Figaro,
I! paraît s'être fixé ensuite dans la psychologie. Nous citons : Par Vamour ; A Vaube ; Les sirènes (honnête) ; La nouvelle beauté (prévoit dans un avenir lointain, comme inhoutissant au fémlni&me, une société nouvelle, basée ^sur l'individualisme, l'union libre et le socialisme d'Etat) ; La houle ; La maison d' bonheur (païen et sensuel).
Aujourd'hui, il écrit d!es contes dans l'ordurier Journal.
Rémy Saint-Maurice, pseudonyme de Maurice Diard, né en IKiii, collal)orateur de VlUuslration, feuilletoniste de VHumanitè. Nous citons : Les Eres stériles (plaidoyer en faveur de la maternité) ; Eteruelle folie (recueil de contes) ; Les derniers jours de Saint-Pierre (idylle délicate flfMirissaui sm m x can).
■\lme Gabrieli.e Réval, (h\ s. Il nom véritabl' , M Laforterie, née Logerol (Viterbe, 1870). Son premier ouvrage Les Sérriennrs a fait sensation. Il fut suivi d7.'7} lycée de jeunes filles et de Lycéennes Ces trois volumes ne sont pas pour les homiètes femmes. L'annir de nos filles, est uu répertoire attrayant des professions et métiers féminins, d'après les interviews de personnes le plds en situation de renseigner
Nous citons, outre cet ouvrage remarquabl. lomans d'amour : La cruche cassée (scabrcu.v) ; Notre-Dame des Ardents (paysages de Picardie et d'Afrique : / ruban de Vénus (amour légitime î
;inioiir légitime ! O Vénus!) ; Les camp-volantes de la Ridera (malpropretés) ; La Bachelière en Pologne (inspiration noble, })Our tous) ; Le royaume du printemps (histoire d'amour assez libre sur la côte d'azur).
Jean Revel, (pseudonyme i\v Taii. Toutain (ConteviJle, 1S48), notaire à Rouen. Nombreux récits de voyages ; romans épiques, lyriques, débordants, où chantent l'âme et la plaine normandes : Chez nos ancêtres ; Terriens ; Contes normands ; Hôtes de Vestnaire.
Ton Y Révillon (Antoine, dit) littérateur, journalistpj conseiller nr.unicipal de Paris et député radical (1832-181)8). On lui doit de noïnbreux romans qui ont paru en feuilletons dans les journaux et dont plusieurs ont eu du succès. Nous plaçons ici Le faubourg Saint-Aîitoine.
Emile Richebourg ( lSo3-18t)8). L'un des écrivains les plus heureux (jui aient parcouru la pénible carrière des lettres, il ne connut que des succès : il fit, •par ses feiuilletons émouvants et asisez honnêtes, la clientèle du Petit Journal, mérita, par ses nombreuses collaborations, d'être appelé par Jules Claretie le terre-neuve des journaux populaires, et réalisa de grosses recettes.
Tout le monde peut lire avec intérêt ses Récits devant Vdtre ; Contes enfantins ; Contes d'hiver ; Contes de printemps : Contes d'été ; Contes d'autcmne et autres, réunis dans les 12 volumes des Soirées amusantes.
Georges Rodenbach (1852-1898), poète, journaliste et romancier ibelge, né ù Tournai. Il vint à Paris de bonne heure, et se lia avec des littérateurs et des P' ète tels que Mallarmé, les Concourt, Paul Arène,
âriS HOMANS MONDAINS
Bourget, etc. ; il resta belge cependaint, et ses œuvres sont toutes imprégnées de la saveur 11 amande qui se dégage des villes de son pays matai.
Outre son poème Le règne du silence et plusieurs leoueils de vers, Rol>endach la laissé des écrits en prose qui, aiualgré leurs substantifs étonnants et leur merveilleux adjectifs ont été appréciés. Ils ont tous des passages passionnés ou malsains. Citons : L'art en exil ; Bruges la morte ; Musée de béguines ; Le carillonncur ; etc. Lire Pages choisies (Bruxelles).
Romain Rolland, né à Clamecy ^en 1866, élève de l'école normale, grand prix de littérature en 11)13.
Son œuvre littéraire, nombreuse et variée, comprend : des études artistiques. Musiciens d'autrefois et d'aujourdliui, Michel-Ange, lieethoven, Fraîirois Millet ; du théâtre, Le quatorzf-juillet, Danton, Le triomphe de la raison, Les Tragrdies de lu foi ; et enfin Jean-Christophe, r^man en dix volumes, commencé en 1905 et terminé en 1912.
Ce Jean-Christophe, qui est Tœuvre maîtresse de Rcmain Rolland, est la biograpliie psychologique d'un musicien de génie, né sur les bords du Rhin, et dont nous suivons la destinée douloureuse depuis « l'aube » jusqu'à <( la dernière journée ». IJans ce cadre romanesque, l'auteur a entassé toutes ses idées sur les questions du jour, il a multiplié les digressions, d î sorte que ce monument qui a des parties de chefd'œuvre est encombré et congestionn»
Au point de vue moral, ce long ouvr.i^v a »k i. -i-i' .^ pages ; et il a créé des admirateui-s parmi ceux qui ignorent le catéchisme. Cependant, si Romain Rolland n'est pas sectaire, il n'a paî^ la foi, il rend un culte à la Vie, et sa philosophie ne saurait être, pour les catholiques, un brévi;v'- ''->•. ,ltntion ni mêi^" "'^'^ lecture inoffensive.
ROM us MONDAINS "2^^^
Eugène da Ronchamp, de &Qn vrai Aom Eugène €ampredon, ingénieur civil, romancier, ancien directeur de Fraternité, revue laïque et chrétienne.
Nous ne connaissons de cet auteur que Eglantine, rit}uan social, pessimiste, passionné et étrange.
Saintine (Xamer Boniface, dit) (1798-1865) fit seul ou en collaboration, plus de 200 pièces de théâtre.
Picciola qui consacra sa réputation d'écrivain, est un chef-d'œuvre rona-anesque qui analyse les sentiments d'un orgueilleux captif en préaanice d'une plante naissante ; Seul est un petit récit intime, légèrement sceptique comme le précédent. Ses dernières œuvres {Jonathan le visionnaire ; Seconde vie ; Contes de toutes les couleurs) ont pour sujet le merveilleux scientifique, les hallucinations et les vieilles traditions. Presque tout le monde peut les lire, ainsi que : La nature et 1rs: trois règnes.
Jean Saint-Yves, de son vrai nom Jean Méau,
(Périgueux, 186-4), romancier à thèses dont les œuvres pleines de coloris sont appréciées : Le roman d un officier ; V étape silencieuse (idylle d'amour et dévouement d'un officier pour ses soldats) ; La route s'achève (histoire d'un officier perdu dans les dunes du désert avec une poignée de soldats, amour, scènes diverses) ; La lumière perdue (beaucoup de rêve et de mélancolie).
Pierre Sales (1854-1914). Il débuta par le roman historique : Beau page (les guerres de religion, partialités) ; L'argentier de Milan (saisissant, honnête); etc..
Il tomba ensuite dans le roman d'aventures et il fort longtemps un grand producteu.r « à la coule » comme Richebourg et Montépin. Mettons à part • Fille de prince ; Premier prix d'opéra : Le secret f\\i blessé (sept nouvelles).
JiLES Sandeau (1811-1883), Tun des amis de G^rga Sand et des collaboraiteurs d'Enidle Augier, écrivain exquis et moralisateur. Comme Tauteur de Lélia et iVlndiana, il peint l'amour passionné dans ses élans désordoninés, ses misères, ses chutes même, miais il place aui-des&iis et à la fin de tous ces tableaux, Ja notion du devoir ; il décrit les désordres, mais i-n même temj>s les déchirements auxquels se comdaujnent ceux qui s'y abandonnent. C'est ainsi que Marianna ; le Docteur Herbeau ; Rose et Blanche, sont des livres moraux... pour les personnes d'un cei-tniu âge.
Quant il ses autres ouvrages : Jean dr Thuu,...~ ray ; Madeleine ; Catherine ; Un début dans lu niaffistratnre ; M"^ de la Seiglière ; Le château de Monsabrry ; La maison de Pénarvan (son chef-d'œuvre ; La petite fée : Sacs et parchemins ; Nouvelles ; Concert pour les pauvres, ils peuvent être lus par les jeunes gens sérieux. Sandeau y étudie de préférence les familles nobl^as, idolâtres du })assé, isolées et immobiles au milieu de moeurs ({u'elles dédaignent et d-e de gens qui les raillent... Dans oes familles, il y a dt^s jeunes filles que leur cœur pousse à des mésalliances et qui doivent lutter contre de? préjugés de race.
La roche aux mouettes est un délicieux ré» ' tout le monde peut lire.
Gabriei, Sarrazin, né à Laval en 1853, critique, poète, auteur de romans lyriques et symboliques : Les mémoires d'un centenaire : La montée ; Le roi dr: la mer ; Vinspirée. Inutile d'ajouter que ces poèmes de guerre, d'amour nt do mort, doivent M^*^ ■•'' avec prudence...
l'Aii. Saunière (1837-1894), conteur et feuilletoniste, secrétaire d'Alexandre Dumas, auprès de qui il npprit à choisir et à traiter des sujets intéressants,.
ROMANS MONDAINS HHV
tantôt émouvants, tantôt comiques : A travers V Atlantique (récit de voyage ; quelques traits contre la religion et beaucoup contre les Yankees) ; Le lieutenant aux gardes (roman historique, cruel poui* Richelieu) ; La dette dli honneur (intéressant) ; La succession Marignan (vilain monde) ; etc..
Tout le monde peut lire Les aventures de Jean Jiarchalou.
Georges Sauvin, que au)us signalons avec deux romans : Doit-on aimer ? (déception d'amour ; conclut à la nécessité d'un amour supérieur réglé par la foi et la conscience) ; Pour a ni ce r au bonheur.
Ossip Schubin, de son vrai nom Lol\ Kirschner, ix)maTicière( allemande, née en 1854. Elle a vécu dans un milieu artistique et mondain auquel elle a emprunté les sujets de ses nouvelles et romans débordants d'humour : Gloria victis ; Vhonneur ; Maximum ; Gésa-MaVocchio , etc..
Matilde Serao, aujoui-d'hui M'"« Scarfoglio, ro-
majicière italieTLTie., née à Patras en 1856. fille d'un 2iapolitain exilé qui s'était réfugié en Grèce. Elle occupe une des premières places parmi les femmes d3 lettres d'aujourd'hui. Elle dirige le 11 Giorno de Naples, elle écrit tous les jours une chronique mondaine dans le Mattino, le plus littéraire des journaux de ritalie-Méridionale et elle a publié un grand nombre de romans : Au pays de Beppina ; Aventureuse ; Amant ; Adieu, amours ; Châtiment : Vie en détresse ; Cœur souffrant ; Histoire de deux âmes (qui tombent et puis se séparent) ; Cœurs de femmes (collection Femina) ; Sœur Jeanne de la Croix ; Après le pardon ; Histoire d'amour ; Naples, les légendes et la réalité' ; Vive la vie ; L'amour
il'i ROMANS MONDAINS
niturtrier ; Le songe d-unc nuit d'amour (nouvelJi mêlées, quelques-unes fort sensuelles) ; etc.
Les critiques qui se sont occupés de cet auteur nous la représentent comm'e une ard>ente catholique et ils invoquient à Tappui de leur jugement le beau livre Au pays de Jésus, impressions de Palestine, débordant de foi et d'humilité chrétiennes ; ils pni lent avec enthousicasme de Télévation morale de s» oeuvres ; mais ils ajoutent que la féconde italiemi se complaît à décrire les passions dans des pagonfié.\T:*ées... Soit, Savourons le lacryma Christi n'abusons pa.s du Chianti. 1
Séverine (Caroline Rémy, dame Guebhard, dit
née à Paris en 1853. Amie de Vallès, avocate d liumbles et des opprimés, en faveur desquels elle écrit de nombreux articles : elle s'est même fai dans ce genre de littérature une renommée qu'el appelle « lacrymatoire ». Pages rouges et Pages mys ligues sont des recueils, dont le titre seul indique la couleur et le ciaraetère.
Henrik Sienkiewicz, célèbre romancier polonais, né en 1845. Il débuta dans les lettres par trois romans où il faisait appel à la générosité des polonais oi^ vue de relever leur nation ; il visita l'Amérique diverses contrées d'Europe, publiiia successivemeri deux idylles sentimentales (Jlania ; Le vieux serviteur), de nombreuses nouvelles sur les ImmbL (Junka le musicien, etc., etc.) et enfin de nombren romans historiques qui envisagent le côté tragique de la vie : Le déluge : Messire Volodyjoivski ; Les chevaliers de la Croix : Sans dogme (un jeune homme sans foi, malheureux, coupable, qui se suicide) ; Ln famille Pola.niecki (un roman -d'énergie) ; Par le fer et par le feti (œuvre grandiose et très honnête^ Sous le joug.
ROMANS MONDAINS Zo'i
f Ses romans des premiers temi)s du chiistiaoïis-me, , Suivons-le et surtout Quo Vndis ont obtenu un suc- *« ces considérable. On a tout dit sur ce dernier ouvrage : les uns en ont fait un incomparable chef-d'œuvre ; d'autres Toni ravalé au rang d'un médiocre pastiche. Nous n'avons pas à iprendre parti dans cette ;querelk, et nous nous bornons à reprodnii:re le jugetnent porté par Orazio Marucchi, l'illustre directeur fies Musées et Galeries du Vatican : « Notre con\àcion, dit-il, est que ce livre est un livre magistral, M rit avec une véritable intelligence du sens chréicn ; il est destiné à faire un grand bien. >> (Introhiction historique et archéolofiiq-ur à Quo Vndis, liez Lethielleux).
L'édition complète {Revue hluuclic, Curnier, Fltunfirion, Benziger, etc.), ne doit pas cependant être iiiae entre toutes les mains : elle renferme des scè- 163 choquantes, brutales, erotiques, orgiaques, sus- >"eptibles de troubler bien des âmes. L'édition Lefhielleux est, à notre connaissance, la seule qui soit parfaitement corrigée ; ma;is convient-elle aux jeunes filles '^
Albert-Emile Sorel, né en IHTC, lils de feu Albert Snrel, attaché à la bibliothèque du Sénat, romancier.
Il a publié quelques romans qui lui ont attiré l'estime des lettrés : Pour Venfant ; Peut-être ; Les scnlirrs de V amour ; Vécueil, aventures d'une infirmiè- 10, utile aux jeunes filles averties qui seraient ten- T(''es de s'émanciper ; Une aile brisée, roman d'amour
' d'aviation, œuvre patriotique et chrétienne, queljues passages trop passionnés pour la jeunesse.
La marquise de Souza (Adelaïde-Emile Filleul,
>mtesse de Flahaut, puis) (1761-1836), une de ces
mes langoureuses .et un peu m-a-Iadives qui, au oom-
;àencement du XIX*' siècle, entretinrent dans la so-
!>3l ROMANS MONDAINS
ciété la inélancolie de René : Adèle de ^c)ian(j': Eugénie et Mathilde ; Eugène de RolhcHn ; etc.
M'"'- de Staël (1776-1817), fille du célèbre financit^r Necker. Elle reçut dans sa famille ealviniste une éducation toute (philosophique, qu'elle développa par la lecture de tous les auteurs à la mode, Diderot, Rousseau, etc. Mariée au baron de Staël, elle se sépara après douze ams de mariage, s'attacha à Talleyrand et Benjamin Constant, et enfin se i-emaria secrèU> ment à un jeune officier. Politicienne, intrigante, pédante, jalouse de toute supériorité, elle se rendit aussi peu sympathicfue que p<»<«i})lp .>t tut nhiio-pp ,],^ se réfugier à Coppet.
Delphine et Corinne sont des romans aamuur "u l'auteur défend contre la société les droits de la fenmie supérieure, toujours incomprise et malheureuse : ils renferment des digressions artistiques et politiques, «t d-es scènes de pseudo-catholicisme.
Le livre De V Allemagne, encore qu'incomplet rx faux au (point de vue chrétien, est cependant plus sain.
Lire Pages choisies.
Bernard Steller, de sou vrai nom M"*" Besnier, ,. ajouté au catalogue des histoires banales quelques productions : Avocates (toutes trois reviennent à leurs fonctions de mères et d'épouses) ; Idylle d^artiste (beau désintéressement d'amour) ; Passion <"i devoir (encore plus passionné que les précédents) . Simple histoire d'un institiiteur (laïque, converti par un curé).
RoBEHT-Louis Stevenson, écrivain anglais (jnh/- 1894), qui exerça une grande influence sur l-e mouvement littéraire de son pays. L'état toujours chanc^-
Iniit do 'in ^.'irifô l'(i]ili<j>>;i -À monor une vie errante :
î vécut même en France et y publia son Voyage dntis les Cévennes.
Parmi ses autres ouvrages, nous citons : L'île au trésor (très intéressant) ; Le dynamiteur ; Le mort rivant ; Enlevé : Le reflux qui peuvent être lus à peu près par tout le monde.
Mi»"^ Ivan Strannik née en 1871, de son vrai nom M""' Anna Aviftoff, romancièr-e d'origine russe, dont Je public m/ondain laccueille les œu^^res iavec fav-eur : L'f statue ensevelie (histoire d'une détraquée, relief >^:isissant) ; L'ombre de la maison (lutte d'une âme de femme éprise de libellé, dans un milieu de tradition ; elle se marie, se dégoûte et se -laisse à demi consoler) ; Les nuages (sur lesquels l'auteur a dessiné, avec un bo-nheur charmant, une fooile incohérente d'êtres bien \ivants et aimants'. Ces trois rojuans paraissent avoir pour objet de montrer la déception que la fenmfie éprouve dans le mariage. A ajouter Les Mages sans étoile (les étudiants rus-
Carmen Sylva, pseudonyrne bien c(m,nii. de la Reine î;e Hoimanie Elisabeth, née en 1843. Elle a fait uni recueil de pensées, des études, et des romans dont la. plupart ont été traduits en français. Ce;s œuvres laissent isouvent une impression pénible et nous pensons qn'elles ne sont plus à la mode conune au moment où l'Académie française en a très conijplai&amment récompensé le mérite. On lira cependant avec intérêt : Romans d'une princesse (quel pédantisme î quel pessimisme !) ; Astra (roman scabreux où certaines mamans aveugles pourraient trouver de bonnes leçcn?) ; Marié ; (Jul frappe ? Nouvelles (dont plusieurs passionnées).
Al""' de Talisnay, fdlc du marquis de Tallenay, mi-
liistre plénipot^entiaire de France au Pérou, mariée ai comte de Bruyssel, diplomate belge.
Nous citons parmi ses ouvrages : Souvenirs du \'énézuela ; L'invisible (roman occultiste) ; En Repuhlique (souvenirs d'Amérique du Sud) ; Treize douleurs (nouvelles) ; Au Sanatorium (récit d'amour) ; Vivia Perpétua (roman d'une martyre au IP siècle).
Maurice Talmeyr, de son vrai nom M.aurice Coste»
né en 1850. Il s'est complu à recueillir sur ks (( bancs », chez les « gens pourris », les <i possédés de la morphine », dans » les maisons d'illusion » et dans le demi-monde, les types de ses romans.
A la suite de ces œuvres dont les idées sont très fortes -et dont les intentions peuvent être bonnes, et après une vie assez aventureuse, M. Talmeyr semble s'être rapproché du catholicisme : il écrit des articles de valeur, il combat la franc-maçonnerie, donne des conférences en faveur de l'œuvre Tradition-Progrès, et fait partie de la Société des Publicistes Chrétiens.
Nous citons Le Grisou (livre très fort) et Sui i-<s Turf (recueil de nouvelles concernant le monde des courses).
Edmond Tarbé, (1838-1900). Ses ouvrages hardis et scabreux, sans être licencieux, au moins dans les intentions de l'auteur, ont fait, il y a qnelqxies an- Jiées, beaucoup de tapage : Césarée (passion coupable entre un père et sa fille). ; Vhisloire d'An gèle Valoy (roman de mœurs sur lès bâtards, très peiT chrétien) ; Le crime d'Auteuil (rocambolesque et o.sé).
•JÉRÔME et Je.\n Tharaud, deux frères écrivain^ : Jean est le i-êveur, le sentimental ; Jérôme, l'exécutant, le praticien. Tous deux no vonloiit *^*" ' " des artistes, a dit Barrés.
ROM.'INS MONDAINS lio ,
Ils débutèrent dans la littérature voici une quinzaine d'années, par un conte qui parut dans les Cahiers de la quinzaine. Bientôt, Dingley, Villustre écrivain leur valut le prix Gcncourt.
Successivement, ils donnèrent La maîtresse servante (confession d'un fils de famille qui vit à Paris dans la débauche ; sujet scabreux traité avec délicatesse et La fête arabe, (épisode de l'invasion de l'Algérie p^r les italiotes, œuvre de polémique, peintures réalistes), sans parler de la Tragédie de HavaiJIac (pages voluptueuses) et de leur étude si comiJlMt- ci si cordiale sur Paul Déroulé de.
André Theuriet, (1833-1907), ancien fonctionnaire,, qui a beaucoup écrit et dont les- Livres sont beaucoup l'UuS. Membre de l'Académie française.
Son œuvre entière est « un vaste morceau de campagne », a dit Jules Lem^nître : ses recueils sylvains en vers sont d'un paysagiste consonuné, d'un amant passionné de la nature. Ses romans procèdent de la même manière. Malheure usemejit, ces peintures délicieuises des champs et des forêts encadrent des intrigues qui, sans être jamais physiologiques, n'en sont pas moins dangereuses. On a dit d'un de ses livres, qu*mi jeune homine qui voudrait séduire une jeune fille, n'aurait qu'à la prendre après la lectui^ de ces pages capiteuses. De plus — et ceci ^'^ t pàs moins grave — cet écrivain, toujours parlant à l'àraes comme aux sens, se complaît à représenter ses vilaJmg messieurs et ses mégères comme des dévots et des cléricaux. C'est ce défaut qui dépare principalement La Maison des deux Barbeaux, belle œuvre littéraire, et Le sang des Finoël.
Nous classons au hasard pa.rmi tant d'ouvrages : Le filleul du marquis (situations risquées, dénouement moral) ; Sous bois, impressions d'un forestier
(quatre études, assertions libres) ; Sauvageonne (récit impie d'une confession sacramentelle, scène très audacieuse, -descriptions magnifiques) ; Les mauvais ménages (triste monde) ; La sœur de lait (inférieur); Péché mortel (sujet scabreux) ; Michel Vemeuil (un fils de paysan qui devient professeur ; ses désordres et ses malheurs) ; Bigarreau (5 récits parfois passionnés) ; Vahhé Daniel (un Jocelyn dépoétisé qui entre dans les ordres par désespoir d'amour) ; An. paradis des enfants (pages absolument ignobles) ; Ensèbr Lombard (ravissant, quelques crudités) ; Amour d'automne (passionné, honnête) ; Tentatïion (15 nouvelles, dont plusieurs très légères) ; Cœurs meurtris (bien près de la faute) ; Les revenants (types de vieux garçons) ; Le bracelet de turquoises (très dangereux) ; liaymwide (romance assez honnête, suivie de Don Juan de. Vireloup, moins acceptable) ; Claudette (contes et propos rustii]ues, dont plusieurs passionnés) ; L'oncle Flo (jeu d'ijmour avec le neveu) ; Charme dangereux (très passionné, adultère).
^feuse ; Les enchantements de Jn forêt : L'oncle S< ipion et Illusions favchées (où cependant il représente trop le cloître comme un hôpital d'âmes) sont moins tourmentés : ils peuvent être Ins. aux mêmes conditions que Pages choisies.
JAos de Tinseau, né à Aufim en 18ti, écrivain aristocraticpip. fi l'un des analystes les plus en vogue ilei- impressions et des élégances mondaines. Selon le mot d'un critique, il ensorcelé ses lectrices. Même quand il lui arrive de conter des histoires invraisemblables, son esprit, sa grâce impertinente, son pathétique discret, le ton de bonne compagnie qu'il donne à ses nouvelles légères, pimpantes, romanesques, parfumées, produisent tnniours leur offet magnifique : il m'ensorcèle, ma chèrr
\ >ici les principaux exemples de sa manière : Al a in de Kérisel (peu moral) ; Bouche close ; Ma cousine Pot-au-feu. ; Mon oncle Alcide ; Robert d'Epirieu. ; U attelage de la marquise ; La meilleure part ; Plus fort que la haine ; Sur le seuil (plaidoyer en faveur des couvents) ; Vers VIdéal ; La Chesnardière (pages scabreuses) ; Au coin d'une dot (rarement les mariages heureux sont marqués au coin d'une dot) ; Princesse errante (passionné, utile à ceux qu' peuvent le lire) ; La valise diplomatique (anecdc-tes de salon) ; Le secrétaire de M™<^ la duchesse ; Le secret de Vabbé Césaire ; Faut-il aimer ? Le che. mJr. de Damas ; Bien fol est qui s'y fie (joli recueil); f)uïis la brume ; Un nid dans les ruines (suivi de La lampe de Psyché) ; Les péchés des autres (deux histoires) ; Mensonge blanc (dix morceaux) ; Les étourdrrlcs de la chanoincsse ; La clef de la vie ; Le port d'attache (étrange, diffus, faussement sentimental) ; Sur les deux rires (belles pages de patriotisme, pas pour les jeunes gens) ; Le duc Bollon (sujet déconcertant, tenue morale parfaite) ; Du mouron pour les -petits oiseawr (recueil de nouvelles, d'une amoralité scniriante) ; La finale de la symphonie (histoire spiritTiolle et très sentimentale).
Ernest Tissot (Genève, 1867), critique, voyageur, l-olyglotte et romancier. Ses études et notations de vcyage sont très justement appréciées : Les évolutions de la critique française ; Le drame norvégien ; Le., sept plaies et les sept beautés de Vltalie contemporaine ; Le Monsieur qui passe.
s.'s romans, scabreux et libertins, ne sont guère lus, rî ne sont pas à lire, sauf peut-être Le guêpier ; et Cr qu'il fallait savoir (tableau exquis d'un ménage ■dt' vieilles filles)
IVAX Tourgueneff (1818-1883), écrivain russe qui
ift
conquit la célébrité, en publiant Les récits d'an chasseur, où il dépeint avec émotion les misères du servage. 11 eut la gloire de contribuer, par ses livres, à l'émancipation des seiis de son pays ; persécuté par les u conservateurs », il quitta la Russie et résida longtemps en France, où ses ouvrages très bien écrits, gracieux, poétiques, devinrent très populaires. Il (( appartient, dit M. de Vogue, comme Dostoïevski et Tolstoï, à la trinité littéraire qui règne sur la Russie contemporaine » : comme eux et à la suite de Gogol, il a su regarder en bas, et apitoyer le monde sur la triste vie du peuple russe. Lire : Mémoires d'un seigneur russe ; Scènes de la cte russe ; Les récits d'un chasseur (pour enfants) ; etc.; Pages choisies.
]Mark Twain (Samiel Langhukn Clemens, dit),
humoriste américain, né dans la Floride en 1835, a parcouru le monde et fait tous les métiers. Ses parodies et ses cocasseries sont populaires dans tous les pays de langue anglaise. Nous citons ici, parmi ses œuvres, Le prince et le pauvre (roman historique trèn intéressant, raillerie spirituelle des mœurs de TAngleterre) ; Aventures de Tom Sawyer ; Aventures d? Hack Finn, qui peuvent être lues par tous ceux que ne rebutent ni la longueur du récit, ni les obscurités du stylo.
OcTA^^E Uzanne, né en 1852. Erudit et bibliophile, est surtout connu des lecteurs mondains, parce qu< ses livres font revivre les mœurs légères des tix>is derniers siècles. Il est surtout Tliistorien des siècles féminins, et de la civilisation féminine : Nos coiUeniporaines (parfois scabreux) ; Vingt jours dans le JSonveau Monde (empoignant) ; Contes pour les bibliophiles (grisonnants) : La Ufcomotion à travr ' ' toirc (pour tous).
ROMANS MONDAINS :2-il
Jules Vallès (1833-1885), journaliste et romancier. Nihiliste convaincu, il dirigea contre la société les plus brutales invectives, dans ses romans acerbes, colorés et empoignants : Uenfant (livre impie, brutal, où l'auteur insulte même sa mère) ; Le bachelier; l\Hnsurgé, réunis sous le titre de Jacques Vingiras ; Les réfractaires.
Yvonne Yernon collabore depuis plusieurs années ■I diverses revues, a donné Terres de Lumière (voyaues> en Orient, pages ruisselantes d'imagination) et Claire Maret, roman adultère et libertin.
Auguste Yilliers de l'Isle-Adam (1833-1889), d«scen- 'lant de l'illustre famille de ce nom. Ecrivain très
riginal, styliste remarquable, d'une imagination déconcertante, d'un symbolisme qui touclie à l'hallucination, il semble « avoir traversé ce monde en somnambule, ne voyant rien de ce que nous voyons et voyant ce que nous ne voyons pas ». Com.me Barbey d'Aurevilly, il était croyant, mais un croyant « insolit'..- » et mâtiné de satanisme.
L'amour suprême ; Histoires ittsdlihs : A.icl imman dialogué dont la 4*^ partie a pour titre Le monde passionnel) ; Les contes cruels ; Tribulat Bonhoine' ; LJEve future ; Derniers contes (œuvre postiuune, malpropretés), sont des fantaisies étranges et suggestives ; elles troubleraient facilement les Jeunes imaginations.
Jacques Vincent, pseudonyme de M™*' Dussaux, née Angèle Bory d'Assex (Ecques, 1850).
Aime à plaider la cause des femmes incomprises et même infidèles : La comtesse Suzanne (une femmo mal mariée a le droit de prendre un amant) ; TJr bonheur (morale fort relâchée) ; Misé Féréol Mrtnils libi^es. dénoiipmont presrfue immoral) : Le
covsin Noël (drame empoignant dont Tact ion passe près d'Hazebrouck, une scène risquée) ; Jo' que s de Trévannes (situations scabreuses, idées fanses) ; Le retour de la princesse' ; sont à cet égar<i significatifs.
Vaillante ; Les mémoires d'wne jcane fille sont tout à fait honnêtes.
.Jean Viollis, de sun xrai nom Hemu n'Ardenne de
Tizac, né en 1877, poète et romancier. l*<arnii s<?.s récits . très passionnés, nous <:itons : L'émoi ; Petit cœur ; auxquels est venu se joindre Monsieur le principal 'récit épineux des infortunes d'un principal
de collège).
EugèneIMelchior, vicomte de Vogue, né à Nier, en 1850. Membre de l'Académie française.
L'écrivain a voyagé et il a noté ses obser\,itions avec le talent d'un artiste et la sagacité d'un diploni^te ; ses articles sur l'Orient, (Histoirr d'Orient), la Russie, (Histoires d'hiver), etc., réuni depuis en volumes, ont été très iippréciés.
Ses autres œuvres l'ont sacré apôtre et « condu' teui' dames » : il a mis à la mode le roman russ. le slavisme et l'Evangile. Ct^pendant, les thèses su lesquelles il appuie ses essais' de réveil moral et d rénovation sociale, ne sont pas suffisamment si"ire> on a même été jus(ju'à dire, «pfen loii.nit tour à Um le boudhisme, le protestantisme et l'orthocioxie iniss. .Iles conduisent tout droit à Tindifférence religieuse.
Ses romans : Cœurs russes : Les morts qui par lent (c'est-à-dire les députés) ; Le maître de la mer renferment des pages très lil)res, mais sont bons > moraux... pour les grandes personne.s. Quant à Jeo! dWqrère, on dirait que l'auteur y veut légitimer nn' pnssion illégit;me on vei'tij de l;i -onffr.inr- ■♦ -Im christianisme.
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Charles-Jean-Melchior, marquis de Vogue, cousip du précédent, membre de l'Académie française, est diplomate et archéologue.
MisTRESS HuMPHRY Ward, (Tasmianie, 1851), nièce de récrivain Matthey Arnold, critique, nouvellière et romancière.
Robert FAsmere, qui parut en 1888, (histoire d'un pasteur anglican qui perd la loi au contact du criticisme, et- prêche ensuite un christianisme basé sur la raison pure), eut dans les pays anglo-saxons, un jirmiense succès. Daniel Gricve et Marcclla accusent des tendances au socialisme et à l'émancipation morale des femmes. HelbcclL de Bannisdale est un pamphlet haineux contre la tyrannie de la doctrine « papiste ». ïj'erreur d'nimei' raconte les scandales dune femme romanesque. Carrière d'artiste et Daphnc ou lV mariage à la mode sont des histoires banales.
Parmi ses ouvrages plus récents, signalons : Les mains pleines (ravages de l'or, peu émouvant) ; Georges Anderson 'tableau- des mœurs canadiennes) ; Diane Mallorif ; Sir George Fressadg (montre le pouvoir étrange du mariage sur la \\o ; scabreux).
Pierre Zaccone, né à Douai en 1817, mort en 1895. Romans de bagnes et de cours d'assises : Le roi de Bazoche, etc. Charles Le Goffic, son ami, lui attribue une âme de boucher. '
Romans Honnêtes
qui peuvent être lus sans danger
par des jeunes gens ou jeunes filles sagement formés.
Vuicere in bo)W mal uni.
... Alors que lire ? diront des parents soucieux de la \ Li tu de leurs lenfants, et harcelés d'ailleurs — heureux iparcnts ! — par des demandes instantes, auxquelles ils voudraient donner satisfaction. (Jue lire ?
Louis Veuillot, qui pourtant connaissait « Fabioia », et avait écrit « Corbin et d'Aubecourt », inclinait à en penser que le roman, sans défaut et catholique, n'existe qu'à l'état de glorieuse exception. Nous ne discutons pas cette affirmation de l'illustre écrivain. Nous constatons seulement avec joie, que l'exception s'est depuis généralisée, et qu'après avoir recherché, parmi les célébrités et les succès, des auteurs et des ouvrages honnêtes et intéressants, personne n'a le droit , en stricte justice, de dresser un procès-verbal de carence.
ir y a, d'abord, ce qu'on appelle les romans honnêtes, ou plus improprement, à mettre entre toutes les mains.
On en a dit beaucoup de mal, comme saint François •de Sales parlant des champignons, comme les hygiénistes parlant de l'alcool et du tabac.
Ce sont en effet des romans, c'est-à-dire des œuvres
211) ROMANS HONNÊTKS
d'imagination, et comme tels, ils peuvent, en sliniulunt ou en développant démesurément la puissance de ki ioUe du logis, fausser le jugement, amollir le cœin. anesthésier la volonté, « impersonnalisor » la personu»" tout entière, la désorienter dans la vie, en un mot, occasionner dans le logis même, des désordres dont les moralistes et les prédicateurs ont amplcnuMi! o\ji(>«' '^ détail.
Mais ce sont des romans honnêtes : ils respectent ie bon sens, la grammaire el surtout la vertu... Et s'ils n'échappent pas à tous les inconvénients des livres' dr ce genre, ils offrent, en tant qu'espé^-w ..f hx h vim.,,^ des avantages nombreux.
Ils constituent pour le moins un .saiuianc Urinnii!. ^''est-il pas vrai que dans la vie artificielle du XX*" siècle, le goût et la lecture des romans sont devenus comme un élément hypothètiquement nécessaire ? N'esl-il l)as vrai aussi que leur propagation a pris les propoitions d'un déluge, ou au moins d'un torrent ?
Le torrent passe à flots pressés : les meilleurs esprits en sont sinon envahis, du moins éclaboussés ou menacés. Ce serait folie de vouloir l'endiguer : mais n»'<\ce pas, pour les pionniers des lettres, un devoir v\ nu honneur de le détourner ou plutôt d'assainir ces eaux fougueuses et fangeuses, par des leuvres exquises, des livres d'amoiir honnête, des romans moraux ? Ne s. rait-ce pas un triomphe pour la cause catholique, ti une gloire pour les écrivains consciencieux qui se sentent du talent, d'offrir des productions saines' à tant de lecteurs qui puisent, faute de mieux, à des sources empoisonnées ?
Grâce à Dieu, des auteurs et des éditeurs l'ont compri'^. Alix jeunes gens formés, aux personnes chrétiennes qm désireni des romans, ils offrent de? livres dont la vabnr
psychologique, le gtyle et l'intérêt, ii'out rien à envier à ceux des autres. Honneur à eux I
Cela ne veut pas due cependant qu'un puisse donner à tous les jeunes gens, exclusivement et sans aucune mesure, les romans de cette catégorie. Tous les tempéraments ne supportent pas le tabac et le melon ; nous en connaissons de trop peu aguerris et de trop délicats, qui en seraient gravement incitminodés.
De plus, la plupart de ces livres renferment des détails ou traitent des questions, qui supposent, surtout chez ceux qui les lisent entre les lignes, non seulement un jugement droit et des intentions pures, mais encore une éducation spéciale, l'éducation de la pureté.
« L'éducation de la pureté I » C'est le titre d'un livre écrit par un prêtre des plus autorisés (1) et qui devrait être lu, relu par tous les* pères et mères de famille.
(-'est pour eux, en effet un grand ut angoissant problème, de savoir quand, dans quelle mesure et dans quelles conditions, l'enfant, le jeune hojnme, la jeune fille qui ne savent rien et qui assistent à l'éclosion de l'amour, doivent être instruits des mystères de la vie. Hélas î beaucoup trouvent la question tellement délicate ([u'ils hésitent à l'aborder. Hs laissent aux hasards des circonstances, aux amis pervers, aux scandales de la rue, des spectacles et des lectures, le soin de faire, trop tôt ou trop tard, avec une méthode désastreuse et souvent avec des intentions coupables, une éducation, dont eux-mêmes ont presque exclusivement la charge, dont ils reconnaissent l'a souveraine importance, et dont ils
(i) M. l'abbé Fonssagrives, L'Education de là -pureté (chez Poussielgue) ; M. Edward Montier, le chef des Philippins de Rouen, a fait sur le même sujet un petit chef-d'œuvre intitulé : L'Education du sentiment (chez Lecène et Oudin).
'^iS ROMANS HONNEÏtbS
n'ont pas le cuinagr et la prudenc^j deiiUt'pirnditj; la direction.
Qu'ils lisent donc Toiivrage de M. Fonssagrives, qu'ils pourvoient hardiment, d'après ses données, à l'initiation de leurs enfants : et au lendemain de leurs premières candeurs, quand cette éducation les aura non seulement « déniaisés ». mais instruits et armés ; alors — mais alors seulement - - qu'ils leur confient les romans signalés ci-après, ceux que nous leur recommandons dans les deux séries voisines, et même parfois ceux qui sont destinés aux grandes personnes... Ils auront ainsi fait leur devoir : et ces lectures, dans de telles conditions, n'empêcheront pas leurs jeunes gens et jeunes filles de faire le leur.
On s'étonnera peut-être de voir mentionnés dans cette catégorie certains ouvrages de M. Aigueperse, Z. Fleuriot, Manan, et autres écrivains genre Rostopchine, qui sont habituellement rangés en bloc, « a priori ». et sans résci've, parmi les romans inoffensifs, et donnés à tout venant dans les bibliothèques paroissiales...
Et cependant*?
Les ouvrages de la plupart de ces auteurs sont honnêtes et moraux, souvent même moralisateurs. Ceci est incontestable. Mais leurs récits et leurs leçons conviennentils à toutes les conditions, aux esprits ordinaires, aux personnes du peuple, aux braves paysans, comme aux crens plus instruits ou lancés journellement dans le tourbillon mondain ? Ces livres où il est question d'amour, de mariages, de ménages, et qui peuvent être utiles et intéressants pour les grandes personnes ou les jeunes gens qui se préparent immédiatement à leur avenir, le sont-ils également pour les lecteurs moins âgés ? Est-il à propos de confier à des adolescents trop inexpérimentés des livres comme « Les combats de la vie », où une jeune
ROM.\i\S HONNÊTES ±'i\)
i'ille trois fois combattue dans ses affections finit, après deux cents... pages d'angoisses, par épouser celui qu'elle aime ? et^., etc. Ne serait-il pas au contraire dangereux de permettre de pareilles lectures à des personnes dont l'imagination neuve et le cœur vierge ont besoin d'être formés, dont la curiosité et les sens ne sont déjà que trop éveillés, dont rintelligcnce doit s'appliquer à des choses plus sérieuses, dont la vie doit se passer dans de plus modestes préoccupations, dont les loisirs peuvent être consacres utilement à des récréations plus saines et même à des exercices d'hygiène ?
Quelle que soit la réponse, - - et pour nous el'le n'est point douteuse — c'est rendre un réel ser\ice aux mères de famille et à tous ceux qui ont l'importante mission de diriger les lectures, que de leur signaler, parmi tant d'œuvrcs, non seulement ceHes qui. au point de vue littéraire, sont trop méconnues ou trop louées, mais surtout au point de vue moral, peuvent être ou non. à un certain âge, une occasion de trouble et d'étonnement.
En tout cas, nous avons pensé qu'il y avait dans l'espèce, quelque chose à tenter, et nous avons essayé de fournir, à ce point de vue, d'exactes indications. D'aucuns n'en tiendront pas compte, et « a priori » nous n'oserions les en bl'àmer. D'autres, moins avertis par ailleurs, les trouveront dignes d'attention et s'en inspireront pour se tracer à eux-mêmes ou suggérer aux leurs une ligne de conduite : nous les félicitons.
Amédée Achard (1814-1875), jourrialiâte, draniatiste, puis romancier. Quoique protestant, il a su donner à ses romans parfois répréhensibles un certain caractère d'honnêteté qui explique leur succès. Nous éliminons Marcelle (malsain) ; La Vipère (roman depossession, peu intéressant) ; Droit au. but (fort risqué) ; etc. ; nous nommons Les trois grâces (mœurs bourgeoises bien décrites) ; Le livre à serrures (émou-
vaut, ((uelques mots libres) ; Le Journal d'une hértlière'; Le clos pommier ; Histoire d'un homme ; L'ombre de Ludovic ; et nous laissons à tous : Histoire de mes amis (les animaux).
Joseph Ageorges, écrivain régionaliste. Style délicat et sobre, très près du ijaiier savoureux de gens du Berry que chante ce romancier. Les Plaisantes Dictions de Pierre Pilotât, les Contes de mon oncle Paterne sont des recueils de nouvelles berrichonnes. I.e Deuil du Clocher renferme, à côté de brefs récits et de descriptions, une longue nouvelle qui montre l'état d'une paroisse concordataire à la veille de la Séparation. Une ou deux s-cènes un peu passionnées, un mot cru çà et là empêchent seuls ces livres moraux et honnêtes d'être absolument pour tous.
M"*^ Mathilde Aigueperse (Clennont-Ferrand, 1854)^ écrit surtout pour les jeunes filles, et cherche à leur faire aimer Dieu tout en les distrayant.
Nous citons : La mariée ; Les combats tir la n- .- Les Etapes de Simone, (une institutrice qui se marie avec le père de ses élèves) ; La Fresnaie... (passionné) ; A dix-huit ans (très bien) ; Les joies du célib'ft (faire des heureux) ; La route a des épines.
Les jeunes filles toutes candides liront piuiùî : Main d'enfant, (un peu romanesque tout de même) : Marguerite ; Kerdelec doit, Kerdelec veut ; Le choix de Maura ; Revanche , Marquise Sabine ; Grande sœur ; Son cœur et sa tête ; Le mal du pays ; Cœur d?. jeune fille ; Petite Mouette ; Dernière poupée : Suzel et sa marraine (lettres gaies, exquises) ; Suzel mariée (étude fine et sérieuse).
Pediio-Antonio d'Alarcon (1833-181)1), homme politique, poète et romancier espagnol qu'on a i^pproché de notre Balzac.
ROMANS HONNETES • 2ol
11 a touché à tous les genres et occupé une pi ace cuiisidérable parmi les écrivains de son temps et de son pays. Ses œuvres, tradviites en français, ont obtenu un vif succès. Citons : Lr tricorne (reproduit <l;.ns lej'ejnps en 1877) ; Courtes iiouveUes ; Le jour- II al d'un témoin de la guerre d'Afrique (gros succès de librairie) ; Le fiîial de Norma ; Le scandale (qui fit grand biiiit, pas pour la jeunesse) ; La prodigue. L'enfant à la boule, son chef-d'œuvre, convient aux jeunes <?pjis, ainsi rpie U' précédent et peut-être les ai /très.
Danielle d'Arthez, de son vrai nom M°^ Mathilde Gautier (Tinchebray, 1862), a publié chez Havard, ]. angoisse d'aimer (!) et montré, au moins dans Aux joirs d'épreuve, qu'elle n'est pas très favorable a l'éducation chrétienne. Ses autres romans : Ariette : La femme de mon fils ; Lutter pour vivre ; M"« High- Lïfe ; Les races qui meurent ne sont pas très religieux. Nous les classons ici avec L^' roi du blé : La fin. du rêve (le cœur et l'argent) ; Le flot qui monte Hîmarchie et ses remèdes).
'iABRiEi, Aubray, pseudonyme de G. Audiat, (Sainte-. 18(i3), iils de l'historien et archéologue, pî't>fe<sciir îîu lycée Janson de 8ailly.
Les lettres à ma cousine : L'allée des demoiselles, parce qu'elles sont remplies d'esprit, semées de très fines analyses morales, et illuminées de visions damoiir et de décadence, ne conviennent pas à des ]<( leurs trop jeunes.
(lABmET. ij'Azambuja, ^Marseille, 1860), avocat, un f]r< rédacteur.^ les plus aimés de Lu Croix (Diego), ré- ^l.icteur en chef de La Science sociale.
Comme romancier, il doit figurer en bonne place, patini les jeunes et vaillants écrivains qui, faisant
ZOZ ROMWS HCN.NKTES
do la littérature un apostolat, ont déjà creusé. un profond sillon et semé de bon froment pour les âmes... Puissent U Abdication: ; Trois dots ; Entre cousins ; Un chassé-croisé, produire d'abondantes récoltes dans le champ de l'éducation sociale '
Emile Baumann, romancier catholique doait les quelques ouvrages sont tous « informés » de christianir^me : Vimmolé, histoire d'un âme qui se dégage des passions, les dompte, et après deux chutes, s'élève vers les hauteurs de la vie intérieure ; La fosse aux lions, livre pittoresque et sain qui met en opposition lin père vicieux et ivrogne et son fils dévoué aux bonnes œuvres ; Trois villes saintes, récit d'un pèlerinage de l'auteur à Ars en Bombes, à Saint Jacques de Compostelle et au Mont Saint-Michel, pages attachantes et colorées ; Le baptême de Pauline Ardel, histoire d'une conversioai religieuse dans une famille d'uni versitai l'es libres-penseurs.
Renk Bazin, né à Angers en 1853. Membre de l'Aca, demie française. I^rofesseur à la. Faculté catholique de droit, il ne quitte sa ville que pour voyager le plus possible et rapporter de ses voyages des croquis corrects, élégants et purs. coTume les tablenux dej maîtres flamands du XY^ siècle : Croquis d'Italie; Terre d'Espagne ; Italiens d'aujourd'hui ; Sicile : Croquis de France et d'Orient, etc.
Sc\s iwinans déjà nombreux l'ont placé en (îuelques années au premier rang des artistes et des écrivains chrétiens. Ils n'ont pas éclaté comme des obus ; sans faire de tapage, ils ont suivi leur cours, semblables au fleuve pittoresque, sur les bords duquel ils ont été écrits. Ils ont paru et ils ont plu : car ils valent eî ils s'imposent peu- eux-mêmes.
Ils démontrent victoiieusement que le roman peut être rénlisto ot i7itéress;mt. fout ou prônant sos ins-
pirations ailleurs que dans les milieux tarés, si chers aux écrivains à la mode. L'exquise fraîcheui^ du style, la clarté sereine et puissante du langage, le charme des paysages, la saveur des descriptions, Fiimour de l.i terre natale, la finesse des analyses, en font des œuvres littéraires et artistiques de tout premier ordre.
Et pourtant ces pages exfpiises n'ont l'ien d'amollissant et de fade. Au contraire. Tout en étant atteridrif^santes, elles ne sont jamais sentimentales ni maladives : elles parlent au cœui*. mais leur langage est si français et si chrétien, qu'on se sent, en les lisant, devenir meilleur et plus fort pooi' les combats de la vie, Klles sont réalistes,, en ce .sens qu'elles ont le souci du détail vrai, mais ce réalisme est si heureusement tempéré de poésie l't nourri de leçons, que l'âme qui s'alimente à leur contact, si elle se prend à rêver, rêve d'idéal et de vertu.
Rappelons ses ouvrages : Stéphanctte ; Ma tante Giron ; Une tache d'encre : 3/'"^ (.'orentine ; La Sarcrllc hleue ; Les Xoëllet ; De toute son âme ; La terre qui meurt-; Les Oberlé : L'âme alsacienne : Humble amour ; Paul Henry, enseigne de vaisseau (biographie intéressante pour tou.s) ; Contes de bonne Perrette ; Le guide de VEmpereur ; Récits de la plaine et de la montagne ; Mémoires dîune vieille fille ; Donatierine (pas pour jeunes filles) ; L'i.-olfie (montre dans la personne d'une religieuse sécularisée l'infamie de la loi de proscription, ouvrage hardi que certains ont trouvé chocjnant et inopporiun et que d'autres ont qualifié d'oeuvre vengeresse, infiniment utile... aux grandes personnes) ; Le 'blé qui lève (l'apostolat populaire des jeunes ; scènes ravissantes) ; Le mariage de Mademoiselle Gimel, dactylographe {cinq nouvelles intéressantes) ; L.a baiiriérr (étude forte, apologétique, pas pour tout jeunes gens);
"^5i ROMANS HONNÊTKS
Dur idée Birot, histoire d'une institutrice communale qui se convertit ; œuvre de vrai 'apostolat catholique ; notes trop crues pour les jeunes filles.
ClrABRiET. Béai. Le médecin de Lochnst ; Demisœurs ; Trop petite ; Histoire intime ; Vahhaye : sont tellement tendres et féminins, que nous n'hésiterions guère à les attribuer à... l'autre sexe.
Le marquis Chables-Albert Costa de Beauregard,
(1835-1909), descendant d'ame ancienne fainilh^ it;ilienne. Membre de l'Académie française.
Outre des ouvrages historiques très sérieusement df.cumentés : La jeunesse dv'rni Charles-Albert ; Les dernières années du roi Charles-Albert (tous deux pour grandes personnes) ; Mémoires d'un royaliste (scus la Révolution, pour tdus) ; Un homme d'autrefcis ; etc., il a édité un recueil de récits intitulé Crurtes pages, que nous plaçons ici, surtout à cause de l'histoire d'un « v;mné » : Prcdrstinée (jolie bluett '. pour tous).
Cr'RRER Bell, de son vrai nom Mistress Charlotte Broiîtë, la plus célèbre des trois sœurs-auteurs de ce iiojn (1821-1855). Dès sa quinzième année, sa plume ce mmença à courir et elle ne s'arrêta qu'après avoir écrit une masse énomie d'ouvrages, remanjuables pai la vigueur du style et l'analyse pénétrante du cœur féminin. Jane Eyre ou Mémoires d'un-' instifutrice, qui eut un succès prodigieux ; Shirley ; VHlitte ; etc., ne doivent être lus cependant qu'avec ciicf nspection.
TwûRÈsE Bentzon, alias M"^'^ Blanc, (1840l1897). T.es origines fie cette charmante femme de lettres expliquent beaucoup son œ.uvre. Son père était M. de Salms, ministre de Wurtemberg ; sa mère était française, et sa grand'mère dont eUe a repris le nom
ROMAxNS HONNETES ^255
de Bentzon, était danoise. On retrouve d'ans les écrits de M°^^ Blanc le caractère réfléchi qu'elle tenait de l'hérédité allemande, la vivacité française et la douceur septentrionale. Elle a vulgarisé en France les l'ornanciers anglais et américains ; elle a publié dans 1 ». Revue des Deux-Mondes de fortes études sociales, des articles de critique et des romans.
On lit surtout : Les Américaines chez elles ; Choses et gens d'Amérique (très attachant) ; La grande Saulière ; Un remords : Tony ; Jacqueline (délicieux roman d"amour) ; Double épreuve (recueil intéressant) ; Les Malentendus (d'amour) ; Constance (son chef-d'œuvre ; l'héroïne brise son cœur plutôt que d? le donner à un divorcé).
Contes de tous les pays : Pierre Casse-cou. ; Geneniérfi Delmas ; Yvette (histoire d'une créole) ; Le château de Jiois-Vipérr ; convicnneiit à toutes les jeunes filles.
HoBERT-HiGH Benson, né en 1871, prélat, prédicateur, conférencier et écrivain, frère cadet de deux écrivains également célèbres, fils d'un archevêciue anglican de C.antorbéry. Il s'est converti au catholicisme ei» 1003 : les Confessions d'un converti ont piru en Franco en 191.']
11 est aujourd'hui suii> lunlesle le premier éciivain catholique anglais, et parmi les romanciers contemporains, il occupe un des pi-emiers rangs.
Les' livres* d'e Mgi- Henson ont la fraîcheur et la grf^ce des récits de Bazin ; ils ont de plus la profondeur psychologique des ouvrages de Barrés ; mais il;> sont parfois d'une conception fort hardie, et ils renferment d'ordinaire une idylle d'ans la(iuelle l'hérome est présentée avec beaucoup de détails. Aussi ^jî-elques-uns d'entre-eux, tout en étant d'inspiration profondément catholi([ue. srnit susceptibles d'effaroucher certaines âmes.
Ilbij H O.MANS HONNÈTK^
Son prt'iiiitM- lunuui, Le maître d*- id terre (^tableau-, original des derniers jours du monde) a passionné le public catholique et soulevé de violentes discussons. Celui qui a suivi, Par quelle autorité, roman, historique, est peut-être plus remarquable encore et sûrement moins troublant.
Citons en outre : La vocation de Franck Giù^eleij,. histoire étrange d'un jeune anglais converti qui selait trimardeur pour ramener au devoir une jeune fille dévoyée (pour adultes) ; Les sentimentales, récit d'une cure d'âme (pour tous) ; et trois récits histonques qui conviennent à tous les lecteurs : La tragédieds la reine, évocation de Marie Tudor ; Richard Raynal ermite, vie des ennites au XV® siècle ; L'œuvre du roi, Henri VIII.
Lya Berger, .poète, romancière et critique. Ses recueils de vers, Les pierres sonores et Les effigies, ont obtenu les suffrages dés connaisseurs.
De ses deux romans, L'aiguille use, d'inspiration un peu fataliste, ne convient qu'aux adultes ; La voix des frontières, roman patriotique assez intéressant, renferme un passage trop passionné pour être lu par la jeunesse,
LÉON Berthaut, président de la Société des Sauveteurs, voyageur (jui connaît à fond la vie des marins, bon évocateur dramatique.
Nous citons panni ses œuvres : Les grands sauvtteurs, publié sous le pseudonyme de Jean de la Hève,. (peur la jeunesse) ; Phares et bateaux ; Le fantôme d2 Terre-Neuve (vie des pêcheurs de Terre-Neuve depuis leur embarquement à Saint-Malo, sur de mauvais transports, justju'à leur retour (intrigue sentimentale) ; Le pilote n" iO (héroïsme des pilotes, intrigue d'amour) ; L'absente (roman des capitaines au Jcng cours) ; !.> rrrrjl (roman patriotique, absolu-
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ment neuti-e) ; l.f rrcord fin tour du inunth' .[«onr tous).
Elie Berthet (1815-1891;, ruinaiicier lécoaid, écrivain médiocre et surtout très peu chrétien. 11 excelle à soutenir l'intérêt par des intrigues bien menées et de8 situations dramati(iues.
Systématiquement, il est neutre au point de vue j'eligieux ; occasionnellenrent, il hérisse ses histoires d'? tirades inutiles contre la religion et les religieux.
Parmi ses 100 volumes, nous citons pour cette série : La hète du (W'vaiidan (émouvant, quelques mots centre les moines) ; Le dounnlrr de mer : Le deiniier irlandais ; Le séquestré : L^'iaiig de Pressigny ; Les ilouilleurs de PoUgnies : Val d'Andorre : La mine d'or ; Le sac de la llainée ; l-lrar dr fiohémr : L'œil de diamant.
Four tous : En route pour le Ton 1,1 n ; Les naufragés de Marie-Elisaheth ; Louisette de Plougastel.
Pour les enfants : Aventures de Martin Frispoulet; L'injdnt des tïois : La petite Chaitton : Les petits écoliers : L'expérience de grand' papa.
William Black, romancii^r ano-lais 18.il-1898). Ses œuvres ont eu et parfois charmé un public nom- ])reux : elles mettent en scène de braves gens tran- ({uilles, vivant dans des milieux à la Dickens. Non?
citons pour ccîtc série : .\nna Déresford : Sahina Zemhra.
Henry Bordeaux, (Thonon, 1S70), critique, écrivain de levues, romancier de tah'ut, fei^ent admirateur de l;i tiwdition. peintre passionné de l;i nature.
Parmi ses œuvres, nous réserverions aux grandes personnes : Vies intimes (l'auteur qui excelle à analyser les sentiments féminins, ouvre l;i eiti le^j.nn-
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dan ce amoureuse de certaines nobles et gent€s dames (les trois derniers siècles," nous introduit dans leur logis parfumé et nous fait de la psychologie très fine) ; Amour ru fuite (suivi de L'honnête femme 'el (lu Paon blanc, trois nouvelles très passionnées) ; La ride sans retour ; Le pays natal ; Le lac noir : L'écran hrisr (et trois autres nouvelles- ; bouquet légèrement capiteux) ; Paijsages romanesques (41 morceaux) ; Les Uoquevillard (la solidarité familiale, ou Il lutte pour l'honneur à cause des scandales crun fili^- ; scènes poignantes) ; Les yeux qui s'ouvrent (les difficultés qui surgissent entre les époux, contre le divorce et l'union libre, Jeçons utiles) ; La croisée des chemins (belles description d'une faiblesse passagère chez un homme et son retour) ; Jeanne Michelin (recueil, lamentable erreur de jeunesse) ; Le Carnet d'un stagiaire (nonvelles, pages scabreuses) ; La neiqe sur les pas (l'adultère et son pardon ; glorification de ridée de famille ; le(;ons salutaires pour Ic^ dé^■ové'J : ninisnin poui- lés Ames vriiiTiient chrétiennes
Nous pprmetti'ioiis V(dontiers a (iauli-es, saui (pn^l- ((iies pages où ils ne doivent ])as s'an-èter : La petite Madeinoiselle (elle a été mise en prison pour avoir insulté un agent, lors de l'expulsion des sœurs ; elle \("ut pour mari un condamné... Un jeune homme arrive enfin à mériter la main cfui lui est offerte, en s.» faisant condamner pour jivoir séparé deux ivrognes...!) ; La peur de rivre (où l'auteur combit la prétention de trop de jeunes filles qui ne veulent se marier (jue ])(»m- jouii' et qui ont peur d'une vie de déplacement, de travail et de sacrifice) ; La maison (œnvre d'a[)ostolat et œuvre d'art, ouvrage remarqiiahle ; pour tous, sauf quelcpies mots).
Puisse cet auteur nous donner toujours roccasion «I applaudir «vins réserve à des œuvres de salutaire
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écobuage social. Lo champ est vaste et les ouvriei.-', hélas ! trop peu nombreux !
Henri de Bornier ilH2ô-V.)0\), littérateur et poète, qui a publié des pièces de théàti'e en vers {La fille de Roland ; France d'abord) et des romans panni lesquels on lira : Conrmi'nl on devient belle : Le jeu des vérins ; Louise de \' au vert et surtout La lézardière.
Dans son discours de réceptinn à TAcadémie, M. Rostand lui a i-eproché « d'avoir joué d'une flûte exagérément parthénienne et d'avoir composé des ouvrages un peu trop Rostopchine », comme si le respect de la morale constituait pour un écrivain une. intériorité... N'est-ce pas plutôt une gloire pour de Bornier, d'avoir pu achesser à sa fille cette strfjphe touchante :
Jamais, d'uuf K\ rr flétrie Je n'outrageai, pas même un jour, La liberté. Dieu, la patrie, L'art sévère et le eliaste amour !
Juij:s Breton, peintre et littérateur, né à Courrières en 1827, mort en 190(>. Entre ses quelques volumes de poésies et ses récits en prose, nous distinguons Savarette, sorte de roman des beaux-arts, tableau de la vie d'un peintre enluminé de belles descriptions et de digressions sur l'art, le beau idéal, etc.
La comtesse de Buîsseret, née à Vendôme en 1835, morte en Belgi([ue où elle a longtemps résidé, femme-auteur de sève littéraiie. Jean de Parthenaij ; Ghislaine, mettent en scène des personnages aristocratiques.
]Vlme p. jfe Buxy a fait éclater des qualités sérieuses dans des livres que de bons critiques ont discer-
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JK's, et ([u\ généralement peuvent être lus pur tout le monde : J^es filles du médecin (très bien) ; Lue jeune heUe-mcre (jeu de tennis et puis..', patriotique) ; Le grillon du. manoir (jolis détails) ; Lr/ vocation de Béatrice (bien observé) : Madenioiscllc ; Le mystère dit Froid-Fignon ; La femme du docteur Austin ; Le second mariage (les faux calculs qui amènent le divorce, et les malheurs du second mariage) ; La villa du cœur en peine ; M. le maître de Chatelmont ; Noces de neige (souffrances d'une héroïne) ; Veuve d^ quinze ans (elle croit son mari moH, elle le retrouve) ; Le mari de la veuve (suite du précédent, le mari est réellement mort ! ; etc.) ; La miisférieuse aurore (fort compliqué ; très convenable) ; La marguerite des marguerites (délicieux récit pour les jeunes filles) ; Le lys en otage ; La revanche de Valdéréc (mouvementé) ; Le mariage de minuit (ingénieux, compliqué, irréprochable) ; Une prison dorée (fantaisie moins intéressante) ; etc.
M. du Campfranc, (1846-1908), fille de François- Alfred de Vimont, et mariée à M. Jules Coutance, ancien capitaine d'artillerie. Le berceau de sa fajnille était lo château de Campfranc, près Lisieux ; et c'est du nom de cet antique manoir que notre auteur a fait son pseudonyme..
Elle a composé de nombreux ouvrage.^. :m elle a rf ncontré, auprès d'un public d'élite qui les dévore, mi réel succès, cela tient à l'émotion dramatique de ses récits, à la délicatesse de sa pensée, à l'harmonie poétique de sa phrase, aux impressions émouvantes que dégage toute sa littérature.
Nous recueillons au liasard : Toit de chaume (couronné par l'Académie) ; Jléroïsrne au pays des neiges (la longue et angoissante attente d'une femme, dont le mari est témérairement parti en ballon dans
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4t direction du pôle) ; Hève de femme ; La dot d^ Germaine (un des meilleurs) ; Edith (le devoir avant tout) ; Le manuscrit d^lnès ; La mission de Marguerite : Rêve et réveil ; Les Walbert (patriotique et religieux) ; Le roman d'atic sainte (genre Fabiola) ; .Sœur Louise ; Exil (récit polonais) ; Un vieil hornm' de lettres (un des meilleurs) ; Obéissance (femme .trompée ; le vice n'est peut-être pas assez puni) ; Une bonne affaire (tout d'azur, mal composé).
La princesi&e Olga de Cantacuzène Alfieri porte •de bien grands noms ; niais comme elle y a fait honneur en publiant Le passage d'un ange, ouvrage quT rappelle Le récit d'une^ sœur : Dernières illuslems : Fleur de neige ; Le mensonge de Sabine : Irène ; Resjoonsable ; Carmela ; Tante Agnès (très passionné, passages scabreux V
François Gasale, pseudonyme d^ M"® Elisabeth Schaller. Deux ouvrages délicats : Chanteclair (épi- S(x]o historique et idylle d'amour sous la Révolution) ; La rose du liocage (à la Malmaison, Marise échappe à un odieux mariage avec Napoléon).
Champol, de son vrai nom le comte de Lagrèze, dont tous les ouvrages sont d'un charmeur, d'un psychologue et d'un artiste.
Les jeunes filles bien raisonnables liront : L'argent dv^ autres ; Les points noirs ; Le roman d'un égoïste; Sophie ma plus jeune , Le vœu d'André ; La lune rousse (chaimant) ; Les justes (couronné par l'Académie, magnifique) ; Amour d'autan ; Vheureux Dominique (drôle mais religieux) ; La conquête du bonheur ; I^'homme blanc ; Le droit d'aînesse ; Les Fromentier ; La rivale ; Le mari de Simonne (réflexions qui ne sont pas au point surtout sur le ma-
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l'iage) ; Les flairs (For ; Les rcvenaiih., . . , Alexandrine ; Les demoiselles de Saint André.
Les sœurs cadettes se plairont cei-tainement à lire : Un coup de patte ; En deux mots ; M™'' Melchior ; Noëlle ; Anaïs Evrard ; Le duc Jean : Cadette de Gascogne : L'ifh'ol ///» Voiirlp f'nillott ; Les- dru.r marquises.
Tous les lecteurs se sentiront, en présence de ces livres sains et fortifiants, saisis de respect pour ce (]u^ est vi'aiment l^eau et qui élève l'âme.
Claire de Ghandeneux , 1830-1881), pseudonyme de- SI""'' Bailly, 'née Emma Bérenger, femme et mère d'officiers supérieurs. Ses romans étudiés, bien conduits, intéressants et bien écrits sont surtout consacrés à la vie militaire.
Ceux qu'il ne faut pas confier à des lecteurs trop jeunes sont : (iibonlées de la vie : Le lieutenant de liancy : La tache originelle : Une faiblesse de Minerve ; Sans cœur ; Une fille laide ; Visions d'or : Les filles du colonel ; IJ' honneur des Champavn'ir*^ : Lp mariage du trésorier ; et aussi, quoicpie moins de rései-ve : Uautonriîie d'une femme . croix de Monguerre ; Les deux femmes du m^jor : La dot réglementaire ; La femme du capitaine Avhépin : T^es ronces des chemins ; Secondes iwces . Souvenirs de Bérénice ; Vaisseaux brâlés ; et ceux qui font partie des deux séries intitulées Les mariant .^ militaires et Les mariages de garnison.
Quant aux autres, nous les classerions vol"aussi dans cette catégorie.
(il i Chantepleure, de son \Tai nom Madame Dussap, née Juannk Vîollet, (Paris, 1875). Sa plume fertile ^i délicate a tracé des nouvelles ciui sont beaucoup lues : Ma conscience en robe rose : Le château de la
r}rj}lrssf (pour tous) : Fiancée d'avril : Ihiinr fîi
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fleurs ; Le sphyiix blanc : Ames féminines ; Mon (uni Voiseau bleu (douze contes délicieux, pour tous); L'aventure d'Huguelte (une ingénue qui, en rentrant, >e trompe d'étage, pénètre chez un romancier et, par suite d'un accident de serrure, se voit obligée de passer la nuit là, d'ans un fauteuil !) Le baiser aie clair de lune (superficiel, sentimental) ; La folle liistoire de Fridoline (aventure complexe et passionnée) ; Maleiicontre (romanesque et bizarre) ; La Passagère: (psychologique) ; Le hasard et Vamour (quatorze nouvelles fort sentimentales).
L'auteur obtient du succès en donnant ainsi à ses productions un frottis de piment. Heureux seronsnous, si elle n'en est jamais grisée, au point de de- \enir plus troublante ([u'elle ne l'est déjà !
La Providence Fa obligée récenmient à soi-tir.du domaine des rêves bleus : elle se trouvait à Janina lors de la guerre balkanique et du siège de cette ville. Elle a noté ses impressions dans un livre très agréable, La Ville assiéijre.
Prosper Chazel, parsème ses quelques œuvres de descriptions et analyses sentimentales, jolies comme des fleurs sur un canevas bien apprêté : La haie hlaiiche (trop passionné pour jeunes filles) ; Histoire irun forestier (pour tous).
WiLKiE Gollins (1824-1889), dramaturge et romancier anglais, ami de Dickens, dont il a le charme et l'intérêt.
Citons parmi ses œuvres traduites en français : (yiche-cache ; Cétait écrit ; Les deux destinées ; La femme en blanc (le plus célèbre) ; La fille de Jézabel Cpeu moral) ; Uhôtel hanté ; Je dis non ; M"« ou .1/™^ ; La nier glaciale ; La morte vivante ; Pauvre Lucile ; La pierre de lune ; La piste du crime ; Le secret ; qui, à cause de leur intrigue dramatique et
compliquée, ne conviennent pas aux jeunes filles ; Mari et femme ; Sans nom ;. qui ne doivent être lus ffue par des personnes raisonnables.
I.e Père Luis Coloma, jésuit-e espagnol, né eai 1851, fil:-, d'un riche avocat de Jerez. Traversa la marine, le droit et la vie mondaine, avant d'e se consacrer à la \ie religieuse. Il ne s'était fait connaître que par de courtes nouvelles, ]ors([u'en 1890, il publia dans « Le Messager du Cœur de Jésus », de lîilbao, sous le titre de Bagatelles, un livre qui fut considéré comme un événement littéraire, politique et mondain, et souleva des discussions passionnées.
Dans ce récit vivement conté où s'agitent des personnages d'un relief saississant, le romancier-missionnaire flagelle les vices du Tout-Madiid, où l'on traite volontiers de riens, de peccadilles, de bagatelles, l'immoralité élégante, parfimiée et spirituelle. Ces ])eintures vigoureuses respectent toujours la pudeur, di* l'auteur dans sa préface ; l'innocence ingénue et sainte qui ignore tout, parcourra ces pages sans ■comprendre ni chercher entre les lignes et cueillera la rose sans songer au fumier ; que si elle le flaire et le découvre, c'est que ses yeux n'étaient point aussi clos que tu l'imaginais... ; que si par malheur, le remède se change en poison, il ne faudra accuser que le malade et non 1<' nK'decin. r.ir suivant le mot d:i poète :
Du même splendide œillet Orgueil de nos jardins.
L'aspic distille son venin T.t l'abeillr son miel.
H-ENiu Conscience, (1812-1876), écrivain flamand, dont les œuvres ont été traduites en plusieurs langues. Nous croyons que ses nombreux romans ne doivent pas généralement être mis sous les yeux de
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lecteurs trop jeunes : ils sont moraux et honnêtes, iriais ils s'inspirent trop, peut-être, de cette maxime attribuée à G. Sand : « Le premier devoir dli roman, c'est d'être romanesque )>.
François Goppée, le grand poète, auteur dramati- -jue et conteur. Membre de l'Académie frai^çaise. \é à Paris en 1842, d'une famille chrétienne, il eut dans son enfance, «( la piété sans la foi ». « La crise de l'adolescence et la honte.de certains aveux » le jetèrent dans l'indifférence ; il en sortit en 1898, sous l'action de « la Bonne souffrance », et il a vécu courageusement, « dans la prière, et dans la lutte » (1) pour la vérité rp]i«?ieusf' Pt l;i Patrie française, jusqu'en 1908.
Au point de \ ue litturaiie, il a abordé pres({ue tons le.i genres :
Ses œuvres poétiques surtout, révèlent des qualités maîtresses de cœur et d'esprit ; l'amour des humbles et des fiers, le sens de l'exquis, la bonté et la sincérité. Certaines d'entre elles recèlent malheureusement des fleurs, cueillies dans les « jardins du Tendre », qu'on ne peut pas regarder sans rougir.
Son théâtre compte une douzaine de pièces en vers : Le passant (un acte, guitariste et courtisane) popularisa son nom. Viennent ensuite : Fais ce que dois (patriotique) ; Le Luthier de Crémone : Les Jacohites ; Severo Torelli : Ponr la couronne (un peU' sensuel) : etc.. et antres, qui no sont pas pour la jeunesse.
En prose, nous signalons, outre ses Contes, etc., [ui ne sont pas à lire, La bonne souffrance (série d'articles admirables, édifiants, où l'auteur expose,
Ci) C'est le titre d'un recueil de poésies dont les vers, dit J. Lcmaître, sont d'un bon citoyen, d'un lion chrétien et d'un on poète, tous trois harmonieusement unis.
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avec la simplicité et rhuniilité d'une âme natuieJJement chrétienne, les phases douloureuses et consolantes de sa conversion, à lire et à taire lire) ; Conte.i -pour les jours de fêtes (délicieux, inspirés par la foi, la charité et le patriotisme ; à peu près pouitous) ; Souvenirs d'un parisien (pour grandes personnes).
Malgré ses défaillances regiettables, nous plaçons ici, chez les <( jeunes», ce sympathique écrivain, parce que ses œuvres saines et son action courageuse, et, malgré tout utile, font de lui, à beaucoup d'égards, un « maître » pour la jeunesse catholiijue.
M'"^ AuGusTis Craven, ^1820-1891), -née Pauline de la Ferronnays, dont les romansi, autrefois pul)Iiés par Le Correspondant, sont encore beaucoup lus par la jeunesse féminine... Elle est dans toutes ses œuvres, romanesque, Jyrique et un peu exaltée. (( L'amour vu à travers ses œuvres, écrit un homme du monde, est un sentiment à la fois désjntéressé. affolé d'idéal et comme dématérialisé, dont l'existence offre, à la vérité, fort peu d'exemplo*^ •♦ '■•■■ n'est pas sans danger ».
Sous le bénéfice de cette observation, nous classi-'iis dans cette catégorie, outre ses Jiiographies : Réminiscence ; Travail d.une âme ; tous ses ouvrages : Aline Séverin ; Eliane ; Vleuranqe ; Les Valhriaul ; Hécits d'une sœur ; I^e mot de Vénigme ; en notant que ce dernier surtout appelle des réserves.
Philippe Darlow, die son vrai nom Henri Doutant,
auteur de nombreuses nouvelles et deux romans dramatiques, souvent reproduits par les journaux : La
maison des quatre us : Jji finnr.'r du T —:' ■ '•7rault.
Camille Debans, né près de Bordeaux en 1834. a
publié des articles de journaux et de nombreux ro^ ninns : Le baron Jean ; Les drames à toute vapeur ; Histoire de iS préteiidiis : Histoires de tous les diables ; etc.
M"^*" Emilie Delaunay du Dezen (Paris, 184G). Mlle France ; Marie de Sancenaij : Le retour, que nous plaçons ici.
Les chagrins dWrlette : Sœur aînée ; La fille du Jirahmane ; Uoncle Kaiser : La petite Gita : qui peuvent être confiés à tous.
- PoL Demade, fComines, 1863), auteur ibelge dont nous recommandons Ame pHncesse et Contes inquiets.
Ch.\rles Deslys (Charles Collinet, dit). Un enfant de Paris, né en 1821. Chercha sa voie un peu à Taventure, au théâtre où il remplit plusieurs rôles, dans rhistoire où il échoua ; il finit par se fixer dans le roman et la nouvelle, et mouiait en 1885, en laissant une ciiKjuantaine de volumes.
Comme Dumas, dont certaine critique a voulu en faire un héritier, il a écrit vite, trop vite même, et il -.i été en son temps avidement lu. Beaucoup de se.- livres sont un peu négligés maintenant, comme tous ceux de la littérature facile : on les trouve pourtant dans certaines bibliothèques, à l'usnge des pers(mnes d'un certain âge.
L'héritier de Charlemaqne ; llécits de la grève (t.iltleautins normands, couronné par l'Académie) ; Les Buttes Chaumont : La balle d'féna ; Maître Guillaume : Le canal Saint-Martin : Courage et dévouement (recueil de nouvelles) ; Grand'Maman ; Loi de Dieu : La mère aux chats : sont inoffensit's ou à peu ■près.
L'\^ bottes vernies de Cendrillon (bluette, sa pre-
2t>8 l^OMANS HO.NNÈTES
luière œuvre) ; Les compères du roi ; Les 47 an. s de Marthe ; L'aveugle de Bagnolet ; La fille à Jacques ; L'oncle Antoine (écrit quelques jours avant sa mort) ; doivent être luj* avec circonspection.
Quant à La marchande de plaisirs et autres, ils ne doivent pas figurer dans les bibliothèques de famille.
Vincent Détharé, jeune écrivain qui figure avec honneur parmi les bons romanciers avec T>'rrr iii>nvelle, etc.
Charles Deulirr, de son vrai nom M. Charlema-
gne, né et mort à Condé-sur-l'Escaut (1827-1877). Successivement professeur à Paris, journaliste, romancier, et émule de Perrault, de Nodier, d'Andersen, se mcntra partout un esprit studieux et cultivé, un habile et patient écrivain, amoureux d'élégance et de distinction. Ses ouvrages dépeignent avec un ai't chaiTnant les bcmnes et originales choses de sa province : Contes d'un buveur de bière (si hautement appréciés par Sainte-Beuve) ; Contes du roi Gavihrinus ; Histoire de petite inlle (à Condé, toujours) ; Chez nos voisins :' Chardonnette (histoire d'amour, une scène libre).
Charles Dickens, (1812-1870). Après une jeimeee© besogneuse, il se fit le fils de ses œuvres. Le succès répondit à ses efforts : il acquit bientôt la richesse en mèn)e temps que la popularité et devint, par ses livres, l'un des iiommes les plus influents de son pays. Sa finesse d'observation, ses peintures de caractères, ses tableaux pleins de vie, sa verve humoristique qui jaillit à chaque ligne, assurent •• -"*^ ouvrages une notoriété du meilleur aloi.
Il n'est jamais immoral. Cependant ses romans ne doivent pas être confiés à des lecteurs trop jeunes ; les qualités littéraires qui en font l'intérêt leur écliap^
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peraient et les scènes d'amour dont ils sont hérissés, les troubleraient bien inutilement. Nous ne ferions exception que pour les classiques Nicolas Nick-^ leby ; David Copperfield ; Cantiques de Noël (son chef-d'œuvre) ; Le marchand d'antiquité s J
Nous citons en outre, parmi les plus belles créations de ce génie anglais : Pickwick ; Olivier Twist ; liamaby Hudge ; Le grillon du foyer ; Les carillons , /.;/ hataille de la vie ; Le possédé ; Aventures de Martin Chuzzlewit ; La petite Dorrit. Lire- aussi Pages choisies.
BezVjamin Disraeli (1801-1884), l'une des plus curieuses figures de l'histoire anglaise au XIX^ siècle, fils d'un libraire, littérateur, économiste, diplomate, homme d'Etat, s'imposa à tout un peuple et fut créé pair ave-c le titre de comte de Beaconsfield.
Ses romans ne sont guère connus que des « dix milles du high-life » ; on trouve ixjurtant dans nos bibliothèques catholiques Lolhair et Syhil.
Roger Dombre, de son vrai nom M^^^ sisson, a publié une multitude de nouvelles et de romans très attachants, originaux et pétillants d'esprit.
La plupart sont à classer ici : Une pupille gênante ; Les empaillés ; La maison sans fenêtre ; Ln doctoresse ; M"« d'Y près (romanesque, mais noblo) :. Frondeuse (enfance et jeunesse d'une) ; Cousine liaslileu ; La perle des belles-mères (un petit chef-d'œuvre) ; La garçonnière ; Un cendrillon nouveau siècle (charmant) ; Au vert ; La fille de Vanarchiste (belle donnée d'un dévouement héroïque) ; La petite don Quichotte ; Ma petite belle-sœur ; Mariage d'ours : Lliomme debout : Cousine sans gêne ; Brimborion ; etc.
L'arche de Noë ; La bonne d'enfants ; Un. chien aw
-.0 HD.MAN.S HONNEIKS
-couvent ; Lliommv (bi phare, : Isola ; L'enfant à fn Louve ; etc., conviennent mêni-e aux enfants.
Mario Donal, cache le nom de Marie Chamfoon
et recommande à la sympathie des lecteurs quel(|ues bons petits livres : Le chemin de la foi ; La princess'^ \f}/stèrr. : Bancunr : Terre promise ; La belle et i hôte.
Lt-cien Donel, pseudonyme de M. Lucien Jouve, né en 1850, aumônier du lycée de Châteauroux, collniiorateur du Mois, de la Hevne des poètes, de la /.' rue artistique et littéraire, etc.
11 fit ses pr-emières armes au Musée des Fa7nille.<f. à l'époque où Henri de Rornier, Eugène Muller et Willy y tenaient si brillamment les premières plaf.es. Deux livres de nouvelless^(/)erart( Vâtre ; Covi chr.) en sortirent, qui furent suivis de quelques T' m.ans : VAuqure (contre les mariages consanguins) Par les seîifes et les rires : Le chardon bleu (magnificfues deiscriptions, sentiments réconfortants) ; Pilleurs d'aviour (une jeune fille mariée à un aventurier diplômé et outrageusement délaissée).
Ces ouvrages nous pei mettent de saluer <?n Lucien Donel un émule des écrivains ipii dirigent de nos jours la renaissance de la littératui'c rehgieuse ; il^ prouvent une fois de plus que Tart et h\ foi ne soi pas ennemis, et cju'il est possible d'initier la jeunesan culte du beau sans lui faire renier celui de 1
Vf'ltU...
CoNAN Doyie, (Edimbourg. 18r)9\ médecin et écrivain, qui a parcouru les mers ai'ctiques, l'Africjue et l'Asie. Ses romans de policiers et de cambrioleurs où revient l'extraordinaire Sherlock Holnie.s ont soule\»' 1*^ plus vif enthousiasme chez les anglo-saxons. €• aventures sensationnelles, curieuses plutôt que tra-
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giques, ont été représentées au théâtre en 1907 ; elles ont, paraît-il, u intéressé doublement le public et infinement la caisse ». A la lecture, elles finissent par •être monotones. Comme portée sociale, elles valent Gaboriau et Polichinelle.
Pai'l Droz, père de Gustave, le conteur. Ses Lettres d'un dragon sont un modèle du genre et peuvent procurer une sain-e récréation aux jeunes genis.
Henri Druon, (Le Cateau-Cambrésis, 1859), bon écrivain dont nous citons, outre Vhistoire de Véducation des princes de la viaisoti des Bourbons de France (ouvrage de grande valeur historique) ; deux romans intéressantvs : La jeunesse du Doyen ; Mi<'hrj Rr, s chine.
Adrienne Duhamel, de son vrai nom Madame Rogron, succéda à M"« Thérèse Alphonse-Karr dans Li. direction du Conseiller des familles. Elle y publia de gentilles nouvelles et collabora entre temps à plusieurs pérodiques estimés... Elle n'a repris sa plume alerte, fine et gracieuse que depuis quelques ; innées et nous a enrichis de ([iiel((ues romans psychologiques : Irréparable faiih' ; Le rhoi,T de Siizanne.
Roger Duguet, journaliste, romancier au talent souple et vigoureux. La Folie-Maurofi, description un peu troublante d'un ménage troublé, ne convient paiS à tous. Après Voption : La paarrr paroisse ; Jean Chonan ;" U amazone blanche : Au drapeau, sont littéraires -et très intéressants.
Y\()N\E Durand, romancière qui a publié quelques oeuvres agréables : La Petite Gratienne, histoire d'une orphelin^e de village ; Le bonheur accessible ; Les Abeilles, recueil de contes. L'auteur a une con-
dl'i ROMANS HONNK'I'KS
ceptioJL de Ja vie tuut a fait chaiiiiaiite : e.le < n. i : tera les jeunes filles des usines et clés champ>
Georges Eliot (1810-1880), pseudonyme de M"'^' .1. AV. Cross, née Anne Evans, l'omancière anglaise. Elies'est placée au premier laug des écrivains de son pays ; en France où elle jouit d'une notoriété méritée, on Ta rappiochée de liour^et. (le (loiiscience. de G Sand.
Adam Bède (son ciiel-d (jeux le, histoire d'un charpentier) ; La conversion de Jeanne (roman prêcheur, peu intéressant) ; Le moulin snr la Floss (mœurs champêtre^) ; Scènes de la vie du. Clergé ; SHus Marner (histoire intéressante d'un tisserand) ; Les tribulations du Révérend Barton sont délicieux à lire. Malgré leurs idées positivistes empruntées à Strauss et Stuart Mill, malgré ce que l'ignorance de Jésus-Christ laisse d'inachevé dans son évangile do bonté, ils peuvent être mis en bonne place dans lejs bibliothèques des gens du monde. Ce sont des tableaux d'une vérité saisissante et finis comme les peintures de Memling.
Les Pages choisies, ne sont pas pour les tout j» unes gens, à cause de ({uelques passages.
Erckmann-Chatrian, nom de deux auteui*s qui collaborèrent jusqu'en 1889. Le premier a vécu de 1822 à 1899, et le second de 1826 à 1890. Ils se sont rendus célèbres par des nouvelles ciiampètres, des romans de mœurs et surtout (lo^^ romans historique-^ eî poétiques, qui ont pour l)ut de dramatiser !♦• d^ la guerre.
Nous citons parmi les plus populai Fritz (idylle alsacienne, passages déistes) , ilistuuc dnn conscrit de 1S13 : Watrrloo (suite du précédent, tous deux presque irréprochables) ; Histoire d'un homme (lu. ponplr fpns de foi. impression pln*n» ♦'•"'-
cheuse) ; i.r Ikihh/ iin -riil îi';iiî cniitic l;i i-eli^'ion) ; Contes ros(jie7is ; Mfiilrc Ddnifl Itoch : Juif PoU:fuiis ; .U™^ Thérèse (thèse en faveur des Droite <\c l'homme et de la Répiihli(iiie sociale) : /.'' blocus , L'invasioti : Contes piiitdstiques (14 récits dont plusieurs sont ])eu l'éservés) ; Contes (Vun joueur dr clarinette (trois contes, jieintures dégoûtantes, |>i<ipos égrJUards) ; Maitre Caspard SLv (mauvais) ; l.rs deux frères (préjugés antireligieux V
L-es œuvres d'Rickman-C^hntrir, n ont eto sévèrement jugées pni' certains criti(iu{!s ; telles sont intéressantes, (iuoi(iue peu littéraires ; m.iis elles sont traversées d'idées.dérnagogi([ues, antimilitaristes, et parfois anticatholiques, et de ce fait, elles ont pu exercer, chez les nombreux lecteui's des biblinthècjues scolaires et publiques, une fâcheuse iidluence... Auvssi, ne doivent-elles être lues par Jcs jeunes gens ((u'avec une extiême réserve.
Victor Favet, un aiiôtre (jui met -on beau talent d'écrivain au service de s;i foi leligieuse. Deux romans : Mieux que rcnnour : Et puis uprès "> Le premier montre ((u'au dessus de rainoni-, il y ;i le dexuliet la soumission à la loi divine ; le second uiet en lumière l'impuissance du boiiheui- humain' à i»atisfaire une âme faite pour linfmi. Tous deux sont pleins d'entrain et de naturel ; ils intéresseront les lecteurs qui connaissent l;i \ie.
riAHHiFT. Ferry 'Loris de Bellemare, c(Minu son- le iKjm de), littér;iteur et vi^yageui- Irajiçais, né en 1S(M), mort dans ui)e expédition maritime en 1852. l-ils liin négccîiant, il passa sept ans au Mexique.
Ses huit volumes : Costal Vi>:dieïi : l.r coun'iir ih's hois : Lu clairière du bois des llixjues : Scènes de ta vie saueuije ; Scènes de lu rie niil/hiiie un Mexique : Les e.t^idoils de Martin Hoberl : Lis urentures
-i. t ROMANS HONNÊTKS
du capitaine llupcrio Castanos au Mexique ; Les étapes de Hameau ; etc., constituent une épopée du désert, attachante au plus haut point, mais que le» mères ne peuvent hre devant toutes leurs filles, en raison surtout des préjugés antiieligieux de l'auteur.
Pail Féval, né à Rennes, en 1817, mort en 1887. Pai'ti pour Paris à Tinsu de ses parents, dès Tàge de 20 ans, ils se signala à Fadmiratlon du public par Le Icup blanc et surtout Les mystères de Londres. Depuis il composa avec une facilité qui tenait du milacle, une foule de romans, dont plusieurs, tel Le Bcssu, portés à la. scène, se jouent encore aujourd'hui. Converti en 1876, à la suite de revers de fortune et sous l'influence de sa femme, il racheta à ses éditeurs ses 200 ouvrages et eut le courage de les corriger, pour en faire des éditions catholiques. Malgré ces retouchées, des négligences de style et certains défauts de composition, ses récits bretons et ses grands feuilletons qui se distinguent par une imagination exubérante, une sensibilité vibrante et la maestria de la mise en œuvre, restent au ]>remi«'r rang des romans chrétiens.
Il y en a pourtant ijui, n'ayant pas ete corriges, sont bannis des bibliotluM|ues chrétiennes. Citoiiis : Les amours d(\ Paris : Aimée ; Annetie Lais : Hoiirhe de fer ; Les deux femmes du. roi ; Le drame de Il jeunesse ; Le fils du diable ; Le secret des habits noirs, en 3 parties ; Jean Diable : Le jeu de la mort: yjmfs (-JI /j/^^. . f(,^ mystères de Londres ; Amovrette ri Marie {La prorince à Paris) : Le roman de minuit: T.i' Inche rouge : Le volontaire ; La fabrique âc crinn-s : La cosaque ; Les belles de nuit ; La chambr* (1rs amours : Le mari embaumr : Lrt. pécheresse : e!i un mot tous ceux qui font ])artie de la collection Pentu, Favard
ROMANS HONNETES '2 r-}
Il en est quelques-uns qui ne conviennent qu'aux personnes d'âge raisonnable, tels que : Le Bossu ou, le petit parisien ; Le capitaine Jantôme ; Les filles (le Cabanil (suite du précédent) ; Talavera la Heine; L'oncle Louis ; Contes bretons ; Le capitaine Siinon (contre le duel, point de départ un peu scabreux).
Les suivants peuvent être mis entre toutes les mains : Les étapes d'une ci.nveision en i parties : La mort cVun père ; Pierre lilot (vie et conversion (l'un ouvrier, magnifi(iues considérations sur le Sacré-Cœur) ; Première communion (effets de la religion sur le caractère d'un enfant) ; Le coup de grâce ; Anne des Iles ; Corentin Quimper (récit en style de matelot) ; Contes de Bretagne ; Corbeille d'histoires ; lîomans enfantins ; Veillées de familles ; Veillées de cacances ; Jésuites ; Les dernières fées ; Fée des grèves ; L'homme de fer (suite du précédent, maria- ^e) ; Poissons d'or ; La châtelaine de Berthor ; Merveilles du mont Saint-Michel ; Le chevalier de Kératnour ; Douze femmes...
Quant aux autres (une quarantaine), ils doivent être classés dans cette catégorie. Ils figurent presque 1cus dans l'excellente collection corrigée, qui vient d'être éditée chez Ollendorff, et que nous recommandons.
Pat'l Féval, fils, né en 1860, a publié une quantité d'ouvrages, qui, au point de vue catholique, sont plutôt inquiétants. Nous citons :
Parmi ses romans historiqu-es : Le parc aux Cerfs.
Parmi ses romans de cape et d'épée : Chasse aux traîtres ; Le serment de Lagardère ; Le fils de Lagardère ; Les jumeaux de Nevers ; Le fils de d'Artagnan.
Parmi ses romans de mœurs -et d'amour : Le loup rouge (amour d'une détraquée pour un criminel) ;
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Lr fau.r frcrc (coupable amour et captatioii <!• imtuiie) ; Fille de çiéuéral (pins lioiiriète) ; Uenfanl de la Noire (inconvénients du jeu) ; Le testinnent à surprises (histoire bouffe d'une famille de ronds-de-cuir); La. fabrique de crimes (parodie du roman criminel) ; /'/' amour de belle-mère (scabreux, inceste, adultèie) ; Les nuits tragiques (assez honnêtes) ; Secret mortel ; Le livre jaune (histoire d'un vieux cœur) : Le témoin du crime (récit d'une erreur jyidiciaire) : La fille de l'ouvrière (roman d'amour) ; Le collier souiflant (vendetta) ; lîarbe bleuet te ; Les sœurs Piymyonne :. Maria Laura 'canaillei'ieis d'un francmaçon) ; Madame Honvaret (licencieux)'; etc.
Parmi ceux (pie tout le monde peut lire : Le dernier T^aird : L<i dette de V orpheline ; L^écusson dr Kergolack : Le criine du jaqr : La trombe de fer (un des meilleurs) ; La providence des camps : La fiancée du corsaire : Llnvention maudite (la pou- <b'e) ; etc.
ZENAïmo Fleuriot, née à Saint-Brieuc en 1829, nioi-tt en 1890. Ses quatre-vingt-trois ouvrages, pleins de finesse et d'entrain, sont toujoul'ïs beaucoup lus, surtout par les jeunes filles. « L'Ami du Clergé » a fait obsei'ver justement que, si cette rj)mancière avait été immorale connue G. Sand, elle eût été célébrée com- II If 1111 0 femme de génie ; mais elle fut chrétienne, réclame, presque exclusivement faite par des iitiMiits bon leva rdiei-s, l'a ignorée et laissé ignorer.
Nous citons parmi ses œuvres, celles qui, tout en étant très morales, conviennent surtout à cette catégorie : Ce pauvre vieu.r : Marga (suite du précédent) ; Le chemin et le but : La Glorieuse : Tiengale ; Marquise et pécheur ; .\otre passé ; Une pa^ risienne sous la foudre (uii des meilleurs) ; Yvonne Coëtmarvan (pour personnes instruites) ; Une année df la vie d'unr iemme : Une chaîne invisible.
A noter qu'un ceitain nombre de ses livres renferment des descriptions de fêtes mondaines, dont Yiibcndance et Téclat poun-aient inquiéter des personnes peu instruites et les gens de la campagne.
Mahv Fioran, pseudonyme d'une dame distinguée, née à Abbeville, où son pèi-e était magistrat, femme auteur, ([ui fait preuve, dans toutes ses œuvres, d'un talent vraiment littéraire, nourri d'intentions bienfaisantes. Sps roîunns de sentiment soTit beaucoup lus :
Chimères (publié par le Conc.spondcnil) ;> Daniel Leva ; Un an (Vépreuve (couronné par l'Académie) ; L'institutrice des Chanfepot : La destinée de Jacques : Bonheur méconnu ; Carmenecte ; La faim et ta soif ; Le mariage de Clément : Adoptée ; Orgueil vaincu, (couronné par TAcadémie) ; Dernière cartouche ; y> plus riche ; Tentation mortelle : Maman Cendrillon ; Héritier ; Mademoiselle Millions : Et^^r. ■ne! sourire ^dî'une femme sentimeiitale qui aime un officier et qui s'est résignée à épouser un homme sot et grossier) ; Consins germains (ils croient Titre et ils s'aiment ; ils découvrent enfin, qu'ils ne le sont pas) ; Femmes de lettres (récit agréable) ; Coupables ? (danis La Croix du Dimanche) ; Mytérieux dessein (romanesque) ; T^e quel V aimait ? (romanesque, délicieux) ; En secret.
Nous citons pour les entfants : Sœur jumelle ; Tirvanche de Marthe.
Et pour mémoire : Nouvelles, chroniques et articles publiés dans .de nombreux périodiques ; trois comédies pour la jeunesse, publiées sous le pseudonyme de Tril.
Charles Foley, né en 1801, écrivain de race qui a attiré l'attention sur son nom, par ses nouvelles •et critiquées, publiées dans VEcho de Paris.
Ses romans : Fleur (Vombre (histoire d'un roi ci ■ . tre-mer qui ne délaisse pas tout à fait l'humble fleur qu'il cultive à Paris) ; Risque-tout ; La course au mariage ; Tuteur ; Uanneau fatal ; Bonheur conquis ; La demoiselle blanche ; On tue dans Vombre ; Li Petit Décaviéroii ; La dame aux wiUions, sont trop teintés de réalisme ou de gauloiserie pour être recommandés à tous : ils sont cependant très aerréal^les à lire.
Nous ne recommandons ici (jue Lu //r.vor ait us le.s ruines (duo d'amour, argent ; roman gai) ; Fiancer de printemps (idylle très chaude) ; Guilleri-GuiUori'^ (pittoresque, délcieux) ; Vendée (pages tragiques et touchantes, recueil de vingt-deux nouvelles) ; Le roi des neiges (La Scandinave au XV® siècle) ; Cœur de roi (Hermine) ; Les înauvais gars (honnête) ; L'écrasement (beau roman du dévou-ement) ; Jean des Jirumes (épisode de l'histoire des Chouans, pour t(.'us)); Kowa la mystérieuse (captivant, pas pour jeunes filles) ; Histoire de la reine de Bohêmr -^ -f ses sept châteaux (fantastique).
Victor Fournel (1829-1894-), écrivain cxitholiqu^ et fm lettré, partagea son esprit entre les travaux d'érudition et de critique, et des œuvres d'imagination. Nous mentionnons ici : L'ancêtre (critique de la société actuelle) ,'La confession d'un pèrr ''--'^piiv ...t sans intrigue amoureuse).
Au pays du Soleil ; Vacances d'un touriste ^yoyngec; en Espagne, en Italie, en Egypte, charmant) ; Vacances d'un journaliste ; Voyage hors de 7na chambre (Danemark, Suèdie, Hollande) ; Les cris de Paris ; peuvent être lus par tous. Maman Capitaine produirait plutôt une impression fâcheus.'
. Roger des Fourniels. l^n écrivain qui a con^-cience d? la mission ({u'il remplit. Pamii ses œuvres, nous
réserverions pour les grandes personnes : Les microbes ; La tâche sanglante ; nous plaçons ici : Le gros lot ; Cœur de père ; et nous offrons aux plus jeunes : Vhomme au manteau noir, les autres romans édités chez Gautier, et les Aventures de Bradizeck.
Jeanne France, de son véritabl-e nom M™^ Gabrielle Gomien, directrice de France Semeuse.
Parmi ses 60 volumes un peu hâtifs, généralement honnêtes, romans, nouvelles, pièces de théâtre, signalons seulement quelques-uns de c^ux que l'auteur destine à la jeunesse : Pour être riche (vise à effrayer les jeunes filles qui veulent avant tout un mari riche); Un héros de 16 ans ; Une française ; Le mystère d'un vieux château.
Gustave Freytag (1816-1895). Romancier et auteur dramatique allemand, il fut Tinterprête et l'oracle le plus autorisé de la bourgeoisi-e de son pays. On lira de lui, le roman Doit et avoir, en 3 volumes.
Paul de Garros, (Châteauneuf-^ur-Cher, 1867), feuilletoniste dont la plupart des œuvres sont honnêtes ; Le secret de la mendiante ; La revanche de Vhonneur ; L'orgueil d'une mère ; L'héritage de Thouarec ; Une d'elles (peu intéressant) ; La plus heureuse ; etc.
Mistress Gaskell (1810-1865), romancière anglaise, fille et femme de pasteur. Les jeunes gens pouri-ont lire, malgré leur âpreté : Amour du Sofa : Nord et Sud ; Cronford ; Mary Barton (ce dernier avec précaution).
M™*^ de Girardin (1804-1855), née Delphine Gay,. grande dame du monde, qui fut traitée en reine par les écrivains de son époque. Ses poésies, ses œuvres
'280 ROMANS HONNKTKS
(hainatiqueis et ses romans : Le lonjnon ; La canne dr M. de Balzac : il ne tant pas jouer ai^ec la don- Unn- ; Conter d'une vieille fille à ses neveux sont piiitôt des « jongleries de virtuoses » que des pré- ^tnts... royaux. Nous ne les recommandons pas.
Andrk Godarci, j-omancier à l;i mode qui s'est con- \erti il y a (iue](iues années. Outre In memoriam et f.e positivisme chrétien (Iiistoire de so»- âme, d'e ses préjugés scientifiques et de sa conversion), La vérité religieuse (suite du précédent), livres d'apologétique très serrés et très origiiïaux, nous citons : Chanietfrolle ; Brigandes (syntlièse vendéenne, couixjnné par l'Académie) ; Houles d'Arles, livre de légendes et de descriptions séduisantes ; Le tocsin national belles pages sur la guerre de Vendée) ; Vers plus d^' joie (roman gai de la société future, (juelques détails un peu libi'es) ; Les Madones comtadines,
Pierre Gourdon, écrivain de l'Anjou. Il ;t, dans Vers la haine, vigoureusement démontré l'influence démoralisatrice de l'école laïque. .4 la dérive et Le prix d'une âme si>nt deux œuvres fortes et intéressantes.
Les plus récenunent parues ne leur sont certes pas inférieures : Les Court agré, vrai poème familial, excellent ; Bernard de Fiée, romanesque, populaire, tout fleuri das plus nobles sentiments ; Au vieux pags, voyage de deux petits landais à travers la France, livre cbarmant et bien inspiré, pour tous.
Henry Gréville, de sinn vrai nom M"'*" Durand, née .Alice Fleury (18i2-1902). EWe vécut de longues années en Russie, où son père s'était réfugié après le t'(.up d'Etat de 1R")2 ; rentrée en France en 1872, elle s'^ mit à écrire une quantité de livres, y épuisa sa santé et mounit à ïîoulogne-sur-Moi- en 1902.
ROMANS HONNÊTES 2Sl
Tous ses romans s'atîaclient surtout à plaire et à auiuser ; sans avoir de très hautes ([ualités, ils ont ^u et ils ont encore grand succès auprès des jeun-es filles et des jeunes femnieis dont l'auteur est le G€oi-ges Ohnet et qu'elle appelle « ses amies » ; la saveur russe qui les relève, les aimables chosets qui y abondent, la facilité du style, l'ont de quelques-uns dentie eux — nou(s ne disons pas tous — de bons livres pour les bibliothè({ues de famille.
A bannir comme inférieurs, amoraux nu inunoraux : La Maison de Manrèz<' : Suzanne .\ormts (histoire d'adultère, réflexions antireligieuses) ; Lucie liadiff (thèse tendant à justifie»- le divorce) ; M""' (îe Dreux (d'une moralité siijspecte) ; Les degrés de l'pcheUe (inférieur) ; La fiancée de Sylvie (très scabreux) ; Trahison (immoral ou à -peu près) ; Lonis (léopàtrii (inférieur) ; Le mors ans dents jmmoralités, indécences) ; Un crime (détails répugnants) ; Nickanor (mal édifiant) ; Chénerol (a bien l'air d'être favorable au divorce) ; M"« de Pnijqaron (ti^ès leste).
A permettre aux grand(^s pei'sonnes : À travers <:hamps (amis, ils sentent l'amour et se séparent) ; youvcUes russes (quelques-unes très choquantes) ; Un violon russe (longueurs, quelques réflexions contre la Providence et le Saint-Esprit) ; Rose Bo'zier (triste ménage) ; Claire fontaine (paysanneries, situatic »ns lestes) ; U ingénue (brise le cœur d'un employé, m.ais est domptée par un autre) ; Folle avoine (alambiqué, peu intéressant) ; Les ormes (l'amitié entre homme et femme peut exister sans les faiblesse^' de la chair) ; Francldeg (quelconque, plutôt froid et fade) ; £hani de noces : Louk-Loulàtcli (peu édifiant, dramatique) ; Un mystère (très intéressant); Péril (trèis passionné et périlleux) : Vieux ménage (mondain, soigné) ; Zobie (scabreux, honnêtement traité) ; Mamselka. (bien conté) ; L'aveu (intéressant),
tH"! ROMANS HONNÊTES
L'amie (très passionné) ; Le comte Xavirr . /,</ conde ???ère "(très^ intéressant) ; Marier sa fille.
A ranger dans cette catégorie, pour las jeunes tilles qui ont d'autres amies plus édifiantes : Les K>>irmiassine (pauvre jeune fille noble, victime de l'orgueil aristocratique) ; Les mariages de Philomènf; (tableaux normands) ; Idylles ; L^avenir d'Aline (une mère qui se sacrifice pour sa fille) ; Fidelka ; Le fil d'or (histoires quelconques) ; Bonne Marie ; Angèb . Ccmcdie de Paravent ; Uhéritière ; La princesse Oghéroff ; Aurette ; Céphise (excellent, mais pas religieux) ; Le cœur de Louise ; Dosia (une jeune fille indisciplinée, domptée par nn chaste amour) : 1/ expiation de Saveli (un des plus remarquables) : Niania (très honnête) ; Vhéritage de Xénie (une Antigone russe, très bien) ; Breuil (glorification du patriotisme) ; Le moulin Frappier ; La fille de Diosa ; Jolie propriété à vendre ; Petite princrssp : Prrdur : Le vœu de Nadia ; Le mari d'Auretti
Vinstructioln morale et civique des jvunr.s jun . , -• à VIndex (Décret du 15 décembre 1882).
Henri Guerlin, ancien élève de l'Ecole de Chailes. a publié, outre des œuvres documentaires {L'épopée de Césai" ; Nos origines nationales ; Ait pays de' la prière), des récits de voyages, et des romans pittoresques, colorés et vivants, paraii lesquels nous mentionnons ici pour les personnes d'âge raisonnable : L'inutile révolte (contre l'internationalisme) ; Le baiser de la déesse (l'aventure d'amour de Bonaparte avec M™^ Fourès en Egypte et en Syrie) ; La petite patricienne (historique et chrétien ; peintures très vivGis ; scènes d'amour, de haine et de sang sous Dcmitien).
M'"" Nelly Hager, née en 184C, fut institutrice en Russie et visita une partie de l'Europe, en compa-
ROMANS HOXN'ÊTES llH'd
gnie de la famille de sou élève. Ses romans patriotiques (La fiancée dit Rhin ; Le drapeau de Valmy ; Française ; Branche de Verveine ; Etienne Andriel ; Le fils de la mer) sont généralement lionnêtes. Nous ne connaissons pas les autres.
Rider Haggard, né eii 1856, ancien fonctionnaire aux colonies africaines, romancier à l'imagination brillante et fantastique, qui fut comparé à Jules Verne. Nous croyons savoir que toutes ses œuvres ne sont pa/s également irréprochables au point de vue moral et nous ne citons ici que Découverte des mines du roi Salomon (roman d'aventures empoignant) ; Béatrice 'une fenim^ qui se tue par amour, récit émouvant).
Paul Harel, poète et romajicier, né en 1854, à Echauffour (Orne), où il continue de tenir une auberge de famille. Geonjean sac (pour tous) ; Demù snnQ (histoire d'amour, honnête -et bien présentée) ; Madame de la Galaisière (pa\Tsages normands, intrigue trop passionnée pour la jeunesse) ; Hobereaux et villageois (recueil do contes, pas pour tous).
Ernest Hello f 1828-1885), écrivain et chrétien original dont rœuvre paraît difficile à apprécier. Louis Veuillot Va exalté à Textrème ; beaucoup l'ont déclaré incompréhensible ; certains critiques d'aujourd'hui l'ont remiis eiî faveur et l'ont classé parmi le- plus puissants penseurs et les grands écrivains du siècle dernier. Qu'on lise ses Contes extraordinaires et ses ouvrages de philosophie, et qu'on essaie de se prononcer !
Sa femme, née en 1823, connue sous le piseudonyrne de Jfan Lancier a publié des récits moins bizarres, ou, si Ton veut, moins sublimes : Marguerites ^'>> fleurs ; etc.
28'; HO.MANS HONNÈÏKS
Charles de Ricault d'Héricault il82a-1899), historien, paléograph<\ ciitifiuc littr-iMiit-, i(nn;niri(M- <-: vaillant chrétifn.
Tous ses romans iustoriîjut's soin \ igouiiMistMiicnî écrits et assez savamment docmnentés. Thermidor (La Révolution à Paris, en deux parties : Marie- Thérèse et Dame Ilose) ; Les cousins de Normandie (La Révolution en province) ; La fille de Notre-Dame: La fiancée de la Fontenelle ; Histoire nationale des Naufrages ; doivent être classés ici, tandis que En i792 : Les^ aventures de deux parisiennes ; Une reine de théâtre e\ surtout Les noces d'un Jacobin. ; Les aventures d'un diplomate, ne doivent être donnés qu'avec circonspection.
Le respectable historien se révèle intéressant humoriste dans La comédie des champs :' Une veuve millionnaire ; M"'' Sous-Pliocène que nous plaçons ici ; dans La fille aux blue.ts, Le romun d'une propriétaire, Une reine sauvage et Fou d'amour que nous laissons plutôt aux grandes personnes.
Fehnand Hue (1847-1895), a^ncien chasiseur d'Afrique^ entra assez tard clans la littératuie et commença une série de romans, récits, études, qui révèle un aimable narrateur au talent modeste, mais soutenu : Les voleurs de locomotives (épisode de la guerre de Séccs-^'on) ; Autour du monde en pousse-pouss»- : aOO.OOO dollars de récompense ; Le^s Françaises *■/? tS70 ; Lp capitaine Frappe d'abord : Les coureurs de frontières : Les Itouchers bleus ; Méconnne ; Marthe Jiresson : La petite Mionuette ; et Le Congo : Le torpilleur n" 427 : Le testament de M. Maliraux . Les deux ^farraines, publiés sous le pseudonyme de P\\\. Biaise.
Maxime Juillet, de s(ml vrai nom Alphonse Poirier, ancien directeur de l'Anjou, mort en 1903. Ses pro-
RO\lANS HONNÊTES "2^5.
ductioii, auxquelles A. de Pontmartin décernait tant d'éloges, sont l'œuvre .d'un conteur toujours agréable et honnête : V(tveu suprrnw : Pour Ih-r en train e.iprrss : La tniit du rr'nur '^(Mi^atioiniel) ; Châtiment.
M'-"' ISAHEi.LE Kaiser, poète <l rontancière, iiéie à Zug (Suisse) en 1860. Ses œuvies ont eu un grand retentissement. Ses romans s'intitulent : fn-Ur de femme : Notre Père qui êtes ati.r eieu.r : Virf If mi ; Sorcière {éi)Opée en prose, son chef-d'œu\ re, pas pour jeunes filles) ; L^'clair dan. s la voile (recueil de nouvelles) ; Ihro : Mareicnnr tir Flue ; Iji rirr/jr du lac.
(U;i)EKU(>v Kurth .Arloii, l><i7 , ("crixaLn belge, ajici'Cn professeur à l'Université de Liège, orateifr, pelntie, historien.
Ses œuvres de haute vidgarisatiuu instm-ique : (J"ris ; L'Eglise aux tournants de riiistoire ; Les ori- (jines de la civilisation moderne : La Patrie belge . offrent de larges considérations piiilosophiques, où 1.1 foi de l'auteur se m<niti-e nussi piofonde que sou érudition.
Bans Jeanne ou la loi dr uiallnin, \o ni) • ' 'uétien- atteint l'âme par diiih lespiit, cl nous niuiilic avec chaleur les ravages de In loi scolaire en Belgique.
,lfi\\ (ie la Brète, de son vrai nom M"® Auce CherbcRnel. Si l'cidniiration banale ne vulgarisait pas trop .souvent le mot de chef-d'œuvre, nous l'aj)pliquerions volontiers aux études distinguées de ce spirituel auteur, ou au moins à son ouvrage le plus coimu des lecteurs chrétiens, Mon oncle et mon cnrr (genre abbé Constantin). Nous le clnsson.s ici ;i\ '(
28f) ROMANS HONNÈTKS
Badinage (où Ton plaisante sur tout) ; Le comte de Paierie ; Conte bleu.
Ces quatre ouvrages sont plus prudes que L'Imaginaiion fait le reste ; La solution (histoire d'une mondaine qui ne trouve la solution de ses difficultés intimes que dans les Exercices de saint Ignace) ; L'es- :pril souffle où il veut (épanouissement moral d'une jeune lille dans un milieu taré) ; Le roman d'une croyante (livre triste, où la « croyante », mêlée à des intrigues d'amour, s'appuie trop exclusivement sur la religion du devoir et de l'honneur).
Un vaincu ; Vieilles gens^ vieux pays ; Un réveil ; Un mirage ; L'impossible ; Illusions masculines ; Aimer quand même ; Bêver et vivre (romanesque et très littéraire) ; Uobstacle (roman féministe, sain, pétillant d'ironie) ; ne sont pas moins intéressants.
I.KON de la Brière ^845-1899), zouave pontifical, capitaine des mobiles en 1870, puis fonctionnaire et littérateur. Outre ses travaux d'histoire anecdotique: Montaigne chrétim : L'autre France (le Canada) : Les Saints dans le inonde (biographies), etc., il a fait paraître Le chemin n» 7 (amusante fantaisie administrative) ; Blanc et noir (recueils) ; Contes rt souvenirs, trois ouvrages qui ne doivent pas être lu^ pai' des personnes trop jeunes.
André Laurie, d^ son vrai n<Mii 1 a-^hai. Grousset, (]8i5-1909), journaliste, homme politicpie. ancioii membre de la Commune et député.
Il a publié, sous divers pseudionynn'^. niir quantité d'ouvrages ; ceux qu'il a signés André Lauri» sont destinés à la jeunesse laïque : La vie de collèg dans tous les pays du monde (pas toujours au poiii sous le rapport des principes de l'éducation, 13 v< lûmes) ; Les chercheurs d'or dr l'Afrique Australe . .\hel Ebersen : Atlantis : Sélène Company Limited ;
L héritier de Robinson ; Le capitaine Trafalgar ; Le ■ secret du Mage (quelques notes irréligieuses) ; Le woitre de Vahîme (ravissant pour la jeunesse).
Anatole Le Braz, littérateur breton, né en 1859, tùi pays des bûcherons et des sabotiers. Dans son contact étroit avec la vie bretonne et les vieux livres d'histoire, il recueillit l'inspiration de ses vers gracieux, de sa prose non moins séduisante. Tout en SG! consacrant à l'étude approfondie des chants et traditions populaires de l'Armorique {Le théâtre celtique, etc.), il évoqua avec un rare bonheur, le chariTK indéfinissable de ce pays « aux murs bas, coiffés de vieux chaume », les légendes mystérieures et les bi-uyères sans fin : La chanson de la Bretagne ; La légende de la mort ; Au pays des pardons ; Le sang de la Sirène ; La terre dit passé ; Ames d'Occident ; et surtout Contes du Soleil et de la Bruine.
Ernest Legouvé, (1807-1903), auteur dramatique, conférencier hors ligne, philosophe spiritualiste imbu de certains pi'éjugés contre l'Eglise.
Il s'essaya sans succès dans la poésie et le roman ; mais il donna au théâtre des pièces habilement construites, parmi lesquelles Adrienne Lecouvreur, d'une moralité fort relative.
Chargé de l'Ecole normale de Sèvres, il consacra ((uelques ouvrages un peu suspects à la question de réducation et des femmes : Une éducation de jeune fille : La femme en France au XIX^ siècle ; Les pères et les enfants au XIX'' siècle ; Nos filles et nos fils : Une élève de seize ans : Lectures à Vacadémie : Lart de la lecture ; etc.
A la fin de sa vie, il réunit ses Soixante ans de souvenirs et publia quelques moralités : Fleurs et friiifs dliiver ; Epis et bleuets.
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:i.N>> ROMANS HONNÊTES
. Gi'.sTAVK Levavasseur, (1819-1896), puèle ul jiUeiateiir, maire de La Laiide-de-Longé (Orne). Les jeunes gens liront avec bonheur Dans les herbages, délicieuse résurrection de la vie des champs ; La vengeance d'Ursule ; Poésies complètes (3 volum» ~ etc.
Ernest Lionnet, né à Paris eu 1848, docteur c droit, ancien fonctioninaire, contracta, pendant le siège de Paris, une maladie des yeux qui le conduisi:; en quelques anées à la cécité complète ; pour échapper à une pénible oisiveté, il se mit à écrire des romans.
Il publia ainsi successivement sept volumes : Le docteur Chalot (couronné par l'Académie française) ; L'homme de la tour ; Le Pré aux biques ; Paul ïiar^ bet ; Pauvre Tri ! Député sortant : Chacun sa voie ; et 'depuis, cfuelques feuilletmis dans yOurrifr, ]ps Veillées et dans La Croix.
Marie Liomiet, fenune du précédent, morte en 1905, a enrichi de quelques livres la liste des ronïans honnêtes : El Veijo, suivi de Feliza (ouvrage <?our«3nné par l'Académie française) ; La fille du philosophe ; Les épreuves d'Antoinette ; L'erreur du lieutenant' (ipa^ pour jeunes filles surtout) ; Les millions d*? Charlotte.
Marcel Luguet, (Fontenay-le-Comte, 1865), ..i. <k^ auteurs qui poi-tent habit de deux paroisses. Ses livres qu'il a publiés chez Mame (Cœurs naïfs ; Sahrc à la main) sont excellents. Quant aux autres, parus chez Stock ou TalLandier, ils s'inspirent trop de cette maxime que résume Tendresse, le monde thermal : « On peut se permettre beaucoup d'indécences, quand on s'aime tendrement ».
Yves Le Querdec, p<eii(i. d" CiEorges Fonsegrive».
n4 en 1852, professeur nu lycée Buffon, directeur de l'eu La Quinzaine. Outré ses ouvrages de philosophie (lui ont été vivement discutés dans le monde catholique, il a publié Les lettres d'un curé de campagne (livre très intéressant) ; Les lettres d'un curé de canton ; Le journal d'un évêque ; Comment lire les jf('Mrw««a: ; et finalement, Le fils de l Esprit, roman social très apprécié, (un propriétaire terrien arrive par son intelligence à reconc^uérir la confiance des villageois qui Fentourent ; une institutrice très laïque prêche l'harmonie de la raison et de la fo! ; une idylle sentimentale les unit tous les deux).
PiEURK Maël, signature qui appartenait encore tout récemmeiit à deux écrivains, et sans doute aussi à plusieurs « nègres ». Ces deux auteurs avaient réciproquement concédé au dernier survivant le droit (te continuer à prendre ce pseudonyme ; l'un d'eux qui ^'appelait Charles Gausse, avait fini par synthétiser en sa personne le, nom collectif. Ancien officiel" de marine, né en 18f)2, à Lorient, il avait d'abord fait du journalisme et s'était lancé dans la littérature ; il est mort en 1905. Depuis, son associé, M. Charles Vincent, a la propriété exclusive de la signature.
Cette œuvre est déjà immense : elle comprend plus de 80 volumes, dont beancoup de romans maritimes. Au point de vue littéraire, elle a, par les sentiments élevés et la saveur marine qu'elle exhale, conquis toutes les sympathies du public des deux côtés de la Manche. Au point de vue moral, elle est souvent irréprochable.
Il vaudrait mieux cependant mettre sous clef : Celles qui sai'ent aimef ; Ce que femme peut ; Myr?'.? ; Pauline Dérilly ; La double vue ; Charité ; Dernière pensée ; Eve et Liliane : Le cœur et Vhonneur ; Le drame de Rosmeur ; Flots et jusants ;
-■H) ROMANS HO.NNKTK.-.
Honneur, Patrie ; llc'mr Marynrritr ; Mer bleue , Mer sauvage ; Petit ange ; lie torpilleur 29 ; Solitud'.' ; Pilleurs d'épaves, ci s;iirtf)iit Lr rnmai) ih> Vi<,. lette.
Laisser aux jeiiiio gvns lorines : L Alcijonc ; Amour simple ; Ce qu'elle voulait ; Djina ; Fleur de mer ; Un manuscrit ; Uondine de Uhuis ; Paule de Porsguern ; Sauveteur ; Seulette ; Le trésor de Mndolet. ne ; Blanehe contre jaunes ; Fleur de France.
Enfin, faire lire à tous : iïf"'' Pompon ; quelques-uns ch ses ouvrages publiés pour eux chez Hachette.
TlAoi I. Maltravers, de son vrai nom Marie Millet, (Dunkerque, 1859), un bon écrivain dont on lit toujours : Une belle-mère ; V erreur de Raoul ; Un my9tère ; Le pseudonyme de .If"'" Merbois ; Les soupes au lait ; Stella : Le talion.
Clail'k Mancey, un auteur dont, il fau' retenir le nom, :\I"' Gènevoix, de Laugres. Elle a publié, Vieille.^ filles (thèse et roman en leur faveur) ; Intellectuelles (les tribulations de certaines cei*velines, Phi- Ir.minte et Henriette de provinces ; ravages causés par rintellectualisme et l'éducation trop cé'i^brale) : Les Sources perfides (uiontre dans des scènes très prenantes que les villes d'eaux sont souvent funestes au bonheui- rt ù la Nciiu'; : J'<ir-ilrssiis /'■ ■ ■ • murs.
Ktiknnk Marcel, ilv -mu \éiital)le uoui M"'" CARO- LINE Thuez, ((ue certains Jexiqiies ont confondue avec M"" .Iules Samson, sa collaboratrice d'antan au J^'urnal des demoiselles. Elle est morte en VM\.
Nous nommons seulement, parmi tant de bons livres : Vlletman. Maxime (couronné par l'Académie) ; Les aventures dWndré : Elle et moi : Souvenirs d'une jeune fille : La vengeance de (Hovanni : Pour
une rose ; Histoirp d'une corbeille de noces ; Laquelle ; Pour la jmtrie ; La ballade du Lac ; Armel' L; ; Le roman d'un crime : Lliéritière ; Irène ; Petite sœur...
M'-o Marie Maréchal, (1831-187U;, a puWié uai certain nombre de romans intéressants et religieux. Elle réussit surtout dans les petits tableaux de genre, éclairés d'un rayon d'iunnour et de malice, et où ressortent avec relief les ridicules de certains bourgeois de province.
Nous réservons pour cette catégorie : Béatrix (un peu sentimental) ; L'institutrice à Berlin ; La fin d'un roman (suite du précédent) ; Le parrain d'Antoinettr : Journal d'une dme en peine ,\ Mademoiselle Creen ; Mademoiselle de Charmeille ; Marcelle Dayre : Mariage à Vétranger : Mariage de Nancy ; La roche noire ; Sabine de Biivis.
Nous recommandons aux plus jeunes : Aventures de Iran-Paul Biquet ; La cousine de Lionel ; Famille Toloan (édifiant) ; Nos petits camarades (24 récits un peu monotones, pour enfants) ; La maison modèle (pour enfants) ; La dette de Ben-Aïssa (id.) ;
Frederick Marryat (1792-18 i8), romancier anglais dont les œuvres sans prétention, mais sans grand' danger, ont été pour la plupart traduites en français : Pierre Simple ; Le vieux commodore ; Le pirate ; Deux amours ; Jacob fidèle ; etc.
AnoLPHE Mary mériteriiit d'être plus connu, parce qu'il est sérieux et bon écrivain. (Euvres à lire : Deux voies (longues discussions théologiques, intéressant quand même) ; Immolation (la deuxième édition a été corrigée pour tous) ; Julie de Noiront (tend à interdire le mariage à ceux qui souffrent de quelque infirmité) ; Pauvre Jacques ; Amour et larmes.
2f>2 ROMANS HONNÊTES ^
M. Maryan (M"»« ^Tarie Deschard, dite), une bretoiîiie qui excelle à faire piisser d'utiles leçons dan = des récits très attachants. K]le s'adresse surtout aux jeunes filks qui se préparent au mariage, et leui montre que pour être heureuses, elles doivent s» corriger de leurs défauts.
Nous ne pouvons pas énuuiei er su.'> io uu ou volumes. Nous citons seulement, pai'mi les plus recherchés : Kait* (qui a paru autrefois dans le Corre.y pondant) ; Le prieuré {\\\i\e enti'e la rancune et 1;> piété) ; Uenvcrs (Vunv dot : Primavera (très littéraire et délicieux) ; Annie (un des meilleurs) ; Uf' nom (leçons aux nobles qui se retirent dans leu; tour d'ivoire) ; Une tâche ; Odette ; Lr manoir rfc.v rélibataires ; Le roman dnne héritière (qui apprend ;i récole de la souffrance à fr.ire bon usage dte son cœur et de sa fortune) ; Le pont sur VOisetîr .- Cœurs bretons (scènes de résistance catholique) ; La villa des colombes ; Méprise ; La bague d\^pale : L» clio du passé (odyssée douloureuse d'ime fiancée q\h l'honneur oblige à briser sa vie) ; Le rachat (drani«intime, impressions d'Italie); Autour d'un testatnenl. Maison Jtantée ; Roman d'automne ; Le château, rosr Les chanoinesses de la cour-aux-dames . /.' mn rin,;. //o Monique.
Les mères qui liront ce dernier chef-d'œuvre nou leprocheront peut-être de l'avoir en quelque sorte rt serve à leurs aînées, et se diront que les plus petit» peuvent bien, elles aussi, profiter d'une lecture ^ aimable et si solidement tendre. Vmy fois de plus, lanières auront raison.
Ji'LES Mazé, né à Carignan en 1865. Breton par sop père, et ardennais pai- sa mère, il aime la province et la décrit dans des pages vigoureuses et co-
Ini'rf'S.
ROMAJvS HONNÊTES :2i;)3
Parmi ses ouvrages, nous pouvons recommander à >tous, les quatre volumes qu'il a publiés chez Marne sur la guerre de 1870 : LAjuicc terrible. Les. autres .sont, pour la plupart, très passionnés : Les amants .(h: liijzance ; etc.
Madame Ernestine Meunier, (Lyon, 1833), femme- .auteur dont on trouve les œuvres dans beaucoup de bibîiothèques catholiques : Les idées de tante vieillotte (satire des conventions ridicules de notre temps, très goûté) ; Le mariage de Josiane (pas pour tous) ; Le secret dn- honlieur (très spirituel) ; Branche maudite : Un mariage original ; Tante Michette : Uoasis Juvenilin (pour tous) ; Les idées d'une douairière (gilind succès) ; Le secret du bonheur (beaucoup lu) ; Les Kérouaz ; Front d'ivoire ; Les esquisses provinciales (pas pour tous) ; La pupille de Goliath ; Un coup de tête ; La famille de ramiral.
Miriam, pseudonyme dont Marte-Loi'ISE Paume
;\alence, 186')!^, n signé Grande amie ; Il faut le
rroire.
Edward Monticr, avocat, moraliste, homme d'œu- VI es, romancier, né en 1870.
Ses livres de morales et d'éducation, malgré quelvjues idées discutables, sont appréciés : L'âge enclos; T)e Védncation sentimentale et sociale des filles ; L'éducation des sentiments ; An seuil des noces ; etc.
Ses romans sont inutiles : Les « Maries-Louis es » ; f.es essaims m-uveaux (démccratie chrétienne) ; Le )f>ovlin des amoureux (pages passionnées).
Emile Moselly, de son vrai nom Emile Ghénin, professeur au lycée d'Orléans. Ses description.s de la terre et de la vie mosellanes (Jean des brebis ; -losoT! Meunier ; Terres lorraines ; Yie lorraine), sont
précises et pittoresques, mais ne conviennent pa> .un plus jeunes lecteurs. Enfances lorraines et Le (L'ivoire sont poui'' tous.
Fils de (jueux, épopée du travail des champs est déparée par des scènes fort réalistes et passionnées.
M'i^' Louise Mussat (Vitry-le-Françols, 1850), met. dans ses œuvres généralement chrétiennes, , de ia verve, de l'observation, du sentiment et une pointe d'humour (j[ui les font apprécier : Charmant : En inaitrr ; Mon roman ; Aurcs le roinnn . ].> jn,r TiaïKinUle (pour les petits) ; etc.
Jean Nesmy, de son vrai nom M. Henry Surchamp.. L3 pseudonyme est le nom du valet de fenne qui sauve la Fromentière dans la Terre qni meurt. C'est dire que Jean Nesmj^ est un admirateur et un disciple de M. Bazin. Le jeune écrivain dans un roman gracieux intitulé L'ivraie prêche au habitants des^ champs le « Restez chez vous ». Délicieuse et navrante histoire d'un paysan limousin qui quitte le village et vit d'ans la misère et le désordre dans la ville. Sa situation, sa conduite ne sont pas exemplaires : le livre n'est pas pour les plus jeunes. Pas plus que Les égarés, roman moral (lui met en scèn« les deux écoles d'instituteurs, l'ancien, modeste et cons- • iencieux, le nouveau, politicien et sectaire. Uàme limousine, charmant recueil de nouvelles régionalistes, est remarquable par la grâce simple, l'ironie discrète, la délicatesse des sentiments et du style. Une de ces nouvelles l'empêche seule d'être un livre pour adolescents. Le dernier livre, La lumière de la maison, montre le prêtre portant la lumière dans lamaison ouvrière que In foi n'éclaire plus.
Madame Berthe Neulliès, née à AbbevilU . ;.. ... réside. Pendant Aine période douloureuse de sa vie,
ROMANS HONNÊTES iiV)5-
elle consacra ses loisirs à écrire des imitations de romans anglais : L'expiation de ladij Culmore ; Ismany Valdron ; Le mari d'Yaiithe... Elle a publié d^^puis -deux romans intéressants : Vidée de Ghislaine, et Le secret de Bita.
Charles Nodier (]780-18-i4). Auteur universel, touche à tout, poète, artiste, historien, il ne reste de lui que le conteur. Ses romans se rf'ssentent de la maladie du temps, Tennui ; ils sont faibles et d'ailleurs oubliés ; mais ses contes sont de petits chefsd'œuvre qui parlent encore au cœur. Lire Contes choisis (chez Hetzel) ou Vécrin d'un conteur (chez Charpentier) ; Contes de la l'eillér.
Edouard Qurliac (1813-1848), rom-ancier français dont les saillies originales et la verve endiablée amusèrent d'abord les jeunes gens de la joyeuse vie. Il Si' convertit à la suite d'un mariage malheureux, -et collabora à UUnivers. Il dirigea alors ses railleries et ses épigranmies contre les ennemis de la religion et spécialement contre Voltaire. Lire : Contes du bocage ; Nouveaux contes du bocage ; Nouvelles ; Dernières nouvelles ; Nouvelles nouvelles ; Les portraits de famille : Proverbes et scènes bourgeoises ; Suzanne (son principal ouvrage) ; Le marquis de la Charnaye, un des Contes du bocage que Louis Veuillot considérait comme le chef-d'œuvre de cet écrivain « plein de bon sens, d'honnêteté et de sel ».
Henry de Pêne (1830-1888), polémiste et chroniqueur remarquable, un des fondateurs du Gaulois-, aborda le roman avec quelques œuvres assez appréciées : Trop belle (histoire d'une femme idolâtre de sa beauté, scènes scabreuses, belles pages) ; Née- Michon (critique de l'enseignement donné dans les lycées de filles) ; Demi-crimes (l'honnêteté relative des gens d'u monde).
:^HÎ ROMANS HONNÊTES
Comtesse Dubosc de Pesquidoux, de son nom de j€une fille Olga Beuverand de la Loyère, née en
Î8i8, fille d'un secrétaire cl>jmbassade à St-Pét£i-sboiirg. Mariée en 1807, elle s'associa aux travaux de son mari, et, qirand elle fut devenue veuve, elle se> mit à écrire : Miel et Dard (recueil de pensées) ; Kn tous pays ; V omnium (lomaii d'amour sous Néron, sentiments chrétien) ; nouvelles diverses.
Pfeiffer (Ida Reyer, M'"^). Célèbre voyageuse allemande (1795-1858). Veuve à 40 ans, elle se mit à parcourir le monde, sans ressources et sans escorte. Les régions qu'elles a visitées sont très bien décritets dans trois ouvrages : Voyages d'uîie femine autour du monde ; Mon second voyage autour du monde : Voyage à Madagascar.
Amédée Pichot (179G-1877). Directeur de la Reviie Britannique, il a publié des romans d'aventures genre anglais, parmi lesquels on lira : U écolier de Walter Scott, etc.
Adolphï;-Henri Pieyre, (1848-1909), ancien député, agriculteur, auteur dramatique, historien et romancier. Outre son Histoire de la ville de Nirnes, nous signalons, parmi .ses romans : Le capitaine La Fayolle ; Débora la bohémienne : L'Ermitage ; L'Epreuve Tr man politique).
Charles de Pomairols, n/- ;. \'ii}»>fr;vnp}u. fU- "Roner- ^ue, en 18 i3.
Comme poète, il a laii irmi- on (mik^ \i>iuni»'s. La cte meilleure, Los rêves et pensées, La I^ature et Vâme, Les Regards intimes, Pour V enfant, les inspirations qu'il avait reçues de sa maison natale.
Comme romancier, il a publié deux ouvrages d'une rare élévation morale. Dans Ascension, il retrace les sentiments d'un père que les hautes aspirations
<Ai sa fille obligent à transformer son aniour et à détacher son cœur des biens les pJiis chers ; d'ans Le llepentir, il étudie le remords d'une criminelle pensée chez un fils longtemps frivole et que transfigure le repentir, le rachat par la douleur et par l'amour.
Armand de Pontmartin (1811-1890). Gentilhomme légitimiste qui, pendant. 28 ans, écrivit « les samedis littéraires » de la Gazette de France. La fin d'un procès ; Les jeudis de M'"'' Chart)onneau ; Souvenirs d'un vieux mélomane et ses travaux de critique peu- \ent être lus par tout le monde. Les corbeaux du iUvaudan ; La. filleule de Beauinar chais ; Le radeau de la Méduse . Les lettres d'un intercepté et surtout Les' péchés de vieillesse ne conviennent qu'au.x personnes sérieuses,
Marguerite Poradowska, née à Lille, où son père, le philologue Emile (iaciiet, était principal du collège. Mariée à un polonais, elle étudia sur place les mœurs galiciennes, et les traduisit dans des romans intéressants et très finement observés : Po^ur Noémi ; Demoiselle Micia ; Les filles du. Pope ; Marylka ; Le mariaije du file. Grandsire (roman de mœurs lilloises) ; Mariage romanesque (mœurs de Bukowine) : Hors du foyer (odyssée douloureuse, mais instinictive, d'une étudiante russe, pour adultes).
CiEORGES Prattel, d^ so^n vi-ai nom Emile Pradfer, 1810-1908). L'un des romanciers « honnêtes », qui a publié chez Mame, un série de livres émouvants, parmi lesquels nous détachons : V œillet blanc ; Fleur de Mai ; Le brick d'ébène : Uœil de tigre ; La fille du régicide :.La cage de cuir...
Jules Pravieux, né à La Machine (Nièvre), le 21 octobre 1866, ancien nvocnt ;i In (]nur d'Appel de Paris.
TJH . HOMANS HONNÊTES
11 a du talent iiaiiatif, dit Emile Faguet, de l'esprit et de la force dans la peintnro. Ses pprsormatr''-' sont vivants...
Ces personnages sont, dans Ami des jeunes, l'ahbé Pergame ^t tout un groupe de jeunes étudiants animés d'ambitions et de passions diverses ; dans Monsieur VAumô7nei\ l'abbé Fougère, le prêtre onctueux et disei't, le confesseur de « <?es dames » qu'il oriente vers le mariage ou la piété transcendante ; dans Un vieux céliharaire, l'abbé Blondot qui tient lui-même la plume et se prouve à lui-même, à travers mille épisodes, que l'Eglise a bien fait d-e prescrire le célibat aux prêtres ; dans Oh ! les hommes ! journal (Vunc vieille fille, Clôtilde qui a toujours vingt ans, et de l'esprit, et de la belle humeur, et du dévouement, et pas de rancune, et pourtant est une vieille fille ! ; dans Séparons-nous ! le Concordat dont on se passera, ma foi, comme on dit au palais épiscopal et aux alentours, puisqu'aussi bien, il n'est plus qu'un moyen de servitude ! ; dans Mon mari, des histoires qui profiteront aux jeunes niénage.> et aux belles-mères.
Oui, ces récits sont vivants : et l'esprit (jui pétille, et l'ironie qui abonde, et la verve qui jaillit, et les coups de griffe et les scènes d'amour (jui silloinnrit <!e.'> pages délicieuses, leur donnent une saveur quise. Quelques enfants de Marie pourraient ^^ ^'n effaroucher ; mais les gens du monde prendront à les lire, autant de plaisir que les « curés ».
'La série n'est pas close. M. Pravicux est intarissable. Il a publié plus récemment : Sans lumière, hisi-oire lamentable d'un village qui s'est privé do --n ruré ; Le nouveau docteur, histoire gaie...
Madame Emmeline Raymond, (1828-1899), de son vrai nom Comtesse Marie de Beausacq, connue dans
ROMANS HONNÊTES "IVi)
le luonde des lettres et de la mode sous le nom de Comtesse Diane, foiidati-ice de la Mode illustrée. Elle a ^lop peu de sentiments chrétiens pour être recommandée à tous sans réserve.
Nommons seulement : Aide-toi, le ciel Vaidera , A quelque chose vinlheur est hoîi : Autobiographie (l'une inconnue ; Une femme élégante ; Histoire d.'unr famille ; Journal d'une jeu\e fille pampre ; Le legs ; Un mariage parisien ; La plus heureuse de la famille ; Un récit qui ne se termine pas par un mariage ; Rêi'e dangereux (contre les Imaginatives) : Le grand'père et ses quatre filles (idées protestantes, en eurs dogmatiques).
E. Resclauze de Bermont a su se créer un nom par le talent distingué dont ses romans sont la preuv.^ : Le comte de Pérazon : Le passé ; Le sillon , J)r mi-mère (pour grandes personnes) ; Mariage modrrne ; Le lien ; etc. Cependant, tous ses héros ne <i nt pas des prix de vertu.
Loris Reybaud, (1799-1S70), littérateur, publiciste et homme politique.
Il se signala d'abord, eu jmh'iant dans la lîei'uc dry Deux Mondes ses Ktudrs sur les réformateurs rontemporains (excellentes choses, passages scabreux, beaucoup de notes contraires à la vérité catholique). Tiientôt, il se rendit célèbre par un roman satirique et social : Jérôme Paturot à la recherche d'une positirr: sociale, peinture des travers d'une époque (1841), livre sérieux sous une forme légère, tableau des embûches qui attendant le jeune homme et l'homme fait dnlis les diverses situations. Quelques passages un feu risqués et quelques propos irréligieux sont à signaler. Jérôme Paturot à la recherche de la meil- Irm'f' des Républiques qui décrit admirablement les
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premiers mois de la Révolutipn de 1848, mérit»' i>mêmes observations.
On lui doit encore un certain nomljie de volumeî*, parmi lesquels nous citons : César Falonpin ou les idoles d'argile, satire de Famour de l'argent ; pages assez crues ; Pierre Mouton, histoire d'un chef <îe bandits, tissu d'infamies et de crimes que l'auteur attribue à la fatalité ; Edouard Mojujeron, satire très, vive des employés de l'administration, scènes scabreuses ; Mœurs et portraits de ce temps, galerie de portraits, révélations piquantes, études sérieuses, sous leur apparence frivole, des types et des sein-' dales d'une époque (1853), peu d-e passages scabreux ; L^; coq du clocher, mise en scène de toutes les manœuvres que déchaînait l'élection d'un député, avant le troisième Empire, quelqdfes tons un peu crus.
M^ Charles Reybaud (1802-1871), rouianoière, femme du précédent. Elle a donné, à la Revue de Parts et à la Revue des Deux Mondes un grand nombre de récits où elle fait revivre la Provence, sa terre natale, la vie de château et de couvent, en des pages agréables, mais souvent dépourvues de relief -et devigueur.
Elevée par un père sceptique, le docteur Arnaud, elle saupoudre facil-ement ses écrits d^esprit légèrement \oltairièn : elle.se montre sympathicfue aux religieuses, mais elle ne comprend pas l'idéal l'-eligieux: à ce point de vue Le Moine dr CJiaalis et Clémentine sont caractéristiques.
Nous citons en outre : Les deuT Marguerites (trois nouvelles assez insignifiantes) ; Sans dot (roman froid qui repose presque tout entier sur les prétentions d'une femme laide) : Le cadet de Collobrières (mouvementé, pour tous) ; Faustine, récits d'aventures à Snint Domingue ; Sidonie, intrigue d'amour en Pro-
ROMANS HONNÊTES :U)t
vence ; Misé Brun, roman intime, semé d'épisodesterribles et gracieux, intéressant, pour la grande jeunesse ; Uonclc César, satire spirituelle contre les vieux garçons, intéressant pour adultes.
Théodore Roosevelt, né à NewTYork en 1858, na~ guère président de la République des Etats-Uni5. Homme d'action, orateur puissant, le grand américain est encore un écrivain de valeur : outre des volumes historiques et biograpliiques, il a publié dc!^ œuvres très fortes {La vie intense : La vie mt rancho ; Chasses et partie de ehasse ; Mes chasses en Afrique), où il préconise la lutte pour la vie, l'énergie, le droit des foi'ts, paiiois au détriment de la solidarité humaine/
T.E Comte A. de Saint-Aulaire (Doixiogne, 1842), a réuni dans ses œuvres la science de l'historien, l'ardeur et la dextérité de métier du feuilletoniste et la verve bonhomme du vrai -conteur : Entre Vamour et Vamitié ; La ferme d'Herhigny (tragique) ; La Vierge de Nuremberg (bienfaisant) ; Chronique de la forêt de Sauvagnac ; Plus fort que Vamour (c'est la haine pour un italien dont le père ne veut pas pour sa fille) ; Mirahal (les guerres féodales au XIII* siècle) ; Un prosélyte de Vamour (apologie dp t iltra conservatisme) , Un étrange divorce (peintures trèscrues) ; Le retour (suite du précédent, scènes passionnées).
CHARr.Es de Rouvre (Bue, 1871), peut figurer avec honneur dans les rangs des romanciers utiles ave<? A deux, (récit attendrissant de la misère des fmployés et des employées) et Française du Bhin (patriotique). La Princesse Esseline est l'histoire assez ordinaire d'un mariage contrarié.
Jeanne Sandol, (Vienne, Isère, 1825), un peut nuair
à écrire en petites lettres au livre d'or des bons ronu.ns, avec Le puits qui parle ; Murthe ; Le roman d un désenchanté. *
Arthur Savaète, (Caestre, 1858). Poète, littérat-eur, directeur de La lieeue du. monde catholique, il a déployé, dans des romans entraînants et <( rococo », toutes les richesses de son imagination. Citons : Les Naufragés de Kertugal ; Les rivales amies ; Zulema ou la faute d'un père (aux temps héroïques de l'Espagne) ; La dame blanche du Val d'Halid : La Main noire ; Les Vengeurs de la Main noire (trois romans historiques sur la fameuse secte de l'Espagne) ; Soirées franco-russes (questions historiques contemporaines).
P. A. Sheehan, auteur irlandiiis, qu'on a comparé à Yves le Querdeo -et qui a apporté à nos gouimets de bonne littérature, des livres empoignants : Mon nouveau vicaire, Journal humoristique d'un vienj" curé : Ames celtiques et ànu^s saxonnics ; Luke DcU m tige : Geoffrog Austiït (la vie douloureuse, parer ([Ut peu i^urnatu relie, dans les collèges d'Irlande) : Lr succès dans Véchec (suite du précédent). Qwe le Jt'cteur se dégage d'abord de la « mentalité >» française, quil s'imprègne de l'atmosphère d'outre-Manche ; pour peu (ju'il soit familiarisé avec les inattendus du style anglais, il sera charmé v{ i avi d.' co toP rêveur et parfois très comique.
CiHAïu.Es Simond, ancien directeur de la « Biblio- 1ht que populaire » et de la «( Iiibliothè(jue des voyage: autour du monde ». (Euvres : L agonie d'une race' (adaptation de Krazouski, le grand romancier pol(mais) ; L'expiation : Le secret de Hoch.
AuGisTE Snieders, (1825-190.i\ journaliste, poète ei romancier belge. Un émule d'Henri Conscience
par la bonhommie et la saveur flamandes <le ses récits : Sous le grand hêtre ; Le maître d'école pauvre ; La sœur hospitalière ; Bonheur caché ; Vincendie d'Anvers ; Les cJiaaffeurs ; Au bagne ; ■etc.
Le Commandant Stany, de son vrai nom Auguste Louvel (1823-1890). Il a réuni de nombreux batail- 1< ns de lecteurs, autour de L'abbé Corentin ; Mabel; L'' docteur Léonard ; Un drame aux antipodes ; Les él-ingles de Sainte Catherine ; Geneviève de Naxivailles ; Miette ; La terreur sous Bosas ; Le Mar- (juis de Kéralain ; Une faute (avec précaution).
P. Suau. Le ir Phobos (les politiciens à double face) intéressera surtout les jeunes gens qui s'occupent de politique.
Hesba Stretton. Œuvres ; Le docteur dans rembarra y ; A travers Forage ; La voie douloureuse (scèjies des persécutions contre les stundistes en Rus-
sie).
William Thackeray, (1811-1863), célèbre romancier anglais. Dut sa célébrité au Livre des Snobs, pam- .phlet moral et unique qui exerça une immense v influente.., Ses romans de grande haleine sont presipu tous des chefs-d'œuvre : ce sont des satires énergiques, mais sincères et loyales, des tableaux et des analyses, finis comme les œuvres d'un peintre liollandais. Citons seulement pour cette série : Lrt frire aux vanités : Bary Lindon ; Henri Esmond ; Mémoires d'uv, valet de pied : Morgianna : Pendcnnis.
Madame P. A. Tillière. Imitations ou traductions ancrlaises : La fortune du vieux Myddelton ; Le taltsm a II des Lynivod : Marjorie.
3pi ROMANS HONNÊTES
Mahcel Tissot. (Euvies : Antoinette de Mont joie : La comtesse Brigitte ; Le capitaine philosophe ; Le inanoir et le monastère ; Montmahoux et Passavant ; La veuve d\A.ttila.
Victor Tissot, écrivain français d'origine suisse,, no en 1854. Il dut sa célébrité à son roman : Voyage au pajfs des inilllards (La Pruisse), qui fut vendu en quelques semaines à 50.000 exemplair-es (pas pour jeunes gens).
Depuis il a fondé Mou I)in,ianclu' (jouiiial-niayuziiie hebdomadaire) et écrit pïusieui'îs romans de mœurs sur la Russie, la Suisse, Vienne, etc. De Paris à Berlin ; Les Prussiens en Allemagne ; Voyages aux pays annexés ; Vienne et la vie viennoise ; Jeunes filles ; Simonne ; Un lys dans la neige, etc., visent un peu aux effets de décors, mais ils sont intéressants... pour les grandes personnes.
Tout le monde peut lire : Aventures de trois ] nuitifs ; La vie en Sibérie ; La prisonnière du Madhi ; Aux pays des nègres ; Au pays des glaciers ; La Chine ; Le pôle Nord et le pôle Sud ; Russes et Allemands.
GtJSTAVE Toudouze (1848-1904). Un amateur de voyages, qui a décrit avec beaucoup d'art et des cou-* leurs à la Loti, l'Italie, les côtes bretonnes, etc
Citons ici, paiTni ses trente ouvrages : La >>" »" (souvenirs de Capri) ; Le cécube de Van IV coupe dllercule ; Mademoiselle (couronné par lAcadémie) ; Le démon des sables : L'île aux mystères (Madagascar, empoignant) ; Le père Froissct pompon vert : Livre de bord ; Le mystère à- ... chauve-souris (très mouvementé) ; La vengeance des peaux de bique : Le bateau des sorcières : L'orgueil du nom : Enfant perdu. ; et ses autres romAns à l'usage de la jeunesse, chez Hachette.
Pour achever de caractériser l'auteur, nous signale ns ces quelques romans d'amour : Toinon, 7nœurs parisiennes (adultère^, inceste, frénésies du vioe, décrits avec complaisance et horriblement châtiés) ; Voyages de noces (honnête) ; Les chiennes de ténèbres (genre feuilleton, assez honnête) ; Le rebout O'j. (le charme de la lande servant de cadre à une histoire d'amour).
Antony Trollope, romancier anglais (1815-1882). Il a laissé une quantité d'ouvrages où il retrace les scènes de la vie de famille, et les mœurs des cercles. Nous citons ici : Le cousin Henry (tout à fait inoffensif) ; Le domaine de Ticlton ; Hachel Ray ; Les tours de Barchester ; La veuve remariée ; Œil pour œil.
MisTRESs Trollope (1761-1863), mère du précédent, romancière, t[ui a siii'tout observé et dessiné les traver?^^^ des femmes anglaises. On liia La pupille.
Ml'*' C^ Trouessart, une passionnée des lettres, qui commença à écrire dès qu'elle sut tenir une plume. Rappelons ses nombreux feuilletons, nouvelles, chroniques, comédi-es, parus dans divers périodiques.
Citons ici, pour les jeunes filles : Aveugles ; Deux fiancées ; Seule ; Le mariage d'Hervé ; Le secret d'Antoinette ; pour les jeunes femmes : Inséparables ; Un rêve à deux ; Cœur fermé ; pour les enfants : Les neveux de tante Armelle ; Grandir ! (suitf» du précédent) ; Le choix de Ginelte.
Georges du Vallon, de sort vrai nom, Amélie de Brauer, comtesse de Sars, (Paris, 1860).
Ses ouvrages écrits avec grâce, mesure et distinction, stigmatisent les erreurs de notre époque, comme la libre pensée (La libre penseuse), le nihilisme (Natalie Koumanof) ; ou préparent des mariages au
milieu des scènes dramatiques et honnêtes : Un ainour en Russie ; La roche (Venfer ; La comtesse Xénie , France ; etc. Un roi de théâtre is'a dresse plutôt aux grandes personnes.
HIPPOLYTE Verly, un' lillois, né en 1838, membre de la Commission historique et directeur -de VEcho du Nord. Gens de vieilles roches ; Histoire du pays flamand ; Van lirabani et C*^ ; lioinèbrokc, sont bien troussés et dégagent un vrai parfum de terroir , mais ils flairent un peu le voltairiîinisme et ne sont pas très propres.
Herbert-Georges Welis, JLé en 1866, ancien professeur de sciences, écrivain anglais qui débuta dans le roman en 1895.
Dans ses œuvres déjà nombreuses, il ressuscite des mondes morts, il crée des mondes virtuels et possibles et y fait courir des récits étranges avec toute la promptitude et l'élan prodigieux de ses machines. Ces fictions extraordinaires, (pii boulev^i^sent toutes les lois de la nature, ont fait comparer l'auteur à Jules Verne, à Swift, à Edgar Poë, à Villiers de risle Adam, à Voltaire. lUles ont été presque toutes traduites en français ; mais ^Ues ne sont pas toutes absolument irréprochables au point de vue moral.
Nous citons : La machine à explorer le temps ; La visite mrrveillcusr (un ange sur la terre ; son rôle est un peu ridicule et les visités fort crédul^^s) ; La guerre des mondes (envahissement de la terre par les habitants de Mars) ; Quand le dormeur s'éveillera (au ^XIP siècle, combat des aérophilos et des aéroplanes) ; L'amour et M, Lrwisham (dangereux) ; Les proniers hommes dans la Lunr . L'homme invtsihlr : Vlace anx qéants : lîérits de Vespace et du trnips (recueil de nouvelles) ; Miss Wafers (une siit lie quitte la vie sous-marine pour poursuivre un
ROMANS HONNÊTES oO i
humain et l'entraîner dans une aventure qui... n'e^t pas pour jeunes filles) ; La burlesque équipée du cijcUsle (humour britannique ; pas pour tou3) . Douze histoires et un rêve (anecdotes étranges sur le? dernières inventions) ; Au temps de la comète (tranformations amenées par l'astre chevelu, pas pour tous) ; Anne Véronique (dangereux) ; Effrois et fantasmagories (recueil ; plusieurs nouvelles irréligieuses, anarchistes) ; Lliistoire de M. Pollij (banal, invraisemblable).
M'"" Colette Yver, de son vrai nom Majdame Huzard, née en 1874, femme-auteur qui aborde dans de.^ ouvrages bien écrits les qu'estions sociales ei psychologiques : Cervelines ; Comment s'en vont les reines (drame émouvant et psychi(iue) ; Princesses de science (tend à montrer l'incompatibilité de l'art médical et mêmB de la .science avec les devoirs d'épouse et de mère) ; Les dames du Palais (roman des avocates ; elle, plaide mieux que lui ; lui, en souffre ; elle, se sacrifie : c'est le bonheur) ; Les sables mouvants (procès de la vie désordonnée de la société parisi-enne, où s'enlisent les âmes les plus pures ; dangereux pour la jeunesse) ; Un coin du voile (nouvelles à la gloire de la femme, idées élevées) ; Le métier dd roi (intéressant, passages fade^ ou sensuels).
Romans d'Adolescents
Récits, Nouvelles,
Romans divers
qui peuvent être généralement laissés
etotre toutes les mains
Virginibus piierisquc canto...
Voici la pleine adolescence, l'âge de l'éveil des sens -et des passions impérieuses, l'âge où bientôt, selon le mot 'de Chateaubriand, on va se coucher enfant pour se réveiller homme.
r/est le moment où on lit le plus, et où il importe le plus de diriger le choix des lectures.
La jeune fille a quitté la classe ou la pension pour rentrer dans sa famille : elle a quinfee ou dix-sept ans. Tout sourit autour d'elle comme une fleur qui va éclore, dans une matinée de printemps. « 0 gioventu, primavera délia vita. »
Tout s'agite aussi, comme pour préparer à celle qui vient s'asseoir timidement au banquet de la vie, une table digne d'elle... Et tout ce qui s'agite, comme tout ce qui sourit, doit contribuer à l'établir socialement dans son état définitif.
oKI ROMANS D ADOLESCENTS
Ces années si douces qu'elle passe dans sa famille, en faisant graduellement son « entrée dans le monde », doivent être avant tout des années d'achèvement ou plutôt de préparation. Contrairement à ce qu'elle se figuie peut-être, son éducation surnaturelle, intellectuelle cl morale n'est pas finie : tant s'en faut...
Que va-t-elle lire ? Tout ce qui s'amasse sur la tiiljl. de famille, et môme un peu de ce que père et mère. abandonnent sans réflexion de tous côtés ? Non «'ertes, si les parents veillent et ne laissent pas le choix des lectures, comme de ses autres occiq)ations, au hasard de s<'S caprices, aux attraits d'une curiosité toujours périlleuse. Xon. encore, si elle-même a conscience de tout son devoir : elle aura assez d'esprit et de sérieux pour faire habituellement des lectures édifiantes et élevées : assez d'activité et de culture intellectuelle pour faire des lectures qui l'instruisent ; assez de vertu et de docilité, poui' se contentei\ <'n fait de nouvelles et de romans, de ce (jui ne peut ni lui nuire, ni la troubler.
Puisse celte liste la guider un peu dans ses sai:. cherches : nous n'y signalons pas tous les ouvrages dr fond qu'elle « doit lire ». 11 nous :^uffit à présent. pc«r atteindre notre but, de citer les ouvrages littéraires et d'imagination, en prose, qui peuvent sans danger l'intéresser, tout en complétant ses coimaissances.
Le jeune homme achève ses humanités ; il n'est plus a l'âge charmant, il c^st à l'âge où tout change. L'heure vo venir, vient, est venue, où la pureté, qui n'était qu'une j)Ossession tranquille, va devenir une laborieuse conquête et une vertu. Une perturbation se produit dans tout son être : sa curiosité naturelle va se porter sur des horizons nouveaux ; il lit plus que jamais dans les paroles, les actes, les yeux des grandes persomies et dans ceux des «jcandc. «^e*; nîné< : il cherche à ]>>'^ d;M>< l.urslivres.
ET ROMANS POL R TOUS ol I
Et pourtant, chacun le sait et nous l'avons dit en parlant de l'éducation de la pureté, ce serait folie de mettre cette jeune âme, sans transition et sans contrôle, en présence de tout ce qu'elle ignorait hier, et qu'elle deviné aujourd'hui. Il y a ici de sages mesures à prendre : nous le répétons ,ce nfest pas à des livres quelconques qu'il, faut laisser le soin d'une si délicate éducation.
C'est pourquoi nous établissons cette nomenclature, où les jeunes gens trouveront de quoi apprendre et se récréer, sans aucun danger : ie 1^ lillérature. des voyages, de l'histoire, de captivantes intrigues.
Cependant, les livres do cette catégorie lie sont pas tellement propres aux h jeunes » q-ie les personnes plus âgées, et surtout les aînés d- ""i fat;.ille, ne puissent 1rs lire avec intérêt et profit. (( Adolescentiam alunt, senectutem délectant », comme s'exprime Cicéron.
Il y a un certain enfantillage d'imagination qu'il faut garder toute sa vie, a écrit Doudan (1). Heureux ceux qui ont su le garder, et qui, aux jours d'épreuve et de lassitude d'âme, savent y faire appel. Ils trouveront, dans ces livres tranquilles et bien écrits, dont plusieurs sont de bonnes actions, non seulement un aimable badinage et une récréation à subir, mais un refuge, un réconfort et parfois une lumière. Lire un petit livre dans un petit coin, c'était le rêve de je ne sais quelle belle âme ; tous ceux que nous citons ne sont pas de petits livres, mais ils sont à lire par tous ceux qui ont conservé une belle âme et désirent l'embellir encore.
Nous n'étonnerons personne, en disant que cette re-
(i) Littérateur douaisien (1800-1872), a laissé une nombreuse correspondance, que ses amis ont publiée après sa mort.
'■■>\ll ROMANS D' ADOLESCENTS
«onimandation si souvent renouvelée est — de nos jours plus que jamais — accueillie avec indifférence ou scepticisme. Ces ouvrages dont nous parlons sont en effet tenus en fort médiocre <'stime par les personnes du monde et mémo par les gens « bien pensants » Les uns les dédaignent, parce qu'ils sont enfantins ou sermonneurs ; les autres les redoutent, à titre de fictions dangereuses ou « migrainifères »; d'autres enfin les aban- <lonnent par préjugé o[ parti pris, sans autre forme de procès.
Il y a, au fond de ces appréciations diverses, des préoccupations très respectables, mais aussi des points de vue qu'il serait dommageable de généraliser.
Lorsque, dans le courant du siècle dernier, le ronian cessa d'être « une liqueur fine distillée à l'usage des palais raffinés », pour devenir populaire (telles les premières éditions Cbarpentier à 5 fr. 50) et pour porter à tous des idées et des thèses, il se produisit parmi les catholiques lettrés une émotion profonde.
Des pléiades d'écrivains, qui paraissaient désignés pour des études plus didactiques, s'engagèrent dans la voie où « fromançaient » des génies — j'allais dire de mauvais génies, — et s'efforcèrent d'opposer à la diabolique éloquence du mal, la noble influence de fictions moralisatrices, de dresser, à côté et au-dessus des travaux de l'impiété ou de l'immoralité, les superbes monuments de la religion catholique.
I/entreprise était tellement malaisée (|ue les meilleurs 1 ritiques la jugent actuellement encore impossible à réaliser.
Si, en effet, il s'agit seulement de constniire un roman religieusement neutre ou simplement inoffensif, le^; classiques couchers de soleil, les effets de brume, les contrastes entre le crime et l'innocence, la misère et Ko-
piilence, l'invenfaire d'mi mobilier de salon ou de garni, deux ou trois brigands du côté des messieurs, une orpheline du côté des dames, des échanges de soupirs et quel- (|ucs clichés de mémo acabit, peuvent à la ri*rueur suïïire el réussir.
Mais s'il s'agit de l'aire un roman calholique. un roman de vie catholique, les difficultés sont extrêmes. Sa- ( rifier résolument le respect humain, éviter le ton prêcheur et les multiples défauts propres aux pieuses rapsodies" qui encombrent les catalogues de livres de prix et Ji's bibliothèques paroissiales, pénétrer dans le vif de la l)sycbologie religieuse, comprendre, décrire les rêves, les aspirations et les œuvres des âVnes d'élite qui peuplent nos paroisses de foi. les faire vivre dans des romans comme Feuillet, Bourget et autres ont fait vivre dans les leurs, les mondaines, les pédantes, et les maladives : tels sont, en résumé, les sujets sublimes ou plutôt les obstacles insurmontables auxquels sont venus se hei.rtcr la plupart des écrivains dont nous nous occupons.
Ils (Mil beaucoup produit «'epcndant : et à les juger dans l'ensemble, (( pluribus non offendar maculis », nous sommes en droit d'affirmer que. s'ils n'ont pas donné le roman catholique idéal, ils ont produit des œuvres vraies, saines et édifiantes.
Il ne sont pas tous des maîtres de style, des mandarins de haute couleur, de grands seigneurs dans la république des lettres; mais ce serait aveuglement et injustice de les représenter tous comme de sombres pédagogues sans autorité, portant de caducs étuis à sermons, et distribuant l'ennui sous forme de romans incolores. Il y en a malheureusement qui sont tels — il y en a trop - - mais il en est d'autres. Il y en a qui, supérieurement doués, ont préféré la défaite avec Caton, à la victoire avec les Dieux du jour- : il ne leur manque
^>Ii ROMANS d'adolescents
lioii OU prL'.squt' licu puui' èlre parfaits : il ne leur iiian- ({ue, jtour être (('lèbres. (|ue l'iiivcstilurc dos maîtres de la réclauie.
Tous leurs ouvrages ne sont pas des chefs-d'œuvre ; mais ils sont encore bien moins, pris dans leur totalité, de cotonneux enfantillages. La psychologie y est mutilée, dit-on, parce qu'elle supprime tout un côté de la vie qui est aux yeux des sages du monde, la vie tout entière... Est-elle pourtant de ce fait, plus fausse et plufe imparfaite que celle des romanciers mondains ? L'analyse y fait défaut, ajoute-t-on ; mais l'analyse chez les... autres, offnt-(^lle tant a intérêt, en dehors des cœurs et sentiments malsains qui en font l'objet ? Du reste, l'analyse n'est ])as l'essentiel dans les romans : ce cpii doit y prévaloir, c'est l'émotion. Or nos bibliothèques catholiques, s.igement organisées, abondent en (j'uvres d'émotion.
(les quelques réflexions nous autorisent à condun' (pu? nos écrivains valent mieux que leur réputation Et pourtant, ils continueront d'être délaissés. Pour- <luoi ? (1).
Lorsque l'illustre Péie Ilciiuami >r pn>. iii<t pi-m i.. première fois en habit religieux devant George Sand. celle-ci. en guise de salut, se contenta de lui dire avec un jtetit air pincé : « Tiens, tii t'es fait capucin I »
Cette anecdote est tout un poème : elle traduit, non seulement le dédain (jue professait la « bonne dame de Nohant », mais aussi elle dit le cas que l'on fait dans les salons mondains et dans les laboratoires de critique, de tout ce qui revêt tant soit peu un airu capucin »
(i) Lire sur ct-ttc question, les Jnt^rr<.«:antes considérations dr M. d'Azambuja, d.ins son petit Pourquoi le roman im-
moral est-il à la mode ?
\os romans pour la jeunesse en sont lous là : aux lêi^ards du monde qui distribue la gloire et les succès plus ou moins « hydropiques », selon le mot de Shak('Spean\ aux yeux des critiques payés à iimi la ligne, rt's ouvrages ne comptent pas.
Kt - ce qui est plus pénible à constater — tout un public catholique qui aime à graviter dans le cercle (1rs (q)inions toutes faites, a honte des talents qui se manifestent dans son parti ; il les renie et il les lâche, pour une littérature sans essor et sans lumière, vendue au rabais par des débitants qui se font, dans cette branche de commerce, de grasses prébenrles.
A l'heure présente où les préoccupations religieuses, morales, patriotiques et sociales doivent primer toutes les préoccupations esthétiques et littéraires, cette altitude n'cst-ellc pas plus que de la timidité, et ne mérite-l-elle pas le nom de trahison ?
Cil r^t lui, lequel ayant sa granj^e
Pleine de grains cueillez, emprunte à son voisin,
Laissant pourrir chez soy son propre magazin.
{.p\\o remarque d'un vieux poèli» dépeint à merveille iHtii seulement « la foli»^ » des « lâcheurs », mais encore la prudence excessive de certains esprits, qui, tunsidéiaut le roman comme essentiellement mauvais, (Hit jeté, sur les meilleures o'uvres de ce genre littéraire, un discrédit de plus.
1! ne faudrait pointant pas oublier que le roman n'est plus ee qu'il était autrefois, un genre frivole et lintard. une plai(^ soci.Mle. une carrière pour les écri- \ains tarés... Il s'est anobli, et au lieu de borner sa mission à charmer les oisifs, il est devenu, depuis quelques années surtout, l'organe el le véhicule de toutes les idées courantes, il tient école.
[,1's (juestions les plus graves el les plus délicates y
^>1<) ROMANS U'AUOLESCFATS
sont dobaUiu's ; K'S gloires lilléiairos les plus retentissantes s'y donnent rendez-vous. Sous les formes les plus diverses, il trouve des disciples dans les milieux qui semblaient le plus absolument réfractaires à toutes les créations de Fintelligonce bumaine...
Cotte évolution qui devait exercer sur Téducation du peuple et de la jeunesse une influence si considérable, n'a pas écbappé aux écrivains de notre bord...
Eux aussi ont écrit, pour instruire et ils ont instruit sans scandaliser. C'est pourquoi, en dépit de l'obstinée prudence - n'est-ce pas imi)rudent qu'il faut écrire ? — de certains esprits trop traditionnels, nous croyons que ces romans sont des romans à lire.
C'est faire œuvre de justice de le proclamer ; c'est faire œuvre utile « d'engranger » dans un catalogue ou dans une bibliothèque paroissiale, ces livres si dédaignés, parce qu'ils sont trop peu connus ; c'est agir en sage de glaner chez les siens.
La bouquetière Glycera, dit Saint François de Sales, savait si proprement diversifier la disposition et le mélange des fleurs qu'avec les méiuc< fleni'^. elle f;iisail une grande variété de bouquets.
La collectivité des auteurs que nous citons a mérité du talent ingénieux de la bouquetière. (1). Romans. succédanés de nuiiaus, nouvelles, lécils. contes', aventures, voyages, toutes ces productions se ressemblent l>our qui les considère de loin, mais le bouquet qu'elles composent, offre tant de nuances et de parfums variés, que bien des lecteurs et lectiices. jeunes ou &gê^. y
.'i) Xo/e importante. -- On trouve dans cette liste quelques .luteurs dont les ouvrages ne conviennent nullement aux adolesceot» chrétiens. Nous avons cependant tenu à les y admettre à titre d'indjcution préventive, parce qu'on serait tenté de les juger fort utiles d'après les éloges de la presse ou d'autres appréciatioo» inexactes.
trouveront délices et profits. Tel roiseau dont parle le poète :
Parmi les fleurs de menthe à demi submergées. L'oiseau se pose et boit à petites gorgées. Pliant son col agile et relevant les yeux Aux Cieux !
M^''« Mathilde Alanic est née ù Angers, où elle réside actuellement. Elle débuta par un conte, La soutane de Vabbé Constantin, publié dans Vlllustration en 1897. Vinrent ensuite Norbert Dys {un curé d-e campagne, deux sculpteurs, leur rivalité, idylle) . Le maître du moulin blanc (un jeune officier qui, 'e cœur déchiré, donne sa démission, et se fait meunier pour sauver sa famille de la ruine) ; Ma cousine Nicole (prix Montyon en 1903) ; Mie Jacqueline ■ A chacuUi sa chimère (un vieux savant et sa fillt> Christine, pour les plus grandes) ; nombreuses nouvelles dans le Musée des familles, Le Magasin pittoresque, V Illustration, Le supplément du Petit Journal et du Petit Parisien ; Les i8 jours de Guignolette (pour les enfants) ; Le devoir d'un fils ; Les espérances ; La petite Mietti- (l'amitié de deux enfants réconcile deux familles) ; Lr miracle des perles.
Mathilde Alanic témoigne, dans toutes ses œuvres, d'un réel talent d'invention et d'une grande habileté de récit ; elle se plaît surtout à dégager la poésie de l'intimité et du foyer. Au point de vue moral, sa plus haute ambition a toujours été de devenir un auteur familial : je n'ai jamaiç cherché, nous écritelle, qu'à susciter, chez ceux qui me lisent, le sentiment de la pitié ou du désintéressement et à leur montrer, avec la noblesse du travail, le bonheur del'existence simple et laborieuse.
Notons cependant qu'en dépit de cette déclaration^
'.IIS ROMANS d'adolescents
ses derniers ouvrages, La: romance de Jacoiide ; La fille de la Sirène; Au soleil couchant (série de nouvelles) ; 'Et Vaniour dispose ; ne conviennent qu'aux adultes ou aux grandes jeunes filles.
Constant Améro (1832-1908) tient spécialité de romans internatic naux où l'inspiration religieuse n'a malheureusement aucune part : Tour de France d'un petit parisien (couronné par l'Académie) ; Lr coq rouge (Russie) ; Blanche neige (Norwège) ; Le pays de Ménélick ; JJn Uobinson de six ans (Canada) ; Contes émouvants (quelques horreurs, fatalisn.e) et d'autres en collaboration avec Victor Tissot.
M^^ Constant Améro. Œuvres pour la jeunesse : Grain de sel et poule d'eau ; Uétoile du 'Nord ; La princesse des Mouettes ; etc., etc.
William-Henri Anderdon (1816-18..), jésuite anglais, qui appartint d'abord à la religion anglicane, conmie son oncle le cardinal Manning. Antoinette r/.' lionneval ou Paris sous Saint Vincejit de-Paul (très intéressant et instructif) ; Le Uobinson catholique ; Le Hohinson des Antilles, sont dans les coins d( certaines bibliothèques.
Han-Christian Andersen inOô-Jkm . célèlnv jM)èt> v\ romancier danois, fils d'iMi cordonnier, s'instrui si! en visitant tous les pay-; de l'Kurope et mêni'^ 'Orient. Ses vers sont empreints d'une mélancolirêveuse ; mais ses romans et ses contes, presque tous traduits en français, originaux et variés, semb)«iit avoir été pensés dîins les profondeurs .septentrionales, et écrits sous le ciel étincelant de l'Orient. Rien de plus exquis, par exemple, que sa <( psycho- 1 -gie >) des cygnes, des canards, des chiens, des souris, des colimaçons et des autres animaux domestiques, dont il aime à peupler ses récits.
Tout le monde peut lire : Le camarade de voyage ; L> coffre volant j^Hist-oire de Waldemar Dace : L'homme de neige ; La Vierge des glaciers ; Contes •choisis, dans la Bibliothèque rose illustrée.
Adolphe Archier, né en 1815, collaborateur littélaire de L'Univers, où il publia notamment : Charité mène à Dieu ; Une famille irlandaise ; Justice divine ; Un cœur pur ; La famille Morand ; Les captifs du Czar (la politique russe en Pologne) ; Les devoirs d'une femme (prendre la deuxième édition corrigée), tous ouvrages sérieux, trop sérieux même pour certains jeunes gens.
M'"'' Olivier des Armoises débuta dans la littérature par des satires en vers et par une pièce d© théâtre (Monsieur Jean) qui fut jouée à l'Odéon pendant toute une saison.
Elle a publié, depuis, quelques œuvres historiques, entre autres Avant la gloire (jeunesse de Napoléon l*"") et un grand nombre de romans dont la plupart ont paru dans les journaux : Fils de gueux (30.000 lipnes, roman populaire dirigé contre la Franc- ^[r;çonnerie), etc.
Parmi ceux qui ont été publiés en volumes, nous citons : Tienoite ; Les deux Brigitte ; La fiancée du mfjirtrier : Pauvres et riches ; Laïcisé (actualité poignante).
On a fait observer que tous ces ouvrages ne sont pas des. modèles de style ; mais les auteurs les plus en vogue sont-ils toujours, à ce point de vue, irréprochables ?
Camille d'Arvor a publié quelques ouvrages que la simplicité de la donnée n'empêche pas d'être intéressants et édifiants : Boselle (peu intéressant) ; Le Ijnnheur était là... ; J.a cassette du baron Faouëdic
'MO ROMANS d'adolescents
(événements de Quiberon, deux mariages) ; Llu-rU Hère (mœurs bretonnes).
Gabrielle d'Arvor, de son vrai nom M">« L. Isnarl». de Belley, sœur de la précédente.
Œuvres : Lucie (couronné par TAcadémie) ; Mujluiu: Diifourîiel (pages un peu passionnées) ; Un tournoi au. yiX"^ siècle ; Dent pour dent (mœurs irlandaises) ; De chute eu chute ; Un coup de fortune ; Le mariage du docteur ; Le roman, d'un trappiste ; et des biographies.
Michel Aubray. Œuvres : l(o,se crantant ; L .> vacances de Madeleine (émouvant et un peu roma nesque).
HipPOLYTE Audeval ;l^;:i^i^i^j. Un vieil auteur dont les ouvrages ont conservé leur saveur. Les cœurs simples ; La dame guerrière ; Le drame des Champs- Elysées (dramatique, la rédemption d'un père par son fils) ; Les douze enfants de la veuve ; La ferme du majorât ; La grande ville (un peu monotone) ; Histoire d'une bague d'argent (la Commune) ; Paris et. province ; La Vierge de Mai (très bien) ;.La famille de Michel Kagenett, sont très bien écrits, dramatiques et intéressants malgié ifuelques longueurs.
Jules Berlioz d'Auriac, (Paris, 1854). La vane des Sombreros ; Les pieds fourchus ; La guerre noire ; Cim, sont des romans à la Cooper où l'intrigue, quand elle e.xiste, est traitée avec tant de réserve qu'elle n'alarmei-n \)',\< 1< .v.n/L^nr /ïo^ i..,tr.i)'« les plus prudes.
Michei. Auvray, pseudonyme d'une femme-auteur, dont on mettra dans les bibliothèques populaires : Le rocher de Sisyphe (romanesipie et un peu confus, plutôt pour les grandes personnes) ; Le secret
ET ROMANS POIR TOIS " 'A^iï
chambre verte (mémoires intéressants) ; La chauinière aux rouges-goryes ; Les paplUons noirs ; 7.^ dame aux cheveux iVargent; Eisa ; Uétoilc filante . L'ambitieuse ; Un chemin de velours : L'ombre ; La famille Ellys (un peu de l'omanesque) ; La vit la des Glycines ; An bord du lac ; Le roc maudit.
(iiv d'Aveline, de son vrai nom M"^' Jeanne Kieffer, alias M'"*^^ Gazaia, a profité de l'engouement qui jiccueillit Quo Vadis et Le liagoii, et elle nous a donné, elle aussi, des tableaux chrétiens très abon- <lammexit fleuris : Vers la lumière ; Impératrice < t Vestale ; Le secret de Rocamadour : Attila.
Ai.FHKi) d'Avelire, de son vrai nom He.nri-Constaxi Van Hasselt, littérateur belge (180fvl871). Tous les collégiens ccmnaissent : La feuille de trèfle (trois lecits intéressants) ; Le tréstn- de l'ile des flibustier^ (traduction de Franz Hoffmann, intéressant, malgi'é (iuelciues invraisemi)langes) ; Le village d:. alchimistes : La chambre à la nartr de fer ; La clef d( ta frégate ; La fille du eolon : Deux Jiistoire^ d»' Il chambre rouyr ; Les baguittes du petit tambour ; L'' ravin des loups, etc.
A. Aylîcson, née Aylk: Langlé, actuellement M™*- A. EiKjrAïuj Petiî, femme-auteur qui, dans des œuvies charmantes, juet au service de l'apostolat chrétien, ses souvenirs de voyages et sa cimnaissance des âmes : (iina, histoire d'une orpheline (pour jeunes filles du monde) ; La fille du Cacique : K^me russe (trois romans de caractère et descriptions) ; Le Carême de Sylvie et Jeunes filles 'portraits de jeunes fiMes) ; Ame vaillante :..\u. loin (sigiii Aylic Malin, récit de voyage captivant) •; Olga Nylander, simple vie (biographie d'une jeune suédoise onvevtie au catholicisme, traduite en plusieurs langues^.
S'i'i ROMANS D' ADOLESCENTS
Oi' s'y promène partout ;i\>( ravissement, comme (lirait Boileau.
Alphonse Balleydier (1820-1859), liisiurien et iiiLerciteur. Il avait promis à sa mère de n'écrire jamais un livre troublant : il a tenu parole. Toutes ses Veillées maritimes, militaires^ de famille, du prcshiftère, du peuple, des vacances, sont à lire.
NoÉMi Balleyguier, de son vrai nom M™c Zier,
originaire du Poitou et d'une famille très chrétienne. Elle s'occupa d'abord des enfants et leur offrit trois volumes qui les amusèrent beaucoup (Aventures de Jean-Marie Polachou, etc.) ; elle écrivit ensuite pour la jeunesse, des œuvres qui ne sont pas sans valeur: Futurs chevaliers ; Tante Hélène (leçons de dévouement) ; Blanche de Palussac (roman historique, sous Louis y.III) ; Seul sur VOcéan.
Louis Bailleul (Saint-James, 1830). Lire ses succédanés de romans Cooper : Les grimpeurs de montaqnes : Le trappeur du. Far-Wcst ; Mocandah . ne chef indien ; Les chasseurs de fourrures.
Jean de Barancy, pseud. de M"« Victor Nadal, dont Le Journal des Débats et Le Temps ont accueilli les débuts. Claude Mauricnnc (couronné par l'Académie) ; La folle de Virmont ; Pour Siizanne (pas poiir tous) ; Vespiègle ; Toujours aimée (romnnes- (jue) ; l'ont mise au bon rang (!»>- b'^n^ ^\n^•^^^^^^\r^<
Comtesse de Bassanville 'M"- Aw..^ Lebrun, i,.. Rigo, connue sous le nom de), née en 1806, éievée scus la direction de M""* Campan, morte en 1881. F( nda le Journal drs jeunes filles, et écrivit pour h\ jeunesse près de trente volumes dont plusieurs furent préfaciés par L. Esnault et A. Nettement : Vengeance dune morte (romanesque, élégant, pas pour tous);
Les deux familles ; Sourenirs d'une jeune fille ; Les comtes du Bonhomme Jadis ; Les salons d'autrefois, (^ volumes où l'on peut cueillir beaucoup d'anecdotes).
L'ABBÉ Marc-Antoine Bayie (1825-1877), professeur d"élo(iuence sacrée, a laissé une quantité de publications diveis-es, parmi lesquelles nous discernons . La perle d'Antioche ; Tlialie.
Comtesse André de Beaumont. Une histoire de cirque (a été beaucoup lue) ; La bachelière (trouve un mari... tout de même) ; Les 28 jours d'une chanoinesse ((\m vient de Prague en France et convole en
justes noces).
Je.\n de Beauregard est un pseudonyme. Beauregard est proprement le nom d'une ancienne propriété familiale, terre et manoir, appartenant à M. LE Chanoine Gondamin, né en 1844, professeur à l'Université catholique de Lyon. Sous ce vocablo transparent, M. Condamin a publié, dans une série d'ouvrages illustrés, le récit de ses voyages en Europe, en Asie et en Afrique.
Du nord au midi de V Espagne ; De Paris à Viewne, par Oherammergau ; Chez nos amis de Russie ; En rig-rag aux Pays-Bas et sur les bords du Rhin ; Du Vésuve à VEtna et sur les bords de l'Adriatique ; Aux rives du Bosphore ; Au pays des Fjords ; Au pays de Saint -Augustin et sur les bords du Tage : Parthénon, Pyramides, Saint-Sépulcre ; Chez nos bons voisins d'Outre-Mariche.
Les abonnés de nos bibliothèques nous demandent souvent des récits de voyages : voilà de quoi les ins- ■ tniire et les charmer !
Comtesse de Beaurepaire de Louvagny, dite aussi RouxEi, Lecrai, anagramme de son nom Claire