‹ Romans à lire et romans à proscrire; essai de classification au point de vue moral des principaux romans et romanciers de notre époque (1800-1914) avec notes et indications pratiquesChapitre 12 sur 35 · ROMANS D'ADOLESCENTS · texte numérisé non relu

ROMANS D'ADOLESCENTS

JloquefeiùUc ; La ricJiesse des piniii^.s Mviiiiciiii; ; Vnc petite fille de Robinson ; Le meneur de loups

(les légendes du Morvan).

Gabeuelle d Ethampes, do son vrai nom M^'^ Marie de la Nicollière, morte à Nantes en 1905. Ses nombreux ouvrages (une soixante de volumes) garnissent les rayons des bibliothèques paroissiales : ils ne sont pas de tout premier ordre, mais au moins ils sent honnêtes, religieux et assez souvent intéressa nts.

Citons seulement : L.es colombes de la Forlière , Even de Monadich (à donner avec discernement) ; L'héritage du croisé (noblesse, descriptions, bals) : L'héritière du. colonel ; LJ'héroïsme de Kergaël ; Isabelle aux blanches mains ; Mélite lîeliynij (mariage., livre souvent demandé) ; La petite reine des CorrL gaiis ; La roue qui tourne : Yva et Yvette (pour enffiuts) ; La inlle aux roses ; La pupille du docteur : La main de velours l'guerre de 1870, tableaux d'intérieur) ; La maison du docteur ; Le château de Coëtral ; Le dévouement d'une jeune fille ; Les deux frère,- martyrs ; Les épreuves d'une mère : Le logis mi.r ombres ; Le secret de S^izanne.

Les « grands seigneurs » de la littérature rangeraient volontiers toutes ces productions parmi les médiocrités ; mais est-on jamais médiocre, quand on a beaucoup de bon sens et de bons' sentiments ?

JuLiENNE-HoRATiA Ewing, (Angleterre, 18il-1885). Œuvres : LJ'enfant du moulin ; Vu fer à repasser pour un liard ; Une courte vie / réminiscences dr la dame d'en face.

Pierre FIcy, de son nom M'n* Jeanpierre, née FÉuctE Piot (Saint-Dié, 18i9), a signé une série d'his-

tnires intéressnnfo^ ot înornles : Ln tnrhc dr srru-

K'tte ; Jm fortune de Uoe-Auhri/ : Le ménétrier de^ liantes-Chaumes ; etc.

M'"« Camille de Fillyères se porte particulièi'eme;nt à analyser les peines du cœnr : A chacun sa part (elle épouse, hélas ! un baron viveur, tandis que le délaissé fait un mariage heureux) ; Le roman d'une, année et Le dernier des .Sablonins, qui le complète,

très édifiants) ; Les surprises de Berlhe (après tani de souffrances, elle trouve le testament de son oncle

t se marie) ; La villa Escnlape.

ZÉNAÏDi:: Fleuriot, déjà nommée. Les mères de fî>ndlle dont elle a concjuis le cœur, feront lire à leurs enfants, les livres délicieux qui suivent :

Aiffle et colombe (très beau, suite de Petite duchessr) ; A V aventure (pièce de vers, religieuse) ; Alix très bien, descriptions mondaines) ; Au hasard ; Aventures d'un rural ; Câline ; La clef d'or : Un cœur de jnère (deux nouvelles) ; Cliarrybde et Scylla id.) ; T^e cœur etAa tête : Deux bijoux ; Eve (plusieurs nouvelles) ; Feu. et flamme (intéressant) , Grand Cœur ; Faraude ; Histoire intime (sous foiine <le lettres, descriptions mondaines) ; Loyauté ; Mandarine ; Tombée du nid (suite du précédent, tou^ <leux délicieux) ; T^es mauvais jours (récit peu intéressant du siège de Paris) ; Mes héritages (mémoijes d'une jeune fille) ; Miss Idéal (suite du précédent) ; Mon Sillon (histoire de deux jeunes provinciaux à Paris) ; M. Nostradamus (siège de Paris) ; Oncle trésor (peu intéressant et fêtes mondaines) . Petite belle (longueurs, assez intéi-essant) ; Les pieds d'argile ; Armelle Trahec (suite du précédent, tous deux émouvants et excellents) ; T^es Prévalonnais (pas gai) ; Réséda (assez bien, invraisemblances) ; La Tlu.slaude (un des meilleurs) ; Sans beauté (bien peu de sentiment chrétien) ; Sans nom (un peu

:>ll» ROMANS d'adolescents

d'invraisemblance) ; Sou.s le joug ; :^ou(cui,.^ u ,'>■. douairière (recueil de nouvelles) ; De trop (très rtpmandé) ; Une famille bretonne (fêtes mondain' etc., etc.

Francis Finn, romancier ruiglais, dont tous les petits français connaissent les trois ouvrages si empoignants et si gais : Toni Playfair : Percy Winrt ; Ihnrij Dée.

Eugénie Foa, alias Rodrigue Gradis (1799-1853). On ne trouve plus malheureusement en librairie s< délicieuses nouvelles : La petite maman ; Les enfant df la vallée ; etc.

Ernest Fouînet. Œuvres : Allan (conversion d'u* jeune déporté) ; Les anémones du roi Noman (1 paganisme arabe en face de la religion, traits d* Mœurs) ; Gerson ou le manuscrit aux enluminures (histoire de Paris au XIV^ et XV« siècles) ; Vile de cinq (partage des biens et effets de la paresse) : / liobinson des glaces.

Gabriel Franay (Romelay-Dijon, 1860), est ravissant (n'est-ce pas ravissante qu'il faut écrire ?) dans A/Ile Huguette ; Flosette ; Le château des Airelle.^ (romanesque) ; Comme dans un conte (pas vécu eî pas gai) ; Mon chevalier (couronné par l'Académie; Lisbelh (suite du précédent) ; La marraine de Pcaud'Ane (conte de fée).

Lady Georgina Fullerton, (1812-1885), fille du comte Granville, ancien ambassadeur d'Angleterre a Paris. Convertie au catholicisme en 1846, elle écrivit sous le titre de Constance Schncood, une édifiante autobiographie.

Parmi ses autres œuvres, où elle excelle à peindre

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notaire ; Laicrentia (la persécution au Japon) ; Ginérra ; La nièce de Madame Gerald ; Rose Mary ; Pins vrai que vraisemblable (aventures de la mère «Je Pierre II) ; Hélène Middleton ; Voiseau du bon Dieu ; Rose Leblanc. Ces deux derniers ouvrages ne doivent pas être donnés à des personnes trop Jeunes.

René Gaell, pseudonjiTie de M. Fabbé Esteffe, qui obtint en 1904 le premier prix au concours de romans organisé par La Croix, avec Les bijoux de la princesse (roman populaire, très intéressant, contre les sociétés secrètes). On y joindra Jeunes gloires (trois récits de bravoure émouvants).

Quant à Soutane noire et culottes rouges ; Mes ■compagnes à vélo ; Encore soldat ; Vhôpital militai- 7'.' ; Roublard en Mandchourie; Coups de plume et coups de clairon, ce sont des croquis à Femporte-pièce gentiment brossés.

LÉON Gautier (1832-1897), paléographe, est surtout <cnnu par ses Epopées françaises, ses éditions de Lat Chanson de Roland et son ouvrage sur La Chevalerie <[ui ont remis en honneur la littérature et l'histoire (In moyen âge.

On ti-ouve en outre dans les bibliothèque's son \'<'ijage d'un catholique autour de sa chambre (œu- \ re de jeunesse pour tous) ; Scènes et nouvelles cathnjiqtics (pour jeunes gens sérieux).

Madame Sophie Gay fl776-1852), partagea sa vie onfre les plaisirs et les lettres : elle s'amusa comme imo lettrée, et écrivit pour s'amu.*er.

On ne lit plus guère ses romans de sentiment {TJonie de Montbreuse, Anatole, etc.) ; mais on trouve encore dans les biblothèques : Victorieuse ; Cnirile méprise ; Mouchoir perdu, que nous plaçons

■ \iX KOMANS D'ADOLESCENTS

A. Céline, (Huvios : Phénix et Fauvette (contre le pédantisiDo à la mode dans l'éducation féminine, très piquant) ; Le man iV Andrée (pour grandes personnes, mal édifiant).

A. Gennevraye, p.^udonymo de la vicomt-esse de Lepic, née Janvier de la Motte. Pour tous : Le mcirchand d'allumettes (pas d'esprit chrétien, mais du cœur) ; La petite Louisette ; Théâtre de famille.

Pour les jeunes gens sérieux : Le roman d'un sonslieutenant (paru dans Le Correspondant) ; Histoiriuvraisemhlahle , etc.

Jules Gérard (1817-1864), officier de spahis, un. hélos qui a raconté ses aventures dans des livre? émouvants et chrétiens : Le tueur de lions ; Chaises au lion. ; Dernières ehasscs ; Vof/ages et ehusses.

Frédéric Gerstaker (1816-1872), romancier allemand, émigré aux Etats-Unis.

Parmi ses romans (jui décrivent la vie américaine nous citons : Une charmante habitation : La maiso., mystérieuse. Les mères en permettront la lecture n louis filles et ne leur interdiront généralement pa.< Les brigands des prairies ; Les deux convicts : L< peau-rouge ; T.es pionniers du Far-West ; Les piratt du ^^!^'<iissipi : Les vnlnirs do chevaux ; Scènes a- 1(1 rh' californieinir.

.Il LES Girardin, (183i^-1888), nonnalien, professeur,, dont les ouvrages pour la jeunesse sont pleins df finesse, de sentiment, d'intéiêt psyciiologiqu». vent d'esprit chrétien.

Les aînés liront avec profit et intérêt : Les locataires des demoiselles Uocher : Mauviette : La nier db capitaine ; Les théories' du D^ Wurst : La ton!' petito 'avantages de la douleur).

ET ROMANS POL R TOUS ;Uy

Tous : Les braves gens (histoire d'un enfant pendant la guerre de 1870) ; Les certificat s de François ; Les épreuves cV Etienne (peu religieux) ; I^es remords du D^' Ernster ; Le roman d'un cancre ; Grand-père ; Fausse route (le devoir chrétien) ; Disparition du giand Krausse ; Le capitaine Bassinoire ; etc.

Aimé Giron, (1838-lîX)7), avocat érudit, écrivain! spirituel en vers et en prose, dont les romans et nouvelles méritent la faveur dont ils jouissent : IJiie lune de miel (pour grandes j^ersonnes) ; Ilraconnetle (très bien) ; Chez Voncle Aristide ; Cœur malade ; Le manoir de Meyrial (un peu triste) ; Un mariage difficile (teinte réaliste) ; Les lurons de la ganse (intéressant) ; 3f« Bernillon, notaire ; Les cinq soihj du Juif-Errant : Les trois mages (très amusant).

L'auteur a publié dans ses dernières années, en collaboration avec Albert Tozza, des ouvrages d'uTt genre tout différent, dont nous ne connaissons que les titres et le sujet : Un soir de SatiLrnales (poésies) ; Augustule (Rome finissante) ; Le bien-aim'' (jeunesse de Louis XV) ; Antinous (la civilisation antique et le christianisme) ; Les nuits de Bagd'ti (Haroun-al-Raschid, cruautés et voluptés)..

Gondry du Jardinet (Walcourt, 1832V En ore un bon auteur ordinaire pour nos bibliothèques. Il plait et il moralise dans Vanneau du meurtrier (vend-etta corse) ; La main invisible (guerre de 1814) ; Le prisonnier du Czar ; Le secret du château de Roc-Noir (la Révolution) ; Supplice d'une mère (un peu romanesque, mariage) ; Sur le bûcher ou le sort des femmes (c'est drôle) ; Un drame dans la forêt noire ; etc.

Mademoiselle Jn.iE Gouraud, pseudonyme de M''^ Louise d'Aulnay, directrice du Journal des jeunes personnes.

l.»0 ROMANS D'ADOLE.SCKM.-^

Ses romans éducatifs ont été en partie publiés dafi la Bibliothèque rose. Ils sont nombreux, qualité ai) préciable, puisqu'ils sont honnêtes : Marianne Aubrij {pour filles de sei-vice, couronné par l'Académie fraî' çaise) ; Aller et retour (peu intéressant) ; Cousin Marie (pour pensionnaires) ; Minette (dévouemenv mariage) ; La petite maîtresse de maison (pour h présomptueuses) ; Le vieux château (on aime à i revoir, au retour de Paris) ; et une foule d'ouvrage^pour les enfants.

Causeries et mélanges ; Esquisses morales ; Scènes et proverbes ne conviennent qu'aux grandes personnes.

L'abbé Je.\n Grange, excellent cui'é qui fut l'un de })ons écrivains de UOuvrier, mort à Limoges en 189:.' Polémiste populaire, conteur et dialecticien plein de bonhomnie. La Mère Sain t-Amb rois e ; Noblesse oblfffc ; Le trésor du souterrain ; Le prieur des pémtt-nts bleus ; Souvenirs d'un gendarme ; Notes d'itn rommis-voyageur ; Le U()l)inson d'eau douce ; Mrnwires d'un vieux drapeau ; Souvenirs d'un bach^^lîer ; Les récits d'un cointnissaire ; Lettres d'un paysan ; Avejitures d'un gentilhomme poitevin .: Ui foire d'un jeune homme (pour ouvriers), etc., pétillent d'esprit gaulois, et constituent une apologie du ]yon sens do la foi, dissimulée dans d'agréabl<- '•its.

L'abbé C. Guenot in- iul jml.^ un chai'tisif i-i. dans SOS dramatiques Epopées de IHistoire de France (lî volumes), il n'eut pas la prétention d'unir à l'érudition impeccable, les qualités de composition (pii sont un des principaux mérites des historiens moderne*^ «^es récits sont des romans fondés sur des faits. Cett I (* serve admise, ils sont considérés k juste titre com mo de vrais trésors pour les enfants. Le Kalifah de

ET ROMANS POUR TOUS ool

Jicnl Salem ; La baronne de Rosemberg ; Le dernier •^des^ Lochleven ; L'homme sans nom renferaient cepeiitlant quelques mots de trop.

Mademoiselle Marie Guerrier de Haupt, romancière et poète, née en 1835. Bon auteur moral, intéressant, généralement religieux.

Les AÎnés se rései'A'eront Handzia la Gitane ; Le ircsor de Kermerel ; Le roman d'une athée.

Les plus jeunes liront Marthe (couronné par l'Acadt mie, peu religieux) ; L'institution Leroux ; Les déliants de Gabrielle ; Un châtelain au XIX^ siècle {aclualités) ; Le bonheur et Vargent (pas de religion) : L>' chevalier de Naujac (dramatique) ; Vanda ; Un ri 'a me au village, etc., etc.

Dans un article sur « le roman naturaliste et 'e roman piétiste » (Revue des Deux-Mondes, 1873, tome IV), Paul Bourget a choisi Marthe comme type de rrman piétiste et il y voit « une abondance de phrases de pensionnat, une ignorance de la vie réelle qui vendent cette lecture douloureuse ! »

AlEuXANdre Guiraud (1788-1847). Sa tragédie des Marhabées, ses romans chrétiens Flavien et Césaire - un oubliés ; il ne reste de lui que Le petit Savoyard.

Comtesse Ida Hahn-Hahn (1805-18.,), poète et roiiKincicre allemande. D'abord rationaliste et féministe exaltée, elle combattit la! morale et les revendications des classes populaires dans des œuvres maladives et d'une grande chaleur de style, qui rappelaient George Sand. Elle se convertit au catholicisme et désavoua tous ses ouvrages sons l'inspiration (1^- Mgr Ketteler. Elle en entreprit une série de nouveaux, parmi lesquels : Les deux sœurs : Doralice : Kudoxia ; Maria Regina : Pérégrin ; Les amants de la Croix (livre édifiant) ; De Rabylone à Jérusalem

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